DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES

- 1 février 2020 21:54

A VOUS

DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES

1 février 2020 21:54

A VOUS

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Capusa

6 mars 2020 10:24

Mars


En mars, quand s’achève l’hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;

Quand l’azur, tout frileux encore,
Est de neige éparse mêlé,
Et que midi, frais et voilé,
Revêt une blancheur d’aurore ;

Quand l’air doux dissout la torpeur
Des eaux qui se changeaient en marbres ;
Quand la feuille aux pointes des arbres
Suspend une verte vapeur ;

Et quand la femme est deux fois belle,
Belle de la candeur du jour,
Et du réveil de notre amour
Où sa pudeur se renouvelle,

Oh ! Ne devrais-je pas saisir
Dans leur vol ces rares journées
Qui sont les matins des années
Et la jeunesse du désir ?

Mais je les goûte avec tristesse ;
Tel un hibou, quand l’aube luit,
Roulant ses grands yeux pleins de nuit,
Craint la lumière qui les blesse,

Tel, sortant du deuil hivernal,
J’ouvre de grands yeux encore ivres
Du songe obscur et vain des livres,
Et la nature me fait mal.

René-François Sully Prudhomme, Les solitudes

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Capusa

2 mars 2020 21:17

Juxtaposition





Jardin inondé par la pluie
battante sur mes pensées matinales
Les petites fleurs me regardent
chaque pétale tremble
Les chimères lointaines crachent
la folle course de la sève
Vers la lune, le soleil se penche
de loin
insouciant du demain
Je me sens transportée dans le marasme
du bonheur assoupi
Au fond de mon âme
les souvenirs de jeunesse
éclatent dans le puzzle de la vie

Sybille Rembard, 2019

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fae

1 mars 2020 14:49

Merci Capusa, je ne me rappelais plus ce texte de M. P. Ravie de l'avoir relu grâce à vous.

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Capusa

1 mars 2020 09:46



Dans la vie on ne fait pas ce que l'on veut mais on est responsable de ce que l'on est. 

Jean-Paul Sartre

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Capusa

1 mars 2020 09:40

Chopin


Chopin, mer de soupirs, de larmes, de sanglots
Q’un vol de papillons sans se poser traverse
Jouant sur la tristesse ou dansant sur les flots.
Reve, aime, souffre, crie, apaise, charme ou berce,
Toujours tu fais courir entre chaque douleur
L’oubli vertigineux et doux de ton caprice
Comme les papillons volent de fleur en fleur;
De ton chagrin alors ta joie est la complice:
L’ardeur du tourbillon accroit la soif des pleurs.
De la lune et des eaux pale et doux camarade,
Prince du desespoir ou grand seigneur trahi,
Tu t’exaltes encore, plus beau d’etre pali,
Du soleil inondant ta chambre de malade
Qui pleure a lui sourire et souffre de le voir…
Sourire du regret et larmes de l’Espoir!

Marcel Proust

" Les Plaisirs et les Jours "


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fae

29 février 2020 14:56

Bonjour à tous :lol: !
Merci !

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Capusa

29 février 2020 12:54

Bonjour à tous

Poème de circonstance

♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧♧








Le Vent

Il fait grand vent, le ciel roule de grosses voix,
Des géants de vapeur y semblent se poursuivre,
Les feuilles mortes fuient avec un bruit de cuivre,
On ne sait quel troupeau hurle à travers les bois

Et je ferme les yeux et j'écoute. Or je crois
Ouïr l'après combat qui nuit et jour, se livre :
Cris de ceux qu'on enchaîne et de ceux qu'on délivre,
Rumeur de liberté, son du bronze des rois ...

Mais je laisse aujourd'hui le grand vent de l'histoire
Secouer l'écheveau confus de ma mémoire
Sans qu'il éveille en moi des regrets ni des voeux,

Comme je laisse errer cette vaine tempête
Qui passe furieuse en flagellant ma tête
Et ne peut, rien sur moi qu'agiter mes cheveux.


Sully Prudhomme

{ Les Épreuves }.
















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fae

28 février 2020 22:06

Que de beaux textes, merci !

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Avatar janine33

janine33

28 février 2020 20:52

J’ai choisi le mot « passantes » de votre poème pour proposer celui-ci

Charles BAUDELAIRE
1821 - 1867

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

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Capusa

28 février 2020 17:11


Les passantes


A toutes les FEMMES qu'on aime
Pendant quelques instants secrets 
A celles qu'on connaît à peine 
Qu'un destin différent entraîne 
Et qu'on ne retrouve jamais 
A celle qu'on voit apparaître 
Une seconde à sa fenêtre 
Et qui, preste, s'évanouit 
Mais dont la svelte silhouette 
Est si gracieuse et fluette 
Qu'on en demeure épanoui 
A la compagne de voyage 
Dont les yeux, charmant paysage 
Font paraître court le chemin 
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre 
Et qu'on laisse pourtant descendre 
Sans avoir effleuré sa main 
A la fine et souple valseuse 
Qui vous sembla triste et nerveuse 
Par une nuit de carnaval 
Qui voulut rester inconnue 
Et qui n'est jamais revenue 
Tournoyer dans un autre bal 
A celles qui sont déjà prises 
Et qui, vivant des heures grises 
Près d'un être trop différent 
Vous ont, inutile folie, 
Laissé voir la mélancolie 
D'un avenir désespérant 
A ces timides amoureuses 
Qui restèrent silencieuses 
Et portent encor votre deuil 
A celles qui s'en sont allées 
Loin de vous, tristes esseulées 
Victimes d'un stupide orgueil. 
Chères images aperçues 
Espérances d'un jour déçues 
Vous serez dans l'oubli demain 
Pour peu que le bonheur survienne 
Il est rare qu'on se souvienne 
Des épisodes du chemin 
Mais si l'on a manqué sa vie 
On songe avec un peu d'envie 
A tous ces bonheurs entrevus 
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre 
Aux coeurs qui doivent vous attendre 
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude 
Tout en peuplant sa solitude 
Des fantômes du souvenir 
On pleure les lèvres absentes 
De toutes ces belles passantes 
Que l'on n'a pas su retenir .

Antoine Pol

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Capusa

27 février 2020 10:06



"Les personnes âgées croient tout, les adultes doutent de tout et les jeunes savent tout."

Oscar Wilde

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Capusa

27 février 2020 10:05



Je t'aime pour toutes les FEMMES que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu 
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud 
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs 
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas 
Je t'aime pour aimer 
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas 
Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu 
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte 
Entre autrefois et aujourd'hui 
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille 
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir 
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie 
Comme on oublie 
Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne 
Pour la santé 
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion 
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas 
Tu crois être le doute et tu n'es que raison 
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête 
Quand je suis sûr de moi.

Pau Eluard

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Capusa

27 février 2020 09:52

[Citation de Fae](19:01) On croit ça, et puis, ça vous tombe dessus et on est sous ce choc fabuleux . . .[Fin de citation]Je suis très contente pour vous Fae ...

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fae

27 février 2020 05:46

Bonjour à tous :lol: !
Merci pour ces extraits. Ah Hawthorne ! :content:

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fae

26 février 2020 22:46

(19:01) On croit ça, et puis, ça vous tombe dessus et on est sous ce choc fabuleux . . .

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