
Misterprof-
10 mai 1974 :
« Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du cœur »
Le 10 mai 1974, un Face à Face télévisé oppose les deux candidats à la présidence de la République, Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances dans le gouvernement du précédent président, Georges Pompidou, décédé un mois plus tôt, et François Mitterrand, candidat unique de l'opposition de gauche.
Les deux candidats sont au coude-à-coude dans les sondages.
Excédé par le ton moralisateur et condescendant de son rival, le représentant de la droite lance : « Je vais vous dire quelque chose : je trouve toujours choquant et blessant de s'arroger le monopole du coeur. Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du coeur ».
La réplique fait mouche et va faire basculer le sort en faveur de son auteur, qui l'emportera avec 426.000 voix d'écart lors du scrutin du 19 mai 1974.
À peine élu, VGE donnera du corps à sa formule en réformant tambour battant la société française.
Capusa06
10 mai 1802 : « Le dernier cri de l'innocence et du désespoir »
Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ». En affichant cette proclamation sur les murs de Basse-Terre, en Guadeloupe, il revendique le devoir d'insurrection et lance un appel à la fraternité, par-dessus les barrières de races.
Quelques jours plus tard, dans l'habitation Danglemont, à Matouba, dans les hauteurs de Basse-Terre (Guadeloupe), il se fait sauter avec ses hommes pour échapper à la cruauté du corps expéditionnaire du général Antoine Richepance (on écrit aussi Richepanse) et de Magloire Pelage. Son ami Joseph Ignace et beaucoup d'autres insurgés dont la mulâtresse Solitude sont tués ou exécutés...
Journée du souvenir de l'esclavage .
Le gouvernement français a institué en 2001 une Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition et, par une curieuse démarche, l'a raccrochée au 10 mai 2001, vote de la loi Taubira établissant cette journée !...
Qu'il me soit permis de suggérer de la raccrocher plutôt au 10 mai 1802, lorsque le métis Louis Delgrès (36 ans) adressa « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ».
Ce brillant officier de la Révolution, fervent républicain et bonapartiste convaincu, se fit sauter avec ses hommes le 28 mai suivant, pour ne pas tomber entre les mains du général Richepance, lequel avait outrepassé les ordres de Paris en rétablissant l'esclavage sur l'île.
J'émets le vœu que les pouvoirs publics érigent Louis Delgrès au rang de héros français, au même titre que Louise Michel, Jeanne d'Arc et Honoré d'Estienne d'Orves. Autant de héros dans lesquels pourraient se reconnaître tous les petits Français sans considération de couleur ou d'origine.
Capusa06
9 mai 1960
Mise en vente de la pilule aux États-Unis .
Le 9 mai 1960, la pilule contraceptive, mise au point par un Américain, le docteur Pincus, est commercialisée aux États-Unis. Symbole de la libération sexuelle de la femme, elle opère un basculement du rapport de forces entre les hommes et les femmes et fait partie des innovations majeures du XXème siècle.
La pilule pour toutes .
Aux États-Unis, une première barrière tombe à la fin des années 1940 : la publication des rapports Kinsley bouleverse les moeurs de l'Amérique puritaine. C'est le premier rapport scientifique sur les rapports sexuels. Dès lors, les recherches s'accélèrent, notamment celles visant à maîtriser la fécondité.
Gregory Goodwin Pincus (9 avril 1903, Woodbine, New-Jersey ; 22 août 1967, Boston)Le docteur Gregory Goodwin Pincus (1903-1967), professeur diplômé de l'université d'Harvard, spécialiste des hormones, met au point un contraceptif oral en 1955. Mais cette innovation n'aurait pas vu le jour sans l'intervention de deux femmes : l'infirmière et militante féministe Margaret Sanger, qui lui donne l'idée (elle fondera le Planning familial), et Katharine McCormick, suffragette et mécène qui contribue au financement du projet de recherche en levant près de deux millions de dollars.
Associant progestérone et oestrogène de synthèse, cette pilule, nommée Enovid, permet d'inhiber l'ovulation. Testée à Porto Rico en 1956, elle connaît un franc succès même si son efficacité n'est pas encore totale. En effet, elle ne bloque pas complètement l'ovulation et la dose d'hormones qu'elle contient est trop élevée. Après quelques ajustements, sa commercialisation est autorisée aux États-Unis dès 1957.
Elle n'est d'abord délivrée qu'à des fins curatives, pour remédier aux dérèglements menstruels, jusqu'à ce que l'autorité américaine des médicaments, la Food and Drug Administration, autorise enfin sa mise sur le marché le 9 mai 1960.
Dès le début, toutefois, la pilule suscite des réticences inattendues de la part des femmes elles-mêmes. Beaucoup s'émeuvent de l'obligation de s'astreindre à un traitement chimique pendant toute leur vie féconde. Les féministes s'inquiètent aussi de ce que les hommes y voient une déculpabilisation du sexe et un accès sans limite au corps de la femme. Ces craintes, plus d'un demi-siècle plus tard, demeurent prégnantes et expliquent le rejet de la pilule par une fraction importante des femmes au profit de méthodes contraceptives plus conventionnelles.
En France, c'est le 28 décembre 1967, avec la loi Neuwirth, que la pilule contraceptive est autorisée sur libre prescription. En 1974, elle est remboursée par la Sécurité sociale, répondant ainsi au souhait formulé par Simone Veil devant l'Assemblée nationale le 29 juin 1974 : « Ce qu'il faut, c'est faire entrer la contraception dans le droit commun, la dédramatiser, en faire un acte médical comme un autre. »
Misterprof-
9 mai 1927 :
Disparition de Nungesser et Coli.
Le 9 mai 1927, Français et Américains apprennent avec consternation la disparition des aviateurs Charles Nungesser et François Coli dans leur tentative d'effectuer la première traversée de l'Atlantique Nord sans escale.
Le retentissement médiatique du drame tient à la personnalité hors normes de Charles Nungesser (35 ans).
As de la Grande Guerre avec 43 victoires à son actif, il a été blessé et a plusieurs fois frôlé la mort.
Affronté un jour à un avion allemand plus performant que le sien, Nungesser, résigné, atterrit pour ne pas être abattu en vol.
Mais son adversaire, ayant reconnu son écusson, renonce à le mitrailler et se contente de le survoler en le saluant...
Après la guerre, le héros s'installe dans un hôtel particulier du rond-point des Champs-Élysées, mène grande vie, reçoit une Rolls-Royce du Prince de Galles...
Il fait la connaissance d'une jeune milliardaire américaine, Consuelo, dont il tombe amoureux et qu'il épouse en 1923.
Entre temps, il fonde à Orly une école de pilotage mais ne tarde pas à faire faillite et se ruiner.
Il rebondit et devient aux États-Unis une grande figure du show-business.
Lui-même devient acteur et joue son propre rôle.
Mais il ne tarde pas à connaître de nouveaux revers.
Aux États-Unis, son étoile pâlit.
Pire que tout, sa chère Consuelo demande et obtient le divorce.
Nungesser répond alors à une offre de 25.000 dollars à qui traversera pour la première fois l'Atlantique Nord en avion...
Le héros s'associe à François Coli, un autre pilote de guerre issu de la marine marchande, qui a réussi en 1919 la double traversée de la Méditerranée.
Après avoir essuyé plusieurs refus du constructeur Levasseur, les deux hommes obtiennent enfin la livraison d'un avion sur mesure.
Après une préparation de plusieurs semaines, ils décollent le 8 mai 1927 du Bourget à bord de leur biplan Levasseur, baptisé «L'Oiseau blanc» en souvenir d'un chef indien.
L'avion est signalé aux abords de Terre-Neuve et, sur la foi d'une fausse dépêche, un journal parisien du soir, La Presse, se hasarde à annoncer leur arrivée à New York.
Mais c'est en vain que l'on guette les deux aviateurs.
À Paris, les badauds, scandalisés, saccagent les locaux de La Presse.
Dans les années 1930, on a retrouvé dans l'État du Maine, non loin de New York, des débris et un moteur d'avion du même modèle que celui de «L'Oiseau blanc».
Certains en ont conclu que les deux malheureux avaient malgré tout réussi leur pari.
D'autres pensent que l'avion aurait pu s'écraser sur une plage des rives du Bas Saint-Laurent.
Le jeune Américain Charles Lindbergh (25 ans) relève sans attendre le défi de Nungesser et Coli.
Le 21 mai 1927, soit quelques jours après les deux Français, il réussit la traversée dans l'autre sens. Lindbergh franchit l'Atlantique, de New York au Bourget, en volant seul et sans radio, uniquement aux instruments, à bord d'un monoplan Ryan, le «Spirit of Saint Louis».
Misterprof-
28 mars 1921 :
Naissance de l'acteur Dirk Bogarde.
Derek van den Bogaerde est un acteur britannique.
Il est le fils d'un critique d'art belge et d'une comédienne écossaise.
Il est également le grand-oncle de la chanteuse britannique Birdy, née Jasmine van den Bogaerde.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté à l'état-major du général Montgomery, où il dessine les plans de batailles.
À partir de 1947, il se met à tourner des séries B,mais commence à se faire remarquer dès 1950 dans des films à suspense signés Terence Fisher, Marc Allégret ou Charles Crichton, et s'impose avec le rôle du docteur Simon Sparrow dans une série de comédies réalisées par Ralph Thomas.
Il tourne également sous la direction de réalisateurs britanniques renommés tels que Lewis Gilbert, Anthony Asquith, Jack Clayton, Richard Attenborough ou Michael Powell.
Il succède à Stewart Granger en jeune premier dans des films d'aventures, historiques ou exotiques, des drames romantiques, des drames de guerre, avec de séduisantes partenaires féminines : Jean Simmons, Kay Kendall ou Brigitte Bardot, et plus tard Olivia de Havilland, Ava Gardner, Judy Garland, jouant même Franz Liszt en 1960.
Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'il accepte le rôle, périlleux pour l'époque, d'un avocat victime d'un chantage homosexuel dans La Victime de Basil Dearden (1961), prestation qui lui vaut sa première nomination aux BAFTA Awards.
Après une première collaboration avec Joseph Losey dans La bête s'éveille, en 1954, ce dernier lui confie le rôle du valet sadique et ambigu de The Servant en 1963, rôle qui lui vaut le BAFTA du meilleur acteur.
Il retrouve le réalisateur Losey dans Pour l'exemple (1964), qui traite de la désertion durant la Première Guerre mondiale, Modesty Blaise (1966), film d’espionnage avec Monica Vitti et Terence Stamp) et Accident (1967, écrit par Harold Pinter.
Dès lors, il excelle dans les rôles de personnages torturés, à la sexualité souvent trouble, comme dans Portier de nuit de Liliana Cavani, où il forme un couple sulfureux de « tortionnaire nazi et victime » avec Charlotte Rampling, et surtout dans Les Damnés, qui décrit une famille d'industriels allemands impliqués dans l'avènement du nazisme, et Mort à Venise, drame homosexuel d'après Thomas Mann, deux films majeurs signés Luchino Visconti.
Sa carrière internationale inclut aussi bien les réalisateurs John Schlesinger (Darling avec Julie Christie) que George Cukor (Justine d'après Lawrence Durrell avec Anouk Aimée), John Frankenheimer (L'Homme de Kiev (The Fixer) sur un scénario de Dalton Trumbo) et Rainer Werner Fassbinder (Despair sur un scénario de Tom Stoppard d'après Vladimir Nabokov).
Parlant parfaitement le français, il collabore également mais en anglais avec plusieurs réalisateurs français parmi lesquels Henri Verneuil (Le Serpent avec Yul Brynner et Henry Fonda), Alain Resnais (Providence aux côtés de John Gielgud et Ellen Burstyn) et Bertrand Tavernier, avec lequel il joue en 1990 son dernier rôle au cinéma, dans Daddy nostalgie où il est le père du personnage interprété par Jane Birkin.
Dirk Bogarde est toujours resté discret sur sa vie privée : il a entretenu avec Anthony Forwood, son agent précédemment marié à l'actrice Glynis Johns, une relation de près de cinquante ans, qui n'a pris fin qu'à la mort de celui-ci en 1988.
Il s'est alors entièrement consacré à l'écriture et a publié une douzaine d'ouvrages dont plusieurs livres de souvenirs.
Il était très ami avec l'actrice française Nicole Calfan, rencontrée sur le tournage de La Trahison (1975).
Fait chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres en 1982, il a été anobli par la reine Élisabeth II en 1992.
Le 8 mai 1999, Dirk Bogarde meurt à Londres, des suites d'une attaque cardiaque.
FAE
Bonjour à tous ! 😃
Merci Capusa !
"Le 8 mai fait référence au 8 mai 1945, qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Ce jour-là, les Alliés remportent la guerre et l'Allemagne nazie capitule. Le 8 mai 1945, à 15h, les cloches se mettent alors à sonner dans tout le pays. « La guerre est gagnée.""
Capusa06
8 mai 1902
Éruption de la Montagne Pelée
Le 8 mai 1902, une éruption volcanique anéantit la ville de Saint-Pierre et ses 28 000 habitants, sur l'île française de la Martinique.
Un paradis volcanique
Cinquième cliché d’une série de six de la nuée ardente du 16 décembre 1902 par Lacroix, dans La montagne Pelée et ses éruptions. En agrandissement : Affiche pour une représentation de bienfaisance au profit des sinistrés.Comme toutes ses soeurs de l'archipel des petites Antilles, l'île est d'origine volcanique. Mais l'activité éruptive semble terminée de longue date lorsque l'île est colonisée par les Européens.
La ville de Saint-Pierre se développe au pied d'un ancien volcan appelé Montagne Pelée en raison de ses pentes dénudées et austères. Son charme tropical, sa vie culturelle et l'élégance vestimentaire de sa bourgeoisie lui valent le surnom de « petit Paris des Antilles ».
Les premiers signes d'une résurgence de l'activité volcanique se manifestent dès 1900 avec quelques fumerolles. En avril 1902, les habitants de la région se plaignent d'une odeur pestilentielle liée à des émanations de soufre. Les secousses sismiques se multiplient.
Les 2 et 3 mai, dans un fracas épouvantable, la montagne vomit des nuages de cendres accompagnés d'éclairs. Les scientifiques, consultés, se veulent rassurants : la ville de Saint-Pierre est protégée d'éventuelles coulées de laves par le relief. En témoignage de sincérité (et à la demande de sa hiérarchie), le gouverneur Mouttet et sa femme s'installent dans la ville. Les habitants sont invités à aller voter le 11 mai à un second tour des élections législatives et il serait dommage que la peur les fasse renoncer à leur devoir électoral !
Le 8 mai, à 8h02 du matin, dans une formidable explosion, une nuée ardente s'échappe du volcan. Ce nuage de cendres, de pierres et de gaz enflammés recouvre en un clin d'oeil la ville et la rade. Tout prend feu. Quelques rares personnes, sur les navires, échappent à la mort. Dans la ville, on ne retrouvera que deux miraculés : un cordonnier et... un prisonnier. Ce dernier, Louis Cyparis, avait été mis au cachot pour cause d'ivrognerie. Les murs de sa cellule lui ont évité une mort horrible.
Saint-Pierre, le Petit Paris des Antilles. En agrandissement : Ruines de Saint-Pierre après la catastrophe.
Jusqu'à quand ?...
La Montagne Pelée a poursuivi ses éructations jusqu'en 1905 avec un type d'éruption inédit, caractérisé par une brusque explosion et une nuée ardente, auquel les scientifiques donnent le nom de « péléen » (de Montagne Pelée).
Une aiguille de 350 mètres, composée de lave solidifiée, l'a surmontée longtemps avant de se désagréger. Elle a connu une nouvelle période éruptive en 1929-1932 avant de se rendormir pour une durée indéterminée.
Le drame de 1902 et les erreurs de prévision ont entraîné un regain d'intérêt pour les éruptions volcaniques et la naissance d'une discipline nouvelle, la vulcanologie.
Misterprof-
Décès d' Yves Mourousi, journaliste français de télévision et de radio.
Né de père inconnu le 20 juillet 1942 à Suresnes, le jeune Yves est élevé par sa grand-mère, Marie Figueira d'Almeida (1888-1971) et s'invente une mère parfaite.
En réalité, Euphrosine, princesse Mourousi (1907-1965), émigrée russe de noblesse phanariote, désargentée, fut une intrigante collaboratrice des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, considérée comme faisant partie des comtesses de la Gestapo.
Pour gagner sa vie pendant l'Occupation, cette toxicomane fit du trafic de cigarettes et dénonça des familles juives et d'immigrés russes.
D'après Cyril Eder, elle aurait fait de la prison pour avoir escroqué les nazis et en serait sortie pour accoucher en juillet 1942 d'Yves Mourousi.
Ce fils se posera longtemps des questions sur sa filiation, sa mère ayant eu des aventures avec des Français et des officiers allemands ; elle lui annonce alors que son père est Richard Glorieux (1905-1954), collaborateur français.
En avril 1947, elle est arrêtée et emprisonnée.
Elle est condamnée en 1950 à trois ans de prison ferme pour intelligence avec l'ennemi.
Elle serait morte en Grèce, dans la pauvreté et l'anonymat.
Il effectue ses études secondaires au Lycée Lakanal de Sceaux.
Il entre ensuite à la faculté de droit de Paris et à l'École des langues orientales.
Devenu journaliste à France Inter en 1966, Yves Mourousi effectue un stage d'été comme journaliste à la Maison de la radio en juin 1967 et, le 13 août 1967, il réalise son premier reportage radio lors d'un important séisme à Arette alors qu'il se trouve en vacances dans la région.
Il impose à cette occasion de rapporter l'événement en direct pendant quatre jours.
Lors des événements de mai 1968, il réalise sa première interview télévisée en interrogeant le ministre de l’Éducation nationale de l'époque, Alain Peyrefitte.
Le 6 novembre 1968, après avoir été rédacteur puis rédacteur en chef d’Inter actualités magazine, la tranche d'information de la mi-journée de France Inter, il présente pour la première fois le journal de 13 heures.
En 1974, alors que l'arrivée du Tour de France se fait à la Cipale dans le Bois de Vincennes depuis 1968, Yves Mourousi et Félix Lévitan, codirecteur du Tour de France, suggèrent l'idée d'une arrivée finale sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris.
Mourousi contacte personnellement le nouveau président de la République Valéry Giscard d'Estaing pour qu'il lui donne son accord1.
La première arrivée du Tour de France sur les Champs-Élysées se déroule donc le 20 juillet 1975.
Du 6 janvier 1975, jour marquant la création de TF1 en replacement de la première chaîne de l'ORTF et jusqu’à 1981, Yves Mourousi est le présentateur et rédacteur en chef du journal de 13 Heures avec, à ses côtés, successivement Claude Pierrard, Michel Denisot, Jean-Pierre Pernaut et Marie-Laure Augry à partir de 1981
Mourousi apporte un changement radical aux journaux télévisés en étant le premier à faire sortir le journal de son studio, avec un minimum d'un direct en extérieur par semaine.
Il est également le premier à faire une interview du secrétaire général du Parti communiste soviétique Léonid Brejnev, en direct depuis la place Rouge à Moscou.
À cette époque, il lance son célèbre « Bonjour ! »
Le journal télévisé de TF1 dure une heure, avec une première partie consacrée à l'actualité et une deuxième partie plus tournée vers la culture.
Mourousi présente certains de ses journaux dans des lieux insolites, comme un bloc opératoire d'où les téléspectateurs peuvent suivre en direct l'opération d'un malade à cœur ouvert, une centrale nucléaire, un sous-marin en plongée, un porte-avions de la marine française, à bord de l'avion supersonique Concorde ou encore au stade Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne, le jour du quart de finale de la Coupe d'Europe des clubs Champions contre Liverpool en 1977.
En 1985, il réalise aussi en direct une interview du président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, à la suite de l'élection de ce dernier pour un sixième mandat, avec une question audacieuse : « Un sixième mandat pour quoi faire, monsieur le président ? ».
Il se distingue aussi par ses facéties liées à l'actualité : le jour du coup d'État du général Jaruzelski en 1981, par exemple, il apparaît vêtu d'un imperméable sombre et chaussé de lunettes noires.
Il porte un casque de chantier avec un logo Bouygues le jour de la privatisation de TF1 le 16 avril 1987.
Le 18 février 1988, après un an de conflit avec la nouvelle direction de TF1, il présente avec Marie-Laure Augry son dernier journal télévisé, cédant alors sa place à Jean-Pierre Pernaut.
En 1976, Yves Mourousi crée avec Jacques Plaine, président de la Fédération française des syndicats des libraires, la Fête du livre aux Tuileries.
En 1978, il est nommé « Monsieur Moto », chargé de mission auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports.
À cette occasion, il fut l'initiateur du projet de construction du circuit Carole.
Du 5 mars au 15 décembre 1984, il présente le magazine d'information Aventures inattendues sur TF1.
Dans cette émission, une thématique liée à la consommation, l'industrie ou la recherche est abordée.
Le magazine est articulé autour d'un reportage, une rencontre et un débat.
En mai 1984, Yves Mourousi ouvre son bar Le Look dans le quartier des Halles à Paris alors en pleine mutation avec le "trou des Halles".
En 1985, il enregistre un disque, adaptation française de la chanson Nineteen de Paul Hardcastle, un texte parlé sur une musique pop évoquant les faits relatifs à la guerre du Vietnam relatés sur un mode journalistique.
L'âge moyen des soldats était de 19 ans, expression répétée en boucle, le chiffre 19 devenant le gimmick du morceau et enregistrera un autre tube intitulé « ca va ? » cette même année 1985.
En 1985 et 1986, il conçoit et anime à trois reprises l'émission Ça nous intéresse... Monsieur le Président avec François Mitterrand.
La 1re émission a lieu le dimanche 28 avril 1985.
Mourousi fait sensation lorsque, assis sur le bureau présidentiel, il interroge le chef de l'État en lui demandant s'il est « un président chébran ».
Lors de l'émission suivante, le 15 décembre 1985, Mourousi cède ensuite sa place à un jeune prodige de 14 ans et demi, Cyrille de Vignemont, surdoué de l'informatique, qui bombarde le président Mitterrand de questions comme l'a fait, en 1980 au 13 heures d'Antenne 2, Daniel Balavoine à Mitterrand, futur candidat à l'élection présidentielle de 1981.
La dernière émission a eu lieu le 2 mars 1986, une quinzaine de jours avant le premier tour des élections législatives.
En décembre 1988, il présente sur TF1 Au nom du peuple français, une émission de fiction historique (avec notamment Léon Zitrone) dans laquelle il réécrit le procès de Louis XVI, et à la fin de laquelle les Français sont appelés à voter : 55 % des suffrages exprimés se prononcèrent pour l'acquittement.
De 1987 à 1989, Yves Mourousi est le directeur des opérations spéciales de TF1.
Il occupe encore cette fonction après son éviction du journal de 13 heures en février 1988.
De 1989 à 1991, il est le conseiller d'Hervé Bourges, directeur général de RMC, et animateur de La Politique autrement.
En 1990, il anime une interview dans l'émission Télé Zèbre de Thierry Ardisson sur Antenne 2.
De 1991 à 1994 il est le directeur des programmes et des opérations extérieures de RMC.
En 1995, l’institut national des sports et de l’éducation physique (INSEP) lui confie la charge d'organiser son cinquantenaire.
Mourousi organise donc à cette occasion, du 17 au 21 mai, le 1er Sommet des géants du sport, le plus grand événement sportif jamais organisé en France, hors compétitions, qui a réuni sur le site du célèbre institut plus de 600 champions et stars du sport, toutes générations confondues, et près de 350 000 personnes.
De 1996 à 1998, il est responsable de la mission Paris 2000 de la Mairie de Paris chargée d'organiser les festivités de l'an 2000, sur proposition du maire de Paris Jean Tiberi.
En 1997, il annonce dans le quotidien La Marseillaise son intention de poser sa candidature à la mairie de Cannes aux élections municipales de 2001.
Pour cela, il souhaite « réunir, sans exclusive, et en dehors des habituels clivages politiques habituels ».
Mourousi ne concrétisera pas ce projet électoral et ne pourra mener sa tâche à son terme dans la capitale.
Yves Mourousi, un habitué de la vie nocturne parisienne avec ses excès, a une réputation de célibataire endurci.
Il mène, jusqu'en 1985, une vie essentiellement homosexuelle, à l'insu du grand public mais sans que lui-même en fasse grand secret dans son milieu professionnel.
Sa fausse idylle avec Mireille Mathieu a, en fait, été mise en scène pour la presse.
Le 28 septembre 1985, Il épouse malgré tout Véronique Audemard d'Alançon (1961-1992) à l'église Saint-Paul de Nîmes, à deux pas des arènes.
Ce mariage est l'événement mondain de l'année 1985.
Des milliers de personnes, dont de nombreux journalistes, sont présents à Nîmes car, très médiatique, le marié a fait venir le Tout-Paris : acteurs, réalisateurs, artistes, journalistes.
Selon divers témoignages, l'union d'Yves Mourousi avec Véronique Audemard d'Alançon est, contrairement aux rumeurs qui la veulent « bidon », un véritable mariage d'amour : le journaliste aurait mal vécu de voir ses noces tournées en dérision par Coluche et Thierry Le Luron lors d'un mariage parodique, quelques jours avant la véritable cérémonie.
De cette union avec Véronique naît une fille, Sophie, le 20 juillet 1986.
Véronique Mourousi meurt en juillet 1992, d'une méningite foudroyante.
Yves Mourousi meurt le 7 avril 1998 des suites d'un malaise cardiaque.
Il est enterré au cimetière du Montparnasse auprès de son épouse.
FAE
"Comédien à ses débuts, Philippe Gelück est pensionnaire assidu du Théâtre national de Belgique. Mais très vite, il a les honneurs du petit écran et anime à partir de 1978 plus de 1.500 émissions au ton mordant. Parallèlement, l'artiste expose dessins et aquarelles à Londres, Paris, Milan, Dallas... C'est en 1983 que 'Le Chat' fait sa première apparition dans Le Soir, quotidien belge auquel il reste fidèle. Le premier album du 'Chat' sort chez Casterman trois ans plus tard et connaît un succès grandissant. Mais le dessinateur ne s'arrête pas là : il participe au Jeu des dictionnaires à la RTBF et les Français le retrouvent régulièrement dans de nombreux quotidiens ou magazines tels que VSD, L' Evénement, Libération... On le lit aussi par-delà les frontières dans la presse espagnole, allemande, suisse. Philippe Gelück est aussi chroniqueur régulier auprès de Laurent Ruquier sur Europe 1 avec 'On va s'gêner' et sur France 2 dans 'On a tout essayé'. L'illustrateur collabore également à 'Vivement dimanche', l'émission de Michel Drucker. Trublion à la fois drôle et sensible, Philippe Gelück est un touche-à-tout mû par la passion et la curiosité."
