Obésité : l’hérédité en questions
- Naît-on obèse ou devient-on obèse ?
« Les deux. Pour vulgariser l’aspect génétique, un enfant qui a l’un de ses deux parents obèse a 40 % de chances d’être en surpoids, 80 % quand les parents sont obèses tous les deux. Outre cet aspect génétique, s’ajoutent l’alimentation de la maman pendant la grossesse, l’alimentation de l’enfant jusqu’à ses 6/8 ans. Les marqueurs sont définitivement posés vers 21/23 ans selon les personnes. L’obésité est multifactorielle, elle peut aussi survenir après une dépression, avec une mauvaise alimentation et des régimes à répétition favorisant la prise de poids, une trop grande sédentarité… »
- Existe-t-il un dépistage de l’obésité pour les enfants en bas âge ?
« Les pédiatres peuvent alerter les parents s’ils constatent une prise de poids inquiétante grâce à la courbe de poids. C’est alors aux parents (et aux grands-parents) de modifier l’hygiène de vie de leurs enfants, d’intégrer une activité physique, de changer les habitudes alimentaires, d’arrêter de proposer de la nourriture comme réconfort… C’est par exemple remplacer un soda par un sirop, arrêter le paquet de chips devant la télé, proposer deux biscuits avec un fruit ou une compote…
Il est important de redéfinir le message « Manger 5 fruits et légumes par jour », dont l’accent n’a pas été suffisamment placé sur le vrai intérêt pour la santé : ils sont anti-cancer, antioxydants, ils offrent un accès aux vitamines aux enfants.
- Si l’obésité est inscrite dans notre patrimoine génétique, faut-il se résoudre à être obèse ?
« L’obésité n’est pas une fatalité. Quand la probabilité est plus grande, il faut avoir un comportement adéquat, mais il faut surtout s’accepter tel que l’on est et être bien dans ses baskets. Il faut peaufiner et améliorer sa situation. On peut porter le gène de l’obésité et ne pas le déclencher en évitant le stress, en bougeant beaucoup, en ayant une alimentation adaptée.
Il faut avoir pour leitmotiv « Ce n’est que moi qui pourrais faire bouger les choses » et se prendre en charge, se donner la chance de ne pas baisser les bras. »
- Peut-on inverser la tendance en modifiant ses habitudes ?
« Oui, mais attention à ne pas partir dans les régimes yoyo, la solution ne se trouve pas dans ces livres miracles. Inutile de se faire mal avec des régimes inadaptés. Il est préférable de se tourner vers des centres qui accueillent les personnes en surpoids. Ces centres sont multidisciplinaires, le CNAO en compte 37 mais il en existe d’autres, ils travaillent sur de nombreux aspects, comme l’alimentation, le côté médical (cardiologue, pneumologue…), la psychologie, le sport…
Une activité physique adaptée est nécessaire, pas question de compétition, mais de rester au contraire dans le plaisir. Faire du vélo, de la marche nordique, de l’aquagym, de la natation, avoir une activité régulière et se fixer chaque fois des objectifs un peu plus élevés. Ou simplement aller au square avec ses enfants, faire du shopping, une sortie avec ses amis… Il faut bouger mais toujours avec plaisir ! »
- L’obésité est-elle un combat à mener toute une vie ?
« C’est un combat contre soi mais aussi contre les autres. Il y a toujours les jugements, la discrimination, la violence des réflexions des autres. C’est pourquoi il est vraiment important de s’accepter. Quand on est bien avec soi-même, les autres le ressentent. »
- Où en est le plan obésité en France ?
« Un travail colossal a été fait mais il n’a pas été visible par le grand public. On a réussi à faire travailler ensemble des gens qui ne le faisaient pas auparavant : les ministères entre eux, ce qui n’était pas évident. Le dialogue s’est engagé aussi entre les différents corps médicaux. De nombreuses recherches ont été lancées notamment par l’INSERM, financées par le Parlement Européen de Bruxelles.
Le Plan obésité se termine à la fin de l’année 2013 et on espère qu’il sera reconduit. L’obésité entraîne d’autres pathologies, il est important de ne rien lâcher et que le projet continue. Nous attendons une réponse de la Ministre de la Santé Marisol Touraine. »
*Source : Etude ObEpi-Roche 2012
Et vous, pensez-vous que les personnes naissent et demeurent obèses de génération en génération ? Rencontrez-vous ce genre de problème au sein de votre famille ? N'hésitez pas à échanger sur ce sujet de santé publique dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.
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