
PIRLOUI
Cette thĂ©orie sera rĂ©cupĂ©rĂ©e par les littĂ©raires et Ă©crivains, notamment les fĂ©ministes, qui, par l'approche dĂ©constructionniste et la stratĂ©gie de la diffĂ©rance, feront naĂźtre des termes nouveaux qui dĂ©passeront les dualismes en gĂ©nĂ©ral, mais de façon plus spĂ©cifique l'opposition fĂ©minin/masculin sous tendue au pathos/logos et autre/mĂȘme.
Déconstruire, c'est dépasser toutes les oppositions conceptuelles rigides (masculin/féminin, nature/culture, sujet/objet, sensible/intelligible, passé/présent, etc.) et ne pas traiter les concepts comme s'ils étaient différents les uns des autres. Chaque catégorie garde une trace de la catégorie opposée (par exemple : l'androgyne qui porte les traces du masculin et du féminin; la prise en compte de l'observateur dans une expérience scientifique qui poursuit des fins objectives; la loi du plus fort qui régit la nature se répercutant dans les organisations et structures sociales).
2.4 THĂORIE DE LA DIFFĂRANCE
Le terme diffĂ©rance provient d'une confĂ©rence prononcĂ©e par Derrida en 1968 Ă la SociĂ©tĂ© française de philosophie. En elle-mĂȘme, elle reprĂ©sente une synthĂšse de la pensĂ©e sĂ©mitique et philosophique de Derrida. Tous les concepts qui ont Ă©tĂ© dĂ©finis plus tĂŽt interviennent dans cette thĂ©orie.
Le graphÚme a indique plusieurs aspects de la pratique de cette théorie :
1. la diffĂ©rance est la diffĂ©rence qui ruine le culte de l'identitĂ© et la dominance du MĂȘme sur l'Autre ; elle signifie qu'il n'y a pas d'origine (unitĂ© originaire). DiffĂ©rer, c'est ne pas ĂȘtre identique.
2. la différance marque un écart qui s'écrit (le a) que l'on voit mais que l'on n'entend pas.
3. différer, c'est déplacer, glisser, déjouer.
4. la différance est le devenir (lutte contre les significations figées); elle est le déplacement des signifiants qui signifient en marge puisqu'il n'y a pas de signifiés transcendental , originel et organisateur.
L'Ă©criture de la diffĂ©rance se rĂšfĂšre Ă elle-mĂȘme car elle rampe avec le signifiĂ© et le rĂ©fĂ©rent. L'accentuation du thĂšme de l'Ă©criture fonctionne comme un antidote contre l'idĂ©alisme, la mĂ©taphysique, l'oncologie.
