
lila
"Jâoserai lui dire que je ne pense pas tant Ă la vieillesse. Je nâai jamais cru que lâĂąge fĂ»t un critĂšre. Il y a cinquante ans, je ne me sentais pas particuliĂšrement jeune (Ă vingt ans, jâaimais la compagnie des gens plus ĂągĂ©s), et aujourdâhui, je ne me sens pas vieille. Mon Ăąge change, il a toujours changĂ©, dâheure en heure. Dans les instants de fatigue, jâai dix siĂšcles ; dans ceux du travail, quarante ans ; et lorsque je suis au jardin, avec le chien, jâai lâimpression dâavoir quatre ans."
Marguerite Yourcenar
lila
« Une seule fois, en Ă©tĂ©, un jour que ma mĂšre enlevait de la table le plateau du cafĂ©, je vis la tĂȘte, la lĂšvre grisonnante de mon pĂšre, penchĂ©es sur la main de ma mĂšre avec une dĂ©votion fougueuse, hors de lâĂąge, et telle que Sido, muette, autant que moi empourprĂ©e, sâen alla sans un mot. JâĂ©tais petite encore, assez vilaine, occupĂ©e comme on lâest Ă treize ans de toutes choses dont lâignorance pĂšse, dont la dĂ©couverte humilie. Il me fut bon de connaĂźtre, et de me remettre en mĂ©moire, par moments, cette complĂšte image de lâamour : une tĂȘte dâhomme, dĂ©jĂ vieux, abĂźmĂ©e dans un baiser sur une petite main de mĂ©nagĂšre, gracieuse et ridĂ©e. »
(Colette, Sido, 1930)
lila
Il y a un moment pour tout,et un temps pour chaque chose sous le ciel:
Un temps pour donner la vie,et un temps pour mourir;un temps pour planter et un temps pour arracher.
Un temps pour tuer,et un temps pour guérir;un temps pour détruire,et un temps pour construire.
Un temps pour pleurer,et un temps pour rire; un temps pour gémir et un temps pour danser.
Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser;un temps pour s'étreindre,et,un temps pour s'abstenir.
Un temps pour chercher , et un temps pour perdre; un temps pour garder,et un temps pour jeter.
Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre;un temps pour se taire et un temps pour parler.
Un temps pour aimer,et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour la guerre,et un temps pour la paix
Josephine22
NOUS DEUX
Nous deux, nous tenant par la main,
Nous nous croyons partout chez nous,
Sous l arbre doux, sous le ciel noir,
Sous tous les toits, au coin du feu,
Dans la rue vide, en plein soleil,
Dans les yeux vagues de la foule,
AuprĂšs des sages et des fous,
Parmi les enfants et les grands.
L'amour n a rien de mystérieux..
Nous sommes l Ăvidence mĂȘme .
Les amoureux se croient chez Nous.
DERNIERS POĂMES D AMOUR
Paul ELUARD

pene
Marguerite32 a écrit :
«Avec les annĂ©es, on apprend que les mensonges mĂšnent Ă l'abandon, et que la solitude, au fond, n'est pas une si mauvaise compagne. On comprend que les dĂ©ceptions ouvrent les yeux, mais ferment le cĆur. Les annĂ©es nous apprennent Ă ne plus faire confiance, Ă rĂ©aliser qu'il existe des personnes qui ne sont pas ce qu'elles prĂ©tendent ĂȘtre, que celui qui t'a trompĂ© une fois te trompera encore, car les gens ne changent pas, ils apprennent simplement Ă mentir mieux.
Avec le temps, on apprend que la solitude est un luxe, qu'il n'y a rien de plus précieux que de ne dépendre de personne, pour que personne ne te blesse, ne te juge, ni ne te mente.»
Bonjour je suis entierement d accord les gens ne changent jamais !
Marguerite32
«Avec les annĂ©es, on apprend que les mensonges mĂšnent Ă l'abandon, et que la solitude, au fond, n'est pas une si mauvaise compagne. On comprend que les dĂ©ceptions ouvrent les yeux, mais ferment le cĆur. Les annĂ©es nous apprennent Ă ne plus faire confiance, Ă rĂ©aliser qu'il existe des personnes qui ne sont pas ce qu'elles prĂ©tendent ĂȘtre, que celui qui t'a trompĂ© une fois te trompera encore, car les gens ne changent pas, ils apprennent simplement Ă mentir mieux.
Avec le temps, on apprend que la solitude est un luxe, qu'il n'y a rien de plus précieux que de ne dépendre de personne, pour que personne ne te blesse, ne te juge, ni ne te mente.»
lila
« Si tu as un pain et moi un euro, et que jâutilise mon euro pour acheter ton pain, Ă la fin de lâĂ©change, jâaurai le pain et toi lâeuro. Cela semble ĂȘtre un Ă©quilibre parfait, nâest-ce pas ? Au dĂ©but, A possĂšde un euro et B un pain ; ensuite, A a le pain et B a lâeuro. Câest une transaction juste, mais purement matĂ©rielle.
Maintenant, imagine que tu possĂšdes un poĂšme de Verlaine ou que tu connais le thĂ©orĂšme de Pythagore, et que moi, je ne connais rien de tout cela. Si tu me les enseignes, Ă la fin de cet Ă©change, jâaurai appris le poĂšme et le thĂ©orĂšme, mais tu continueras Ă les possĂ©der Ă©galement. Dans ce cas, il ne sâagit pas seulement dâun Ă©quilibre, mais dâune vĂ©ritable croissance.
Dans le premier exemple, nous avons effectué un échange commercial ; dans le second, nous avons partagé des connaissances. Alors que les biens matériels se consomment, la culture, elle, se diffuse sans limites. »
Michel Serres, philosophe français
1/09/1930 - 1/06/2019