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Qui doit vraiment avoir honte ?

Pimaly - 10 février 2022 08:34

Yannick Jadot a exprimé sa honte à la suite de la vente record de Rafale aux Émirats arabes. Cela en dit long sur une maladie française : la haine de soi.

Selon la formule d’un célèbre éditeur, « on ne comprend rien aux passions des autres ». Comme celle qui consiste à abjurer la France dès qu’elle nous déplaît. La vente des avions Rafale aux Émirats arabes unis a donné l’occasion à une partie de la gauche de se livrer à son exercice favori : exprimer son dégoût d’être français quand le comportement de son pays déplaît à sa personne. Le candidat d’EELV à l’élection présidentielle, Yannick Jadot, par exemple, écrit éprouver de la « honte » pour la France quand elle vend des armes à des pays autoritaires. Quels sont donc ce vocabulaire, ce ton, cette formule dignes d’un parent d’élève mécontent des conclusions d’un conseil de classe ?

Le chef de l’État lui-même n’est ni la maman ni le papa de la France. Il commande le gouvernement d’un pays par nature supérieur à sa personne, c’est-à-dire auquel il est, par nature, soumis et qui, par nature, le dépasse. C’est ce que l’on appelle une institution. Comment envisager de confier la France à des individus dont la prétention est telle qu’ils la prennent pour un sujet de droit comme un autre, un militant à qui ils auraient le droit de dire ce qui est juste ou injuste ? Si les serviteurs de l’État peuvent être considérés comme des traîtres, par exemple les collaborateurs, la France, elle, est un sanctuaire précisément parce qu’elle n’est ni une personne ni un sujet de droit.

L’abstraction du pays est la garantie de sa continuité. L’instabilité des princes, consubstantielle à la marche du monde, est précisément corrigée par la nation, constante, inviolable, certaine. Sa définition, son image, sa substance, pour employer un terme d’ordre religieux, sont son histoire, c’est-à-dire une suite illogique et imparfaite qui n’a pour elle que la continuité. L’imprécision même de ce qu’est la France a une utilité ; elle permet à une multitude de se reconnaître. Le général de Gaulle, pourtant élevé dans une famille de tradition catholique et monarchiste, n’hésitait pas à rendre hommage, dès les années 1930, à des révolutionnaires, comme Carnot. De même compara-t-il, et à maintes reprises, dans des discours célèbres son « gouvernement en exil » au Comité de salut public, à dire du bien de Robespierre. On renverra, sur ce point, aux travaux de Julian Jackson. La morale est partie prenante de l’histoire, de la politique et de la citoyenneté, mais celle-ci s’applique aux hommes, non à la France. Il en va de son honneur, de sa solidité, de son passé, c’est-à-dire de son avenir.

Enfantillage intellectuel

Quant au regard que porte le parti écologiste sur lui-même, il est incompréhensible. Organiser une cohabitation harmonieuse de la nature et de l’homme est une cause prioritaire, nul ne songe à le contester. Pourquoi ne pas l’articuler avec l’histoire de France ? Comme les conservateurs, les socialistes ou les libéraux, les écologistes ont une ascendance lointaine. Dès le XVIIIe siècle, de célèbres Français ont pensé la juste place de la nature. À l’exemple de Jean-Joseph de Laborde qui, outre le fait d’avoir été le banquier de la cour de Louis XV, l’homme le plus riche du pays, est l’archétype de l’homme d’affaires cultivé, progressiste et concerné par la nature. Les jardins de son somptueux domaine, Méréville (Essonne), sont le modèle d’un genre emblématique du siècle des Lumières, à la fois métaphore et démonstration de la rencontre de l’homme et de l’environnement. Que dire des jardins de Versailles ou de Vaux-le-Vicomte de la fin du XVIIe siècle ? Pourquoi ne jamais faire référence à la moindre historicité quand il s’agit d’écologie ? La modernité elle-même serait-elle trop conservatrice parce qu’elle serait liée à l’universalisme français, lequel embarrasserait aujourd’hui un parti adhérent du racialisme ?

Hélas, les grandes heures du classicisme ont perdu la bataille contre les éoliennes à roulettes. La culture abandonnée, reste l’action politique. Que penser d’un enfantillage intellectuel qui consiste à condamner la vente d’armes à des pays autoritaires ? Le zoo de Vincennes et Center Parcs ne se sont étrangement pas portés acquéreurs d’avions de chasse. Quant au critère démocratique, visiblement déterminant dans nos rapports commerciaux, comment l’appliquer ? Hormis les membres de l’Union européenne, quel pays serait assez libéral pour avoir le droit d’acheter français ? Les États-Unis, la Russie, l’Inde ? Autant de nations loin d’être irréprochables du point de vue des droits de l’homme. Quant aux Émirats arabes unis, leçon élémentaire de géopolitique, ils ne sont pas un allié parmi d’autres, mais une enclave de la marine française en pleine mer du Golfe puisqu’ils accueillent une base navale essentielle aux projections de l’armée dans le monde arabe. C’est pourtant un fait célèbre, mais il est vrai que la puissance n’intéresse guère un parti qui proposa, il y a quelques années, la suppression du 14 Juillet. Comme la France sera belle, déterminée et influente une fois repliée aux confins du Périgord, derrière des tranchées où seront cultivés des potagers collectifs !

Arthur Chevallier – Le Point 07/12/2021

Qui doit vraiment avoir honte ?

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Pimaly10 février 2022 08:34

Yannick Jadot a exprimé sa honte à la suite de la vente record de Rafale aux Émirats arabes. Cela en dit long sur une maladie française : la haine de soi.

Selon la formule d’un célèbre éditeur, « on ne comprend rien aux passions des autres ». Comme celle qui consiste à abjurer la France dès qu’elle nous déplaît. La vente des avions Rafale aux Émirats arabes unis a donné l’occasion à une partie de la gauche de se livrer à son exercice favori : exprimer son dégoût d’être français quand le comportement de son pays déplaît à sa personne. Le candidat d’EELV à l’élection présidentielle, Yannick Jadot, par exemple, écrit éprouver de la « honte » pour la France quand elle vend des armes à des pays autoritaires. Quels sont donc ce vocabulaire, ce ton, cette formule dignes d’un parent d’élève mécontent des conclusions d’un conseil de classe ?

Le chef de l’État lui-même n’est ni la maman ni le papa de la France. Il commande le gouvernement d’un pays par nature supérieur à sa personne, c’est-à-dire auquel il est, par nature, soumis et qui, par nature, le dépasse. C’est ce que l’on appelle une institution. Comment envisager de confier la France à des individus dont la prétention est telle qu’ils la prennent pour un sujet de droit comme un autre, un militant à qui ils auraient le droit de dire ce qui est juste ou injuste ? Si les serviteurs de l’État peuvent être considérés comme des traîtres, par exemple les collaborateurs, la France, elle, est un sanctuaire précisément parce qu’elle n’est ni une personne ni un sujet de droit.

L’abstraction du pays est la garantie de sa continuité. L’instabilité des princes, consubstantielle à la marche du monde, est précisément corrigée par la nation, constante, inviolable, certaine. Sa définition, son image, sa substance, pour employer un terme d’ordre religieux, sont son histoire, c’est-à-dire une suite illogique et imparfaite qui n’a pour elle que la continuité. L’imprécision même de ce qu’est la France a une utilité ; elle permet à une multitude de se reconnaître. Le général de Gaulle, pourtant élevé dans une famille de tradition catholique et monarchiste, n’hésitait pas à rendre hommage, dès les années 1930, à des révolutionnaires, comme Carnot. De même compara-t-il, et à maintes reprises, dans des discours célèbres son « gouvernement en exil » au Comité de salut public, à dire du bien de Robespierre. On renverra, sur ce point, aux travaux de Julian Jackson. La morale est partie prenante de l’histoire, de la politique et de la citoyenneté, mais celle-ci s’applique aux hommes, non à la France. Il en va de son honneur, de sa solidité, de son passé, c’est-à-dire de son avenir.

Enfantillage intellectuel

Quant au regard que porte le parti écologiste sur lui-même, il est incompréhensible. Organiser une cohabitation harmonieuse de la nature et de l’homme est une cause prioritaire, nul ne songe à le contester. Pourquoi ne pas l’articuler avec l’histoire de France ? Comme les conservateurs, les socialistes ou les libéraux, les écologistes ont une ascendance lointaine. Dès le XVIIIe siècle, de célèbres Français ont pensé la juste place de la nature. À l’exemple de Jean-Joseph de Laborde qui, outre le fait d’avoir été le banquier de la cour de Louis XV, l’homme le plus riche du pays, est l’archétype de l’homme d’affaires cultivé, progressiste et concerné par la nature. Les jardins de son somptueux domaine, Méréville (Essonne), sont le modèle d’un genre emblématique du siècle des Lumières, à la fois métaphore et démonstration de la rencontre de l’homme et de l’environnement. Que dire des jardins de Versailles ou de Vaux-le-Vicomte de la fin du XVIIe siècle ? Pourquoi ne jamais faire référence à la moindre historicité quand il s’agit d’écologie ? La modernité elle-même serait-elle trop conservatrice parce qu’elle serait liée à l’universalisme français, lequel embarrasserait aujourd’hui un parti adhérent du racialisme ?

Hélas, les grandes heures du classicisme ont perdu la bataille contre les éoliennes à roulettes. La culture abandonnée, reste l’action politique. Que penser d’un enfantillage intellectuel qui consiste à condamner la vente d’armes à des pays autoritaires ? Le zoo de Vincennes et Center Parcs ne se sont étrangement pas portés acquéreurs d’avions de chasse. Quant au critère démocratique, visiblement déterminant dans nos rapports commerciaux, comment l’appliquer ? Hormis les membres de l’Union européenne, quel pays serait assez libéral pour avoir le droit d’acheter français ? Les États-Unis, la Russie, l’Inde ? Autant de nations loin d’être irréprochables du point de vue des droits de l’homme. Quant aux Émirats arabes unis, leçon élémentaire de géopolitique, ils ne sont pas un allié parmi d’autres, mais une enclave de la marine française en pleine mer du Golfe puisqu’ils accueillent une base navale essentielle aux projections de l’armée dans le monde arabe. C’est pourtant un fait célèbre, mais il est vrai que la puissance n’intéresse guère un parti qui proposa, il y a quelques années, la suppression du 14 Juillet. Comme la France sera belle, déterminée et influente une fois repliée aux confins du Périgord, derrière des tranchées où seront cultivés des potagers collectifs !

Arthur Chevallier – Le Point 07/12/2021

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

10 février 2022 16:02

C’est sûr que yannick Jadot est une machine à vous éloigner de -l’´écologie ,,,
Il me fait penser à une sorte de bulldozer de la pensée ,,,,
Sa technique oratoire est de répéter trois ou six fois la même bêtise
Pour nous y habituer ,,,
JE VEUX
JE VEUX
JE VEUX
ET JE VEUX 🙄😓

Bref un vrai repoussoir à écologie ,,,

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Avatar rdbrdb

rdbrdb

10 février 2022 15:44
janine33 a écrit :
Merci Pimaly pur cette illustration du savoir faire français . On peut tous déplorer que les ventes d’armes existent , que des pays aient une industrie de l’armement , que les états ne soient pas pacifistes …. Mais ne soyons pas naïfs , ni dépréciateurs de notre propre pays .

si on ne les vend pas d'autres les vendront

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

10 février 2022 15:33

La seule fois où j'ai été d'accord avec Mitterrand (+ la peine de mort, + les radios libres...) c'est quand il a déclaré que si nous commercions et entretenions de bonnes relations qu'avec les Etats pas voyous, la France n'aurait aucun rapports mondiaux...(ou quelque chose de ce genre..). Ah l'idéologie, que fait-on ou pas en ton nom ! (Et comment peut-on résister à vendre ? ) Mais je suis d'accord avec vos questionnements..

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Avatar janine33

janine33

10 février 2022 13:02

Merci Pimaly pur cette illustration du savoir faire français . On peut tous déplorer que les ventes d’armes existent , que des pays aient une industrie de l’armement , que les états ne soient pas pacifistes …. Mais ne soyons pas naïfs , ni dépréciateurs de notre propre pays .

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Avatar GÉO

GÉO

10 février 2022 10:34

Les Emirats arabes unis ont riposté par des raids aériens sur Sanaa après une attaque par drone des Houthis sur leur sol.

Les Emirats sont membres d'une coalition militaire sous commandement saoudien qui soutient depuis 2015 au Yémen les forces gouvernementales en guerre contre les Houthis soutenus par l'Iran.


Maintenant, chacun pense ce qu'il veut de cette guerre, si elle est légitime ...ou pas. Et si il s'agit d'achat d'avions pour se défendre ou pour attaquer.

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Avatar franced

franced

10 février 2022 09:40

S’il a honte de la France , comment peut il vouloir en être à la tête ..!!

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Avatar Pinocchio31

Pinocchio31

10 février 2022 09:39

Comme d'habitude un coup d'épée dans l'eau
Avec cet accord commercial Macron veut être César mais il n'est que Macron .... voulant compenser la perte des sous-marins de 55 milliards contre 16 milliards pour les rafales à prix coûtant comme dans les grandes surfaces .... parce que tout le monde le sait, le rafale est invendable ?
Une fois n'est pas coutume .... changer ses habitudes ne change pas le destin d'un individu
Hi! hi! hi, en plus comme pour les sous-marins ce contrat bidon n'arrivera jamais à son terme ????.....

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Avatar Pimaly

Pimaly

10 février 2022 08:48

"J'ai honte de la France " quand on est candidat à la présidentielle... heu ... comment dire... 😓

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