
lhuron
CHAPEAU , MESDAMES : vous avez tout trouvé en si peu de temps : vrai , je vais demander au Ministre de rétablir le CERTIFICAT et c'est avec grand plaisir que je vous ferai passer l'épreuve d'orthographe ! Ah ! si dans une autre vie , j'avais eu des élÚves telles que vous ...
Je m'excuse de vous avoir fait attendre , mais les contraintes du quotidien ...
Voici le texte , sans faute :
LE SENS DES MOTS.
Les mots , vĂȘtements de nos idĂ©es , s'usent comme les habits , vĂȘtements de nos corps : les mots s'usent comme tout ce qui subit dans la vie des heurts , des chocs ou des frottements, comme les cailloux du chemin ou les galets de la plage . Il y a lĂ un phĂ©nomĂšne trĂšs curieux . Les mots subissent constamment une dĂ©gradation de sens . Ils ne conservent l'intĂ©gralitĂ© de leur signification que s'ils servent Ă dĂ©signer des objets immuables dans leur composition ou leur usage . Les autres , en particulier ceux qui servent Ă exprimer nos sentiments de grandeur ,de couleur , de saveur . de sonoritĂ© et toutes les nuances que le sentiment leur impose , s'usent , s'effritent, tombent en poussiĂšre . Presque toujours avant de disparaĂźtre, ils se soutiennent pendant un temps plus ou moins long , Ă l'aide d'Ă©tais , de bĂ©quilles . On les voit appuyĂ©s sur un modeste trĂšs, sur un pĂ©remptoire Ă©normĂ©ment , sur un prodigieusement autoritaire ;mais cela ne dure pas , et ils tombent , Ă©crasant leurs Ă©tais , brisant leurs bĂ©quilles ... Maintenir aux mots leur sens , ne cĂ©der Ă la force des choses qu'Ă la derniĂšre extrĂ©mitĂ© , tel doit ĂȘtre le rĂŽle de ceux qui Ă©crivent .
Rémy de GOURMONT : Promenades littéraires
( texte proposé au C.E.P. en 1926 , à l' Académie de LYON : et si on le proposait aux actuels bacheliers ? ...)
lhuron
LE SENS DES MOTS.
Les mots ,vĂȘtements de nos idĂ©es , s'usent comme les habits , vĂȘtements de nos cors : les mots s'usent comme tout ce qui subit dans la vie des heures , des chocs ou des frottements , comme les cailloux du chemin ou les galais de la plage . Il y a lĂ un phĂ©nomĂšne trĂšs curieux . Les mots subissent constament une dĂ©gradation de sens . Ils ne conservent l'intĂ©gralitĂ©e de leur sinification que s'ils servent Ă dĂ©signer des objets imuables dans leur composition ou leur usage . Les autres , est en particulier ceux qui servent Ă exprimer les sensations de grandeurs , de couleurs , de saveurs , de sonoritĂ©s et toutes les nuances que le sentiment leur impose , ces frites , tombent en poussiĂšre. Presque toujours , avant de disparaĂźtre , ils se soutiennent pendant un temps plus ou moins long , Ă l'aide d'Ă©tĂ©s , de bĂ©quilles . On les voit appuyer sur un modeste trait, sur un perremptoire Ă©normĂ©mment , sur un prodijieusement autoritaire ;mais cela ne dure pas et ils tombent ,Ă©crasant leurs Ă©tĂ©s, brisant leurs bĂ©quilles . Maintenir au mot leur sens , ne cĂ©dez Ă la force des choses qu'Ă la derniĂšre extrĂ©mitĂ© , telle doit ĂȘtre le rĂŽle de ceux qui Ă©crivent.
Rémy de GOURMONT Promenades littéraires.
20 fautes : Ă vous de jouer : COURAGE !!!
