UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

Naturelle33
Lorsque vous voyez un vieillard aimable, doux, égal, content et même joyeux, soyez certain qu'il a été dans sa jeunesse juste, bon, généreux et tolérant; sa fin ne lui donne ni regret du passé ni crainte de l'avenir, et son couchant est le soir d'un beau jour. Louis-Philippe de Ségur
JUSTE
LILAS
Ai-je été trop peu disponible ? Ou trop peu généreux ? Ai-je manqué une occasion de tendresse, de douceur féminine ? Ça m'est arrivé, dans ma jeunesse, de manquer ces choses-là. L'orgueil de la solitude, de la différence, vous joue des tours, souvent.
Adieu, vive clarte-- - Jorge Semprun
JEUNESSE
LILAS
Les jours d’il y a longtemps
S’en vont tout doucement
Ils partent sans rien dire
Dans la boîte aux souvenirs
Dessinant un timide sourire
Ou une goutte imperceptible
Sous l’ombre brune des cils
Ils se rangent dans le tiroir
Pliés en quatre dans la mémoire
Avec ou sans nœud sur le mouchoir
On les regrette,on les rejette
Doux soleil ou amères tempêtes
Qui ont fait le bon vieux temps
Pages jaunies d’une vie d’avant
Tournées bon gré,mal gré
Parce qu'il faut continuer d'avancer
Pour ceux que toujours l’on aime
Pour que demain encore se sème
Adélaïde
TEMPÊTE
Naturelle33
L’oiseau qui vole si doucement
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau si tendre l’oiseau moqueur
L’oiseau qui soudain prend peur
L’oiseau qui soudain se cogne
L’oiseau qui voudrait s’enfuir
L’oiseau seul et affolé
L’oiseau qui voudrait vivre
L’oiseau qui voudrait chanter
L’oiseau qui voudrait crier
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau qui vole si doucement
C’est ton cœur jolie enfant
Ton cœur qui bat de l’aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc.
(Chanson de l'oiseleur - Prévert)
DOUCEMENT
LILAS
La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier, à son égard, le sarcasme de la gaîté avec l'indulgence du mépris.
Maximes et pensées, sebastien-roch nicolas de chamfort
L'indécence, le défaut de pudeur sont absurdes dans tout système : dans la philosophie qui jouit, comme dans celle qui s'abstient.
Oeuvres choisies (édition 1866) - Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort
PUDEUR
LILAS
Le mauvais moine
Les cloîtres anciens sur leurs grandes murailles
Étalaient en tableaux la sainte VÉRITÉ,
Dont l'effet, réchauffant les pieuses entrailles,
Tempérait la froideur de leur austérité.
En ces temps où du Christ florissaient les semailles,
Plus d'un illustre moine, aujourd'hui peu cité,
Prenant pour atelier le champ des funérailles,
Glorifiait la mort avec simplicité.
- Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite,
Depuis l'éternité je parcours et j'habite ;
Rien n'embellit les murs de ce cloître odieux.
Ô moine fainéant ! Quand saurai-je donc faire
Du spectacle vivant de ma triste misère
Le travail de mes mains et l'amour de mes yeux ?
Le mauvais moine
Charles Baudelaire
MOINE
LILAS
Le propre de l'imagination est de confondre et de faire confondre le clinquant avec l'or, le plaqué avec le massif, l'apparent avec le réel, le faux avec le vrai, les petits pâtés d'amidon avec les petits pâtés de viande.
Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime, le 3 mai 1880
RÉEL ou RÉALITÉ
LILAS
Je ne sais pourquoi mon esprit amer
Je ne sais pourquoi
Mon ESPRIT amer
D'une aile inquiète et folle vole sur la mer,
Tout ce qui m'est cher,
D'une aile d'effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?
Mouette à l'essor mélancolique.
Elle suit la vague, ma pensée,
À tous les vents du ciel balancée
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l'essor mélancolique.
Ivre de soleil
Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
La brise d'été
Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.
Parfois si tristement elle crie
Qu'elle alarme au lointain le pilote
Puis au gré du vent se livre et flotte
Et plonge, et l'aile toute meurtrie
Revole, et puis si tristement crie !
Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D'une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m'est cher,
D'une aile d'effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?
Paul Verlaine.
AMER
LILAS
Ce que je voudrais? Je ne sais.
Je t'aime de tant de manières
Que tu peux choisir. Fais l'essai
De ma tendresse nourricière.
Chaque jour par l'âme et le corps
J'ai renoncé quelque espérance,
Et cependant je tiens encor
À mon amoureuse éloquence,
À cet instinct qui me soulève
De combler d'amour ta torpeur
Et tandis que ton beau corps rêve,
Je voudrais parler sur ton coeur...
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
CORPS
LILAS
Quoi de plus difficile à surmonter que l'ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l'on aime ? Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j'entends celui que l'on conquiert pour soi, est l'OFFRANDE la plus belle et la plus généreuse.
Emile-Auguste Chartier
BONHEUR
