
FAE
"Gérard Collomb, né le 20 juin 1947 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), est un homme politique français. Longtemps membre du Parti socialiste, il est député de 1981 à 1988, sénateur entre 1999 et 2018, maire de Lyon de 2001 à 2017 et de 2018 à 2020, ainsi que président de la métropole de Lyon de 2015 à 2017. Il apporte son soutien à Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle de 2017 et rejoint La République en marche. De 2017 à 2018, il est ministre d'État, ministre de l'Intérieur au sein des gouvernements Philippe I et II. Candidat aux élections métropolitaines de 2020 dans la métropole de Lyon, il voit sa liste arriver en quatrième position au premier tour et fait alliance avec la liste de droite, en se retirant comme candidat à la présidence de la métropole."
Capusa
20 juin 1894
Alexandre Yersin, médecin et bactériologiste franco-suisse, découvre le bacille de la peste bubonique.
Alexandre Yersin est le troisième et dernier d'une fratrie de trois enfants. Les Yersin sont membres de l'Église évangélique libre du canton de Vaud. Sa mère a une ancêtre originaire des Cévennes chassée par la révocation de l’édit de Nantes. Son père, qui se prénomme également Alexandre (1825-1863), intendant des poudres de la Suisse romande mais également professeur de sciences naturelles aux collèges d'Aubonne et de Morges, meurt d'une hémorragie cérébrale peu avant sa naissance. Sa mère élève seule leurs trois enfants (Émilie, Franck et Alexandre) et s'installe à Morges, à la rue de Lausanne 11, où elle ouvre une institution pour jeunes filles. En 1882, Alexandre Yersin obtient sa maturité gymnasiale ès lettres (examen sanctionnant la fin des études secondaires) au gymnase cantonal, et entame des études de médecine, en 1883, à l'ancienne académie de Lausanne, où il porte les couleurs de la société d'étudiants Stella Valdensis. Il poursuit sa formation médicale à Marbourg en Allemagne. Puis, en 1885, Yersin arrive en France, où il continue ses études à l'Hôtel-Dieu de Paris où il devient externe dans le laboratoire du professeur Cornil. Là, il fait une rencontre déterminante en la personne d'Émile Roux.
Ce dernier lui ouvre les portes de l'institut Pasteur et lui permet de participer aux séances de vaccination contre la rage. Avec lui il découvre en 1886 la toxine diphtérique. En 1888, il passe son doctorat en soutenant une thèse sur la tuberculose expérimentale où il décrivait les lésions d'un lapin atteint de tuberculose, ce qui lui valut la médaille de bronze de la faculté de médecine de Paris en 1889. Il suit à Berlin le cours de bactériologie de Robert Koch. En 1889, il devient le premier préparateur du cours de microbiologie de l'institut Pasteur. Ce cours marque la très grande influence de la recherche française à l'étranger. Après de nombreuses formalités, il obtient la nationalité française cette même année.
Cette orientation vers l'enseignement déplait à Yersin qui est de tempérament ombrageux, solitaire et misanthrope. Dès 1890, il éprouve le besoin de voyager après des mois de travail acharné sur la tuberculose et la diphtérie à l’institut Pasteur. Après de courts séjours en Normandie, où il découvre la mer, il décide de partir dans les colonies françaises. En septembre 1890, il rejoint l’Indochine française, où il devient médecin des Messageries maritimes. Épris de ce pays, il réussit, en 1891, à obtenir des Messageries maritimes la permission d’explorer l’Indochine. De là, prendront naissance trois expéditions à travers la jungle indochinoise, région peu connue, sauvage et réputée dangereuse. Durant l’année 1891, Alexandre Yersin traverse fleuves et forêts tropicales et apprend à vivre dans ces lieux. Il s'établira et restera attaché à ce qui était à cette époque un petit village de pêcheur, Nha Trang. C'est au cours de cette première expédition qu'il découvre le site et l'excellent climat de ce qui deviendra Đà Lạt.
En 1892, il s'engage comme médecin de santé coloniale en Indochine sur les conseils de Calmette. Il franchit tous les grades de médecin de 2e classe jusqu’à celui de médecin principal de 1re classe (cinq galons) le 23 juin 1913, avant d’être admis à la retraite en 1920, en qualité de médecin colonel. C’est sous le képi rouge à l’ancre de marine qu'il fit toute sa carrière en Indochine .
Il part cette fois officiellement mandaté pour explorer le protectorat d'Annam, il sillonne les reliefs de la région de Nha Trang. Il se révèle excellent explorateur, par la réalisation de cartes d’une grande précision et par de nombreuses observations (populations locales, ressources, économie, etc.). À la fin de cette mission, Yersin rentre en France pour faire part de ses découvertes, et donne quelques conférences.
Il repart rapidement, et prend, le 24 décembre 1892, le bateau de Marseille à Saïgon. Là-bas, une mission scientifique lui a été confiée par l’Instruction publique afin d’explorer les forêts et les rivières de la Cochinchine au sud de l'Annam; ces explorations dangereuses lui vaudront d'élogieux compliments dont ceux de Louis Pasteur lui-même. Après sept mois de voyage auprès des populations indigènes, Yersin rejoint Saïgon. Cette dernière expédition n'est que partiellement réussie : il n’a pu explorer qu’une partie du territoire qu'il lui avait été demandé de cartographier. Yersin a cependant notablement contribué à la connaissance de la topographie du pays, mais également à l’anthropologie ; il a pris l’habitude de décrire très précisément les coutumes, mœurs et habitats des tribus rencontrées. Par exemple : « Quoique formant pour ainsi dire une seule et même famille, les Moïs (ethnies des haut-plateaux) n’ont aucune espèce d’unité politique. Non seulement il n’y a pas de chef de tribu mais on peut même dire qu’il n’y a pas de chef de village. »
La rigueur avec laquelle Alexandre Yersin a exploré ces terres inconnues n’étonne pas, puisqu'il connaissait la rigueur des laboratoires ; on peut s'étonner, en revanche, de sa surprenante condition physique, conservée dans des conditions de vie et climats aussi difficiles. À sa mère, qui lui demande par lettre s'il n'a pas maigri, il répond : « Je continue à me bien porter et je pèse comme toujours entre 58 et 60 kilos ! »
En 1894, Yersin met fin à sa carrière de grand explorateur et se lance dans l'élevage de chevaux et de bovins pour la production de ses sérums.
Quand une épidémie de peste originaire de Mongolie atteint en 1894 la côte sud de la Chine et notamment Hong Kong, le gouvernement français ainsi que l’institut Pasteur mandatent Yersin pour y étudier les raisons de l’épidémie. Entre le 12 et le 15 juin, Yersin voyage vers Hong Kong et emporte avec lui du matériel emprunté au laboratoire de microbiologie de l’hôpital de Saïgon. À son arrivée, il apprend qu’une équipe de savants japonais menée par Kitasato Shibasaburō envoyée par le gouvernement japonais, est également présente pour étudier la nature de cette maladie. Du 17 au 19 juin, il est écarté des hôpitaux anglais, ces derniers, étant à cette époque germanophiles, donnent leurs préférences aux Japonais (formés par les Allemands). Yersin décide alors de se faire construire une petite paillote dans laquelle il installe un laboratoire rudimentaire.
Avec quelques piastres distribuées à des matelots anglais ayant pour mission d'enterrer les cadavres, il a accès au dépôt mortuaire où il peut prélever quelques bubons et les ramener dans son laboratoire.
« Je fais rapidement une préparation et la mets sous le microscope. Au premier coup d'œil, je reconnais une véritable purée de microbes tous semblables. Ce sont de petits bâtonnets trapus, à extrémités arrondies et assez mal colorés au bleu de Löffler (...) Il y a beaucoup de chances pour que mon microbe soit celui de la peste, mais je n'ai pas encore le droit de l'affirmer. »
Il l'affirme quelques jours plus tard en adressant à Paris des souches de peste et la description précise et exacte du bacille, qui sera lue le 30 juillet 1894 à l'Académie des sciences, et publiée dans le numéro de septembre des Annales de l'institut Pasteur. De son côté, Kitasato publie sa découverte d'un bacille pesteux (obtenu à partir du sang) dans le Lancet du 25 août 1894. Les deux bacilles sont différents, celui de Yersin est Gram-négatif et immobile, celui de Kitasato est Gram-positif et mobile. Le bacille de Kitasato correspond à un pneumocoque, celui de Yersin correspond à Yersinia pestis. Bien qu’ayant réussi à isoler ce microbe responsable de millions de morts durant l’histoire, Yersin ne parviendra pas à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme. Il envisagera le rôle de la mouche, mais il sera l'un des premiers à reconnaître, dès 1898, la découverte d'un autre pasteurien, Paul-Louis Simond, démontrant le rôle de la puce du rat.
En octobre 1894, Yersin cherche à créer un vaccin pour prévenir la peste et un sérum pour la guérir. Il s’installe à Nha Trang au sud de l'Annam, endroit qu’il avait déjà visité durant ses expéditions. Cet endroit était judicieux pour plusieurs raisons. Il offrait la possibilité d’être isolé tout en restant proche de Saïgon et donc en communication avec la Chine et l’Inde, deux grands foyers de la peste. En 1895, il crée l'institut Pasteur de Nha Trang et met en place un laboratoire et tous les équipements nécessaires à la préparation du vaccin contre la peste. L’année 1896 voit une nouvelle grande épidémie de peste se déclarer à Canton, en Chine. Yersin décide alors de s'y rendre pour tester son sérum antipesteux (sérum de cheval immunisé contre des cultures de Yersinia pestis prélevé chez l'homme). De juin 1897 à juin 1898, Alexandre Yersin sillonne l’Inde en suivant les différentes épidémies de peste afin de perfectionner son sérum qui s’avère trop peu efficace. Paul-Louis Simond vient le relayer pour tenter de mieux faire. Car, comme l'a souligné Jean-Jacques Dreifuss, dans le journal 24 Heures du jeudi 27 octobre 1994, « Identifier le bacille ne signifie hélas pas encore trouver le traitement de la maladie. »
Son laboratoire de Nha Trang s’oriente donc vers les maladies infectieuses chez les animaux, et Yersin étudie activement une autre sorte de peste, la peste bovine, avec laquelle il obtient beaucoup plus de succès. Bien qu'échouant à isoler l’agent de cette seconde peste, il réussit à préparer de grandes quantités de sérum antipestique, à ne pas confondre avec le sérum antipesteux qui soigne la peste « humaine » dite bubonique. Un élevage étant nécessaire pour la création de ce sérum, Alexandre Yersin tente, avec peu de succès, de faire venir des vaches et des poules de Suisse afin d'améliorer le cheptel local par croisements. Tout ceci ayant un prix, Yersin se lance également dans la culture de l'hévéa et de la quinine pour trouver les financements nécessaires.
FAE
"Boris Johnson, né le 19 juin 1964 à New York (États-Unis), est un homme d'État britannique. Il est chef du Parti conservateur et Premier ministre du Royaume-Uni depuis 2019. Après ses études, il se fait connaître comme journaliste dans les grands quotidiens britanniques. Membre du Parti conservateur, il est élu à la Chambre des communes lors des élections générales de 2001 dans la circonscription de Henley (Oxfordshire) et réélu à l'issue de celles de 2005. En 2008, il démissionne du Parlement à la suite de son élection à la mairie de Londres face au maire sortant, le travailliste Ken Livingstone, face à qui il est réélu en 2012. Son mandat est marqué par les Jeux olympiques d'été de 2012, une baisse de la criminalité et de la pauvreté, l'interdiction de la consommation d'alcool dans les transports publics, la mise en circulation d'une nouvelle génération de bus et des vélos Santander (dits « Boris Bikes »), ainsi que la défense du secteur financier de Londres et la promotion de la construction d'un nouvel aéroport pour la capitale, dans l'estuaire de la Tamise. À nouveau élu député en 2015, cette fois dans la circonscription d'Uxbridge and South Ruislip (Grand Londres), il ne brigue pas un nouveau mandat de maire en 2016. S'opposant à la majorité des personnalités du Parti conservateur, il est l'une des principales figures du camp favorable au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (« Brexit »), qui l'emporte lors du référendum du 23 juin 2016. Il est alors nommé secrétaire d'État aux Affaires étrangères et du Commonwealth dans le gouvernement de Theresa May. En désaccord avec elle sur la conduite du Brexit, il démissionne le 9 juillet 2018. Élu à la tête du Parti conservateur l'année suivante, il succède à Theresa May comme Premier ministre, promettant une sortie rapide du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ses tentatives étant contrées par le Parlement britannique, il convoque des élections anticipées afin d'obtenir une nouvelle majorité parlementaire pour adopter un accord de retrait. [...]"
Capusa
Blaise Pascal
19 juin 1623 - 19 août 1663
Né à Clairmont (actuel Clermont-Ferrand), en Auvergne, Blaise Pascal est issu d'une famille bourgeoise proche de la noblesse de robe, auvergnate depuis plusieurs générations. Il est baptisé en l'église Saint-Pierre 27 juin 1623. Il perd sa mère, Antoinette Begon, le 29 juin 1626, alors qu’il n'a que trois ans.
Son père, Étienne Pascal (1588-1651), très intéressé par les mathématiques et les sciences, est conseiller du roi pour l'élection de Basse-Auvergne, puis second président à la Cour des aides de Montferrand. Devenu veuf, il décide d'éduquer seul ses enfants. Blaise Pascal a deux sœurs, Jacqueline, née en 1625, et Gilberte (née en 1620, mariée en 1642 à Florin Périer (de), conseiller à la cour des aides de Clairmont) qui lui survivra. Le blason familial est d'azur à l'agneau pascal d'argent, la banderole chargée d'une croix de gueules.
En 1631, Étienne part avec ses enfants à Paris, alors que Blaise n'a encore que 8 ans. Il décide d’éduquer lui-même son fils, qui montre des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. En effet très tôt, Blaise a une capacité immédiate pour les mathématiques et la science, peut-être inspirée par les conversations fréquentes de son père avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Marin Mersenne, Girard Desargues, Claude Mydorge, Pierre Gassendi et Descartes. Malgré sa jeunesse, Blaise participe activement aux séances à l'occasion desquelles les membres de l’académie Mersenne soumettent leurs travaux à l'examen de leurs pairs.
À onze ans, il compose un court Traité des sons des corps vibrants et aurait démontré la 32e proposition du Ier livre d’Euclide (concernant la somme des angles d'un triangle). Étienne réagit en interdisant à son fils toute poursuite de ses études en mathématiques jusqu’à quinze ans, afin qu’il puisse étudier le latin et le grec. Sainte-Beuve (dans son Port-Royal, III, p. 484) raconte :
« Je n’ai rien à dire des éléments de géométrie, si ce n’est que Pascal, qui les avait lus en manuscrit, les jugea si clairs et si bien ordonnés qu’il jeta au feu, dit-on, un essai d’éléments qu’il avait fait lui-même d’après Euclide et qu’Arnauld avait jugé confus ; c’est même ce qui avait d’abord donné à Arnauld l’idée de composer son essai : en riant, Pascal le défia de faire mieux, et le docteur, à son premier loisir, tint et gagna la gageure. »
À douze ans (1635), il commence à travailler seul sur la géométrie. Le travail de Desargues l'intéresse particulièrement et lui inspire, à seize ans, un traité sur les sections coniques qu'il soumet à l'académie Mersenne : Essai sur les coniques. La majeure partie en est perdue mais un résultat essentiel et original en reste sous le nom de théorème de Pascal. Le travail de Pascal est si précoce que Descartes, en voyant le manuscrit, croira qu’il est de son père.
En 1638, Étienne, opposé aux dispositions fiscales du cardinal de Richelieu, quitte Paris avec sa famille pour échapper à la Bastille. Lorsque Jacqueline, sœur de Blaise, dit un compliment particulièrement bien tourné devant Richelieu, Étienne obtient sa grâce. En 1639, la famille s’installe à Rouen où Étienne devient commissaire délégué par le Roi pour l’impôt et la levée des tailles.
À dix-huit ans (1641), Pascal commence le développement de la pascaline, machine à calculer capable d’effectuer des additions et des soustractions, afin d’aider son père dans son travail. Il en écrit le mode d’emploi : Avis nécessaire à ceux qui auront la curiosité de voir ladite machine et s’en servir. Plusieurs exemplaires sont conservés, en France, au Musée des arts et métiers à Paris et au musée de Clermont-Ferrand. Bien que ce soit le tout début du calcul mécanique, la machine est un échec commercial à cause de son coût élevé (100 livres). Pascal améliore la conception de la machine pendant encore dix années et en construit une vingtaine d’exemplaires.
Pascal est également à l’origine de l’invention de la presse hydraulique, s'appuyant sur le principe qui porte son nom.
On lui attribue également l’invention de la brouette, ou vinaigrette, et du haquet, véhicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux. Ces attributions semblent remonter à un ouvrage de Charles Bossut, qui réalise la première édition complète des écrits de Pascal, dans l’avertissement duquel il mentionne ces inventions d’après le témoignage de M. Le Roi, de l’Académie des Sciences, qui tient ses informations de son père, Julien Le Roi.
T. S. Eliot décrit Pascal, à cette période de sa vie, comme « un homme mondain parmi les ascètes et comme un ascète parmi les hommes du monde ». Le style de vie ascétique de Pascal vient de sa foi en ce qu'il est naturel et normal pour un homme de souffrir. Dans ses dernières années troublées par une mauvaise santé, il rejette les ordonnances de ses médecins en disant : « La maladie est l'état naturel du chrétien. » D'après sa sœur Gilberte, il écrit alors la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies. En 1659, Pascal tombe sérieusement malade.
Louis XIV interdit le mouvement janséniste de Port-Royal en 1661. En réponse, Pascal écrit un de ses derniers travaux, Écrit sur la signature du formulaire, recommandant instamment aux jansénistes de ne pas le signer. Plus tard, au cours de cette année, sa sœur Jacqueline meurt, ce qui convainc Pascal de cesser sa polémique à propos du jansénisme.
Grâce à ses connaissances en hydrostatique, il participe à l’assèchement des marais poitevins, à la demande du duc de Roannez. C'est avec ce dernier qu'il inaugure la dernière de ses réalisations qui reflète parfaitement le souci d’action concrète qui habite le savant : la première ligne de « transports en commun », convoyant les passagers dans Paris avec des carrosses à cinq sols munis de plusieurs sièges.
Testament de Blaise Pascal (Archives nationales de France).
En 1662, la maladie de Pascal est devenue plus violente. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe à trouver un hôpital pour les maladies incurables, mais ses médecins le déclarent intransportable. À Paris, le 17 août 1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrême-onction. Sa sœur Gilberte l'accompagne jusqu'à la fin. Il meurt le 19 août, au no 8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (devenue le 2 rue Rollin). On dit que ses dernières paroles sont « que Dieu ne m'abandonne jamais ». Il est enterré dans l'église Saint-Étienne-du-Mont.
L'autopsie pratiquée après sa mort révèle de graves problèmes stomacaux et abdominaux, accompagnés de lésions cérébrales. Malgré cette autopsie, la raison exacte de sa santé chancelante n'est pas connue. Des spéculations ont lieu à propos de tuberculose, d'un cancer de l'estomac ou d'une combinaison des deux. Les maux de tête qui affectaient Pascal sont attribués à la lésion cérébrale (Marguerite Périer, sa nièce, dit dans sa biographie de Pascal que l'autopsie révèle que « le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoïde… avec une abondance de cervelle, dont la substance était si solide et si condensée… »).
Les professeurs M. Dordain et R. Dailly, de la Faculté de Médecine de Rouen, développent, dans les années 1970, les travaux de MM. Augeix, Chedecal, Crussaire et Nautiacq et établissent un « diagnostic d’insuffisance rénale chronique » avec « suspicion d’une maladie polykistique des reins » et « présence de lésions vasculaires cérébrales en voie de complications (thrombose) ». Pascal aurait donc été atteint « d’une maladie génétique [dont] les expressions cliniques [entrent] dans le cadre des dystrophies angioplasiques congénitales… objet de travaux (Pr J.-M. Cormier et Dr J.-M. André, 1978 et 1987) ces dernières années »[28].
Quand Pascal revient à Paris le 24 mars 1656, juste après avoir surveillé la publication de sa dernière lettre, sa croyance religieuse est renforcée par sa proximité avec un miracle apparent qui concerne sa nièce Marguerite Périer âgée de dix ans, dans la chapelle du couvent de Port-Royal. Sa sœur Gilberte Périer raconte dans La vie de Monsieur Pascal qu’elle consacre à son frère :
« Ce fut en ce temps-là qu’il plut à Dieu de guérir ma fille d’une fistule lacrymale, dont elle était affligée il y avait trois ans et demi. Cette fistule était d’une si mauvaise qualité, que les plus habiles chirurgiens de Paris la jugèrent incurable. Et enfin Dieu s’était réservé de la guérir par l’attouchement d’une Sainte-Épine qui est à Port-Royal des Champs ; et ce miracle fut attesté par plusieurs chirurgiens et médecins, et autorisé par le jugement solennel de l’Église. »
Plus tard, les jansénistes et les catholiques utilisent pour leur défense ce miracle bien documenté. En 1728, le pape Benoît XIII s’en sert pour montrer que l’âge des miracles n’est pas terminé.
Pascal met dans son blason un œil surmonté d’une couronne d’épines, avec l’inscription Scio cui credidi (« Je sais en qui j'ai cru »). Sa foi renouvelée, il se décide à écrire son œuvre testamentaire, inachevée, les Pensées.
Pascal ne put achever, avant de mourir, son travail théologique le plus important : un examen soutenu et logique de la défense de la foi chrétienne, avec pour titre original Apologie de la religion chrétienne.
Après sa mort, de nombreuses feuilles de papier sont trouvées lors du tri de ses effets personnels, sur lesquelles sont notées des pensées isolées, feuilles regroupées en liasses dans un ordre provisoire mais parlant. La première version de ces notes éparses est imprimée en 1670 sous le titre Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets. Elles deviennent très vite un classique. Parce que ses amis et les disciples de Port-Royal sont conscients que ces « pensées » fragmentaires peuvent mener au scepticisme plutôt qu’à la piété, ils cachent les pensées sceptiques et modifient une partie du reste, de peur que le roi ou l’église n’en prenne offense alors que la persécution de Port-Royal a cessé, et les rédacteurs ne souhaitent pas une reprise de la polémique. Il faut attendre le xixe siècle pour que les Pensées soient publiées complètement et avec le texte d’origine, tirées de l'oubli et éditées par le philosophe Victor Cousin.
Les Pensées de Pascal sont largement considérées comme l'une des pièces maîtresses et une étape de la littérature française. En présentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considérait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onzième volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus éloquent en français ». Dans les Pensées, Pascal présente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et néant, foi et raison, âme et matière, mort et vie, sens et vanité — apparemment n’arrivant à aucune conclusion définitive sans l’appui de l’humilité et de la grâce. En les rassemblant, il développe le pari de Pascal.
Capusa
Avicenne
980 à Boukhara (Ouzbékistan) - 18 juin 1037 à Hamadhan (Iran)
Philosophe et médecin de langue persane, Avicenne (de son vrai nom Ibn Sînâ) naît dans la famille d'un fonctionnaire de la dynastie samanide. Son père est musulman chiite et sa mère sans doute juive. Très tôt, il montre des dispositions pour l'étude et la médecine.
En s'appuyant sur les traités d'Aristote, il acquiert une grande maîtrise des sciences naturelles, de la médecine et de la philosophie. Il exerce par ailleurs des fonctions ministérielles auprès des émirs de la région, une occupation qui n'est pas sans risque et l'oblige plusieurs fois à fuir ou se cacher.
Les commentaires d'Aristote par Avicenne vont inspirer les penseurs occidentaux de l'école scolastique, tel saint Thomas d'Aquin. L'influence d'Avicenne restera moindre, néanmoins, que celle d'Averroès, autre savant musulman mais de langue arabe et originaire d'Espagne.
Avicenne va surtout influencer la médecine musulmane et occidentale jusqu'au XVIe siècle avec son ouvrage majeur : le Canon de la médecine (Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb). Il sera traduit en latin par Gérard de Crémone peu après sa mort.
FAE
"Jamel Debbouze, né dans le 10 arrondissement de Paris, est un humoriste, acteur et producteur franco-marocain. Révélé à la fin des années 1990 par ses prestations sur Radio Nova et Canal+, il devient une vedette comique en France et au Maroc, notamment grâce à des seul-en-scène et des films à petit budget bien reçus par la critique : Zonzon (1998) et Le Ciel, les Oiseaux et… ta mère ! (1999)."