Avatar loulou25

Novlangue

loulou25 - 5 août 2021 20:21

Hier, j'ai encore entendu cette magnifique expression dans la bouche d'un pseudo-journaliste : "Il est entré en dialogue" au lieu de il a dialogué.

C'est devenu une maladie (ou un snobisme) de remplacer les verbes par "être en...".

J'ai travaillé avec de nombreux pays francophones et, je dois l'avouer, la France me fait honte quand on considère la façon dont elle brade sa langue. En écrivant cela, je précise que je ne mets pas en cause l'expression d'une certaine classe érudite, mais celle de prétentieux qui se croient arrivés sans être jamais partis.

Novlangue

Avatar loulou25

loulou255 août 2021 20:21

Hier, j'ai encore entendu cette magnifique expression dans la bouche d'un pseudo-journaliste : "Il est entré en dialogue" au lieu de il a dialogué.

C'est devenu une maladie (ou un snobisme) de remplacer les verbes par "être en...".

J'ai travaillé avec de nombreux pays francophones et, je dois l'avouer, la France me fait honte quand on considère la façon dont elle brade sa langue. En écrivant cela, je précise que je ne mets pas en cause l'expression d'une certaine classe érudite, mais celle de prétentieux qui se croient arrivés sans être jamais partis.

avatar
Avatar loulou25

loulou25

11 août 2021 18:01
olom67 a écrit :
Tu devrais prendre des cours de linguistique. Il y en a d'excellents dans nos belles universités. Ça t'éviterait de dire de pareilles âneries.

Quand on intervient sur un forum pour agresser sans autre forme d'argument, c'est que l'on est bien seul.

À propos et si tu es arrivé à déchiffrer jusqu'ici, j'ai fait partie de la Société de philologie à Paris dans les années soixante-dix. Alors, retourne dans ta banlieue!

Répondre·

Avatar olom67

olom67

11 août 2021 11:58
loulou25 a écrit :
Il n'y a pas de langue orale ou écrite. Il y a du bon français ou du français relâché. C'est avec ce type de laxisme qui a engendré les horreurs actuelles.

Tu devrais prendre des cours de linguistique. Il y en a d'excellents dans nos belles universités. Ça t'éviterait de dire de pareilles âneries.

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

7 août 2021 13:16
mick26 a écrit :
HELLO !
Oui, on en entend de belles de la part des journalistes !!! Certains ont oublié les règles de grammaire voire la syntaxe !!! Mais le direct est sournois et je peux les comprendre !!!
Il en est de la langue comme de la culture : moins on en a plus on l'étale (en faisant référence à la confiture !!!)
Les politiques eux mêmes devraient parfois relire leur discours !!! Où sont les politiques d'antan dont les discours étaient de brillantes envolées qu'on écoutait même si on était du camp opposé !!
La langue française n'étant pas une langue morte elle vit au rythme de la société qui l'utilise...ceci explique cela !!!!
Les plus jeunes ne s'embarassent plus de formulations élaborées pour se comprendre (ou pas !!) .
Je pense (bien humblement) que cette perte de l'élocution précise, explique peut être l'agressivité de notre époque : quand on n'a pas les mots ils reste les poings !
amicalement
Michelle

N'oublions pas non plus ceux qui ont ouvert tous ces journalistes, politiciens et autres à la langue française : les enseignants et le ministère qui les chapeautent, lesquels n'ont pas fait leur travail pendant des décennies, estimant que les nouvelles technologie sont plus importantes que savoir de base. Ceux-ci me rappellent la formule de Boileau : "Il n'y a plus de savetiers et tous les cordonniers veulent être bottiers" (je cite de mémoire).

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

7 août 2021 12:52
Dany a écrit :
Loulou, les écrivains L.F. Céline, R.Queneau, les dialoguistes H. Jeanson, Michel Audiard ont adopté, voire créé, un genre littéraire nouveau, direct. Plus une idée est diluée dans trop de mots, moins elle percute. Dans le registre dialogues, il faut que ce soit allégé, ainsi, par exemple, la double négation [ne] fait perdre de l'impact à une phrase. Je m'en rends compte quand j'écris mes sketchs et histoires, il n'y a pas de fautes de Français, et pourtant j'essaie toujours de réduire le nombre de mots jusqu'à la limite du possible, c'est à dire là où la syntaxe serait malmenée.
Prenons la grande tirade de Lorensaccio d'A. de Musset, elle est épouvantablement longue, c'est l'enfer pour l'acteur qui tient le rôle titre ! (Au passage, chapeau bas à Gérard Philippe et à Pierre Vaneck !) ; au bout d'un moment, je me disais mais qu'est-ce que ça veut dire tout cela ? Il suffisait de 5 ou 6 phrases !
Dans Quai des Brumes, Jeanson avait concocté un dialogue de derrière les fagots pour Gabin face à Morgan ; Gabin ne mémorisait pas bien le texte, s'empêtrait dans les mots et finalement, il a tout envoyé dinguer et a dit : T'as d'beaux yeux, tu sais ! (pas le sais-tu).
Le langage doit servir une situation, des personnages, il doit donner le rythme, la couleur, le parfum !

Je suis un admirateur de Michel Audiard qui a su retranscrire la verve des bistrot de sa jeunesse dans ses dialogues. Pierre Dac a fait de même pour l'humour des bouchers. Henri Jeanson était plus académique, mais a adapté ses dialogues au grand-public.

Je n'en dirais pas autant de Céline et de Queneau qui ont écrit pour la frange d'intellectuels snobs et qui sont encore aujourd'hui admirés par cette même frange, qui se délecte aussi de Marguerite Duras, Françoise Sagan ou Alfred Jarry.

Ne confondons pas le langage parlé de la rue (l'argot étant une langue à part qui possède une extraordinaire saveur ainsi que ses littérateurs) avec le langage "à la mode", snob, précieux (comme l'on disait au XVIIe siècle), et ridicule... et faire des faux anglicismes pour éviter d'utiliser des verbes français répond à toutes ces catégories (pardon : "coche toutes les cases" comme certains disent actuellement). Il n'y a là aucune évolution de la langue, mais une pure trahison. Certaines personnes voudraient égorger les étrangers, vu qu'ils ne "sont pas de cheu' nous" (au nom de la charité chrétienne), mais ce sont les même qui voient avec bienveillance notre langue polluée par un idiome étranger et s'abâtardir ainsi au nom de l'évolution.

P.S : j'apprécie beaucoup ce que vous publiez sur Quintonic.

Répondre·

Avatar Dany

Dany

6 août 2021 20:03

Loulou, les écrivains L.F. Céline, R.Queneau, les dialoguistes H. Jeanson, Michel Audiard ont adopté, voire créé, un genre littéraire nouveau, direct. Plus une idée est diluée dans trop de mots, moins elle percute. Dans le registre dialogues, il faut que ce soit allégé, ainsi, par exemple, la double négation [ne] fait perdre de l'impact à une phrase. Je m'en rends compte quand j'écris mes sketchs et histoires, il n'y a pas de fautes de Français, et pourtant j'essaie toujours de réduire le nombre de mots jusqu'à la limite du possible, c'est à dire là où la syntaxe serait malmenée.
Prenons la grande tirade de Lorensaccio d'A. de Musset, elle est épouvantablement longue, c'est l'enfer pour l'acteur qui tient le rôle titre ! (Au passage, chapeau bas à Gérard Philippe et à Pierre Vaneck !) ; au bout d'un moment, je me disais mais qu'est-ce que ça veut dire tout cela ? Il suffisait de 5 ou 6 phrases !
Dans Quai des Brumes, Jeanson avait concocté un dialogue de derrière les fagots pour Gabin face à Morgan ; Gabin ne mémorisait pas bien le texte, s'empêtrait dans les mots et finalement, il a tout envoyé dinguer et a dit : T'as d'beaux yeux, tu sais ! (pas le sais-tu).
Le langage doit servir une situation, des personnages, il doit donner le rythme, la couleur, le parfum !

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

6 août 2021 19:06
olom67 a écrit :
"Il fait quoi ?", c'est de la langue orale, "Que fait-il ? ", c'est de la langue écrite. Chacune des deux a sa syntaxe propre. "Il fait quoi ?" serait une faute à l'écrit, pas à l'oral et "Que fait-il ?" est acceptable dans certains contextes à l'oral, mais pas dans tous. Tout est une question de niveau de langue de registre, de dialecte social, d'idiolecte, etc...
Il ne s'agit en aucun cas de "fautes". Par contre l'usage du masculin à la place du féminin, du pluriel à la place du singulier constitue des fautes.
Je vous invite à écouter quelques minutes d'un reportage d'un match de football à RTL ou Europe1 – ça tombe bien le championnat reprend aujourd'hui – et à compter le nombre de fois où les journalistes reprennent le mot "le ballon" par le pronom "elle" ou par "la" ou le mot "la balle" par "il" ou pas "le" et vous verrez que la langue est vraiment en danger.

Il n'y a pas de langue orale ou écrite. Il y a du bon français ou du français relâché. C'est avec ce type de laxisme qui a engendré les horreurs actuelles.

Répondre·

Avatar mick26

mick26

6 août 2021 19:02

HELLO !
Oui, on en entend de belles de la part des journalistes !!! Certains ont oublié les règles de grammaire voire la syntaxe !!! Mais le direct est sournois et je peux les comprendre !!!
Il en est de la langue comme de la culture : moins on en a plus on l'étale (en faisant référence à la confiture !!!)
Les politiques eux mêmes devraient parfois relire leur discours !!! Où sont les politiques d'antan dont les discours étaient de brillantes envolées qu'on écoutait même si on était du camp opposé !!
La langue française n'étant pas une langue morte elle vit au rythme de la société qui l'utilise...ceci explique cela !!!!
Les plus jeunes ne s'embarassent plus de formulations élaborées pour se comprendre (ou pas !!) .
Je pense (bien humblement) que cette perte de l'élocution précise, explique peut être l'agressivité de notre époque : quand on n'a pas les mots ils reste les poings !
amicalement
Michelle

Répondre·

Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

6 août 2021 17:41
olom67 a écrit :
Si la langue française dépérit c'est en grande partie de la faute des journalistes, particulièrement ceux de l'audio-visuel. En une heure d'émission à RTL par exemple, je compte en moyenne 5 à 10 fautes de français.
Qu'on le veuille ou non, l'audio-visuel sert de modèle aux gens et lorsque ça se dégrade sur les ondes, ça se dégrade aussi dans la rue.

Les joutes oratoires ont aussi beaucoup baissé de niveau à la Chambre des Députés, comme au Sénat .
On n'enseigne plus la rhétorique au lycée : quel dommage !
"Classe de rhétorique" : c'est ainsi qu'on nommait celle de fin d'études du second cycle, après les "Humanités" (la classe de seconde) qui conduisait à la première partie du baccalauréat .
Ensuite , il y avait le second Bac. philo ou Maths Elem. : premier examen de l'enseignement supérieur, comportant des épreuves écrites ET orales, comme le précédent .
Je me demande où nos "chieurs d'encre et de balbutiements" ont maintenaappris le français ..
Il ne s'ait pas de jouer aux " Précieuses Ridicules" , mais de conserver la base du langage qui fonde une nation !

Répondre·

Avatar olom67

olom67

6 août 2021 17:27
loulou25 a écrit :
Ce n'est pas de la novlangue, mais du français populaire assez ancien et d'un niveau qui ressemble assez bien à celui de nos enseignants actuels.

"Il fait quoi ?", c'est de la langue orale, "Que fait-il ? ", c'est de la langue écrite. Chacune des deux a sa syntaxe propre. "Il fait quoi ?" serait une faute à l'écrit, pas à l'oral et "Que fait-il ?" est acceptable dans certains contextes à l'oral, mais pas dans tous. Tout est une question de niveau de langue de registre, de dialecte social, d'idiolecte, etc...
Il ne s'agit en aucun cas de "fautes". Par contre l'usage du masculin à la place du féminin, du pluriel à la place du singulier constitue des fautes.
Je vous invite à écouter quelques minutes d'un reportage d'un match de football à RTL ou Europe1 – ça tombe bien le championnat reprend aujourd'hui – et à compter le nombre de fois où les journalistes reprennent le mot "le ballon" par le pronom "elle" ou par "la" ou le mot "la balle" par "il" ou pas "le" et vous verrez que la langue est vraiment en danger.

Répondre·

Avatar olom67

olom67

6 août 2021 17:13

Si la langue française dépérit c'est en grande partie de la faute des journalistes, particulièrement ceux de l'audio-visuel. En une heure d'émission à RTL par exemple, je compte en moyenne 5 à 10 fautes de français.
Qu'on le veuille ou non, l'audio-visuel sert de modèle aux gens et lorsque ça se dégrade sur les ondes, ça se dégrade aussi dans la rue.

Répondre·

Avatar Dany

Dany

6 août 2021 15:02

Il est entré dans la conversation, quand un nouvel arrivant se joint au groupe, ça va.
On a vu aussi :
vous n'êtes pas sans ignorer
Il s'en est accaparé
Nous avons convenu
Un espèce de
...
Enfin, toutes ces perles et d'autres ! 😄

Une langue évolue, d'accord, mais les fautes ne représentent pas une évolution.

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

6 août 2021 14:59
vieunovis a écrit :
Au XVIIème siècle cette tendance s'appelait "la préciosité" cf "Les Précieuses Ridicules" de Molière.

C'est exactement cela. Il n'y a d'ailleurs qu'à voir les mimiques de ceux qui emploient un tel français.

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

6 août 2021 14:57
sylguima a écrit :
J'ai entendu une instit dire: Mais il fait quoi lui?
Haaaaaaa! Je déteste ces questions posées à l'envers. Est ce devenu tellement courant que cela ne choque que moi?
Vous en dites quoi?

Ce n'est pas de la novlangue, mais du français populaire assez ancien et d'un niveau qui ressemble assez bien à celui de nos enseignants actuels.

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

6 août 2021 14:54
vautenet a écrit :
Vous avez raison : le journal TV est l'occasion d'entendre des expressions sans queue ni tête. Un léger frémissement (pour reprise), un sujet de crispation (on va se brouiller), tout à fait, absolument (je vous ai compris). David Pujadas est un habitué de ce type de charabia.
J'ai pu constater que les journalistes marocains maîtrisent un français parlé absolument parfait.
L'ONU utilise d'abord le français pour rédiger ses textes parce que c'est une langue dont le vocabulaire est très précis. En utilisant notre langue, déplacer une virgule change la signification 'une phrase.

Vautenet2229

Un morceau de choix où le ridicule atteint des sommets : "J'entends leur souffrance".

En ce qui concerne le français à l'ONU, cela a même posé des problème en ce qui concerne la restitution des territoires occupés par Israël ; je ne sais pas si vous vous souvenez ?

Répondre·

Avatar loulou25

loulou25

6 août 2021 14:41
labichedada a écrit :
C'est comme " au jour d'aujourd'hui"..... se sont des expressions qui apparaissent et disparaissent pour être remplacées par d'autres, c'est une mode, c'est pour sans doute attirer notre attention, faire plus "in"!!!!!!
Après libre à chacun de les utiliser ou pas

En fait, "aujourd'hui" est déjà un doublet, puisqu'en français médiéval, "hui" signifiait "aujourd'hui". Ce qui prouve que certains effets de langage ont la vie dure. Grace à ce "au jour d'aujourd'hui", nous savons par trois fois que nous sommes entre hier et demain.

Répondre·