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Le dévoilement en Iran, la mise à nu en France

Pimaly - 10 octobre 2022 13:07

Temps de lecture : 3 min

La ritournelle de l’exilé crachant sur nos démocraties occidentales après avoir fui l’islamisme de son pays d’origine est obscène.

Des femmes courageuses ôtent leur voile en Iran et c'est en France que certains s'en retrouvent tout nus. Comment est-ce possible ? Par effet d'éclairage sur les fausses opinions, sur les procès en islamophobie qu'on oppose à la France mais dans le confort, le luxe, la démocratie. Car, aujourd'hui, les Iraniennes montrent ce que coûte la liberté, le courage, la foi en son propre corps.

La facture de l'islamisme est là : la mort et la privation. Elle est montrée à bout de bras. Et ceux qui, ici en France, prônent la liberté en la voilant, l'identité en reculant et le communautaire en choisissant de se taire, les voilà dénudés, exposés dans leur intime conviction monstrueuse et lâche.

L'Occident libre

L'islamisme n'est pas une identité ni du décolonial stylisé, c'est une perte de liberté, un califat, chiite ou sunnite, qui fait peser sur les têtes des femmes et des hommes des ayatollahs aux pouvoirs divins. L'auteur lit, à l'instant, les déclarations scabreuses d'une jeune autrice algérienne qui a fui l'islamisme d'Alger des années 1990, qui a choisi de préserver sa liberté au-delà de la nationalité, de se vêtir comme elle le veut et de se parfumer selon ses rêves, et qui aujourd'hui accuse la France qui l'accueille et la libère.

Que se passe-t-il vingt ans plus tard en France pour elle après avoir quitté Alger ? Elle dénonce l'islamophobie, le néocolonialisme, l'extrême droite dans le pays au bras large. Elle le peut, car en Occident tout est possible, y compris cracher sur la démocratie. Mais c'est fait au moment même où des Iraniennes tombent sous les balles ou croupissent en prison pour avoir revendiqué le droit au corps.

D'où est issue cette schizophrénie de l'exilé typique en Occident qui vient y chercher la liberté et y trouve celle d'y reconstruire sa prison et d'incarner ses bourreaux d'autrefois ? Du mal en soi, du malaise, de la peur et de l'altérité altérée. L'exilé peu aimé, le croit-il, il oppose alors la rancune et, dans le renversement, incarne ce qu'il a fui, plaide pour un islamisme qui l'a chassé de son pays, revendique d'être l'ayatollah de son identité présumée, fétichisée. Une chanson, triste et à voix fausse, du mal-aimé.

Coupables compromissions

L'islamisme tue, le voile assassine, le califat est une prison, les femmes sont courageuses d'incarner nos libertés. Voilà la vérité qui éclaire - en contraste non négociable - nos lâchetés, nos caprices, nos compromissions. Rien ne résiste à cette cruelle lumière qui rend exacts les actes, les paroles ou en souligne la futilité. Les migrants clandestins qui arrivent en chaloupe par la Méditerranée le savent : on proclame rêver d'Arabie islamique utopique, mais c'est vers l'Occident que l'on rame. On crache sur l'Occident au nom de l'Histoire, mais on ne se trompe pas de géographie. La démocratie est belle, elle permet de la mettre en procès. L'islamisme est hideux : on peut le défendre par rancune intime, par haine de soi, mais, à la fin, c'est lui qui vous tue.

Voilà : le coût de la liberté est à voir en Iran. Le surcoût de la futilité, on peut le voir ici en France dans l'âme plate de certains. Ce geste d'arrachement à la tombe, ces cheveux nus, ces sourires face aux balles, ces marches nocturnes pour s'arracher à la nuit. Tout cela, c'est la liberté resplendissante et ensanglantée. Les palabres en démocratie, les polémiques en masochisme national ou les conforts d'exilés sont le contraire de ce courage. Vous y êtes si belles, Iraniennes. Et nous sommes vos ombres compromises. Perdues à découper nos nuances et nos futilités aux terrasses de l'Occident.

Kamel Daoud – Le Point, 10/10/2022 à 07h00

Le dévoilement en Iran, la mise à nu en France

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Pimaly10 octobre 2022 13:07

Temps de lecture : 3 min

La ritournelle de l’exilé crachant sur nos démocraties occidentales après avoir fui l’islamisme de son pays d’origine est obscène.

Des femmes courageuses ôtent leur voile en Iran et c'est en France que certains s'en retrouvent tout nus. Comment est-ce possible ? Par effet d'éclairage sur les fausses opinions, sur les procès en islamophobie qu'on oppose à la France mais dans le confort, le luxe, la démocratie. Car, aujourd'hui, les Iraniennes montrent ce que coûte la liberté, le courage, la foi en son propre corps.

La facture de l'islamisme est là : la mort et la privation. Elle est montrée à bout de bras. Et ceux qui, ici en France, prônent la liberté en la voilant, l'identité en reculant et le communautaire en choisissant de se taire, les voilà dénudés, exposés dans leur intime conviction monstrueuse et lâche.

L'Occident libre

L'islamisme n'est pas une identité ni du décolonial stylisé, c'est une perte de liberté, un califat, chiite ou sunnite, qui fait peser sur les têtes des femmes et des hommes des ayatollahs aux pouvoirs divins. L'auteur lit, à l'instant, les déclarations scabreuses d'une jeune autrice algérienne qui a fui l'islamisme d'Alger des années 1990, qui a choisi de préserver sa liberté au-delà de la nationalité, de se vêtir comme elle le veut et de se parfumer selon ses rêves, et qui aujourd'hui accuse la France qui l'accueille et la libère.

Que se passe-t-il vingt ans plus tard en France pour elle après avoir quitté Alger ? Elle dénonce l'islamophobie, le néocolonialisme, l'extrême droite dans le pays au bras large. Elle le peut, car en Occident tout est possible, y compris cracher sur la démocratie. Mais c'est fait au moment même où des Iraniennes tombent sous les balles ou croupissent en prison pour avoir revendiqué le droit au corps.

D'où est issue cette schizophrénie de l'exilé typique en Occident qui vient y chercher la liberté et y trouve celle d'y reconstruire sa prison et d'incarner ses bourreaux d'autrefois ? Du mal en soi, du malaise, de la peur et de l'altérité altérée. L'exilé peu aimé, le croit-il, il oppose alors la rancune et, dans le renversement, incarne ce qu'il a fui, plaide pour un islamisme qui l'a chassé de son pays, revendique d'être l'ayatollah de son identité présumée, fétichisée. Une chanson, triste et à voix fausse, du mal-aimé.

Coupables compromissions

L'islamisme tue, le voile assassine, le califat est une prison, les femmes sont courageuses d'incarner nos libertés. Voilà la vérité qui éclaire - en contraste non négociable - nos lâchetés, nos caprices, nos compromissions. Rien ne résiste à cette cruelle lumière qui rend exacts les actes, les paroles ou en souligne la futilité. Les migrants clandestins qui arrivent en chaloupe par la Méditerranée le savent : on proclame rêver d'Arabie islamique utopique, mais c'est vers l'Occident que l'on rame. On crache sur l'Occident au nom de l'Histoire, mais on ne se trompe pas de géographie. La démocratie est belle, elle permet de la mettre en procès. L'islamisme est hideux : on peut le défendre par rancune intime, par haine de soi, mais, à la fin, c'est lui qui vous tue.

Voilà : le coût de la liberté est à voir en Iran. Le surcoût de la futilité, on peut le voir ici en France dans l'âme plate de certains. Ce geste d'arrachement à la tombe, ces cheveux nus, ces sourires face aux balles, ces marches nocturnes pour s'arracher à la nuit. Tout cela, c'est la liberté resplendissante et ensanglantée. Les palabres en démocratie, les polémiques en masochisme national ou les conforts d'exilés sont le contraire de ce courage. Vous y êtes si belles, Iraniennes. Et nous sommes vos ombres compromises. Perdues à découper nos nuances et nos futilités aux terrasses de l'Occident.

Kamel Daoud – Le Point, 10/10/2022 à 07h00

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

10 octobre 2022 15:09
rdbrdb a écrit :
à trop vouloir se montrer tolérants, ... pour donner des leçons de civisme "aux autres" ... ils ont permis une nouvelle chienlit et le pire à venir... Toutes les femmes qui ont réussi à sortir de cette prison, qui ont fait des études, rappellent que le port du voile n'est pas demandé par le Coran, et que c'est parce qu'elles ont pu aller librement en classe sans être voilées, sans se stigmatiser bêtement... qu'elles ont pu évoluer librement...

Le rôle de tout parent est d'apprendre aux enfants qu'il y a des obligations et des interdits, le rôle de l'état est de le rappeler et d'imposer ses lois.

Il m'est insupportable que tous les représentants de l'état ne parlent pas d'une seule voix pour ce qui concerne la laïcité... le respect des règles à l'école ... pas de voile, pas de chahut... respect des institutions, des enseignants, des biens, des personnes, des interdits... des lois...

👋 Tout à fait d'accord avec vous !...

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Avatar Adalbert

Adalbert

10 octobre 2022 15:06

Le port du voile n'est pas demandé par le Coran et même s'il l'était, les prescriptions du Coran ne sont (sans jeu de mots😋 ) paroles d'évangile que pour ceux qui décrètent qu'il faut les considérer comme telles...

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Avatar rdbrdb

rdbrdb

10 octobre 2022 14:24
Pimaly a écrit :
Le Nobel est attribué à Ernaux qui soutient le port du voile avec les félicitations de Mélenchon qui "en pleure de bonheur" 🤮🤮🤮

à trop vouloir se montrer tolérants, ... pour donner des leçons de civisme "aux autres" ... ils ont permis une nouvelle chienlit et le pire à venir... Toutes les femmes qui ont réussi à sortir de cette prison, qui ont fait des études, rappellent que le port du voile n'est pas demandé par le Coran, et que c'est parce qu'elles ont pu aller librement en classe sans être voilées, sans se stigmatiser bêtement... qu'elles ont pu évoluer librement...

Le rôle de tout parent est d'apprendre aux enfants qu'il y a des obligations et des interdits, le rôle de l'état est de le rappeler et d'imposer ses lois.

Il m'est insupportable que tous les représentants de l'état ne parlent pas d'une seule voix pour ce qui concerne la laïcité... le respect des règles à l'école ... pas de voile, pas de chahut... respect des institutions, des enseignants, des biens, des personnes, des interdits... des lois...

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Avatar janine33

janine33

10 octobre 2022 14:09

Merci Pimaly .
Ces femmes sont courageuses . Elles montrent où il faut aller . La moitié de l’humanité ne peut être privée de liberté , d’instruction par les hommes .
Lorsqu on est en sécurité , relativement à ses opinions politiques comme en France , ce n’est pas un acte de bravoure que d’enfiler le voile .
C’est de la provocation .

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Pimaly

10 octobre 2022 13:54

Le Nobel est attribué à Ernaux qui soutient le port du voile avec les félicitations de Mélenchon qui "en pleure de bonheur" 🤮🤮🤮

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