
Aurore
Retiré du marché déjà en 1999 en Italie, il a fallu attendre 2009 pour qu'il le soit en France, et 14 ans plus tard les coupables sont à peine inquiétés.
Le chemin est long pour arriver à faire émerger la vérité. Il y a bien sûr la volonté des coupables de cacher la vérité ce qui est tout-à-fait compréhensible, mais plus curieux et un frein considérable est le déni chez les gens, il leur est difficile d'admettre avoir été trompé et qu'il puisse y avoir des victimes.
« Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu'ils ont été trompés. » Mark Twain
Bibracte
alyde a écrit :
Madeleine Dubois, une ancienne lobbyiste du groupe Servier, a été promue officier de la légion d’honneur.
... Et pendant ce temps le Dr Franchon a, elle, refusé la LH
https://www.quechoisir.org/actualite-mediator-legion-du-deshonneur-n105211/
Et la bougresse a failli être sénatrice...super.
Bibracte
beafran a écrit :
N'oublions pas qu' Irène Frachon fait partie de ces médecins qui ne sont pas suspects de complaisance envers les labos ni envers les autorités sanitaires, et qui a appelé fermement, et à plusieurs reprises, les français à se faire vacciner contre le COVID...
J'appréhendais que quelqu'un vienne parler COVID afin de pourrir ce sujet.
C'est fait. Bravo beafran.🙄
Bibracte
Irène insiste sur la longueur de ce procès en appel, ce qui pourrait signifier que les labos Servier ont fait feu de tout bois grâce à une armée d'avocats ( ils en ont les moyens ) pour freiner voire empêcher que lumière soit entièrement faite, que les criminels, car c'est bien de crimes qu'il s'agit, soient tous identifiés et condamnés comme il se doit.
Nymphea73
L'isoméride était déjà connue en 1991 pour sa dangerosité (elle fait partie des amphétamines). Le courage sans faille d'Irène Frachon a permis de révéler les effets délétères de ce médicament et Servier a été condamné. Il reste le volet de l'utilisation par le Laboratoire de cette molécule censée soigner alors qu'elle provoquait des valvulopathies cardiaques et de l'hypertension artérielle pulmonaire, effets secondaires non signalés à la FDA américaine malgré plusieurs cas déjà connus.
Bibracte
" ...En ouvrant ce lundi le second procès du Mediator, la Cour d’Appel de Paris entame un marathon judiciaire de six mois, qui devrait se conclure le 28 juin. Dans son jugement de premier instance, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné les laboratoires Servier à payer 2,7 millions d’euros d’amende pour « tromperie aggravée » et « homicides et blessures involontaires ». Depuis sa commercialisation comme antidiabétique en 1976 par le deuxième laboratoire français, le Mediator, finalement prescrit comme coupe-faim jusqu’en 2009, a provoqué des effets secondaires cardiaques et pulmonaires sur des milliers de patients.
La première décision, qui a notamment relaxé le groupe pharmaceutique du chef d’accusation « d’escroquerie », n’a pas satisfait certaines victimes. Ce nouveau procès va rejuger Jean-Philippe Seta, l’ex-numéro 2 du groupe (condamné à quatre ans avec sursis en première instance), et l’entreprise Servier en tant que personne morale. A l’origine de la révélation du scandale au grand public, la pneumologue Irène Frachon, qui vient de sortir une bande dessinée sur l’affaire, revient pour 20 Minutes sur les enjeux de ce nouveau procès. Avant d’être appelée à la barre, en tant que témoin, dans le courant du mois de février.
Qu’attendez-vous de ce procès en appel ? Quel est votre état d’esprit ?
J’attends des juges qu’ils confirment le délit de tromperie sur la marchandise et qu’ils estiment que les laboratoires Servier ont escroqué la Sécurité sociale. Le délit impardonnable et qui devrait disqualifier à jamais le groupe, c’est celui de « tromperie aggravée » et « blessures et homicides involontaires », que l’on devrait qualifier « d’homicides délibérés ». Ces délits gravissimes ont été reconnus en première instance, les victimes ont bien été indemnisées sur le volet tromperie (plus de 183 millions d’euros de dommages et intérêts aux victimes). En revanche au niveau pénal, c’est insuffisant, j’espère que, cette fois, les réquisitions du parquet vont être suivies*.
Ce qu’a fait Servier, c’est commercialiser pendant soixante ans des dérivés d’amphétamines très dangereux qui libèrent dans l’organisme une molécule toxique, la norfenfluramine. Je suis choquée de voir que pour juger une tromperie technique et scientifique simple, le débat s’étire indéfiniment.
Sur le fond, c’est extrêmement simple, à tout point de vue. C’est une tromperie à deux balles sur le plan scientifique avec des conséquences dramatiques. C’est une honte d’avoir à nouveau six mois de procès pour une affaire qui pourrait être jugée en quelques semaines, mais ça fait partie de la stratégie de défense des laboratoires Servier. Leurs mensonges rappellent ceux d’un Etat à la propagande totalitaire.
Ce nouveau procès doit-il servir d’exemple pour les scandales sanitaires à venir ?
J’espère que ce sera un tournant et que ça permettra de rassurer les gens. Il faut leur dire : « quand on vous empoisonne, ça ne passe pas bien pour les empoisonneurs ». Si l’on prend l’exemple récent du chlordécone, les responsabilités sont diluées et ça n’a pas abouti à un procès pénal. Là, avec le Mediator, on en tient un. Il y a un coupable, et c’est une personne morale : les laboratoires Servier.
C’est le moment de dire que quand il y a une transgression aussi extrême, la justice pénale doit répondre. On met en prison pour longtemps des gens qui attentent à la vie des autres, mais la justice a l’air pétrifiée face à la délinquance en col blanc, alors que ce sont aussi des criminels. Il faut aller au maximum de ce que le droit permet dans ce genre de délits, qui sont malheureusement mal qualifiés au niveau pénal. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas suivre les réquisitions du parquet.
C’est une tromperie à deux balles sur le plan scientifique avec des conséquences dramatiques. »
Le 30 novembre 2009, le Mediator a été retiré du marché français, les laboratoires Servier ont été condamnés en première instance. Le combat ne serait-il pas déjà gagné ?
Non, parce que le Mediator tue encore aujourd’hui. En décembre, deux victimes sont décédées. Je viens d’avoir des nouvelles d’Henriette, l’une des premières victimes que j’ai dépistées à Brest. Elle va subir le 20 janvier une opération à cœur ouvert très risquée. On va lui changer deux valves cardiaques, elle est constamment essoufflée. Qui imaginerait faire confiance à une personne qui a casier judiciaire très chargé ? C’est le cas des laboratoires Servier, et pourtant ils restent toujours très influents. Le groupe subventionne massivement des congrès médicaux, beaucoup d’académiciens de médecine sont encore membres de l’institut Servier.
Il y a quelques jours (le 29 décembre dernier), Madeleine Dubois, une ancienne lobbyiste du groupe Servier, a été promue officier de la légion d’honneur. On n’est pas capable de tracer des lignes rouges. J’ai lancé une pétition pour que le président de la République change la réglementation et enlève à titre posthume le titre de grand-croix de la légion d’Honneur à Jacques Servier (père des Laboratoires Servier, décédé en 2014).
(Propos recueillis par Octave Odola)
