DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
- 1 février 2020 21:54
DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
1 février 2020 21:54

Capusa
L'oiseau
Blotti comme un oiseau frileux au fond du nid,
Les yeux sur ton profil, je songe à l'infini...
Immobile sur les coussins brodés, j'évoque
L'enchantement ancien, la radieuse époque,
Et les rêves au ciel de tes yeux verts baignés !
Et je revis, parmi les objets imprégnés
De ton parfum intime et cher, l'ancienne année
Celle qui flotte encor dans ta robe fanée...
Je t'aime ingénument. Je t'aime pour te voir.
Ta voix me sonne au cœur comme un chant dans le soir.
Et penché sur ton cou, doux comme les calices,
J'épuise goutte à goutte, en amères délices,
Pendant que mon soleil décroît à l'horizon
Le charme douloureux de l'arrière-saison.
Albert Samain
Capusa
Ciel utopique
Retrouve-moi au prochain soleil rose
Je serai assise au bord du gouffre
À feuilleter la prose,
la beauté et les affres,
Des mots que tu m’as soufflés
Jadis bercée et honorée
Rejoins-moi sur la pointe des pieds
Au bord de la lune que tu m’as contée
Car si je souffre de l’absence
Ce n’est que pour rejouer ton inélégance
Un goût de souffre dans nos regards
J’ai lu la poésie de tes gestes
Sur un parchemin écrit de hasards
Maintenant sois confiant… je reste
Volcanique
Nadia Ben Slima
Capusa
L’enfance
Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l’essor,
On n’a pas besoin des sciences,
Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !
Mon coeur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n’en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?
Nous sommes loin de l’heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.
Gérard de Nerval
Coccyvette
Guéris ma chérie
Guéris-toi ma chérie, avec la lumière du soleil et les rayons de la lune.
Avec le son de la rivière et des cascades.
Avec la mer et le battement d'ailes des oiseaux. Guéris-toi ma chérie, avec les feuilles de menthe ...
Enduis-toi avec la lavande,le romarin et la camomille.
Embrasse-toi avec le grain de cacao et une touche de cannelle.
Mets de l'amour dans ton thé au lieu du sucre et prends-le en regardant les étoiles.
"Purifié toi, bois beaucoup d'eau fraîche"
Guéris-toi ma chérie, avec les baisers que te donnent le vent et les câlins de la pluie.
Deviens forte avec les pieds nus sur la terre et avec tout ce qui y naît.
Deviens chaque jour plus maligne en écoutant ton intuition, en regardant le monde avec l'oeil de ton front. (Le troisième oeil )
Saute, danse, chante pour que tu vives plus heureuse.
Guéris-toi ma chérie, avec amour, et souviens-toi toujours...
Tu es la médecine.
Norma Beatriz Oviedo
La Source (Mesmin Jocelyne)
Capusa
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal
