UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

rdbrdb
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de CHEMIN
J'ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble.
Louis Aragon
DORMIR DORMEUSE
Lilas je vous emprunte ce poème du chat (pour mes amoureuses des chats)
LILAS
Poème du chat
Quand on est CHAT on n’est pas vache
on ne regarde pas passer les trains
en mâchant les pâquerettes avec entrain
on reste derrière ses moustaches
(quand on est chat, on est chat)
Quand on est chat on n’est pas chien
On ne lèche pas les vilains moches
parce qu’ils ont du sucre plein les poches
on ne brûle pas d’amour pour son prochain
(quand on est chat, on n’est pas chien)
On passe l’hiver sur le radiateur
à se chauffer doucement la fourrure
Au printemps on monte sur les toits
pour faire taire les sales oiseaux
On est celui qui s’en va tout seul
et pour qui tous les chemins se valent
(quand on est chat, on est chat)
Jacques Roubaud
CHEMINS(S)
Naturelle33
Il y a dans la vie des gens qui croient nécessaire, pour être entendus, d'adopter un ton sérieux, de prendre la voix de Dieu le père. Ces gens-là sont à fuir. On ne peut décemment les écouter plus d'une minute, et d'ailleurs ils ne parlent pas: ils affirment. Ils donnent des leçons de morale, des cours de pédagogie, d'ennuyeuses leçons de maintien. Même quand ils disent vrai ils tuent la vérité de ce qu'ils disent. Et puis, merveille des merveilles, on rencontre ici ou là [..] des gens qui se taisent comme dans les livres. Ceux-là on ne se lasserait pas de les fréquenter. On est avec eux comme on est avec soi: délié, CALME, rendu au clair silence qui est la vérité de tout. Christian Bobin
L'idéal du calme est dans un chat assis. Jules Renard
CHAT(s)
LILAS
Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n'y perd et nul n'y gagne
Les sentiments à la dérive
Et l'effort le plus QUOTIDIEN
Le vague souvenir des songes
L'avenir en butte à demain
Les mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le vent
Muscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le coeur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant
Tu es venue l'après-midi crevait la terre
Et la terre et les hommes ont changé de sens
Et je me suis trouvé réglé comme un aimant
Réglé comme une vigne
A l'infini notre chemin le but des autres
Des abeilles volaient futures de leur miel
Et j'ai multiplié mes désirs de lumière
Pour en comprendre la raison
Tu es venue j'étais très triste j'ai dit oui
C'est à partir de toi que j'ai dit oui au monde
Petite fille je t'aimais comme un garcon
Ne peut aimer que son enfance
Avec la force d'un passé très loin très pur
Avec le feu d'une chanson sans fausse note
La pierre intacte et le courant furtif du sang
Dans la gorge et les lèvres
Tu es venue le voeu de vivre avait un corps
Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres
Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glacons
Comme un oeil qui voit clair
L'herbe fine figeait le vol des hirondelles
Et l'automne pesait dans le sac des ténèbres
Tu es venue les rives libéraient le fleuve
Pour le mener jusqu'à la mer
Tu es venue plus haute au fond de ma douleur
Que l'arbre séparé de la forêt sans air
Et le cri du chagrin du doute s'est brisé
Devant le jour de notre amour
Gloire l'ombre et la honte ont cédé au soleil
Le poids s'est allégé le fardeau s'est fait rire
Gloire le souterrain est devenu sommet
La misère s'est effacée
La place d'habitude où je m'abêtissais
Le couloir sans réveil l'impasse et la fatigue
Se sont mis à briller d'un feu battant des mains
L'éternité s'est dépliée
O toi mon agitée et ma calme pensée
Mon silence sonore et mon écho secret
Mon aveugle voyante et ma vue dépassée
Je n'ai plus eu que ta présence
Tu m'as couvert de ta confiance.
Dominique aujourd'hui présente
Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard
CALME
alyde
"Bien des gens acceptent de faire de grandes CHOSES. Peu se contentent de faire de petites CHOSES au quotidien."
Mère Teresa
Religieuse (1910 - 1997)
"C'est dans la rosée des petites CHOSES que le coeur trouve son matin et se rafraîchit."
Gibran Khalil Gibran
Artiste, écrivain, Peintre, Poète (1883 - 1931)
QUOTIDIEN
LILAS
Lorsque j'admire un peintre, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas de la peinture. » Lorsque j'admire un MUSICIEN, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas de la musique. » Lorsque j'admire un dramaturge, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas du théâtre. » Lorsque j'admire un sportif, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas du sport. » Et ainsi de suite. Mais alors, demandais-je : « Qu'est-ce que c'est ? » Mon interlocuteur hésite, l'œil dans le vague et murmure : « Je ne sais pas... C'est autre chose. » J'ai fini par comprendre que cet autre chose était, somme toute, la meilleure définition de la poésie
Jean Cocteau
CHOSE(S)
LILAS
Avec le vent va........ Tout s'en va
Quand le VENT se fait violent,
qu'il souffle à l'oreille,
ses malheurs et ses tourments,
tu ne rêves que soleil.
Quand le vent se fait charmant,
qu'il chante ritournelle,
tu ne rêves que printemps,
et jouer les hirondelles.
Quand le vent se fait coquin,
qu'il lève jupe dentelle;
tu rêves et c'est malin,
de posséder des ailes.
Mais, quand le vent devient doux,
qu'il chante d'élégance,
tu rêves, d'un amour fou,
et de jolies romances.
Quand le vent se fait pluvieux
qu'il pleure sur les années,
tu rêves des jours heureux,
et du temps, trop vite passé.
et du temps, trop vite passé.
Catriane(Annie) 01/02/2018
DENTELLE(S)
Naturelle33
Dans la forêt étrange, c’est la nuit ;
C’est comme un noir silence qui bruit ;
Dans la forêt, ici blanche et là brune,
En pleurs de lait filtre le clair de lune.
Un vent d’été, qui souffle on ne sait d’où,
Erre en rêvant comme une âme de fou ;
Et, sous des yeux d’étoile épanouie,
La forêt chante avec un bruit de pluie.
Parfois il vient des gémissements doux
Des lointains bleus pleins d’oiseaux et de loups ;
Il vient aussi des SENTEURS de repaires ;
C’est l’heure froide où dorment les vipères,
L’heure où l’amour s’épeure au fond du nid,
Où s’élabore en secret l’aconit ;
Où l’être qui garde une chère offense,
Se sentant seul et loin des hommes, pense.
– Pourtant la lune est bonne dans le ciel,
Qui verse, avec un sourire de miel,
Son âme calme et ses pâleurs amies
Au troupeau roux des roches endormies.
(Germain Nouveau - En forêt)
VENT
LILAS
Sport
Alphonse Beauregard (1881-1924)
Vingt-quatre champions du jeu national
Sur le pré lumineux se sont formés en ligne ;
Coup de sifflet : la joute encore que bénigne
Accuse à chaque instant un effort plus brutal.
Les fronts sont empourprés, les crosses font du mal.
Sur les bancs de l'estrade une foule trépigne,
S'exalte, acclame, rit, vocifère, s'indigne,
Et quand tombe un jouteur, lance un cri guttural.
Les athlètes rivaux se poursuivent, s'évitent,
Le sang s'échauffe et bout, les bras levés s'excitent.
— Sous un coup traître, un des hommes s'est écrasé.
Du sport ? Tous les aïeux rugissent face à face.
Et sur les durs gradins et sur le champ rasé
Flotte l'acre senteur d'une haine de race.
Alphonse Beauregard.
SENTEUR
Naturelle33
La meilleure santé, c'est de ne pas sentir sa santé. Jules Renard
C'est la maladie qui rend la santé agréable; le mal qui engendre le bien; c'est la faim qui fait désirer la satiété, et la fatigue le repos. Héraclite
Il y a des épidémies de tout ordre ; le goût du sport est une épidémie de santé. Jean Giraudoux
SPORT - SPORTIF / SPORTIVE
LILAS
Fais-moi donc un gâteau, dit la belle gourmande,
Mais j’en veux un très gros, dont je pourrais m’éprendre,
Un monticule rond, décoré et gourmand,
Couronné de pralines et de chocolat blanc !
Ne le fais que pour moi, du diable si je souhaite,
Partager ses saveurs, son moelleux, son fondant,
Avec un quelconque qui ne saurait peut-être,
Sans même le regarder, que le manger crûment !
Moi, je te le promets, sans tambour ni trompettes,
Je prendrais tout mon temps, le goûterais savamment,
Plongeant chaque cuiller en ellipse parfaite,
Dans sa douce texture, sans ambages, simplement !
Et d’un lent mouvement, précis autant que bref,
Je poserais sur ma langue une bouchée parfaite,
Et la dégusterais comme on entre en prières,
Et puis me pâmerais en posant ma cuiller !
RESSOURCE(S)
Naturelle33
e suis tourmenté par le problème de la sagesse. Dans les temps anciens, on parlait des sages. Aujourd'hui, nous savons que folie et sagesse sont deux pôles de notre vie. Nous ne savons jamais si nous avons été sages... Edgar Morin
Allez, venez, cherchez, remuez les pôles, secouez les mondes, partout où se trouve l'homme, vous trouverez l'orgueil. Anne Barratin
Si t'es debout au Pôle Nord avec ta femme, ça fait comme des mariés posés sur un gâteau. Jean-Marie Gourio
GÂTEAU
LILAS
La Beauté
Je suis belle, ô mortels ! Comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs MIROIRS qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
Charles Baudelaire
GLACE
