UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

alyde
Eh oui on a encore le droit d'aimer
Il pleut de l'OR
Je t'attends moi la princesse aux cheveux d'or
Je transcende chaque jour pour toi le décor
Quand je me réveille dans la soie de ton corps
Regarde dehors je te promets il pleut de l'or.
Je te rêve au milieu des bourrasques entêtées
Dans la chaleur de nos nuits étoilées et ouatées
Dans ton souffle sur mes lèvres bleuies ouvertes
Je bois la coupe de la fièvre éternelle offerte.
Je te vis comme mes pas qui accélèrent ravis
La course du temps bruissant les feuilles jaunies
Ouvrant le brouillard des ténèbres qui fuient
Devant ton aura qui toujours me poursuit.
Je suis toi et tu es moi dans cette unique seconde
Et les fleurs sont les papillons qui me fécondent
Je t'ouvre mon âme jusqu'au plus profond de moi
Viens vers moi tu n'auras plus jamais froid.
alanna77
PROFOND ?
Naturelle33
La Toison d'or (Albert Samain)
Noire dans la nuit bleue, Agrô vogue, rapide.
Les Chefs, au crépuscule évoquant la maison,
Tristes se sont couché, et dorment. Seul, Jason,
Debout, veille et poursuit son grand rêve intrépide.
La Lyre aux clous de feu brille ; l'ombre est limpide ;
Le silence infini vibre !... Et le fils d'Eson
Emplit de son orgueil immense l'horizon,
Et respire de loin les roses de Colchide,
Or, pendant qu'à la proue il s'enivre, pensif,
Là-bas, Médée en feu, dans le jardin lascif,
Sent sa chair se dissoudre aux tièdes vents d'Asie ...
Et déjà, sous l'oeil vert du Dragon frémissant,
Le Destin, préparant l'antique frénésie,
Mêle à la Toison d'or l'odeur sombre du sang.
L'OR ??
janine33
[Citation de Naturelle33]Maman, regarde sous mon lit
S'il n'y a pas une souris !
Papa, va voir dans mon placard
S'il n'y a pas un dragon noir !
Maman, soulève le rideau rose,
J'ai vu remuer quelque chose !
Papa, ouvre un peu mon tiroir,
Juste pour voir,
J'ai peur, le soir.
(Corinne Albaut)
DRAGON ??[Fin de citation] ........
Des paroles d'enfants, trop fraîches et trop mignonnes ....trop vite passées à mon goût ... on ne les voit pas grandir !
Naturelle33
Maman, regarde sous mon lit
S'il n'y a pas une souris !
Papa, va voir dans mon placard
S'il n'y a pas un dragon noir !
Maman, soulève le rideau rose,
J'ai vu remuer quelque chose !
Papa, ouvre un peu mon tiroir,
Juste pour voir,
J'ai peur, le soir.
(Corinne Albaut)
DRAGON ??
alyde
Pierre Bourgeade, Les Parisiens, 1983
À Paris, on ne vit pas, on se survit. C’est pourquoi la passion des femmes y est si puissante, le désir de la chair si vif : on a toujours la sensation que s’écoule la dernière seconde où la femme est encore à portée de nos mains… où le ciel est visible au-dessus des marronniers… où l’univers conserve un semblant d’apparence avant de s’anéantir.
ANEANTIR ?
rdbrdb
Chaque année
chaque nouvelle saison souhaite la fête à la ville
et chacune en son temps chacune à sa manière
l’hiver après l’automne l’automne après l’été
Mais on dirait
que le Printemps
lui
ne souhaite à Paris que son anniversaire
la fête de sa jeunesse délivrée de tous liens
Et Paris
qui n’aime guère dans le fond les grandes fêtes officielles
les grandes insolations et commémorations
ni les sanglots trop longs
et qui ne participe qu’avec la plus souveraine
indifférence à ces grandes réjouissances
quand on présente devant l’Arc de Triomphe
les armes à la souffrance
et
que le soleil astique les cuivres pour rendre sur
l’Esplanade
la fanfare plus martiale
Paris est fou de joie
quand arrive le Printemps
C’est son enfant naturel
son préféré
et Paris écrit son nom sur les murs
Grand Bal de Printemps comme un cœur sur un arbre
sur la pierre c’est gravé
Jacques Prévert
PARIS
Naturelle33
L'oiseau chante ; je suis au fond des rêveries.
Rose, elle est là qui dort sous les branches fleuries,
Dans son berceau tremblant comme un nid d'alcyon,
Douce, les yeux fermés, sans faire attention
Au glissement de l'ombre et du soleil sur elle.
Elle est toute petite, elle est surnaturelle.
Ô suprême beauté de l'enfant innocent !
Moi je pense, elle rêve ; et sur son front descend
Un ENTRELACEMENT de visions sereines ;
Des femmes de l'azur qu'on prendrait pour des reines,
Des anges, des lions ayant des airs benins,
De pauvres bons géants protégés par des nains,
Des triomphes de fleurs dans les bois, des trophées
D'arbres célestes, pleins de la lueur des fées,
Un nuage où l'éden apparaît à demi,
Voilà ce qui s'abat sur l'enfant endormi.
Le berceau des enfants est le palais des songes ;
Dieu se met à leur faire un tas de doux mensonges ;
De là leur frais sourire et leur profonde paix.
Plus d'un dira plus tard : Bon Dieu, tu me trompais.
Mais le bon Dieu répond dans la profondeur sombre :
- Non. Ton rêve est le ciel. Je t'en ai donné l'ombre.
Mais ce ciel, tu l'auras. Attends l'autre berceau ;
La tombe. -
Ainsi je songe. Ô printemps ! Chante, oiseau !
(Victor Hugo)
PRINTEMPS??
alyde
Feuille morte.
Elle est là qui tombe sous les branches fleuries
Douce, les yeux fermés, sans faire attention
Au glissement de l'ombre et du soleil sur elle
Elle est toute petite, elle est surnaturelle
Jje pense, elle rêve ; Dans ta grisaille descend
Un entrelacement de visions sereines .
ENTRELACEMENT ?
Naturelle33
Comment ne pas penser à Paul Verlaine...
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
FEUILLE(S)??
alyde
La splendeur de notre rêve
Nous allons, promenant nos songes par le monde,
Ivres de visions et ruisselants d’aveux,
Le vent de l’infini souffle dans nos cheveux.
Inspirés, nous chantons, et sous nos doigts nerveux
L’âme humaine s’éveille et résonne, profonde.
Penchés sur la douleur et sur l’amour sans trêve,
Nous changeons les sanglots du monde en diamants,
Nos cœurs passionnés sont des trépieds fumants,
Et des siècles passés, vastes écroulements,
Rien ne reste que la splendeur de notre rêve.
Albert Samain
(extrait du poème « Les poètes »)
SANGLOTS ?
alyde
«L'aigle Noir»
Un beau jour ou peut-être une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un AIGLE noir
Lentement, les ailes déployées
Lentement, je le vis tournoyer
Près de moi, dans un bruissement d'ailes
Comme tombé du ciel
L'oiseau vint se poser
Il avait les yeux couleur rubis
Et des plumes couleur de la nuit
À son front, brillant de mille feux
L'oiseau roi couronné
Portait un diamant bleu
De son bec, il a touché ma joue
Dans ma main, il a glissé son cou
C'est alors que je l'ai reconnu
Surgissant du passé
Il m'était revenu
Dis l'oiseau, ô dis, emmène-moi
Retournons au pays d'autrefois
Comme avant, dans mes rêves d'enfant
Pour cueillir en tremblant
Des étoiles, des étoiles
Comme avant, dans mes rêves d'enfant
Comme avant, sur un nuage blanc
Comme avant, allumer le soleil
Être faiseur de pluie
Et faire des merveilles
L'aigle noir dans un bruissement d'ailes
Prit son vol pour regagner le ciel
Un beau jour, ou peut-être une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir
Un beau jour, ou était-ce une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir
Un beau jour, une nuit
Près d'un lac, endormie
Quand soudain
Surgissant de nulle part
Surgit un aigle noir
Un beau jour, une nuit
Près d'un lac, endormie
Quand soudain
Il venait de nulle part
Il surgit l'aigle noir
Un beau jour, une nuit
Près d'un lac, endormie
Il venait de nulle part
Il surgit l'aigle noir
Barbara
BRUISSEMENT ?
Naturelle33
L'homme insulté‚ qui se retient
Est, à coup sûr, doux et patient.
Par contre, l'homme à l'humeur aigre
Gifle celui qui le dénigre.
Moi, je n'agis qu'à bon escient :
Mais, gare aux fâcheux qui me scient !
Qu'ils soient de Château-l'Abbaye
Ou nés à Saint-Germain-en-Laye,
Je les rejoins d'où qu'ils émanent,
Car mon courroux est permanent.
Ces gens qui se croient des Shakespeares
Ou rois des îles Baléares !
Qui, tels des condors, se soulèvent !
Mieux vaut le moindre engoulevent.
Par le diable, sans être un aigle,
Je vois clair et ne suis pas bigle.
Fi des idiots qui balbutient !
Gloire au savant qui m'entretient !
(Alphonse ALLAIS)
AIGLE ??
LILAS
Et tandis que nous nous apprêtons à rejoindre les autres, pour recommencer la guerre, le ciel noir, bouché d’orage, s’ouvre doucement au-dessus de nos têtes. Entre deux masses de nuées ténébreuses, un éclair tranquille en sort, et cette ligne de lumière, si resserrée, si endeuillée, si pauvre, qu’elle a l’air pensante, apporte tout de même la preuve que le soleil existe.
Barbusse - Le Feu : journal d’une escouade - Décembre 1915.
GLOIRE
alyde
Remords Posthume
Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;
Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,
Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,
Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
- Et le ver rongera ta peau comme un REMORDS.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
TENEBREUSE ?
