
rdbrdb
La nuit n’est JAMAIS complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
[**Paul Éluard*]. (1895-1952).
LILAS
Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses HANCHES
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Louis Aragon
rdbrdb
Je veux encore rouler des HANCHES
Je veux me saouler de printemps
Je veux m'en payer des nuits blanches
A coeur qui bat, à coeur battant
Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier
Je veux encore dire «Je t'aime»
Et vouloir mourir d'aimer
(paroles la solitude interprétée par Barbara)
rdbrdb
Je choisis de t’aimer en silence …
Car en silence je ne trouve aucun rejet,
Je choisis de t’aimer dans la solitude …
Car dans la solitude, personne ne t’appartient, sauf moi,
Je choisis de t’adorer de loin …
Car la distance me protège de la douleur,
Je choisis de t’embrasser dans le vent …
Car le vent est plus doux que mes lèvres,
Je choisis de te retenir dans mes rêves
Car dans mes rêves, tu n’as pas de FIN…
djalal-ad-din-rumi
LILAS
Entrer dans son alignement
Elle vrombit
La vie
Par ici, par de-là
les silences disparus.
Elle me vibre,
Et je la touche.
Foule théâtrale,
Au pas qui sonne,
Cortège sans fin,
D’audaces qui se donnent.
C’est ici loin,
Où la terre a disparue.
Vie de bitume.
C’est ici loin
En ma patrie anéantie
Que je m’engage.
Que je dégage,
Que je pétrie,
Ma force certaine.
Ici,
Je pose et défais
Filins et bagages.
Ici,
Le jour défait les lassitudes,
Ici,
Mon géant se relève,
se redresse,
s’adresse au monde sourd,
C’est ici que je deviens !
Ici me pose, ici m’apaise, ici m’étreint, ici m’appelle,
Ici je porte mon chagrin, ici je transporte mon bel ESPOIR.
Maëlle Ranoux
rdbrdb
DANSER , c'est comme parler en silence. C'est dire plein de choses sans dire un mot
Yuri Bonnaventure
Beaucoup cependant ESPERAIENT toujours que l'épidémie allait s'arrêter et qu'ils seraient épargnés avec leur famille. En conséquence, ils ne se sentaient obligés de rien.
Albert Camus
