UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

alyde
Feu et Glace
Certains disent que le monde finira dans les flammes,
D'autres dans la GLACE.
Le désir ayant embrasé mon âme,
Je suis de ceux qui penchent pour les flammes.
Mais s'il fallait que deux fois il trépasse
Je crois connaître assez la haine
Pour dire que dans ce domaine
La glace serait tout aussi souveraine
Et efficace.
Robert Frost
TREPASSE - TREPASSER
LILAS
Au courant de l'amour lorsque je m'abandonne,
Dans le torrent divin quand je plonge enivré,
Et presse éperdument sur mon sein qui frissonne
Un être idolâtre.
Je sais que je n'étreins qu'une forme fragile,
Qu'elle peut à l'instant se glacer sous ma main,
Que ce cœur tout à moi, fait de flamme et d'argile,
Sera cendre demain ;
Qu'il n'en sortira rien, rien, pas une étincelle
Qui s'élance et remonte à son foyer lointain :
Un peu de terre en hâte, une pierre qu'on scelle,
Et tout est bien éteint.
Et l'on viendrait serein, à cette heure dernière,
Quand des restes humains le souffle a déserté,
Devant ces froids débris, devant cette poussière
Parler d'ÉTERNITÉ !
L'éternité ! Quelle est cette étrange menace ?
A l'amant qui gémit, sous son deuil écrase,
Pourquoi jeter ce mot qui terrifie et glace
Un cœur déjà brisé ?
Quoi ! le ciel, en dépit de la fosse profonde,
S'ouvrirait à l'objet de mon amour jaloux ?
C'est assez d'un tombeau, je ne veux pas d'un monde
Se dressant entre nous.
On me répond en vain pour calmer mes alarmes !
« L'être dont sans pitié la mort te sépara,
Ce ciel que tu maudis, dans le trouble et les larmes,
Le ciel te le rendra. »
Me le rendre, grand Dieu ! mais ceint d'une auréole,
Rempli d'autres pensers, brûlant d'une autre ardeur,
N'ayant plus rien en soi de cette chère idole
Qui vivait sur mon cœur !
Ah! j'aime mieux cent fois que tout meure avec elle,
Ne pas la retrouver, ne jamais la revoir ;
La douleur qui me navre est certes moins cruelle
Que votre affreux espoir.
Tant que je sens encor, sous ma moindre caresse,
Un sein vivant frémir et battre à coups pressés,
Qu'au-dessus du néant un même flot d'ivresse
Nous soulève enlacés,
Sans regret inutile et sans plaintes amères,
Par la réalité je me laisse ravir.
Non, mon cœur ne s'est pas jeté sur des chimères :
Il sait où s'assouvir.
Qu'ai-je affaire vraiment de votre là-haut morne,
Moi qui ne suis qu'élan, que tendresse et transports ?
Mon ciel est ici-bas, grand ouvert et sans borne ;
Je m'y lance, âme et corps.
Durer n'est rien. Nature, ô créatrice, ô mère !
Quand sous ton œil divin un couple s'est uni,
Qu'importe à leur amour qu'il se sache éphémère
S'il se sent infini ?
C'est une volupté, mais terrible et sublime,
De jeter dans le vide un regard éperdu,
Et l'on s'étreint plus fort lorsque sur un abîme
On se voit suspendu.
Quand la Mort serait là, quand l'attache invisible
Soudain se délierait qui nous retient encor,
Et quand je sentirais dans une angoisse horrible
M'échapper mon trésor,
Je ne faiblirais pas. Fort de ma douleur même,
Tout entier à l'adieu qui va nous séparer,
J'aurais assez d'amour en cet instant suprême
Pour ne rien espérer.
Paroles d’un Amant
Louise Ackermann
GLACE
rdbrdb
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur SILENCE
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
Les mains d'Elsa
de Louis Aragon
ETERNELLEMENT ETERNITE
Naturelle33
Le vrai contact entre les êtres ne s'établit que par la présence muette, par l'apparente non-communication, par l'échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure. Emil Michel Cioran
Si on veut transmettre quelque chose dans cette vie, c'est par la présence bien plus que par la langue et par la parole. La parole doit venir à certains moments, mais ce qui instruit et ce qui donne, c'est la présence. C'est elle qui est silencieusement agissante. Christian Bobin
SILENCE
LILAS
Il faut savoir patienter avec la vie ; il est vrai qu'elle nous demande toujours du temps et qu'elle en a si peu à nous donner. La vie, dans sa rapidité et sa brusquerie, ne nous laisse pas toujours le temps de débrouiller nos impressions confuses
Paule Méré (1864)
DEMANDE
rdbrdb
Paroles de la chanson
Un MONSIEUR Attendait par Georges Ulmer
Voici l'histoire émouvante d'un tout petit monsieur
qui aimait tendrement une jeune fille de son village
Un monsieur attendait au Café du Palais
Devant un Dubonnet la femme qu'il aimait
La pendule tournait et les mouches volaient
Et toujours le monsieur attendait.
Elle lui avait dit: Je viendrai vers midi
Il était déjà six heures et demie
Il pensait... c'est bizarre
Comme les femmes sont en retard
Mais toujours patient et plein d'égards.
Lorsque sonna minuit il repartit chez lui
En s'disant: c'est pas pour aujourd'hui
Mais ça m'étonnerait bien
Qu'elle ne vienne pas demain
Et l' lend'main dès huit heures du matin...
Puis les mois se passèrent; vint la crise et la guerre
Le Café changea d'propriétaire
On refit les plafonds
Les chaises, les guéridons
Mais même pendant les transformations...
Un soir l'âme bien lasse il la vit dans une glace
Elle était juste au Café d'en face
Elle s'était tout bonnement
Trompée d'établissement
Et v'la pourquoi pendant quarante ans...
Un monsieur attendait au Café du Palais
Devant un Dubonnet la femme qu'il aimait
Mais le jour qu'il la vit elle avait un mari:
Le patron de l'autre bar... c'est la vie !
PATIENCE PATIENTER PATIENT/E
LILAS
Nous allons vers une situation où les mathématiciens n'auront plus le monopole des mathématiques, mais où économistes, managers et marchands feront tous des mathématiques comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.
Hasard, chaos et mathématiques - Ivar Ekeland
MONSIEUR
rdbrdb
Mesdames vous avez fait fort........
Le paradis c'est la FUSION de deux âmes dans un baiser d'amour
une phrase extraite de Leone Leoni écrit par la baronne DUDEVANT !
Le couple repose sur un mythe FUSIONNEL. Comme si nous ne faisions qu'un. Alors que nous sommes définitivement deux.
Denis Robert
COUPLE
LILAS
Car le paradis, c'est la fusion de deux âmes dans un baiser d'amour. Et qu'importe , quand nous l'avons trouvé ici-bas, que ce soit dans les bras d'un saint ou d'un damné ? qu'il soit maudit ou adoré parmi les hommes, celui que tu aimes, que t'importe, pourvu qu'il te le rende ?
Aurore Dupin
MAUDIT
rdbrdb
La courbe de tes yeux de Paul Eluard
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de DOUCEUR,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Paul Eluard
REGARD
LILAS
Geler dedans les feux, et brûler dans la glace
Geler dedans les feux, et brûler dans la glace,
Ne pouvoir à mes yeux accorder le sommeil,
Vivre de désespoir attendant le cercueil,
Effroyable porter la mort dessus ma face ;
Verser, non pas des pleurs, mais du sang de mon oeil,
Mêler la joie aux pleurs, et la crainte à l'audace,
Gisant dedans mon lit n'arrêter point en place,
Sitôt que le jour vient détester le soleil ;
Errer en un moment entre mille désirs,
Faire dès leur naissance avorter mes plaisirs,
Sont les seuls entretiens de mon âme affligée,
Lorsque je considère avec quelles douceurs
Elle fut par tes yeux à t'aimer obligée,
Pour n'avoir à la fin que des feux et des pleurs.
Etienne DURAND
DOUCEUR
rdbrdb
Au FOND du visage
Ce n’est pas en une fois
Que je saurai ton visage
Ce n’est pas en sept fois
Ni en cent ni en mille
Ce ne sont pas tes erreurs
Ce ne sont pas tes triomphes
Ce ne sont pas tes années
Tes entailles ou ta joie
Ni en ce corps à corps
Que je saurai ton corps
Ce ne sont pas nos rencontres
Même pas nos désaveux
Qui élucident ton être
Plus vaste que ses miroirs
C’est tout cela ensemble
C’est tout cela mêlé
C’est tout ce qui m’échappe
C’est tout ce qui te fuit
Tout ce qui te délivre
Du poids des origines
Des mailles de toute naissance
Et des cloisons du temps
C’est encore cette lueur :
Ta liberté enfouie
Brûlant ses limites
Pour s’évaser devant.
Chedid, Andrée, « Au fond du visage »,
BRULER BRULANT
