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Paris, le laboratoire infernal d’Anne Hidalgo

Pimaly - 11 février 2022 08:48

Photographies à l’appui, un livre dénonce l’enlaidissement de la capitale et l’abandon de son patrimoine. Un réquisitoire cruel.

Valérie Pécresse entend faire de la région Île-de-France une vitrine de sa manière de gouverner. Anne Hidalgo a tout intérêt à faire l'inverse, si elle ne veut pas perdre ses derniers électeurs potentiels dans les sondages, de moins en moins nombreux, il est vrai. Elle doit espérer qu'ils ne liront pas le livre que Didier Rykner, directeur de La Tribune de l'art, consacre à la gestion de la maire de Paris*. C'est un réquisitoire à la fois vif et très documenté, illustré par de nombreuses photographies. Le patrimoine urbain se dégrade, le patrimoine végétal est sacrifié, le patrimoine culturel et architectural est méprisé. Voilà le constat.
La maire répète à l'envi qu'elle veut « réinventer la ville » ? La réinventer avec les « naturinoirs », ces toilettes en plein air qui ont importunément débordé dès leur installation ? « Les exhibitionnistes doivent adorer, la ville leur donne un permis de s'exhiber. […] C'est ludique, participatif et convivial, à défaut d'être inclusif (les femmes ne peuvent évidemment pas l'utiliser) », ironisait Didier Rykner dans un de ses billets en reprenant les adjectifs favoris de la novlangue hidalguienne.

L'auteur regrette les bancs publics inventés par Davioud, remplacés par de méchantes poutres de bois brut jetées sur la place de la République ou sur les berges de la Seine : « Dans un principe d'aménagement évolutif, interactif et réversible […], notre projet se fonde sur l'utilisation de pièces de bois assemblées, comme des mikados ou les pièces du jeu Kapla, qui permettent une organisation rapide de l'espace », explique dans ce sabir inimitable un document produit par la Ville de Paris. Il photographie de grandes et de petites choses, comme la flaque d'eau qui, située sur une piste cyclable devant le musée Grévin, ne sèche jamais, car il n'y a plus d'argent pour réparer l'affaissement de terrain qui l'a provoquée.

Écologistes en toc

Plus piquant encore, Didier Rykner relève la manière dont la maire socialiste accueille avec enthousiasme la publicité clinquante, même quand elle défigure les sites. Il faut bien tenter de remplir les caisses vidées par des années d'incurie. Il raconte les détails affligeants du « glycinegate », ou comment une plante réputée centenaire, qui faisait la joie des habitants de Montmartre, a été éradiquée par des employés municipaux, sans préavis, le 17 mars 2021. Quand les défenseurs de l'environnement – les vrais ! – s'émeuvent de cette exécution sommaire, l'adjoint aux espaces verts répond que la glycine était morte. Las ! Il ignorait qu'il faut souvent attendre le mois d'avril pour voir les végétaux développer de nouveau leur feuillage. Et, lorsque la mairie finit par produire l'acte de décès de cet arbre, elle fournit… le diagnostic qui se rapporte à un marronnier commun.

De « mini-forêts participatives » en « permis de végétaliser », qui ont créé dans l'espace public des dizaines de mini-ZAD, l'écologie relève souvent d'une tactique en toc, 100 % de communication et 0 % d'action. Pendant ce temps, les grands espaces verts parisiens gérés par la municipalité, tels le parc Monceau ou celui des Buttes-Chaumont, tombent en lambeaux.
Un constat à charge ? Sûrement. Un réquisitoire teinté de nostalgie ? Peut-être. Mais les pièces du dossier sont sérieuses. Leur accumulation ne facilitera pas le retour de la maire au bercail après sa triomphale campagne présidentielle.

*La Disparition de Paris, Les Belles Lettres.

Sophie Coignard – Le Point, 11/02/2022

Paris, le laboratoire infernal d’Anne Hidalgo

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Pimaly11 février 2022 08:48

Photographies à l’appui, un livre dénonce l’enlaidissement de la capitale et l’abandon de son patrimoine. Un réquisitoire cruel.

Valérie Pécresse entend faire de la région Île-de-France une vitrine de sa manière de gouverner. Anne Hidalgo a tout intérêt à faire l'inverse, si elle ne veut pas perdre ses derniers électeurs potentiels dans les sondages, de moins en moins nombreux, il est vrai. Elle doit espérer qu'ils ne liront pas le livre que Didier Rykner, directeur de La Tribune de l'art, consacre à la gestion de la maire de Paris*. C'est un réquisitoire à la fois vif et très documenté, illustré par de nombreuses photographies. Le patrimoine urbain se dégrade, le patrimoine végétal est sacrifié, le patrimoine culturel et architectural est méprisé. Voilà le constat.
La maire répète à l'envi qu'elle veut « réinventer la ville » ? La réinventer avec les « naturinoirs », ces toilettes en plein air qui ont importunément débordé dès leur installation ? « Les exhibitionnistes doivent adorer, la ville leur donne un permis de s'exhiber. […] C'est ludique, participatif et convivial, à défaut d'être inclusif (les femmes ne peuvent évidemment pas l'utiliser) », ironisait Didier Rykner dans un de ses billets en reprenant les adjectifs favoris de la novlangue hidalguienne.

L'auteur regrette les bancs publics inventés par Davioud, remplacés par de méchantes poutres de bois brut jetées sur la place de la République ou sur les berges de la Seine : « Dans un principe d'aménagement évolutif, interactif et réversible […], notre projet se fonde sur l'utilisation de pièces de bois assemblées, comme des mikados ou les pièces du jeu Kapla, qui permettent une organisation rapide de l'espace », explique dans ce sabir inimitable un document produit par la Ville de Paris. Il photographie de grandes et de petites choses, comme la flaque d'eau qui, située sur une piste cyclable devant le musée Grévin, ne sèche jamais, car il n'y a plus d'argent pour réparer l'affaissement de terrain qui l'a provoquée.

Écologistes en toc

Plus piquant encore, Didier Rykner relève la manière dont la maire socialiste accueille avec enthousiasme la publicité clinquante, même quand elle défigure les sites. Il faut bien tenter de remplir les caisses vidées par des années d'incurie. Il raconte les détails affligeants du « glycinegate », ou comment une plante réputée centenaire, qui faisait la joie des habitants de Montmartre, a été éradiquée par des employés municipaux, sans préavis, le 17 mars 2021. Quand les défenseurs de l'environnement – les vrais ! – s'émeuvent de cette exécution sommaire, l'adjoint aux espaces verts répond que la glycine était morte. Las ! Il ignorait qu'il faut souvent attendre le mois d'avril pour voir les végétaux développer de nouveau leur feuillage. Et, lorsque la mairie finit par produire l'acte de décès de cet arbre, elle fournit… le diagnostic qui se rapporte à un marronnier commun.

De « mini-forêts participatives » en « permis de végétaliser », qui ont créé dans l'espace public des dizaines de mini-ZAD, l'écologie relève souvent d'une tactique en toc, 100 % de communication et 0 % d'action. Pendant ce temps, les grands espaces verts parisiens gérés par la municipalité, tels le parc Monceau ou celui des Buttes-Chaumont, tombent en lambeaux.
Un constat à charge ? Sûrement. Un réquisitoire teinté de nostalgie ? Peut-être. Mais les pièces du dossier sont sérieuses. Leur accumulation ne facilitera pas le retour de la maire au bercail après sa triomphale campagne présidentielle.

*La Disparition de Paris, Les Belles Lettres.

Sophie Coignard – Le Point, 11/02/2022

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Avatar Adalbert

Adalbert

11 février 2022 16:13
Pinocchio31 a écrit :
Paris est le reflet d'une image voulue par la macronie pour éjecter Anne Hidalgo ...

hé bé dites donc ! Encore plus puissante et retorse que je croyais, la Macronie !

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Avatar jasbelle

jasbelle

11 février 2022 14:54

Il est vrai qu'il n'a jamais été dit qu'elle était malhonnête (de même pour Macron) mais comment appeler l'endettement qui devra être payé par les parisiens en raison de ses choix ?

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Pinocchio31

11 février 2022 13:55
jasbelle a écrit :
Je suppose que beaucoup de gens votent pour elle en espérant obtenir un HLM ou des facilités illégales.

Je pense qu'elle est plus honnête que Macron ????

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Avatar jasbelle

jasbelle

11 février 2022 11:55

Je suppose que beaucoup de gens votent pour elle en espérant obtenir un HLM ou des facilités illégales.

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Avatar Misterprof-

Misterprof-

11 février 2022 10:13

On s' est souvent moqué de Jacques Chirac et de ses sanisettes, mais la situation des rues de Paris est pire !
Je ne sais pas si les touristes continueront à considérer la capitale comme la plus belle ville du monde.

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doyen

11 février 2022 10:00
doyen a écrit :
La mobilisation n'est pas le monopole d'un parti politique. Les autres n'ont qu'à faire pareil ; rien ne leur interdit.
Quand les gens se plaignent que tel ou tel femme ou homme politique n'a été élu qu'avec une minorité de participants, pourquoi ne sont-ils pas aller pour l'adversaire ou les adversaires du candidat élu à la faveur de l'abstention ? Ils n'avaient qu'à se déplacer.
La covid 19 n'empêche pas d'aller voter, tout comme elle n'empêche de faire des courses, d'aller au travail...

Tous les candidats et tous les électeurs sont confrontés à la réalité de la covid 19
A eux de l'assumer.

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doyen

11 février 2022 09:57
triccce a écrit :
Les élections municipales pendant la période du covid n'ont mobilisé que les écolos gauchistes....et Marseille ville après Paris pour la saleté et autres aléas, reprise par une gauche écolo dont la maire élue ( printemps marseillais) a vite cédé sa place à un autre "magouilleur" de gauche (PS) !

La mobilisation n'est pas le monopole d'un parti politique. Les autres n'ont qu'à faire pareil ; rien ne leur interdit.
Quand les gens se plaignent que tel ou tel femme ou homme politique n'a été élu qu'avec une minorité de participants, pourquoi ne sont-ils pas aller pour l'adversaire ou les adversaires du candidat élu à la faveur de l'abstention ? Ils n'avaient qu'à se déplacer.
La covid 19 n'empêche pas d'aller voter, tout comme elle n'empêche de faire des courses, d'aller au travail...

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Pinocchio31

11 février 2022 09:56
triccce a écrit :
Sa campagne électorale est à l'image de sa ville, sa réélection est incompréhensible....les parisiens auraient accepté l'inacceptable de cette foldingue !

Paris est le reflet d'une image voulue par la macronie pour éjecter Anne Hidalgo ...

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triccce

11 février 2022 09:43
doyen a écrit :
Sa réélection est tout à fait compréhensible et explicable, même si selon les parisien(ne)s, elle n'était pas souhaitable.
Elle a bénéficié de soutiens de la gauche élargie (écologistes...).
Cela a été le cas, mais en sens inverse dans d'autres villes où le candidat écologiste a bénéficié du soutien des socialistes (Marseille, Bordeaux, Grenoble...).
Il y a quelques années bien qu'étant en position défavorable pour la présidence de la région des hauts de France, face à Marine Le Pen, Xavier Bertrand (LR) a élu grâce au soutien de la gauche (Front republicain)

Les élections municipales pendant la période du covid n'ont mobilisé que les écolos gauchistes....et Marseille ville après Paris pour la saleté et autres aléas, reprise par une gauche écolo dont la maire élue ( printemps marseillais) a vite cédé sa place à un autre "magouilleur" de gauche (PS) !

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doyen

11 février 2022 09:34
triccce a écrit :
Sa campagne électorale est à l'image de sa ville, sa réélection est incompréhensible....les parisiens auraient accepté l'inacceptable de cette foldingue !

Sa réélection est tout à fait compréhensible et explicable, même si selon les parisien(ne)s, elle n'était pas souhaitable.
Elle a bénéficié de soutiens de la gauche élargie (écologistes...).
Cela a été le cas, mais en sens inverse dans d'autres villes où le candidat écologiste a bénéficié du soutien des socialistes (Marseille, Bordeaux, Grenoble...).
Il y a quelques années bien qu'étant en position défavorable pour la présidence de la région des hauts de France, face à Marine Le Pen, Xavier Bertrand (LR) a élu grâce au soutien de la gauche (Front republicain)

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

11 février 2022 09:24

Très bonne plaidoirie pour le constat de déprédation de Paris ! J'y ai habité, c'était une ville admirable, agréable à vivre, dans laquelle il y avait toujours une rue, un quartier, un "passage" à découvrir, aimer flâner le long de la Seine avec ses bouquinistes, et tous ses musées !...Maintenant, depuis ma province, je n'y vais plus ! Elle est devenue sale, dangereuse (quelle Femme ose t'elle encore sortir le soir ? Des voleurs aux pieds de la Tour Eiffel ! Les heures"creuses" de la circulation ont disparu !...).

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triccce

11 février 2022 09:01

Sa campagne électorale est à l'image de sa ville, sa réélection est incompréhensible....les parisiens auraient accepté l'inacceptable de cette foldingue !

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