UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

coccinelle
Carnaval
« Venise pour le bal s'habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.
Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d'une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs.
Battant de l'aile avec sa manche
Comme un pingouin sur un écueil,
Le blanc Pierrot, par une blanche,
Passe la tête et cligne l'oeil.
Le Docteur bolonais rabâche
Avec la basse aux sons traînés;
Polichinelle, qui se fâche,
Se trouve une croche pour nez.
Heurtant Trivelin qui se mouche
Avec un trille extravagant,
A Colombine Scaramouche
Rend son éventail ou son gant.
Sur une cadence se glisse
Un domino ne laissant voir
Qu'un malin regard en coulisse
Aux paupières de satin noir.
Ah! fine barbe de dentelle,
Que fait voler un souffle pur,
Cet arpège m'a dit : C'est elle !
Malgré tes réseaux, j'en suis sûr,
Et j'ai reconnu, rose et fraîche,
Sous l'affreux profil de carton,
Sa lèvre au fin duvet de pêche,
Et la mouche de son menton. »
Théophile Gautier - Émaux et Camées
CHEVAL
Naturelle33
Tra la, tra la, la, la, la laire !
Qui ne connaît pas ce motif ?
A nos mamans il a su plaire,
Tendre et gai, moqueur et plaintif :
L'air du Carnaval de Venise,
Sur les canaux jadis chanté
Et qu'un soupir de folle brise
Dans le ballet a transporté !
Il me semble, quand on le joue,
Voir glisser dans son bleu sillon
Une gondole avec sa proue
Faite en manche de violon.
Sur une gamme chromatique,
Le sein de perles ruisselant,
La Vénus de l'Adriatique
Sort de l'eau son corps rose et blanc.
Les dômes sur l'azur des ondes,
Suivant la phrase au pur contour,
S'enflent comme des gorges rondes
Que soulève un soupir d'amour.
L'esquif aborde et me dépose,
Jetant son amarre au pilier,
Devant une façade rose,
Sur le marbre d'un escalier.
Avec ses palais, ses gondoles,
Ses mascarades sur la mer,
Ses doux chagrins, ses gaités folles,
Tout Venise vit dans cet air.
Une frêle corde qui vibre
Refait sur un pizzicato,
Comme autrefois joyeuse et libre,
La ville de Canaletto !
(Théophile Gautier)
CARNAVAL
coccinelle
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Offrez à un ami
Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
La sagesse
Ô vous, qui passez comme l'ombre
Par ce triste vallon des pleurs,
Passagers sur ce globe sombre,
Hommes! mes frères en douleurs,
Ecoutez : voici vers Solime
Un son de la harpe sublime
Qui charmait l'écho du Thabor :
Sion en frémit sous sa cendre,
Et le vieux palmier croit entendre
La voix du vieillard de Ségor!
Insensé le mortel qui pense!
Toute pensée est une erreur.
Vivez, et mourez en silence;
Car la parole est au Seigneur!
Il sait pourquoi flottent les mondes;
Il sait pourquoi coulent les ondes,
Pourquoi les cieux pendent sur nous,
Pourquoi le jour brille et s'efface,
Pourquoi l'homme soupire et passe :
Et vous, mortels, que savez-vous?
Asseyez-vous près des fontaines,
Tandis qu'agitant les rameaux,
Du midi les tièdes haleines
Font flotter l'ombre sur les eaux :
Au doux murmure de leurs ondes
Exprimez vos grappes fécondes
Où rougit l'heureuse liqueur;
Et de main en main sous vos treilles
Passez-vous ces coupes vermeilles
Pleines de l'ivresse du coeur.
Ainsi qu'on choisit une rose
Dans les guirlandes de Sârons,
Choisissez une vierge éclose
Parmi les lis de vos vallons!
Enivrez-vous de son haleine;
Ecartez ses tresses d'ébène,
Goûtez les fruits de sa beauté.
Vivez, aimez, c'est la sagesse :
Hors le plaisir et la tendresse,
Tout est mensonge et vanité!
Comme un lis penché par la pluie
Courbe ses rameaux éplorés,
Si la main du Seigneur vous plie,
Baissez votre tête, et pleurez.
Une larme à ses pieds versée
Luit plus que la perle enchâssée
Dans son tabernacle immortel ;
Et le coeur blessé qui soupire
Rend un son plus doux que la lyre
Sous les colonnes de l'autel!
Les astres roulent en silence
Sans savoir les routes des cieux;
Le Jourdain vers l'abîme immense
Poursuit son cours mystérieux;
L'aquilon, d'une aile rapide,
Sans savoir où l'instinct le guide,
S'élance et court sur vos sillons;
Les feuilles que l'hiver entasse,
Sans savoir où le vent les chasse,
Volent en pâles tourbillons!
Et vous, pourquoi d'un soin stérile
Empoisonner vos jours bornés?
Le jour présent vaut mieux que mille
Des siècles qui ne sont pas nés.
Passez, passez, ombres légères,
Allez où sont allés vos pères,
Dormir auprès de vos aïeux.
De ce lit où la mort sommeille,
On dit qu'un jour elle s'éveille
Comme l'aurore dans les cieux!
SOUPIRANT / SOUPIR
Naturelle33
Choisir la vie, c'est toujours choisir l'avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu'une moisissure à la surface de la terre. Simone de Beauvoir
Chaque homme a éternellement à choisir, au cours de sa vie brève, entre l'espoir infatigable et la sage absence d'espérance, entre les délices du chaos et celles de la stabilité, entre le Titan et l'Olympien. À choisir entre eux, ou à réussir à les accorder un jour l'un à l'autre. Marguerite Yourcenar
César avait raison de préférer la première place dans un village à la seconde à Rome. Non par ambition, ou par vaine gloire, mais parce que l'homme placé en second n'a le choix qu'entre les dangers de l'obéissance, ceux de la révolte, et ceux, plus graves, du compromis. Marguerite Yourcenar
Il faut choisir : rester fleur et se faner - ou mourir et devenir fruit. Gustave Thibon
La volonté trouve, la liberté choisit.
Trouver et choisir, c'est penser.
Victor Hugo
PENSER, PENSÉE
rdbrdb
La vie peut nous mettre au tapis, mais c'est à nous de choisir si l'on veut ou non se relever.
Citation de personnage de fiction
Karaté Kid - Mr HanParker
oui Coccinelle les deux jeux permettent de partager des poésies, des sentences, des citations... dans l'un "on travaille" tout une journée sur un calendrier et des mots fixés d'avance, dans l'autre, chacun après avoir répondu à l'invitation au voyage d'un forumeur, propose un nouveau thème.... qui ne servira qu'une fois...
CHOISIR CHOIX
coccinelle
Naturelle33 a écrit
@Coccinelle : le but du jeu c'est de mettre un texte, un poème, une citation... contenant le mot donné par le joueur précédent... :cligne:
Je viens seulement de réaliser que je m'étais trompée de jeu et je ne comprenais pas pourquoi je ne voyais pas apparaître mes poèmes dans l'autre jeu qui est également proposé par Rdbrdb et qui, somme toute, est très proche de celui-ci.
Naturelle33
Nul n'est censé ignorer la Loi. Il y a plus de deux cent mille lois. Jules Renard
Je me serais mille fois tué si je n'avais pas été retenu à la surface de la terre par mon impudente curiosité. Thomas Bernhard
On peut quelquefois résoudre des problèmes insolubles, en devenant fou. La folie est comme le tapis merveilleux des Mille et une Nuits. Elle peut vous soulever par-dessus les innombrables considérations mesquines qui obstruent la vie quotidienne. Rabindranath Tagore
TAPIS
alyde
@Naturelle33 > normalement ce sont des noms communs... non?
... je sais pas > y a marqué :
Quelles strophe, chanson, poésie, proverbe, citation font naître dan votre esprit un "mot" ? ... il nous faut une précision de Rdbrdb..
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La fidélité est la première de toutes les vertus ; elle donne son unité à notre vie qui, sans elle, s’éparpillerait en mille impressions fugitives.
L’insoutenable légèreté de l’être - Kundera
MILLE
Naturelle33
"Selon la rumeur, j'aurais couché avec plus de mille femmes. Mais, à ce jour, ma plus longue liaison, c'est avec Max, mon cochon." George Clooney
LIAISON
@Alyde, : normalement ce sont des noms communs... non? on risque de bloquer le jeu avec des noms propres... :cligne:
Naturelle33
@Coccinelle : le but du jeu c'est de mettre un texte, un poème, une citation... contenant le mot donné par le joueur précédent... :cligne:
Je reprends donc "CLOWN" donné par Lynel...
L'âme humaine est une boîte d'où peut toujours sortir un clown grimaçant qui nous tire la langue, mais parfois ce même clown se borne à nous regarder par-dessus le bord de la boîte et s'il voit que nous agissons selon ce qui est juste et honnête, il nous adresse un signe d'approbabion avec la tête et il disparaît en se disant que nous ne sommes pas un cas entièrement désespéré. José Saramago
BOITE
coccinelle
A Mireille dit "Petit verglas"
Poème de Paul Fort
Ne tremblez pas, mais je dois le dire elle fut assassinée au couteau par
un fichu mauvais garçon, dans sa chambre, là-bas derrière le Panthéon,
rue Descartes, où mourut Paul Verlaine.
O! oui, je l'ai bien aimée ma petite "Petit Verglas" à moi si bonne
et si douce et si triste. Pourquoi sa tristesse? Je ne l'avais pas
deviné, je ne pouvais pas le deviner.
Non, je l'ai su après tu me l'avais caché que ton père était mort sur
l'échafaud, Petit Verglas! J'aurais bien dû le comprendre à tes sourires.
J'aurais dû le deviner à tes petits yeux, battus de sang, à ton bleu
regard indéfinissable, papillotant et plein de retenue.
Et moi qui avais toujours l'air de te dire "Mademoiselle, voulez-vous
partager ma statue?" Ah! J'aurais dû comprendre à tes sourires, tes
yeux bleus battus et plein de retenue.
Et je t'appelais comme ça, le Petit Verglas, que c'est bête un poète!
O petite chair transie! Moi, je l'ai su après que ton père était mort ainsi...
Pardonne-moi, Petit Verglas. Volez, les anges!
coccinelle
La statue
Jacques BREL
J'aimerais tenir l'enfant de Marie
Qui a fait graver sous ma statue :
" Il a vécu toute sa vie
Entre l'honneur et la vertu " !
Moi qui ai trompé mes amis,
De faux serment en faux serment;
Moi qui ai trompé mes amis,
Du jour de l'An au jour de l'An;
Moi qui ai trompé mes maîtresses,
De sentiment en sentiment;
Moi qui ai trompé mes maîtresses,
Du printemps jusques au printemps;
Cet enfant de Marie je l'aimerais là
Et j'aimerais que les enfants ne me regardent pas !
J'aimerais tenir l'enfant de carême,
Qui a fait graver sous ma statue
" Les Dieux rappellent ceux qu'ils aiment,
Et c'était lui qu'ils aimaient le plus " !
Moi qui n'ai jamais prié Dieu,
Que lorsque j'avais mal aux dents;
Moi qui n'ai jamais prié Dieu,
Que quand j'ai eu peur de Satan;
Moi qui n'ai prié Satan
Que lorsque j étais amoureux,
Moi qui n'ai prié Satan
Que quand j'ai eu peur du Bon Dieu,
Cet enfant de carême je l'aimerais là
Et j'aimerais que les enfants ne me regardent pas !
J'aimerais tenir enfant de salaud
Qui a fait graver sous ma statue
" Il est mort comme un héros
Il est mort comme on ne meurt plus " !
Moi qui suis parti faire la guerre,
Parce que je m'ennuyais tellement;
Moi qui suis parti faire la guerre,
Pour voir si les femmes des Allemands;
Moi qui suis mort à la guerre
Parce que les femmes des Allemands,
Moi qui suis mort à la guerre
De n'avoir pu faire autrement !
Ah! Cet enfant de salaud je l'aimerais là,
Et j'aimerais que mes enfants ne me regardent pas !
