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Capusa06 - 22 avril 2024 16:30
ĂgĂ© de 75 ans, un mĂ©decin continue d'exercer : "Je fais de lâhumanitaire dans le Cantal"
Dans le Cantal, le nombre de gĂ©nĂ©ralistes de plus de 65 ans a presque quadruplĂ© ces dix derniĂšres annĂ©es. Au-delĂ de lâĂąge de la retraite, ils permettent Ă certains territoires de remĂ©dier au manque de mĂ©decins. Câest le cas du docteur Elias Massoud, Ă Ydes. Ă 75 ans, il consulte deux matinĂ©es par semaine, bĂ©nĂ©volement. Une aubaine dans le nord du dĂ©partement qui a perdu de nombreux mĂ©decins ces derniers mois.
Il est 9 heures. Dans le pĂŽle de prĂ©vention et de santĂ© dâYdes, le docteur Elias Massoud reçoit sa premiĂšre patiente. Il est retraitĂ© depuis 2012. AprĂšs plusieurs missions consacrĂ©es Ă la mĂ©decine humanitaire Ă travers le monde au dĂ©but de sa retraite, il est revenu Ă Ydes.
Depuis plus de quatre ans, il consulte bĂ©nĂ©volement, sans honoraires. ConventionnĂ© par la mairie dâabord, par SumĂšne Artense communautĂ© ensuite, qui lui laisse Ă disposition les locaux et une assistante, Laurie Flory, infirmiĂšre et coordinatrice du projet santĂ© dâAccĂšs santĂ© nord Cantal (ASNC), il reçoit, deux matinĂ©es par semaine, les patients pour des soins non programmĂ©s.
Le Cantal manque de médecins généralistes et spécialistes
Originaire de Palestine, il est arrivĂ© en France pour Ă©tudier la mĂ©decine, puis sâest installĂ© Ă Ydes, en 1976, oĂč il a exercĂ© toute sa carriĂšre. « DĂ©sormais, je paye ma dette Ă la France qui mâa permis de faire des Ă©tudes de mĂ©decine », explique-t-il.
Surtout, il aime ce quâil fait.
Ces quatre derniÚres années, je fais la plus belle médecine de ma carriÚre. Je suis soulagé de toutes charges et je peux me concentrer totalement sur la science
Les mardis et vendredis matin, une dizaine de patients dĂ©filent dans son cabinet, loin du rythme effrĂ©nĂ© quâil avait lorsquâil Ă©tait actif. « Quand on est docteur, on lâest toute sa vie. Mais, les vieux mĂ©decins, nous ne sommes pas Ă©ternels », philosophe-t-il.
Le vieillissement des généralistes
Dans le Cantal, de nombreux gĂ©nĂ©ralistes exercent au-delĂ de lâĂąge lĂ©gal de la retraite. Les plus de 65 ans ont bondi en dix ans, passant de 10 en 2013 Ă 38 lâannĂ©e derniĂšre, palliant, par endroits, le manque de docteurs, comme en SumĂšne-Artense. « Depuis 2020, on avait des inquiĂ©tudes mais câest difficile de faire prendre conscience tant que les difficultĂ©s ne sont pas là », constate Laurie Flory. Ces derniers mois, le dĂ©peuplement sâest accĂ©lĂ©rĂ©. Ă Saignes, le docteur Forestier est en retraite, mĂȘme si, lui aussi, continue Ă exercer Ă mi-temps. Surtout, dans des territoires limitrophes, deux dĂ©parts imprĂ©vus ont privĂ© de nombreux patients de leur mĂ©decin traitant, un Ă Mauriac et lâautre Ă Bort-les-Orgues.« Ce nâest pas lâavenir. Il faut que des jeunes mĂ©decins puissent sâinstaller »
« Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, je nâai plus de mĂ©decin traitant. Heureusement quâon a le docteur Massoud. Je dois ĂȘtre suivie car jâai fait un rééquilibrage alimentaire. Je dois voir le mĂ©decin entre deux et trois fois par mois », explique une patiente dans la salle dâattente. « Câest formidable quâil continue Ă exercer, il nâest pas obligĂ© », tĂ©moigne une autre femme, sans mĂ©decin traitant.
Maisons de santé
« Ce nâest pas lâavenir, tempĂšre le docteur. Il faut que des jeunes mĂ©decins puissent sâinstaller dans des structures adaptĂ©es. » Une des clĂ©s pour attirer la jeune gĂ©nĂ©ration, qui souhaite davantage travailler en groupe, serait les maisons de santĂ© pluridisciplinaires (MSP) ou des cabinets mĂ©dicaux. « Ils ont besoin dâĂ©changer, de partager les ressources », explique Laurie Flory.
Pour exercer Ă la campagne, il faut ĂȘtre courageux, assure le docteur Massoud. On est seul face aux patients, seul face aux urgences
LâASNC constate que la plupart des jeunes mĂ©decins se sont dirigĂ©s vers des MSP.
Un modĂšle pas si simple Ă installer. Au-delĂ de lâinvestissement immobilier, il faut « deux mĂ©decins et un professionnel paramĂ©dical » au lancement de lâinfrastructure, explique Laurie Flory. « Ă Condat, elle est restĂ©e vide longtemps », remarque-t-elle. Aujourdâhui, elle est opĂ©rationnelle avec une derniĂšre arrivĂ©e, fin 2022.
« Ici, avec le pĂŽle de prĂ©vention et de santĂ© dâYdes, on a un embryon de maison de santĂ©, mais il en faudrait une Ă plus grande Ă©chelle », estime le docteur Massoud. Car, en SumĂšne-Artense, la dĂ©mographie mĂ©dicale est fragile. « Dâici deux Ă trois ans, ça va devenir compliquĂ© », reconnaĂźt de son cĂŽtĂ© Marc Maisonneuve, prĂ©sident de la communautĂ© de communes. « Les deux mĂ©decins de Saignes devraient prendre leur retraite dâici deux ans », prĂ©cise Laurie Flory. Ce qui ne laisserait, pour SumĂšne-Artense, que deux mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes Ă temps plein, Ă Ydes et Lanobre.
Généralistes salariés dans le Cantal : la solution de Laurent Wauquiez pour lutter contre la "France à deux vitesses "
Dans ce contexte, attirer de nouveaux mĂ©decins devient un enjeu majeur. Les habitants le comprennent. La premiĂšre patiente du jour du docteur Massoud raconte avoir rencontrĂ© un jeune mĂ©decin qui souhaite sâinstaller Ă Bort-les-Orgues ou dans le nord du Cantal. « On lâaccueille Ă bras ouverts », assurent alors le docteur et Laurie Flory. « DĂšs quâil y en a un qui sâinstalle, on lui saute dessus », reconnaĂźt la patiente.
Source : La Montagne
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ĂgĂ© de 75 ans, un mĂ©decin continue d'exercer : "Je fais de lâhumanitaire dans le Cantal"
Dans le Cantal, le nombre de gĂ©nĂ©ralistes de plus de 65 ans a presque quadruplĂ© ces dix derniĂšres annĂ©es. Au-delĂ de lâĂąge de la retraite, ils permettent Ă certains territoires de remĂ©dier au manque de mĂ©decins. Câest le cas du docteur Elias Massoud, Ă Ydes. Ă 75 ans, il consulte deux matinĂ©es par semaine, bĂ©nĂ©volement. Une aubaine dans le nord du dĂ©partement qui a perdu de nombreux mĂ©decins ces derniers mois.
Il est 9 heures. Dans le pĂŽle de prĂ©vention et de santĂ© dâYdes, le docteur Elias Massoud reçoit sa premiĂšre patiente. Il est retraitĂ© depuis 2012. AprĂšs plusieurs missions consacrĂ©es Ă la mĂ©decine humanitaire Ă travers le monde au dĂ©but de sa retraite, il est revenu Ă Ydes.
Depuis plus de quatre ans, il consulte bĂ©nĂ©volement, sans honoraires. ConventionnĂ© par la mairie dâabord, par SumĂšne Artense communautĂ© ensuite, qui lui laisse Ă disposition les locaux et une assistante, Laurie Flory, infirmiĂšre et coordinatrice du projet santĂ© dâAccĂšs santĂ© nord Cantal (ASNC), il reçoit, deux matinĂ©es par semaine, les patients pour des soins non programmĂ©s.
Le Cantal manque de médecins généralistes et spécialistes
Originaire de Palestine, il est arrivĂ© en France pour Ă©tudier la mĂ©decine, puis sâest installĂ© Ă Ydes, en 1976, oĂč il a exercĂ© toute sa carriĂšre. « DĂ©sormais, je paye ma dette Ă la France qui mâa permis de faire des Ă©tudes de mĂ©decine », explique-t-il.
Surtout, il aime ce quâil fait.
Ces quatre derniÚres années, je fais la plus belle médecine de ma carriÚre. Je suis soulagé de toutes charges et je peux me concentrer totalement sur la science
Les mardis et vendredis matin, une dizaine de patients dĂ©filent dans son cabinet, loin du rythme effrĂ©nĂ© quâil avait lorsquâil Ă©tait actif. « Quand on est docteur, on lâest toute sa vie. Mais, les vieux mĂ©decins, nous ne sommes pas Ă©ternels », philosophe-t-il.
Le vieillissement des généralistes
Dans le Cantal, de nombreux gĂ©nĂ©ralistes exercent au-delĂ de lâĂąge lĂ©gal de la retraite. Les plus de 65 ans ont bondi en dix ans, passant de 10 en 2013 Ă 38 lâannĂ©e derniĂšre, palliant, par endroits, le manque de docteurs, comme en SumĂšne-Artense. « Depuis 2020, on avait des inquiĂ©tudes mais câest difficile de faire prendre conscience tant que les difficultĂ©s ne sont pas là », constate Laurie Flory. Ces derniers mois, le dĂ©peuplement sâest accĂ©lĂ©rĂ©. Ă Saignes, le docteur Forestier est en retraite, mĂȘme si, lui aussi, continue Ă exercer Ă mi-temps. Surtout, dans des territoires limitrophes, deux dĂ©parts imprĂ©vus ont privĂ© de nombreux patients de leur mĂ©decin traitant, un Ă Mauriac et lâautre Ă Bort-les-Orgues.« Ce nâest pas lâavenir. Il faut que des jeunes mĂ©decins puissent sâinstaller »
« Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, je nâai plus de mĂ©decin traitant. Heureusement quâon a le docteur Massoud. Je dois ĂȘtre suivie car jâai fait un rééquilibrage alimentaire. Je dois voir le mĂ©decin entre deux et trois fois par mois », explique une patiente dans la salle dâattente. « Câest formidable quâil continue Ă exercer, il nâest pas obligĂ© », tĂ©moigne une autre femme, sans mĂ©decin traitant.
Maisons de santé
« Ce nâest pas lâavenir, tempĂšre le docteur. Il faut que des jeunes mĂ©decins puissent sâinstaller dans des structures adaptĂ©es. » Une des clĂ©s pour attirer la jeune gĂ©nĂ©ration, qui souhaite davantage travailler en groupe, serait les maisons de santĂ© pluridisciplinaires (MSP) ou des cabinets mĂ©dicaux. « Ils ont besoin dâĂ©changer, de partager les ressources », explique Laurie Flory.
Pour exercer Ă la campagne, il faut ĂȘtre courageux, assure le docteur Massoud. On est seul face aux patients, seul face aux urgences
LâASNC constate que la plupart des jeunes mĂ©decins se sont dirigĂ©s vers des MSP.
Un modĂšle pas si simple Ă installer. Au-delĂ de lâinvestissement immobilier, il faut « deux mĂ©decins et un professionnel paramĂ©dical » au lancement de lâinfrastructure, explique Laurie Flory. « Ă Condat, elle est restĂ©e vide longtemps », remarque-t-elle. Aujourdâhui, elle est opĂ©rationnelle avec une derniĂšre arrivĂ©e, fin 2022.
« Ici, avec le pĂŽle de prĂ©vention et de santĂ© dâYdes, on a un embryon de maison de santĂ©, mais il en faudrait une Ă plus grande Ă©chelle », estime le docteur Massoud. Car, en SumĂšne-Artense, la dĂ©mographie mĂ©dicale est fragile. « Dâici deux Ă trois ans, ça va devenir compliquĂ© », reconnaĂźt de son cĂŽtĂ© Marc Maisonneuve, prĂ©sident de la communautĂ© de communes. « Les deux mĂ©decins de Saignes devraient prendre leur retraite dâici deux ans », prĂ©cise Laurie Flory. Ce qui ne laisserait, pour SumĂšne-Artense, que deux mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes Ă temps plein, Ă Ydes et Lanobre.
Généralistes salariés dans le Cantal : la solution de Laurent Wauquiez pour lutter contre la "France à deux vitesses "
Dans ce contexte, attirer de nouveaux mĂ©decins devient un enjeu majeur. Les habitants le comprennent. La premiĂšre patiente du jour du docteur Massoud raconte avoir rencontrĂ© un jeune mĂ©decin qui souhaite sâinstaller Ă Bort-les-Orgues ou dans le nord du Cantal. « On lâaccueille Ă bras ouverts », assurent alors le docteur et Laurie Flory. « DĂšs quâil y en a un qui sâinstalle, on lui saute dessus », reconnaĂźt la patiente.
Source : La Montagne


catherine-
FAE a écrit :
Bonsoir Ă tous ! đ
Merci pour cet article intéressant.
Je suis restée cinq ans sans généraliste, dans les Yvelines.
C'est sĂ»r qu'il n'y a pas besoin d'aller en province pour manquer de mĂ©decins, en rĂ©gion parisienne, ils ne prennent plus de nouveaux patients car ils sont dĂ©bordĂ©s. Le rĂ©sultat est le mĂȘme!
Capusa06
Ce midi , aux infos, un médecin de 103 ans soigne encore des patients.
https://www.francetvinfo.fr/sante/val-de-marne-portrait-d-un-medecin-toujours-en-activite-a-101-ans_5709134.html