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23 mai 1933 :
Naissance de l’actrice anglaise Joan Collins.
Fille d'un imprésario, Joan Collins débute enfant sur scène dans Une maison de poupée d'Henrik Ibsen.
Très jeune, elle entre à l'ARAD (l'Académie Royale d'Art Dramatique) de Londres et, rapidement, attire l'attention du cinéma.
Elle signe avec le studio Rank et se spécialise dans les compositions « réalistes » de jeunes filles rebelles ou en butte à la société.
Elle s'essaie avec succès à la comédie dans Our Girl Friday et participe à la production internationale Pages Galantes de Boccace avec le Français Louis Jourdan et Joan Fontaine.
Sous contrat avec la Fox, Joan Collins joue une suivante de Bette Davis dans un film historique puis remporte le rôle convoité de La Fille sur la balançoire (1955) dirigé par Richard Fleischer.
Elle reprend ensuite le rôle de Joan Crawford dans le remake de Femmes de Georges Cukor, joue un personnage alcoolique aux côtés de Jayne Mansfield dans une adaptation de John Steinbeck Lesnaufragéd de l’autocar, mais demeure cantonnée dans des rôles stéréotypés, passant après des stars plus affirmées.
Elle fait figure de remplaçante et ses employeurs font peu de cas d'elle
À l'époque où elle joue l'héroïne biblique Esther sous la direction de Raoul Walsh, Joan Collins sort avec Warren Beatty.
Si la carrière de celui-ci décolle, celle de Collins marque le pas : ses rapports avec la Fox se détériorent à la suite de plusieurs refus de scénarios par l'actrice.
Après Astronautes malgré eux (1962), comédie d'espionnage avec Bob Hope et Bing Crosby, dernier épisode de la longue série des En route pour…, Joan Collins et la Fox rompent d'un commun accord.
Elle entame une carrière en Italie avec Cent millions ont disparu (La Congiuntura, 1964), premier film d'Ettore Scola, où elle joue un personnage de comédie face à Vittorio Gassman.
Durant les quinze années suivantes, le grand public peut l'apercevoir dans des épisodes de séries télévisées telles que Star Trek, Mission impossible, Cosmos 1999, Baretta, Sergent Anderson, Amicalement vôtre, Bizarre, bizarre, Starsky et Hutch…
Désormais Joan Collins court le cachet.
Au cinéma, elle joue des premiers rôles dans des films de série B ou Z.
En 1980, Joan Collins joue sur scène lorsqu'on la contacte pour interpréter le rôle d'Alexis Morell Carrington (future Colby Dexter et Rowan), décliné par les actrices Sophia Loren et Raquel Welch, dans la série télévisée Dynastie, lancée par ABC pour concurrencer Dallas de CBS qui caracole en tête des audiences depuis quatre saisons.
Grâce à son rôle dans Dynasty, celui d'une « garce patentée » qui tient tête à la gent masculine, elle est surnommée « la femme que le monde aime haïr » ou la « J.R. en jupons ».
L’actrice devient à cinquante ans une star mondiale, adulée et critiquée et une des femmes les plus riches de Grande-Bretagne, gérant son image au mieux, souvent comparée à Elizabeth Taylor, un de ses modèles.
En 1989, Dynastie s'arrête. Joan Collins a 56 ans.
L'actrice se lance dans l'écriture de livres à la façon de sa sœur et consacre toute son énergie à un procès qui l'oppose à son éditeur.
Au cinéma, elle tourne Décadence de et avec Steven Berkoff en 1994 et Au beau milieu de l'hiver de Kenneth Branagh l'année suivante, où elle joue l'agent de la troupe.
En 2000, elle succède à Elizabeth Taylor en fossile dans Les Pierrafeu à Rock Vegas.
À la télévision, en relation avec Aaron Spelling, le producteur de Dynastie, elle a joué dans plusieurs de ses séries dont quelques apparitions dans l'une des comédies de NBC, Will et Grace, et le public a pu la voir dans Pour l'amour du risque, avec Robert Wagner, Une nounou d'enfer, Brentwood, Femmes de footballeurs, jusqu'à Miss Marple (épisode Jeux de glaces) en 2009, face à Julia McKenzie.
En 2001, un téléfilm coécrit par Carrie Fisher la réunit avec Elizabeth Taylor, Debbie Reynolds (ces deux dernières avaient été au centre d'un scandale retentissant dans les années 1950) et Shirley MacLaine, mais ne suscitera qu'un intérêt poli.
Capusa06
François Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris et mort le 23 mai 1908 à Paris 7e est un poète, dramaturge et romancier français.
Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. Poète de la tristesse à la vue des oiseaux qui meurent en hiver (La Mort des oiseaux), du souvenir d'une première rencontre amoureuse (« Septembre, au ciel léger »), de la nostalgie d'une autre existence (« Je suis un pâle enfant du vieux Paris ») ou de la beauté du crépuscule (« Le crépuscule est triste et doux »), il rencontra un grand succès populaire.
François Édouard Joachim Coppée naît à Paris au 9 rue Saint-Maur-Saint-Germain, devenue rue de l'Abbé-Grégoire. Son père était un fonctionnaire employé des bureaux de la Guerre et sa mère copiait des mémoires pour des entrepreneurs de bâtisse pour compléter les revenus du couple, modestes pour élever quatre enfants. Après être passé par le lycée Saint-Louis il devint employé de bureau au ministère de la Guerre et s'attira bientôt les faveurs du public comme poète de l'école parnassienne.
Ses premiers vers imprimés datent de 1864. Ils furent réédités avec d'autres en 1866 sous la forme d’un recueil (Le Reliquaire), suivi (1867) par Intimités et Poèmes modernes (1867-1869). En 1869 sa première pièce, Le Passant, fut reçue avec un grand succès au théâtre de l’Odéon et par la suite Fais ce que dois (1871) et Les Bijoux de la délivrance (1872), courts drames en vers inspirés par la guerre, furent chaleureusement applaudis. Son poème le Défilé fut dédié à sa sœur Annette en 1869. Il publia Les Humbles (1872), Le Cahier rouge (1874), Olivier (1875), L'Exilée (1876). L’Académie française lui décerne le prix Vitet en 1876 pour l'ensemble de son œuvre poétique.
Après avoir occupé un emploi à la bibliothèque du Sénat, Coppée fut choisi en 1878 pour succéder à Léon Guillard comme archiviste de la Comédie Française, poste qu'il assuma jusqu'en 1884 (c'est son neveu par alliance Georges Monval qui prendra la suite). Cette année-là, son élection à l'Académie française l’amena à se retirer de toutes les charges publiques. Il continua à publier à intervalles rapprochés des volumes de poésie, parmi eux Contes en vers etc. (1881), Poèmes et récits (1886), Arrière-saison (1887), Paroles sincères (1890).
Dans ses dernières années, il produisit moins de poésie, mais publia encore deux volumes, Dans la prière et la lutte et Vers français. Il avait acquis la réputation d’être le poète des humbles. Outre les pièces mentionnées ci-dessus, deux autres écrites en collaboration avec Armand d'Artois et quelques petites pièces d'importance mineure, Coppée écrivit Madame de Maintenon (1881), Severo Torelli (1883), Les Jacobites (1885) et d'autres drames sérieux en vers, dont Pour la couronne (1895), qui fut traduit en anglais (For the Crown) par John Davidson et représenté au Lyceum Theatre en 1896.
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22 mai 1859 :
Naissance de l’écrivain Arthur Conan Doyle.
Arthur Ignatius Conan Doyle est un écrivain et médecin britannique.
Il naît à Édimbourg en Écosse, dans une famille catholique. Ses lointains ancêtres pourraient être d'origine normande du village d'Ouilly-sur-Orne, mais la relation avec la famille d'Oyly reste obscure.
Il est le deuxième des dix enfants du peintre anglais Charles Altamont Doyle et de Mary Foley, d'origine irlandaise, mariés en 1855.
D'après la préface de la version française de La Compagnie blanche, il serait aussi un descendant des ducs de Bretagne (Conan).
Cet arbre généalogique serait à l'origine de sa passion pour l'histoire, ainsi que de ses œuvres La Compagnie Blanche et Sir Nigel.
Conan Doyle effectue sa scolarité primaire à l'école préparatoire des jésuites de Hodder Place dans la ville de Hurst Green, dans le Lancashire.
À l'âge de neuf ans, il est inscrit au collège de Stonyhurst qu'il quitte vers 1875, rejetant le christianisme avant de devenir agnostique.
De 1876 à 1881, il étudie la médecine à l'université d'Édimbourg et effectue plusieurs stages à Aston (actuellement un district de Birmingham) et à Sheffield.
Tout en pratiquant la médecine, il commence à écrire des nouvelles dont les premières sont publiées dans le Chambers's Edimburgh Journal avant sa vingtième année.
Alors qu'il rêvait de connaître la reconnaissance littéraire par ses romans historiques (La Compagnie Blanche, Sir Nigel), c'est finalement le roman policier qui permettra à Conan Doyle de passer à la postérité.
Les enquêtes de Sherlock Holmes, dont il entame l'écriture pour des raisons alimentaires, connaîtront un triomphe populaire qui le dépassera largement, au point de parfois le rejeter.
Il en écrit toutefois quatre romans, le plus célèbre étant Le Chien des Baskerville, et cinquante-six nouvelles, qui sont considérés comme une innovation majeure du genre policier, popularisant la figure du détective plusieurs décennies avant les romans d'Agatha Christie.
Le 28 février 1880, alors qu'il est en 3e année de médecine, il s'embarque comme officier de santé à bord du navire baleinier Hope, dont le port d'attache est situé à Peterhead (Écosse), et commandé par le capitaine John Gray, pour une campagne de chasse au phoque et à la baleine qui durera jusqu'au 11 août 1881 et emmènera le navire au Groenland, au Spitzberg et aux Îles Féroé.
Il aura l'occasion de participer à la manœuvre du navire, à la chasse à la baleine, de faire des observations scientifiques sur la faune marine arctique et d'entretenir le moral de l'équipage en organisant des tournois de boxe, qu'il pratiquait en amateur éclairé.
Il tomba quatre fois dans l'eau glaciale et sera repêché à chaque fois, le capitaine le surnommant plaisamment « le grand plongeur du nord ».
Au total, une expérience qu'il jugera formatrice et enrichissante, et dont on retrouve la trace dans certaines de ses œuvres.
Après son diplôme de bachelier en médecine et de maître en chirurgie obtenu le 22 octobre 1881, il sert quatre mois comme médecin de bord du bateau à vapeur à passagers SS Mayumba (port d'attache : Liverpool) effectuant un voyage mouvementé sur la côte d'Afrique de l'Ouest, émaillé par une épidémie de fièvres tropicales et un incendie à bord.
Toujours amateur de natation, il réchappera à l'attaque d'un gros requin.
En 1882, il s'associe avec son ancien camarade d'université, George Budd, dans un cabinet médical à Plymouth.
Mais leur relation s'avère difficile et Conan Doyle finit par s'installer à Portsmouth en juin de cette même année.
Il ouvre son cabinet médical au 1 Bush Villas à Elm Grove, Southsea.
Au début, le cabinet n'a pas un grand succès et, en attendant les patients, il recommence à écrire des histoires.
Il obtient son doctorat en 1885 avec une thèse consacrée au tabes dorsalis, une manifestation fréquente à l'époque des complications nerveuses tardives de la syphilis.
Cette même année, il épouse Louisa Hawkins, surnommée « Touie », qui souffre d'une tuberculose et meurt le 4 juillet 1906.
Son premier travail d'importance est Une étude en rouge, qui paraît dans le Beeton's Christmas Annual en 1887. C'est la première apparition de Sherlock Holmes, personnage en partie inspiré par son ancien professeur d'université, Joseph Bell.
D'autres auteurs suggèrent des influences supplémentaires, comme le fameux personnage Auguste Dupin d'Edgar Allan Poe.
En 1890, Conan Doyle étudie l'ophtalmologie à Vienne et emménage à Londres en 1891 pour s'établir comme ophtalmologue.
Il écrit dans son autobiographie qu'aucun patient ne franchit le seuil de sa porte.
Cela lui donne plus de temps pour l'écriture et il décide, au printemps 1891, de publier les enquêtes de Sherlock Holmes en feuilletons dans The Strand Magazine
En novembre 1891, il réfléchit à tuer Holmes et le liquider corps et âme.
C'est chose faite en décembre 1893, quand paraît la nouvelle Le Dernier Problème : Holmes disparaît dans les chutes du Reichenbach avec le professeur Moriarty.
Conan Doyle peut alors consacrer plus de temps à des œuvres plus « importantes » à ses yeux, ses romans historiques.
Toutefois, sous la pression des lecteurs, et aussi pour des raisons financières, il est finalement contraint de publier de nouvelles aventures de Sherlock Holmes qui réapparaîtra pour la première fois dans Le Chien des Baskerville en 1901.
Il se remet à l'ouvrage en 1903, avec la nouvelle La Maison vide.
Il y explique que seul Moriarty a fait une chute fatale, et que Holmes a laissé croire à sa mort pour se protéger d'autres dangereux ennemis, notamment l'exécuteur des basses œuvres du professeur, le colonel Sebastian Moran.
En 1900, il était parti servir en tant que médecin des troupes britanniques lors de la seconde guerre des Boers.
C'est à une œuvre patriotique sur cette guerre en Afrique du Sud, The War in South Africa, publiée en 1902 qu'il doit d'être élevé au rang de Chevalier de l'ordre du Très vénérable ordre de Saint-Jean par le roi Édouard VII le 24 octobre 1902.
En 1907, il se remarie avec Jean Elizabeth Leckie, qu'il avait rencontrée en 1897, et qui décédera à Londres le 27 juin 1940.
Conan Doyle a eu cinq enfants, deux de sa première épouse et trois de sa seconde épouse
Au total, Holmes apparaît dans 56 nouvelles et 4 romans de Conan Doyle (il est apparu depuis dans de nombreux romans et histoires écrits par d'autres auteurs).
Conan Doyle a également enquêté personnellement sur deux affaires jugées, contribuant dans les deux cas à la libération des condamnés.
Le premier cas, en 1906, impliquait un homme d'origine parsie, George Eladji, inculpé en décembre 1906 de chantage et d'abattage de bétail à Great Wyrley (Staffordshire).
Conan Doyle mena une énergique campagne de presse mettant en relief les multiples points d'ombre de l'affaire et Eladji fut élargi en 1907.
Le deuxième cas est celui d'Oscar Slater, un Juif allemand arrêté à New York et reconnu coupable de matraquage sur une femme de 82 ans, Miss Marion Gilchrist, à Glasgow le 21 décembre 1908.
Slater fut condamné à mort par le tribunal de Glasgow en mai 1909, mais le mémoire en défense d’Ewing Speirs et une pétition signée de 20 000 citoyens permirent de commuer sa peine en détention à perpétuité.
D'abord suspicieux, Doyle accepta à la demande des avocats de Slater de réexaminer l'affaire en vue d'une requête en appel, et il prit conscience des incohérences du dossier, qu'il dénonça, sans succès, dans un premier article.
Slater devait continuer à purger sa peine jusqu'en 1927 mais, finalement, les deux principaux témoins de l'affaire, Helen Lambie et Mary Barrowman, se rétractèrent et Slater fut libéré le 27 novembre 1927.
Il sort agnostique des écoles catholiques de son enfance, mais ce scepticisme ne l'empêchera pas, par la suite, de se consacrer au spiritualisme et d'écrire divers ouvrages dans lesquels il prétend prouver l'existence de la vie après la mort et la possibilité de communiquer avec l'au-delà.
Son livre La Venue des fées (1921) montre qu'il était apparemment convaincu de la véracité des photographies des Fées de Cottingley, qu'il a reproduites dans son livre, regroupées avec des théories sur la nature et l'existence des fées et des esprits.
Dans son ouvrage L'Histoire du spiritualisme (1926), Conan Doyle loue les phénomènes psychiques et les matérialisations d'esprits produites par Eusapia Palladino et Mina Crandon . Son travail sur le sujet est une des raisons pour lesquelles une série de ses nouvelles des Aventures de Sherlock Holmes a été interdite en Union soviétique en 1929 pour occultisme.
Conan Doyle s'était lié d'amitié pendant un temps avec le magicien américain Harry Houdini, qui devint lui-même un fervent opposant au mouvement spiritualiste dans les années 1920, à la suite du décès de sa mère bien-aimée.
Bien qu'Houdini insistât sur le fait que les médiums spiritualistes utilisaient des supercheries (et essayât continuellement d'en révéler les tricheries), Conan Doyle se convainc qu'Houdini possédait lui-même des pouvoirs supra-naturels ; il exprime ce point de vue dans son livre Le Bord de l'inconnu.
Houdini se trouvait apparemment dans l'impossibilité de convaincre Conan Doyle que ses exploits n'étaient que des tours de magie.
Ce conflit entraîna l'épuisement d'un public amer tiraillé entre les deux interprétations.
Sur la fin de sa vie, marqué par de nombreux deuils, Conan Doyle s'investit dans des causes ayant trait au surnaturel aujourd'hui discréditées.
Il meurt d'une attaque cardiaque le 7 Juillet 1930 à l’ âge de 71 ans.
Capusa06
Irène Frain, née Irène Le Pohon le 22 mai 1950 à Lorient (Morbihan), est une femme de lettres française, romancière et journaliste. Elle est membre fondatrice du Women's Forum for the Economy and Society.
Née dans une famille encore très proche du milieu rural et de son dénuement , Irène Frain étudie au lycée Dupuy-de-Lôme à Lorient, elle prolonge ses études après le baccalauréat à l'hypokhâgne à Rennes, (où elle rencontre aussi son futur époux, François). Elle obtient l'agrégation de lettres classiques en 1972. De 1972 à 1978, elle enseigne les lettres classiques successivement aux lycées de Lagny-sur-Marne, de Champigny-sur-Marne, puis au lycée Jacques-Decour à Paris. De 1975 à 1981, elle enseigne le latin et la littérature latine à l'université Sorbonne-Nouvelle à Paris. Elle se signale d’abord par un ouvrage historique sur l’âge d’or de la Bretagne maritime, Quand les Bretons peuplaient les mers publié en 1979.
Elle consacre son premier roman à René Madec, petit mousse breton devenu nabab en Inde. Cette fresque épique de l’Inde du xviiie siècle, Le Nabab (1982) connaît un succès foudroyant et les romans suivants consacrent le talent d’Irène Frain : sens de l’intrigue, écriture tantôt sèche tantôt flamboyante, don de faire vivre le lecteur en empathie avec ses personnages, humour certain, imagination foisonnante.
De roman en roman — Modern Style (1984), Désirs (1986), Secret de famille (1989), Histoire de Lou (1990), Devi (1992), L'Homme fatal (1995), Les Hommes, etc. (2003), Au royaume des femmes (2007), Les Naufragés de l’île Tromelin (2009) —, l’intérêt des lecteurs pour ses écrits et l’originalité de sa personne ne se sont jamais démentis.
On note dans l’œuvre d’Irène Frain deux courants profonds : une passion pour les enjeux inhérents à la condition féminine et une prédilection affirmée pour l’Orient — les deux se recoupant souvent. Son ouvrage, Beauvoir in love (2012) fondé sur une enquête aux États-Unis et à l’Université de Columbus, dans l'Ohio, a éclairé un pan mal connu de la passion du « Castor » pour l’écrivain américain Nelson Algren. Elle a ainsi pu mettre en scène des épisodes inconnus du parcours de Simone de Beauvoir et éclairer des traits de sa psychologie jusqu’ici ignorés, retouchant ainsi le portrait souvent biaisé, voire négatif que Beauvoir fit de son amant américain après leur rupture. Elle y souligne aussi le rôle d’Algren dans la genèse du Deuxième Sexe. Grande voyageuse, la romancière attribue son goût de l’Asie à sa naissance à Lorient, ancien port de la Compagnie des Indes, autrefois orthographié L’Orient.
Plusieurs de ses récits de voyage illustrent cette prédilection : Quai des Indes (1992) relatant son enquête sur la célèbre femme-bandit indienne Phoolan Devi, La Vallée des hommes perdus (1995), en collaboration avec le dessinateur de BD André Juillard, Pour que refleurisse le monde (2002) avec Jetsun Pema, sœur du 14e dalaï-lama, et, après son voyage en Chine et au Tibet sur les traces du célèbre explorateur américain Joseph Rock, Au royaume des femmes (2006) et À la recherche du royaume (2007) avec des photos de son époux François Frain.
Sa passion de l’enquête peut aussi se manifester dans La Guirlande de Julie (1991) sur la naissance du langage des fleurs et de la civilité amoureuse en France, L’Inimitable (1998) biographie historique de Cléopâtre, Gandhi, la liberté en marche (2007) ou La Forêt des 29 (2011), qui relate le parcours de Jamboji, fondateur de la communauté des Bishnoïs.
En 1984, elle entame une carrière journalistique, travaillant ainsi pour Paris-Match, pour Elle, pour L'Équipe, pour VSD, etc.
Admiratrice de Julien Gracq, Irène Frain lui a consacré en 2001 un court essai : Julien Gracq et la Bretagne..
On note aussi son intérêt pour l’art de vivre : Le Bonheur de faire l’amour dans sa cuisine et vice-versa (2004) et, dès le début de son parcours, un goût affirmé pour les contes : Contes du Cheval bleu les jours de grand vent (1980), republié et réaménagé sous le titre Le Navire de l'homme triste et autres contes marins (2010), La Fée chocolat (1995), Le Roi des chats (1996).
Irène Frain a relaté une partie de son enfance bretonne dans La Côte d’amour (2001) avec des photos de Christian Renaut et dans La Maison de la source en 2000. Dans Un crime sans importance (2020), elle aborde le meurtre de sa sœur aînée Denise assassinée le 8 septembre 2018 dans son pavillon de banlieue dans l'Essonne, un ouvrage qui reçoit le prix Interallié en 2020 .
Dans La Forêt des 29 (2011), elle met en scène sous forme de docufiction l'itinéraire de Jamboji, fondateur au xve siècle de la communauté Bishnoï en Inde. Elle y relate également le massacre-immolation qui eut lieu en 1730 à Khejarli, près de Jodhpur. 363 hommes, femmes et enfants y donnèrent leur vie pour protéger les arbres d'une forêt appartenant à la paysanne Bishnoï Amrita Devi.
Elle collabore régulièrement à l'hebdomadaire Le 1 sous la direction d'Éric Fottorino, qui a publié ses articles dans plusieurs recueils (Il me fallait de l'aventure, Éditions de l'Aube, 2018 et Les nouveaux combats des femmes, Éditions de l'Aube, 2018).
Elle est membre du comité d’honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité.
Irène Frain participe régulièrement à des actions favorables à la cause tibétaine. Elle est ambassadrice de l’association Aide à l'enfance tibétaine et de La Voix de l'enfant.
En novembre 2017, elle a été la présidente d'honneur du Prix CatalPa, prix littéraire et artistique français distinguant chaque année un catalogue d'exposition parmi les titres publiés dans l’année par les musées et les institutions culturelles de Paris.
En 2018, elle est nommée membre du conseil de l'ordre national du Mérite.
FAE
Bonjour et bon dimanche à tous ! 😃
"Au cours de la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines furent enlevés par un groupe armé. Leur enlèvement fut revendiqué par la faction radicale du G.I.A. (Groupe Islamique Armé) dans un communiqué en date du 18 avril 1996 et publié le 27 avril. Dans un second communiqué, en date du 23 mai, le G.I.A. annonçait qu’ils avaient été exécutés le 21 mai. Le 30 mai, leurs têtes étaient découvertes à côté de Médéa.
La messe des funérailles fut célébrée à Alger le samedi 2 juin et ils furent enterrés au cimetière de leur monastère à Tibhirine, le lundi 4 juin 1996.
Enquête judiciaire sur l'enlèvement et la mort des moines
En 2003 une plainte contre X a été déposée en France par des membres de la famille de Frère Christophe et par Dom Armand Veilleux (procureur de l’Ordre cistercien de stricte observance au moment des évènements) ; cette plainte est en cours d’instruction par le juge Marc TREVIDIC, assisté de la juge Nathalie Poux.
Le point de vue de Dom Armand Veilleux ( mars 2011) : en savoir plus
De nombreuses auditions de témoins côté français ont été menées. Suite à la demande par une commission rogatoire internationale du Juge Trévidic en décembre 2011 de pouvoir auditionner des témoins côté algérien et de pratiquer les nécessaires autopsies, la justice algérienne a nommé un juge d'instruction mi-2013. Après une première rencontre à Alger en novembre 2013, le Juge Trévidic est invité à pouvoir se rendre à Tibhirine pour pratiquer les autopsies, sous l'autorité du juge d'instruction algérien, et à pouvoir effectuer les prélèvements nécessaires pour les besoins de son instruction côté français. Repoussées deux fois, ces autopsies ont eu lieu du 14 au 16 octobre 2014.
Le Juge Trévidic était accompagné de quatre experts français (un généticien, un médecin-légiste, une anthropologue et un radiologue). Simples observateurs lors de l’autopsie, ces experts français ont néanmoins contribué à l’exhumation et à l’analyse des dépouilles des 7 moines enterrés dans le petit cimetière monastique de Tibhirine. Malgré le refus inattendu des autorités algériennes pour que le Juge Trévidic reparte avec les prélèvements effectués à son intention, ces experts ont produit des conclusions à partir de ce qu’ils ont vu, photographié sur place et radiographié. Une restitution aux familles de moines a pu se faire le 2 juillet 2015.
Il en ressort que les moines ont sans doute été égorgés, que leur mort serait antérieure à la date du 21 mai (date du Communiqué du GIA annonçant leur décès), enfin que leur décapitation serait post-mortem. De plus, aucun élément observé sur les crânes ne laisse penser à un passage de projectile. Faute d’analyses contradictoires des prélèvements effectués, le Juge Trévidic a réitéré, par une Commission Rogatoire Internationale, auprès des autorités judiciaires algériennes, son souhait de pouvoir les réaliser au plus vite. Il a pu exprimer également son souci, partagé par les experts, que les prélèvements soient bien conservés en Algérie. Enfin, il n’a pu être procédé aux analyses ADN.
Le Juge et les experts ont confirmé que ces exhumations se sont déroulées dans le respect des dépouilles des moines. Les ré-inhumations ont été accompagnées d’une cérémonie religieuse et par la lecture du Testament du Père Christian.
La semaine suivante le déplacement du Juge Trévidic en Algérie, le juge algérien est venu en France auditionner Messieurs Le Doaré (ex-DGSE) et Marchiani. Malgré ses demandes, le Juge Trévidic n’a pu, à ce jour, procéder à l’audition d’une vingtaine de témoins en Algérie." [...]
andree
Saint Emile :
Martyr africain du IIIe siècle
Ainsi que les :
St Atton, St Ausone, St Basilisque, St Laurent, St Romain, Ste Julie
1937 : naissance de Guy Marchand, chanteur, musicien et comédien français.
- 1924 : naissance de Shahnourn Varinag Aznavourian, dit Charles Aznavour à Paris, chanteur, compositeur et acteur français. Plus de quatre-vingt films et téléfilms, écrit plus de 1 000 chansons dans cinq langues et vendu plus de 100 millions de disques à travers le monde. Il est également le représentant permanent de l'Arménie auprès de l'ONU à Genève.
(mort le 1er octobre 2018) à Mouriès (Bouches-du-Rhône).
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21 mai 1471 :
Naissance du peintre Albrecht Dürer.
Albrecht Dürer est un dessinateur, graveur et peintre allemand de la Renaissance, également connu comme théoricien de la géométrie et de la perspective linéaire.
C' est un artiste qui a beaucoup voyagé, connu un grand succès et réellement pensé l'art.
Héritier d'une tradition nordique, il a pleinement intégré les avancées italiennes de son temps pour devenir un artiste réputé et célébré de son vivant.
L'art d'Albrecht Dürer marque l'apogée de la peinture à la sortie du Moyen Âge.
Sa maîtrise absolue du dessin rigoureux et d'une coloration sensuelle fascinent aujourd'hui comme de son temps.
Dürer travaille sa peinture dans la continuité de Van Eyck en tentant de reproduire le plus fidèlement possible la nature et les paysages.
Ses nombreuses esquisses indiquent bien tout l'intérêt que portait l'artiste pour ce travail.
Moulé dans la tradition médiévale allemande en vigueur à son époque, il acquiert grâce à ses voyages en Italie une profonde indépendance, plus grande peut-être que les artistes italiens eux-mêmes, puisqu'il ne relevait lui-même d'aucune tradition moderne, l'allemande appartenant déjà au passé.
Il a représenté à sa manière une avant-garde.
Dürer a peint la première aquarelle dans l'histoire de l'art occidental qui soit une peinture de paysage représentant une vue d'un lieu précis.
Les aquarelles qu'il réalisa au cours de son voyage à travers les Alpes, appartiennent d'après les chercheurs à deux catégories et cela à partir de critères botaniques : celles qu'il réalisa en automne 1494 au cours du voyage aller vers Venise, et celles réalisées au printemps de 1495 lors du retour, lorsqu'il eut pris connaissance de la peinture italienne.
Dans ces dernières, une assez grande différenciation est à remarquer.
On pourrait même expliquer les différences stylistiques en se basant exclusivement sur l'évolution propre de Dürer, qui s'intéressa fréquemment aux impressions paysagistes.
Une grande partie des aquarelles — à l'exception sans doute de la Ville et Château d'Arco — fut ainsi réalisée au cours du voyage aller.
La Vue d'Innsbruck est considérée par les chercheurs comme la première de la série.
Fasciné par le genre de l'autoportrait, Albrecht Dürer est le premier à en réaliser une grande quantité, que ce soit en peinture ou dessins.
Ses autoportraits peints font tous preuve d'une grande assurance et fierté.
Il semble que même si Dürer a voulu laisser une trace glorieuse de sa vie à travers ses nombreuses réalisations, il y a également laissé transparaître ses émotions et état d'esprit du moment.
Son Autoportrait aux gants de 1498 le montre habillé comme un noble vénitien, conscient de sa valeur et de son rang.
Des détails (une tenue vestimentaire trop accentuée, un regard qui ne cadre pas avec la nonchalance de la coiffe) font penser que, probablement inconsciemment, Dürer fait passer le message qu'il est, à ce stade de sa vie, prêt à jouer un rôle nouveau.
Il peint ce tableau quatre ans après son premier voyage en Italie, comme un renvoi à son expérience vénitienne actuelle, alors qu'il a rencontré Giovanni Bellini et compris que l'état de peintre pouvait conduire à la liberté spirituelle et une responsabilité sociale.
Celui réalisé deux ans plus tard, en Allemagne, montre un peintre dans une forme plus religieuse, classiquement utilisée à cette époque pour représenter le Christ.
Il exprime ainsi probablement sa volonté d'indiquer qu'il suit la voie du Seigneur.
Profondément religieux et certainement frappé par les malheurs de l'Allemagne de l'époque, Dürer est là bien davantage préoccupé par la vie après sa mort.
C'est à cette époque qu'il réalise la série sur l'apocalypse.
En ce qui concerne son œuvre,plus de soixante-dix tableaux, plus d'une centaine de gravures sur cuivre et environ deux cent cinquante gravures sur bois, plus d'un millier de dessins et trois livres imprimés nous sont parvenus.
Il meurt en 1528 et il est enterré dans le cimetière de Johanniskirchhof à Nuremberg.
Capusa06
Caroline Muller, née le 30 novembre 1907 à Oberseebach actuellement commune de Seebach et morte le 21 mai 1958, est une résistante alsacienne qui sous le pseudonyme de « Tante Jeanne » a fondé à Haguenau avec le Dr Paul Flesch une filière d'évasion aidant des prisonniers de guerre (PG) français et autres fugitifs, notamment des Alsaciens réfractaires à l'incorporation de force, à franchir la frontière entre l'Alsace annexée de fait et la France.
Jusqu'à l'âge de 14 ans, Caroline Muller fréquente l'école communale de Oberseebach, un village du nord du Bas-Rhin proche de la frontière allemande. Elle est ensuite interne dans l'établissement secondaire des sœurs de la Providence à Ribeauvillé. À partir de 1926, elle travaille comme gouvernante-institutrice auprès d'enfants de familles en Lorraine, à Pont-à-Mousson et Nancy puis à Paris.
En 1937, elle revient en Alsace et lance son propre commerce de laines et tissus dans la ville de Haguenau. Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939, elle se porte volontaire au centre de la Croix-Rouge. À la suite de l'annexion de fait de l'Alsace-Moselle en 1940, Caroline Muller liquide son affaire et devient secrétaire médicale du Dr Paul Flesch dans la même ville.
Elle est arrêtée à Haguenau par les Allemands le 27 mars 1942, emprisonnée puis déportée en Allemagne avant d'être rapatriée en France trois ans plus tard en 1945. Mais sa santé est minée et elle décède à 51 ans.
Activités de Résistance .
À Haguenau, elle est alors en contact direct avec les prisonniers de guerre français détenus provisoirement. Elle les ravitaille clandestinement et rapidement, certains redoutant d'être transférés en Allemagne, cherchent par tous les moyens à s'évader. Caroline Muller les aide et son pseudonyme, « Tante Jeanne » devient connu dans les Stalags et Oflags en Allemagne. Ravitaillés et revêtus d'habits civils, les prisonniers de guerre sont convoyés de Haguenau à Strasbourg et dirigés en train dans le Val d'Argent (Sainte- Croix- aux- Mines, Sainte- Marie- aux- Mines) ou Pfetterhouse, dans le Haut-Rhin. Une autre filière de PG évadés va de Haguenau à Marmoutier puis au-delà de la frontière des Vosges, en France occupée.
Création de la filière .
Au cours de l'année 1941, Caroline Muller organise une filière d'évasion grâce à Léon Wencker et sa fille Suzanne. Les PG évadés, parfois repérés par le chef de gare et son équipe, arrivent directement chez elle, à Haguenau (n°1 ,place d'Armes), parfois amenés par l'abbé Adam ou bien cherchés dans l'église Saint-Georges où le chanoine Fischer est bienveillant.
Ils sont alors répartis dans différentes familles qui prennent le risque de les loger: Joséphine et Georges Reisacher, Charles, Alfred et Louise Langenbronn ou bien les Ternoir-Buhler Les malades sont soignés par le Dr Lecomte et le ravitaillement, assuré par le comptable Antoine Kapfer. Dans le Val d'Argent.les époux Justine et Joseph Jehel, L'abbé Didierjean ainsi que Juliette et Emile Hoffmann (qui tiennent l'Hôtel Central à Sainte-Croix-aux-Mines) assurent les relais. Le mot de passe des PG évadés et autres fugitifs auprès des hôteliers est « Vous avez le bonjour de Tante Jeanne ». Ces voyageurs particuliers sont ensuite hébergés dans la chambre 12 donnant sur le jardin pour faciliter la fuite en cas de danger.
Par l'intermédiaire de Marcel Ringue, négociant-administrateur chez Maurice Burrus (manufacture de tabac), ils sont pourvus de fausses pièces d'identité. Manon Hoffmann (17 ans en 1942) ou Pierre Ringue conduisent les fugitifs jusqu'au hameau du Grand Rombach où Joseph Jehel et Robert Herment. se chargent de leur faire passer clandestinement la frontière. Le curé de la paroisse Sainte-Madeleine à Sainte-Croix-aux-Mines, en liaison constante avec l'abbé Charles Didierjean (curé de la paroisse Saint-Louis dans la même commune) est contacté en 1941 par une infirmière de Haguenau en relation avec Caroline Muller. Il cache le plus souvent les fugitifs dans le clocher de son église. Un tailleur de Haguenau, Théodore Bausch, convoie aussi des PG à Marmoutier où ils sont remis à Marguerite Fuhrmann qui les accueille et prend en charge le passage de l'autre côté des Vosges.
Caroline Muller ne donne pas sa véritable identité aux fugitifs qui la connaissent comme « la Dame en noir ». Plusieurs centaines d'évadés, indirectement aidés par les habitants de Haguenau qui donnaient des vêtements, des cartes d'alimentation voire de l'argent, sont passés par cette filière.
Démantèlement de la filière .
En mars 1942, Caroline Muller et de nombreux membres de sa filière sont dénoncés par un agent de la Gestapo, Léon Barth. Après avoir volé de l'argent dans les caisses du parti nazi à Haguenau, de peur d'être appréhendé, il quitte l'Alsace en utilisant la filière de « Tante Jeanne ». Or en arrivant de l'autre côté des Vosges, il se rend immédiatement chez les Allemands et dénonce tous les membres de la filière dans le but de se faire à nouveau bien voir par l'administration nazie.
Caroline Muller est arrêtée par la Gestapo le 27 mars 1942 à Haguenau. Elle est emmenée immédiatement à la prison de Strasbourg puis à celle d' Offenbourg. De là, elle est transférée dans le camp d'internement de Schirmeck (Alsace annexée). Après de nombreux interrogatoires et tortures, elle est déportée le 13 janvier 1943 en Allemagne par les prisons de Karlsruhe, Mannheim, Wurzbourg, Nuremberg,Halle, Leipzig, Berlin puis au camp de concentration de Ravensbrück; Sur l'ordre de la Gestapo, elle est enfermée au « Block disciplinaire » et porte le matricule 16684. Elle est libérée par l'intermédiaire de la Croix-Rouge suédoise en avril 1945. Évacuée en Suède, elle souffre du typhus et de tuberculose pulmonaire avant d'être rapatriée en France en août 1945 seulement. Très affaiblie par ses tortures endurées dans l'enfer concentrationnaire, elle décède treize ans plus tard après de nombreuses hospitalisations et séjours en sanatoriums.
Quant aux autres membres de son réseau, ils subissent aussi la répression nazie. Suzanne Wencker , née en 1925 à Epinal, est arrêtée par la Gestapo le 14 août 1942 à Drachenbronn-Birlenbach pour aide à l'évasion, internée à Strasbourg, transférée le 13 juin 1944 au camp de Schirmeck, déporte le 6 septembre 1944 au camp de Gaggenau, libérée le 4 avril 1945 et rapatriée en France. Juliette Hoffmann, née en 1893 à Guebwiller, est arrêtée par la Gestapo en juillet 1942, internée à Colmar, transférée au camp de Schirmeck, déportée à Villingendorf puis libérée le 27 avril 1945 et rapatriée en France .
Décorations.
Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil (puis avec palme) avec la citation suivante
« Fervente patriote, a fait partie d'une importante filière de rapatriement de prisonniers. S'est occupé particulièrement de leur ravitaillement, leur hébergement, leur assurant le passage de la frontière en les conduisant elle-même. Arrêtée le 17 mars 1942 par la Gestapo, eut une attitude digne de toutes les éloges devant l'ennemi. Libérée par les troupes alliées au moment où, après 37 mois d'incarcération, elle se trouvait dans un état désespéré. Par son patriotisme, son intelligence, et son grand dévouement de tous les instants, a bien mérité de la patrie. »
Médaille de la Résistance française (24 avril 1946)
Chevalier de la Légion d'honneur (26 janvier 1956)
Officier de la Légion d'honneur