
artmonika
Je suis ravie d’avoir visité à Paris en mars dernier le musée de la Franc-Maçonnerie sis rue Cadet.
Un endroit formidable où un guide passionné vous raconte l’histoire des francs-maçons, ce que sont loges, obédiences, insignes, etc ... et vous explique toute la terminologie qui s’y rapporte.
On y apprend comment se déroulent
les séances dont le rituel est extrêmement précis et comment on peut devenir membre de la confrérie.
De grands personnages célèbres y sont mis en scène dans ́le contexte de l’endroit magnifiquement restauré dans lequel ils ont participé.
Une balade sympa et intéressante dans ce lieu chargé d’histoire.
Belle journée.
Aurore
huarsy a écrit :
Je connais des amis souhaitaient nous introniser
, nous avions refusé.
Dans l'idée, je trouve ce mouvement genial.
Plus concrètement, je sais que tous ces rituels ne me conviendraient pas non plus.
Mais par rapport à ce qui est dit ici, on peut en conclure que ceux qui dénigrent sont juste des ignorants et un peu bêtes quand même.
Aurore
Albert a écrit :
Bonjour Jo,
Simple observation: il n'y a pas une maçonnerie, mais des maçonneries, en fait des obédiences.
Les plus importantes, en France, sont le Grand Orient davantage orienté vers le sociétal, la Grande Loge de France, vers la spiritualité et la Grande Loge Nationale Française, croyante.
Il n'y a pas qu'un seul rite mais des Rites (Français, Ecossais Ancien et Rectifié, Ecossais Rectifié et d'autres encore)
Je vous livre, ci-après, la "planche" que, "jeune" Compagnon, j'ai rédigée (à la fin du 20ème siècle!) et lue lors d'une "tenue blanche ouverte" à l'intention de "profanes", comme vous, qui me semble répondre aux questions que vous vous posez.
Début de citation
La Maçonnerie
Il est difficile de parler de la Franc-Maçonnerie, sans parler des Maçons et de leurs « travaux », ce que je ferai après un rappel historique.
Au plan historique, la Franc-Maçonnerie, telle qu’elle est pratiquée de nos jours, est née en 1717 avec la Grande Loge de Londres. Il ne s’agissait cependant pas d’une génération spontanée. Elle s’affirme comme la continuation de la Franc- Maçonnerie de métier. Ses traces se relèvent en Angleterre et en Ecosse, à partir du 13ème siècle, mais elle se réfère à une tradition infiniment plus ancienne.
Les vieux statuts, charges et devoirs du métier font état de légendes qui montrent déjà une des caractéristiques de la Franc-Maçonnerie, le symbolisme. Une recherche historique montre un itinéraire allant des collegia romains aux communautés de métiers et aux corporations en passant par les associations monastiques et les confréries. Le rôle des templiers est également considérable. D’opérative, à l’origine, la Maçonnerie est devenue spéculative.
Depuis sa création sous sa forme actuelle, en 1717, la Franc-Maçonnerie a compté des Maçons célèbres dont elle peut être fière. Au lieu de « compté », j’ai failli écrire « produit », mais puis-je légitimement dire que MOZART est le produit de la Franc-Maçonnerie ? Probablement pas, mais son appartenance, les valeurs initiatiques et leur expression symbolique furent une des sources de son inspiration géniale dont l’une des plus connues : « La flûte enchantée ».
Sans aller jusqu’à parler de produit, il est légitimement permis de penser que le creuset de réflexion, les idées d’humanisme, d’égalité, de fraternité qu’ont constitué et continuent de constituer les Loges ont inspiré l’un des plus grands Francs-maçons des Etats Unis, ayant participé à la Déclaration d’Indépendance, BENJAMIN FRANKLIN.
Citons encore quelques Maçons célèbres :
MONTESQUIEU dont, bien que l’œuvre immense ne comporte aucune allusion Maçonnique fut un propagandiste actif de la Franc-Maçonnerie, CONDORCET de la célèbre loge « Les neuf sœurs » dont Benjamin Franklin fut le Vénérable, et qui, avec d’autres maçons de son époque, ont contribué à l’expression des idées ayant abouti à la révolution française de 1789. LA FAYETTE qui travailla au Rite Ecossais Ancien et Accepté, -VOLTAIRE, initié à la loge « Les neuf sœurs »,
CAMBACERES, Victor SCHOELCHER, apôtre de l’abolition de l’esclavage, mais également : GUILLAUME 1er, roi de Prusse, GOETHE, le grand poète allemand, GARIBALDI.
Plus près de nous, nous pourrions allonger la liste d’un Jean MOULIN, mais aussi nous remémorer les nombreux Maçon anonymes arrêtés, torturés, déportés durant la dernière guerre, dont environ 2000 ne revinrent pas.
La Maçonnerie et les Maçons c’est bien sûr également cela, mais pas que cela, surtout pour le profane. Il suffit de lire quelques hebdomadaires ou mensuels en mal de tirages titrant, en page de couverture :
Ca M’INTERESSE de novembre 1997: « Francs-Maçons quel est leur réel pouvoir aujourd’hui »? ,
MARIANNE du 2 au 8 mars 1998 : « La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ? », sous-titre, « Des travaillistes britanniques à Le Pen, l’offensive anti- Francs- Maçons est repartie. Or la réalité ne correspond pas aux apparences », -L’EXPRESS du 2 au 8 avril 1998 : « Le vrai pouvoir des Francs-Maçons », sous titre « Les noms, les réseaux, les affaires »,
REPONSE A TOUT de juillet 1998 : « Le piston grâce aux Francs-Maçons », sous-titre : « Comment le devenir facilement »,
L’EVENEMENT DU JEUDI du 21 octobre 1998 : « Francs-Maçons, ils parlent, sous-titre : « Leurs combats, leur influence, leurs conflits ».
Il est certain que des Maçons ont été impliqués dans les affaires. J’aurais tendance à dire que, proportionnellement à un échantillon profane de même composition sociologique, ils sont très probablement moins nombreux. La Franc-Maçonnerie et les Francs-Maçons ce n’est pas cela. En outre on ne peut que constater que l’on note leur appartenance à la Franc-Maçonnerie mais non à tel club service ou à telle confession, par exemple.
Sans développer, je crois pouvoir affirmer que la Franc-Maçonnerie est tout sauf une secte. Chez nous, il n’existe aucun gourou ou maître à penser, aucune contrainte psychologique, aucun appel à des contributions financières exorbitantes. Il n’y est pas promis non plus de guérisons miraculeuses.
Bien sûr la Franc-Maçonnerie, ce sont les Frères célèbres que j’ai cités : Montesquieu, Benjamin Franklin ou Mozart, c’est un apport important dans les idées de la république ou les droits de l’homme.
Ce n’est certainement pas les affaires, dans lesquelles un certain nombre de personnes, indignes d’être désignées comme Frères, ont trempé, n’utilisant leur appartenance que pour se créer un relationnel et dévoyant totalement l’esprit de l’institution.
Pour l’immense majorité des Francs-Maçons qu’est la Franc-Maçonnerie, ici et maintenant ?
S’il m’était demandé de n’employer qu’un seul mot pour caractériser la Franc-Maçonnerie, ce ne serait ni fraternité, ni égalité, ni humanisme ou tolérance qu’on lui trouve souvent accolés. Non, se serait « travail ».
En effet, je considère que les valeurs énoncées précédemment constituent les fruits ou le résultat d’un travail.
Qu’est-ce que ce « travail », comment, quand et où se Pratique t’il ?
Sur le plan symbolique, mais également pratique les membres d’une Loge se réunissent régulièrement dans un lieu qui, une fois leurs travaux « ouverts », devient un temple.
Ces travaux se déroulement, symboliquement, de midi plein à minuit plein, ce qui signifie que le Maçon consacre la moitié de son temps à son travail Maçonnique et la seconde à apporter dans le monde profane ce qu’il a appris dans le temple.
Le travail dans le temple passe par une méthode, une discipline : l’écoute.
Il est effectué au moyen d’outils symboliques que vous pouvez voir : le compas l’équerre, le ciseau, le maillet.
Et sur quoi porte le travail ? : sur soi-même. Le Maçon travaille à s’améliorer. Je dirais que l’essentiel porte sur son propre ego.
L’un des aspects importants du travail du Maçon est constitué par la rédaction de planches : l’exposé que j’effectue ce soir est une planche.
Ces planches sont, soit symboliques, soit philosophiques (au sens très large du terme, car la plupart des sujets peuvent y être abordés). Elles sont lues lors de nos tenues et, à l’exception de celles des apprentis, font l’objet d’une discussion organisée, c’est à dire que chaque intervenant doit demander la parole et celle-ci, lui être accordée, pour qu’il puisse s’exprimer.
Les Frères qui planchent savent qu’il n’y a pas de jugement de valeur apporté sur leur travail, dont la partie essentielle est accomplie hors du temple au travers de lectures, de la compilation d’ouvrages et du travail de rédaction personnel de chacun.
Les épouses, compagnes ou enfants de Frères ici présents savent bien combien de soirées ils ont passé seuls devant la télévision, pendant que leur Maçon de mari, compagnon ou père lisait, notait et rédigeait.
Pour quels résultats, in fine ? car (et la citation suivante pourrait être la conclusion de cette planche) : dans l’immense majorité des cas « Les Francs-Maçons ne sont ni des sages, ni des moralistes, ni des philosophes, ni des savants, ils n’aspirent qu’à être pleinement des hommes ».
Mais, pour terminer cet exposé, j’ai souhaité reproduire le témoignage, que je trouve émouvant, d’un Frère dans sa réponse à l’article de l’EXPRESS cité précédemment, réponse qui me semble en dire beaucoup plus long que tout développement intellectuel sur la Franc-Maçonnerie.
Je suis entré en Franc-Maçonnerie en juin 1954, j’avais 24 ans. Ayant porté l’étoile jaune de mai 1942 août 1944, je savais que j’étais juif et il m’arrivait souvent dans la vie d’avoir l’impression d’être regardé comme quelqu’un de différent. Pour la première fois, je n’ai pas eu ce sentiment lorsque je fis connaissance, le soir de mon initiation maçonnique, avec les membres de la loge où j’avais été reçu. Du fait de ma scolarité perturbée, j’étais un véritable cancre. A 15 ans, j’ai passé mon certificat d’études primaires de justesse.
Entré très jeune dans mon obédience, j’ai vécu à la lecture du programme de travail des différentes Loges parisiennes, une découverte éblouissante et, chaque soir je prenais le chemin de tel ou tel temple, récompense d’une journée de travail (j’étais commis chapier chez un grossiste en tissus).
Là, je me sentais à l’aise, sans le moindre complexe et mon manque d’instruction générale ne me pesait nullement. Au fil de mes voyages dans le silence laborieux des Loges, un véritable effort de réflexion s’empara de moi et suscita, au fur et à mesure, un besoin d’apprendre et de rattraper le temps perdu. La Loge représentait alors et représente toujours, le centre de l’union où l’égalité entre les membres n’est pas que théorie... Par ce vécu maçonnique je me suis rendu compte combien il était caricatural et ridicule de présenter la Franc-Maçonnerie comme une société de services mutuels, mystérieuse « maffia » assurant la réussite sociale de ses membres.
Les années passant, je suis conforté dans le sentiment que c’est très certainement la seule institution où, au-delà des belles déclarations que 1’on peut entendre ici et là, chacun, quels que soient son origine sociale et son niveau d’études, on est écouté avec respect.
Quelques mois après mon entrée en maçonnerie, un vieux Maçon de 85 ans m’a dit «: Certains Maçons pourront peut-être te décevoir, mais la maçonnerie, jamais ».
Fin de citation
Merci Albert, d'apporter un témoignage aussi personnel, et c'est avec un réel plaisir que j'ai lu votre message.
Moi c'est votre planche qui me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'une belle institution, avec comme vous le dites, partout bien sûr, des individus aux desseins malhonnêtes, mais le concept est noble et l'histoire a démontré que les francs-maçons le sont aussi dans les actes.
GÉO
Albert a écrit :
Bonjour Jo,
Simple observation: il n'y a pas une maçonnerie, mais des maçonneries, en fait des obédiences.
Les plus importantes, en France, sont le Grand Orient davantage orienté vers le sociétal, la Grande Loge de France, vers la spiritualité et la Grande Loge Nationale Française, croyante.
Il n'y a pas qu'un seul rite mais des Rites (Français, Ecossais Ancien et Rectifié, Ecossais Rectifié et d'autres encore)
Je vous livre, ci-après, la "planche" que, "jeune" Compagnon, j'ai rédigée (à la fin du 20ème siècle!) et lue lors d'une "tenue blanche ouverte" à l'intention de "profanes", comme vous, qui me semble répondre aux questions que vous vous posez.
Début de citation
La Maçonnerie
Il est difficile de parler de la Franc-Maçonnerie, sans parler des Maçons et de leurs « travaux », ce que je ferai après un rappel historique.
Au plan historique, la Franc-Maçonnerie, telle qu’elle est pratiquée de nos jours, est née en 1717 avec la Grande Loge de Londres. Il ne s’agissait cependant pas d’une génération spontanée. Elle s’affirme comme la continuation de la Franc- Maçonnerie de métier. Ses traces se relèvent en Angleterre et en Ecosse, à partir du 13ème siècle, mais elle se réfère à une tradition infiniment plus ancienne.
Les vieux statuts, charges et devoirs du métier font état de légendes qui montrent déjà une des caractéristiques de la Franc-Maçonnerie, le symbolisme. Une recherche historique montre un itinéraire allant des collegia romains aux communautés de métiers et aux corporations en passant par les associations monastiques et les confréries. Le rôle des templiers est également considérable. D’opérative, à l’origine, la Maçonnerie est devenue spéculative.
Depuis sa création sous sa forme actuelle, en 1717, la Franc-Maçonnerie a compté des Maçons célèbres dont elle peut être fière. Au lieu de « compté », j’ai failli écrire « produit », mais puis-je légitimement dire que MOZART est le produit de la Franc-Maçonnerie ? Probablement pas, mais son appartenance, les valeurs initiatiques et leur expression symbolique furent une des sources de son inspiration géniale dont l’une des plus connues : « La flûte enchantée ».
Sans aller jusqu’à parler de produit, il est légitimement permis de penser que le creuset de réflexion, les idées d’humanisme, d’égalité, de fraternité qu’ont constitué et continuent de constituer les Loges ont inspiré l’un des plus grands Francs-maçons des Etats Unis, ayant participé à la Déclaration d’Indépendance, BENJAMIN FRANKLIN.
Citons encore quelques Maçons célèbres :
MONTESQUIEU dont, bien que l’œuvre immense ne comporte aucune allusion Maçonnique fut un propagandiste actif de la Franc-Maçonnerie, CONDORCET de la célèbre loge « Les neuf sœurs » dont Benjamin Franklin fut le Vénérable, et qui, avec d’autres maçons de son époque, ont contribué à l’expression des idées ayant abouti à la révolution française de 1789. LA FAYETTE qui travailla au Rite Ecossais Ancien et Accepté, -VOLTAIRE, initié à la loge « Les neuf sœurs »,
CAMBACERES, Victor SCHOELCHER, apôtre de l’abolition de l’esclavage, mais également : GUILLAUME 1er, roi de Prusse, GOETHE, le grand poète allemand, GARIBALDI.
Plus près de nous, nous pourrions allonger la liste d’un Jean MOULIN, mais aussi nous remémorer les nombreux Maçon anonymes arrêtés, torturés, déportés durant la dernière guerre, dont environ 2000 ne revinrent pas.
La Maçonnerie et les Maçons c’est bien sûr également cela, mais pas que cela, surtout pour le profane. Il suffit de lire quelques hebdomadaires ou mensuels en mal de tirages titrant, en page de couverture :
Ca M’INTERESSE de novembre 1997: « Francs-Maçons quel est leur réel pouvoir aujourd’hui »? ,
MARIANNE du 2 au 8 mars 1998 : « La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ? », sous-titre, « Des travaillistes britanniques à Le Pen, l’offensive anti- Francs- Maçons est repartie. Or la réalité ne correspond pas aux apparences », -L’EXPRESS du 2 au 8 avril 1998 : « Le vrai pouvoir des Francs-Maçons », sous titre « Les noms, les réseaux, les affaires »,
REPONSE A TOUT de juillet 1998 : « Le piston grâce aux Francs-Maçons », sous-titre : « Comment le devenir facilement »,
L’EVENEMENT DU JEUDI du 21 octobre 1998 : « Francs-Maçons, ils parlent, sous-titre : « Leurs combats, leur influence, leurs conflits ».
Il est certain que des Maçons ont été impliqués dans les affaires. J’aurais tendance à dire que, proportionnellement à un échantillon profane de même composition sociologique, ils sont très probablement moins nombreux. La Franc-Maçonnerie et les Francs-Maçons ce n’est pas cela. En outre on ne peut que constater que l’on note leur appartenance à la Franc-Maçonnerie mais non à tel club service ou à telle confession, par exemple.
Sans développer, je crois pouvoir affirmer que la Franc-Maçonnerie est tout sauf une secte. Chez nous, il n’existe aucun gourou ou maître à penser, aucune contrainte psychologique, aucun appel à des contributions financières exorbitantes. Il n’y est pas promis non plus de guérisons miraculeuses.
Bien sûr la Franc-Maçonnerie, ce sont les Frères célèbres que j’ai cités : Montesquieu, Benjamin Franklin ou Mozart, c’est un apport important dans les idées de la république ou les droits de l’homme.
Ce n’est certainement pas les affaires, dans lesquelles un certain nombre de personnes, indignes d’être désignées comme Frères, ont trempé, n’utilisant leur appartenance que pour se créer un relationnel et dévoyant totalement l’esprit de l’institution.
Pour l’immense majorité des Francs-Maçons qu’est la Franc-Maçonnerie, ici et maintenant ?
S’il m’était demandé de n’employer qu’un seul mot pour caractériser la Franc-Maçonnerie, ce ne serait ni fraternité, ni égalité, ni humanisme ou tolérance qu’on lui trouve souvent accolés. Non, se serait « travail ».
En effet, je considère que les valeurs énoncées précédemment constituent les fruits ou le résultat d’un travail.
Qu’est-ce que ce « travail », comment, quand et où se Pratique t’il ?
Sur le plan symbolique, mais également pratique les membres d’une Loge se réunissent régulièrement dans un lieu qui, une fois leurs travaux « ouverts », devient un temple.
Ces travaux se déroulement, symboliquement, de midi plein à minuit plein, ce qui signifie que le Maçon consacre la moitié de son temps à son travail Maçonnique et la seconde à apporter dans le monde profane ce qu’il a appris dans le temple.
Le travail dans le temple passe par une méthode, une discipline : l’écoute.
Il est effectué au moyen d’outils symboliques que vous pouvez voir : le compas l’équerre, le ciseau, le maillet.
Et sur quoi porte le travail ? : sur soi-même. Le Maçon travaille à s’améliorer. Je dirais que l’essentiel porte sur son propre ego.
L’un des aspects importants du travail du Maçon est constitué par la rédaction de planches : l’exposé que j’effectue ce soir est une planche.
Ces planches sont, soit symboliques, soit philosophiques (au sens très large du terme, car la plupart des sujets peuvent y être abordés). Elles sont lues lors de nos tenues et, à l’exception de celles des apprentis, font l’objet d’une discussion organisée, c’est à dire que chaque intervenant doit demander la parole et celle-ci, lui être accordée, pour qu’il puisse s’exprimer.
Les Frères qui planchent savent qu’il n’y a pas de jugement de valeur apporté sur leur travail, dont la partie essentielle est accomplie hors du temple au travers de lectures, de la compilation d’ouvrages et du travail de rédaction personnel de chacun.
Les épouses, compagnes ou enfants de Frères ici présents savent bien combien de soirées ils ont passé seuls devant la télévision, pendant que leur Maçon de mari, compagnon ou père lisait, notait et rédigeait.
Pour quels résultats, in fine ? car (et la citation suivante pourrait être la conclusion de cette planche) : dans l’immense majorité des cas « Les Francs-Maçons ne sont ni des sages, ni des moralistes, ni des philosophes, ni des savants, ils n’aspirent qu’à être pleinement des hommes ».
Mais, pour terminer cet exposé, j’ai souhaité reproduire le témoignage, que je trouve émouvant, d’un Frère dans sa réponse à l’article de l’EXPRESS cité précédemment, réponse qui me semble en dire beaucoup plus long que tout développement intellectuel sur la Franc-Maçonnerie.
Je suis entré en Franc-Maçonnerie en juin 1954, j’avais 24 ans. Ayant porté l’étoile jaune de mai 1942 août 1944, je savais que j’étais juif et il m’arrivait souvent dans la vie d’avoir l’impression d’être regardé comme quelqu’un de différent. Pour la première fois, je n’ai pas eu ce sentiment lorsque je fis connaissance, le soir de mon initiation maçonnique, avec les membres de la loge où j’avais été reçu. Du fait de ma scolarité perturbée, j’étais un véritable cancre. A 15 ans, j’ai passé mon certificat d’études primaires de justesse.
Entré très jeune dans mon obédience, j’ai vécu à la lecture du programme de travail des différentes Loges parisiennes, une découverte éblouissante et, chaque soir je prenais le chemin de tel ou tel temple, récompense d’une journée de travail (j’étais commis chapier chez un grossiste en tissus).
Là, je me sentais à l’aise, sans le moindre complexe et mon manque d’instruction générale ne me pesait nullement. Au fil de mes voyages dans le silence laborieux des Loges, un véritable effort de réflexion s’empara de moi et suscita, au fur et à mesure, un besoin d’apprendre et de rattraper le temps perdu. La Loge représentait alors et représente toujours, le centre de l’union où l’égalité entre les membres n’est pas que théorie... Par ce vécu maçonnique je me suis rendu compte combien il était caricatural et ridicule de présenter la Franc-Maçonnerie comme une société de services mutuels, mystérieuse « maffia » assurant la réussite sociale de ses membres.
Les années passant, je suis conforté dans le sentiment que c’est très certainement la seule institution où, au-delà des belles déclarations que 1’on peut entendre ici et là, chacun, quels que soient son origine sociale et son niveau d’études, on est écouté avec respect.
Quelques mois après mon entrée en maçonnerie, un vieux Maçon de 85 ans m’a dit «: Certains Maçons pourront peut-être te décevoir, mais la maçonnerie, jamais ».
Fin de citation
Bon, apparemment,ils ne vous ont pas appris à résumer et à aller à l'essentiel.
Albert
Bonjour Jo,
Simple observation: il n'y a pas une maçonnerie, mais des maçonneries, en fait des obédiences.
Les plus importantes, en France, sont le Grand Orient davantage orienté vers le sociétal, la Grande Loge de France, vers la spiritualité et la Grande Loge Nationale Française, croyante.
Il n'y a pas qu'un seul rite mais des Rites (Français, Ecossais Ancien et Rectifié, Ecossais Rectifié et d'autres encore)
Je vous livre, ci-après, la "planche" que, "jeune" Compagnon, j'ai rédigée (à la fin du 20ème siècle!) et lue lors d'une "tenue blanche ouverte" à l'intention de "profanes", comme vous, qui me semble répondre aux questions que vous vous posez.
Début de citation
La Maçonnerie
Il est difficile de parler de la Franc-Maçonnerie, sans parler des Maçons et de leurs « travaux », ce que je ferai après un rappel historique.
Au plan historique, la Franc-Maçonnerie, telle qu’elle est pratiquée de nos jours, est née en 1717 avec la Grande Loge de Londres. Il ne s’agissait cependant pas d’une génération spontanée. Elle s’affirme comme la continuation de la Franc- Maçonnerie de métier. Ses traces se relèvent en Angleterre et en Ecosse, à partir du 13ème siècle, mais elle se réfère à une tradition infiniment plus ancienne.
Les vieux statuts, charges et devoirs du métier font état de légendes qui montrent déjà une des caractéristiques de la Franc-Maçonnerie, le symbolisme. Une recherche historique montre un itinéraire allant des collegia romains aux communautés de métiers et aux corporations en passant par les associations monastiques et les confréries. Le rôle des templiers est également considérable. D’opérative, à l’origine, la Maçonnerie est devenue spéculative.
Depuis sa création sous sa forme actuelle, en 1717, la Franc-Maçonnerie a compté des Maçons célèbres dont elle peut être fière. Au lieu de « compté », j’ai failli écrire « produit », mais puis-je légitimement dire que MOZART est le produit de la Franc-Maçonnerie ? Probablement pas, mais son appartenance, les valeurs initiatiques et leur expression symbolique furent une des sources de son inspiration géniale dont l’une des plus connues : « La flûte enchantée ».
Sans aller jusqu’à parler de produit, il est légitimement permis de penser que le creuset de réflexion, les idées d’humanisme, d’égalité, de fraternité qu’ont constitué et continuent de constituer les Loges ont inspiré l’un des plus grands Francs-maçons des Etats Unis, ayant participé à la Déclaration d’Indépendance, BENJAMIN FRANKLIN.
Citons encore quelques Maçons célèbres :
MONTESQUIEU dont, bien que l’œuvre immense ne comporte aucune allusion Maçonnique fut un propagandiste actif de la Franc-Maçonnerie, CONDORCET de la célèbre loge « Les neuf sœurs » dont Benjamin Franklin fut le Vénérable, et qui, avec d’autres maçons de son époque, ont contribué à l’expression des idées ayant abouti à la révolution française de 1789. LA FAYETTE qui travailla au Rite Ecossais Ancien et Accepté, -VOLTAIRE, initié à la loge « Les neuf sœurs »,
CAMBACERES, Victor SCHOELCHER, apôtre de l’abolition de l’esclavage, mais également : GUILLAUME 1er, roi de Prusse, GOETHE, le grand poète allemand, GARIBALDI.
Plus près de nous, nous pourrions allonger la liste d’un Jean MOULIN, mais aussi nous remémorer les nombreux Maçon anonymes arrêtés, torturés, déportés durant la dernière guerre, dont environ 2000 ne revinrent pas.
La Maçonnerie et les Maçons c’est bien sûr également cela, mais pas que cela, surtout pour le profane. Il suffit de lire quelques hebdomadaires ou mensuels en mal de tirages titrant, en page de couverture :
Ca M’INTERESSE de novembre 1997: « Francs-Maçons quel est leur réel pouvoir aujourd’hui »? ,
MARIANNE du 2 au 8 mars 1998 : « La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ? », sous-titre, « Des travaillistes britanniques à Le Pen, l’offensive anti- Francs- Maçons est repartie. Or la réalité ne correspond pas aux apparences », -L’EXPRESS du 2 au 8 avril 1998 : « Le vrai pouvoir des Francs-Maçons », sous titre « Les noms, les réseaux, les affaires »,
REPONSE A TOUT de juillet 1998 : « Le piston grâce aux Francs-Maçons », sous-titre : « Comment le devenir facilement »,
L’EVENEMENT DU JEUDI du 21 octobre 1998 : « Francs-Maçons, ils parlent, sous-titre : « Leurs combats, leur influence, leurs conflits ».
Il est certain que des Maçons ont été impliqués dans les affaires. J’aurais tendance à dire que, proportionnellement à un échantillon profane de même composition sociologique, ils sont très probablement moins nombreux. La Franc-Maçonnerie et les Francs-Maçons ce n’est pas cela. En outre on ne peut que constater que l’on note leur appartenance à la Franc-Maçonnerie mais non à tel club service ou à telle confession, par exemple.
Sans développer, je crois pouvoir affirmer que la Franc-Maçonnerie est tout sauf une secte. Chez nous, il n’existe aucun gourou ou maître à penser, aucune contrainte psychologique, aucun appel à des contributions financières exorbitantes. Il n’y est pas promis non plus de guérisons miraculeuses.
Bien sûr la Franc-Maçonnerie, ce sont les Frères célèbres que j’ai cités : Montesquieu, Benjamin Franklin ou Mozart, c’est un apport important dans les idées de la république ou les droits de l’homme.
Ce n’est certainement pas les affaires, dans lesquelles un certain nombre de personnes, indignes d’être désignées comme Frères, ont trempé, n’utilisant leur appartenance que pour se créer un relationnel et dévoyant totalement l’esprit de l’institution.
Pour l’immense majorité des Francs-Maçons qu’est la Franc-Maçonnerie, ici et maintenant ?
S’il m’était demandé de n’employer qu’un seul mot pour caractériser la Franc-Maçonnerie, ce ne serait ni fraternité, ni égalité, ni humanisme ou tolérance qu’on lui trouve souvent accolés. Non, se serait « travail ».
En effet, je considère que les valeurs énoncées précédemment constituent les fruits ou le résultat d’un travail.
Qu’est-ce que ce « travail », comment, quand et où se Pratique t’il ?
Sur le plan symbolique, mais également pratique les membres d’une Loge se réunissent régulièrement dans un lieu qui, une fois leurs travaux « ouverts », devient un temple.
Ces travaux se déroulement, symboliquement, de midi plein à minuit plein, ce qui signifie que le Maçon consacre la moitié de son temps à son travail Maçonnique et la seconde à apporter dans le monde profane ce qu’il a appris dans le temple.
Le travail dans le temple passe par une méthode, une discipline : l’écoute.
Il est effectué au moyen d’outils symboliques que vous pouvez voir : le compas l’équerre, le ciseau, le maillet.
Et sur quoi porte le travail ? : sur soi-même. Le Maçon travaille à s’améliorer. Je dirais que l’essentiel porte sur son propre ego.
L’un des aspects importants du travail du Maçon est constitué par la rédaction de planches : l’exposé que j’effectue ce soir est une planche.
Ces planches sont, soit symboliques, soit philosophiques (au sens très large du terme, car la plupart des sujets peuvent y être abordés). Elles sont lues lors de nos tenues et, à l’exception de celles des apprentis, font l’objet d’une discussion organisée, c’est à dire que chaque intervenant doit demander la parole et celle-ci, lui être accordée, pour qu’il puisse s’exprimer.
Les Frères qui planchent savent qu’il n’y a pas de jugement de valeur apporté sur leur travail, dont la partie essentielle est accomplie hors du temple au travers de lectures, de la compilation d’ouvrages et du travail de rédaction personnel de chacun.
Les épouses, compagnes ou enfants de Frères ici présents savent bien combien de soirées ils ont passé seuls devant la télévision, pendant que leur Maçon de mari, compagnon ou père lisait, notait et rédigeait.
Pour quels résultats, in fine ? car (et la citation suivante pourrait être la conclusion de cette planche) : dans l’immense majorité des cas « Les Francs-Maçons ne sont ni des sages, ni des moralistes, ni des philosophes, ni des savants, ils n’aspirent qu’à être pleinement des hommes ».
Mais, pour terminer cet exposé, j’ai souhaité reproduire le témoignage, que je trouve émouvant, d’un Frère dans sa réponse à l’article de l’EXPRESS cité précédemment, réponse qui me semble en dire beaucoup plus long que tout développement intellectuel sur la Franc-Maçonnerie.
Je suis entré en Franc-Maçonnerie en juin 1954, j’avais 24 ans. Ayant porté l’étoile jaune de mai 1942 août 1944, je savais que j’étais juif et il m’arrivait souvent dans la vie d’avoir l’impression d’être regardé comme quelqu’un de différent. Pour la première fois, je n’ai pas eu ce sentiment lorsque je fis connaissance, le soir de mon initiation maçonnique, avec les membres de la loge où j’avais été reçu. Du fait de ma scolarité perturbée, j’étais un véritable cancre. A 15 ans, j’ai passé mon certificat d’études primaires de justesse.
Entré très jeune dans mon obédience, j’ai vécu à la lecture du programme de travail des différentes Loges parisiennes, une découverte éblouissante et, chaque soir je prenais le chemin de tel ou tel temple, récompense d’une journée de travail (j’étais commis chapier chez un grossiste en tissus).
Là, je me sentais à l’aise, sans le moindre complexe et mon manque d’instruction générale ne me pesait nullement. Au fil de mes voyages dans le silence laborieux des Loges, un véritable effort de réflexion s’empara de moi et suscita, au fur et à mesure, un besoin d’apprendre et de rattraper le temps perdu. La Loge représentait alors et représente toujours, le centre de l’union où l’égalité entre les membres n’est pas que théorie... Par ce vécu maçonnique je me suis rendu compte combien il était caricatural et ridicule de présenter la Franc-Maçonnerie comme une société de services mutuels, mystérieuse « maffia » assurant la réussite sociale de ses membres.
Les années passant, je suis conforté dans le sentiment que c’est très certainement la seule institution où, au-delà des belles déclarations que 1’on peut entendre ici et là, chacun, quels que soient son origine sociale et son niveau d’études, on est écouté avec respect.
Quelques mois après mon entrée en maçonnerie, un vieux Maçon de 85 ans m’a dit «: Certains Maçons pourront peut-être te décevoir, mais la maçonnerie, jamais ».
Fin de citation
helene9434
la franc maçonnerie a participé a l'octroi de libertés , avec le siècle des Lumières, la Révolution, et l'abolition de l'esclavage, entre autres.
s'affranchir des diktats de la religion et une des raison pour laquelle elle avait mauvaise réputation, mais la religion n'a rien à voir avec l'humanisme...
On peut trouver partout des brebis galeuses, c'est inhérent à la nature humaine, mais ce n'est pas une raison pour décréter que toute une catégorie est infâme... travers bien humain, lui aussi...

