UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

LILAS
Bonjour mon coeur
Bonjour mon COEUR, bonjour ma douce vie.
Bonjour mon oeil, bonjour ma chère amie,
Hé ! bonjour ma toute belle,
Ma mignardise, bonjour,
Mes délices, mon amour,
Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle,
Mon doux plaisir, ma douce colombelle,
Mon passereau, ma gente tourterelle,
Bonjour, ma douce rebelle.
Hé ! faudra-t-il que quelqu'un me reproche
Que j'aie vers toi le coeur plus dur que roche
De t'avoir laissée, maîtresse,
Pour aller suivre le Roi,
Mendiant je ne sais quoi
Que le vulgaire appelle une largesse ?
Plutôt périsse honneur, court, et richesse,
Que pour les biens jamais je te relaisse,
Ma douce et belle déesse.
Pierre de Ronsard
DÉESSE
LILAS
In memoriam (III) de Louise Ackermann
Au pied des monts voici ma colline abritée,
Mes figuiers, ma maison,
Le vallon toujours vert et la mer argentée
Qui m'ouvre l'horizon.
Pour la première fois sur cette heureuse plage,
Le cœur tout éperdu,
Quand j'abordai, c'était après un grand naufrage,
Où j'avais tout perdu.
Déjà, depuis ce temps de deuil et de détresse,
J'ai vu bien des saisons
Courir sur ces coteaux que la brise caresse,
Et parer leurs buissons.
Si rien n'a refleuri, ni le présent sans charmes,
Ni l'avenir brisé,
Du moins mon pauvre cœur, fatigué de mes larmes,
Mon cœur s'est apaisé ;
Et je puis, sous ce CIEL que l'oranger parfume
Et qui sourit toujours,
Rêver aux temps aimés, et voir sans amertume
Naître et mourir les jours.
COEUR
rdbrdb
Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté.
Le ciel d’AUBE est d’un bleu suave et velouté.
C’est le premier oiseau qui s’éveille et qui chante.
Ecoute! Les jardins sont frémissants d’attente.
Ecoute! Un autre nid s’éveille, un autre nid,
Et c’est un pépiement éperdu qui jaillit.
Qui chante le premier? Nul ne le sait. C’est l’aurore.
Comme un abricot mûr le ciel pâli se dore.
Qui chante le premier? Qu’importe On a chanté.
Et c’est un beau matin de l’immortel été.
(Cécile Périn)
CIEL
LILAS
LE PARAPLUIE
PAR GEORGES BRASSENS
Il pleuvait fort sur la grand'route
Eli' cheminait sans parapluie
J'en avais un, volé sans doute
Le matin même à un ami.
Courant alors à sa rescousse
Je lui propose un peu d'abri,
En séchant l'eau de sa frimousse
D'un air très doux ell' m'a dit : oui.
Refrain
Un p'tit coin d' parapluie
Contre un coin d'
Paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange,
Un p'tit coin d'
Paradis
Contre un coin d' parapluie
Je n' perdais pas au change, pardi !
Chemin faisant, que ce fut tendre
D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie !
J'aurais voulu comme au déluge
Voir sans arrêt tomber la pluie,
Pour la garder sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits.
(Refrain)
Mais bêtement, même en orage,
Les routes vont vers des pays.
Bientôt le sien fit un barrage
A l'horizon de ma folie.
Il a fallu qu'elle me quitte,
Après m'avoir dit grand merci,
Et je l'ai vue toute petite
Partir gaiement vers mon oubli.
(Refrain)
GEORGES BRASSENS
OUBLI
coccinelle
Rattrapage du mot MIMOSA proposé par Maléna
INTERIEUR
poème de Renée Vivien
Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.
Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors.
Les rideaux sont tirés sur l’odorant silence.
Où l’heure au cours égal coule avec nonchalance.
Aucun souffle ne fait trembler le MIMOSA
Sur lequel, en chantant, un vol d’oiseaux pesa.
Notre chambre paraît un jardin immobile
Où des parfums errants viennent trouver asile.
Mon existence est comme un voyage accompli.
C’est le calme, c’est le refuge, c’est l’oubli.
Pour garder cette paix faite de lueurs roses,
O ma Sérénité ! tenons les portes closes.
La lampe veille sur les livres endormis,
Et le feu danse, et les meubles sont nos amis.
Je ne sais plus l’aspect glacial de la rue
Où chacun passe, avec une hâte recrue.
Je ne sais plus si l’on médit de nous, ni si
L’on parle encor… les mots ne font plus mal ici.
Tes cheveux sont plus beaux qu’une forêt d’automne,
Et ton art soucieux les tresse et les ordonne.
Oui, les chuchotements ont perdu leur venin,
Et la haine d’autrui n’est plus qu’un mal bénin.
Ta robe verte a des frissons d’herbes sauvages,
Mon amie, et tes yeux sont pleins de paysages.
Qui viendrait, nous troubler, nous qui sommes si loin
Des hommes ? deux enfants oubliés dans un coin ?
Loin des pavés houleux où se fanent les roses,
Où s'éraillent les chants, tenons les portes closes
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Le mot CHAIR proposé par Lilas72500
LES PHARES
poème de Charles Baudelaire
Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de CHAIR fraîche où l'on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;
Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ;
Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ;
Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;
Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand cœur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats ;
Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;
Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;
Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;
Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C'est pour les cœurs mortels un divin opium !
C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !
OMBRELLE(S)
LILAS
En toi je me retrouve
et je te nomme
tu es ma possession de nénuphars
impérissable à la NUIT
j’existe par l’éclosion
qui annonce ta chair
la greffe de la fécondité
Tes mains me rassurent
j’écoute le tumulte
des feuillages décapés
Tout devient bleu
l’écorce de la coloquinte
le contrepoint des astres
la ville qui se dilue
la transparence qui mémorise
le sang l’aubier qui se disjoint
le rêve en diagonale Ta voix :
une floraison d’échos Nous :
un baptême de carillons.
Lali 16 novembre 2013
CHAIR
Malena
Poème de l'amour
Le ciel répand son vide ;
Le ciel, lourd d'ORAGE, est houleux,
On voit bouger, tiède et limpide,
Le vent dans un mimosa bleu.
Prolongeant sa douceur étale,
Le jour ressemble aux autres jours ;
Un craintif et secret amour,
Rêve, sans ouvrir ses pétales.
Ainsi, pour longtemps en jouir,
La Hollande, en ses vastes serres,
Par des blocs de glace resserre
Les tulipes qui vont s'ouvrir...
Anna de Brancova
Comtesse de Noailles 🌷 🌷
MIMOSA