
pierrettte
[Citation de laboulangeandco]Perso, je pensais que le TU était sous entendu dons S, mais:
L'origine des formes de l'impératif
Dominique Didier
Un s qui joue à cache-cache
Le s de l'indicatif s'est maintenu à l'oral comme à l'écrit jusqu'au XVIIe s. Donc canta donne chante. C'est la règle, la véritable absurdité vient des verbes du troisième groupe où le -s est analogique : on devrait écrire vien, pren, met. Cette lettre s'est étendue dès le XIIe s., y compris aux verbes du premier groupe jusqu'à ce qu'une rectification soit faite : on pouvait écrire
« gardes » (Roman de la Rose, 2097, 2238). On retrouve encore ce -s à l'oral dans les formes familières afin d'éviter des hiatus : parles-en, cherches-y (que l'on peut aussi écrire dans un style relâché : parle-z-en, cherche-z-y). Pourquoi les verbes sans s prennent-ils cette désinence devant un pronom comme dans vas-y, achètes-en ? La forme n'est pas seulement euphonique. C'est une continuation de l'analogie qui s'est exercée sur les verbes du troisième groupe. Normalement les premières personnes du singulier de l'indicatif présent des verbes du troisième groupe ne devrait pas avoir de -s, mais cet usage-ci a entraîné cet usage-là. L'emploi des formes sans -s au troisième groupe est minoritaire jusqu'au XVIe s, après quoi il se généralise.
Pour la plupart des verbes sont actuellement du troisième groupe, le s est en fait un ajout en ancien français, ils ne prenaient pas d's, cette lettre ne s'était jamais prononcée.
— Latin, vende, ancien français vent, français moderne vends.
— Dormi => dorm => dors.
— Bibe => boif => boi => bois.
— Dic => di => dis.
— Audi => o => ouïs.
— Collige => cueil => cueille. La terminaison avec un e est analogique des verbes du premier groupe.
L'ajout du -s de la désinence est analogique des formes de l'indicatif, notamment celles des verbes où le s est issu du radical. L'ajout du s se développe à partir du XIIIe s., il ne deviendra majoritaire qu'à partir du XVIe s.
Un certain nombre de verbes du troisième groupe se construisent donc sans -s : cueillir et ses dérivés (recueillir, accueillir), offrir, ouvrir (entrouvrir, rouvrir), couvrir (découvrir, recouvrir, redécouvrir), offrir, souffrir, tressaillir, assaillir, défaillir.
En revanche, le -s est étymologique dans les verbes du deuxième groupe issus de formes inchoatives :
– *Finisce => fenis => finis.
Le s appartient au radical du verbe. C'était aussi le cas d'autres verbes comme naître (nascere), croître (crescere), connaître (*conoscere).
Les émigrés du subjonctif
Ajoutons cinq verbes fréquents qui empruntent leurs formes au subjonctif : être (soie, puis soies, sois), avoir (aies, puis aie), savoir (saches, puis sache), vouloir (vueille, puis vueilles, veuille), faire (face, faces, puis fasse), puisse (puisses) inusité pour ce dernier. Seul le verbe être s'aligne sur les 2e et 3e groupes sans doute pour des raisons phonétiques, et non d'homophonie et d'étymologie avec sis : le e a disparu avant le s de l'oral. Ces verbes possèdent en commun une valeur d'exhortation qui a permis de les détacher du mode subjontif.
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vous avez tout lu? barbant hein!!:rire:[Fin de citation]Ouf, j'ai tout lu et maintenant j'ai mal à la tête. Tu fournis l'aspirine ?
laboulangeandco
[Citation de pourquoipas]Delph (20 H 01) : zéro en expression écrite : le singulier de l'impératif des verbes du premier groupe, bien qu'étant de la deuxième personne, ne se termine pas par S (poils aux fesses) ... :rire:
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524[Fin de citation]Perso, je pensais que le TU était sous entendu dons S, mais:
L'origine des formes de l'impératif
Dominique Didier
Un s qui joue à cache-cache
Le s de l'indicatif s'est maintenu à l'oral comme à l'écrit jusqu'au XVIIe s. Donc canta donne chante. C'est la règle, la véritable absurdité vient des verbes du troisième groupe où le -s est analogique : on devrait écrire vien, pren, met. Cette lettre s'est étendue dès le XIIe s., y compris aux verbes du premier groupe jusqu'à ce qu'une rectification soit faite : on pouvait écrire
« gardes » (Roman de la Rose, 2097, 2238). On retrouve encore ce -s à l'oral dans les formes familières afin d'éviter des hiatus : parles-en, cherches-y (que l'on peut aussi écrire dans un style relâché : parle-z-en, cherche-z-y). Pourquoi les verbes sans s prennent-ils cette désinence devant un pronom comme dans vas-y, achètes-en ? La forme n'est pas seulement euphonique. C'est une continuation de l'analogie qui s'est exercée sur les verbes du troisième groupe. Normalement les premières personnes du singulier de l'indicatif présent des verbes du troisième groupe ne devrait pas avoir de -s, mais cet usage-ci a entraîné cet usage-là. L'emploi des formes sans -s au troisième groupe est minoritaire jusqu'au XVIe s, après quoi il se généralise.
Pour la plupart des verbes sont actuellement du troisième groupe, le s est en fait un ajout en ancien français, ils ne prenaient pas d's, cette lettre ne s'était jamais prononcée.
— Latin, vende, ancien français vent, français moderne vends.
— Dormi => dorm => dors.
— Bibe => boif => boi => bois.
— Dic => di => dis.
— Audi => o => ouïs.
— Collige => cueil => cueille. La terminaison avec un e est analogique des verbes du premier groupe.
L'ajout du -s de la désinence est analogique des formes de l'indicatif, notamment celles des verbes où le s est issu du radical. L'ajout du s se développe à partir du XIIIe s., il ne deviendra majoritaire qu'à partir du XVIe s.
Un certain nombre de verbes du troisième groupe se construisent donc sans -s : cueillir et ses dérivés (recueillir, accueillir), offrir, ouvrir (entrouvrir, rouvrir), couvrir (découvrir, recouvrir, redécouvrir), offrir, souffrir, tressaillir, assaillir, défaillir.
En revanche, le -s est étymologique dans les verbes du deuxième groupe issus de formes inchoatives :
– *Finisce => fenis => finis.
Le s appartient au radical du verbe. C'était aussi le cas d'autres verbes comme naître (nascere), croître (crescere), connaître (*conoscere).
Les émigrés du subjonctif
Ajoutons cinq verbes fréquents qui empruntent leurs formes au subjonctif : être (soie, puis soies, sois), avoir (aies, puis aie), savoir (saches, puis sache), vouloir (vueille, puis vueilles, veuille), faire (face, faces, puis fasse), puisse (puisses) inusité pour ce dernier. Seul le verbe être s'aligne sur les 2e et 3e groupes sans doute pour des raisons phonétiques, et non d'homophonie et d'étymologie avec sis : le e a disparu avant le s de l'oral. Ces verbes possèdent en commun une valeur d'exhortation qui a permis de les détacher du mode subjontif.
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vous avez tout lu? barbant hein!!:rire: