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HISTOIRES DE FAMILLE

Pimaly - 12 mars 2023 01:18

Mes grands-parents formaient un couple sans ombrage, SAUF pour la politique et les chapeaux.

J’avais sept ans et j’entendais parler de bolcheviques, d’un certain Broussilov – exclusivement dans l’expression « Toi tu épouseras un Broussilov », prédiction récurrente de mon grand-père.
- ??? oui pépé, pas de problème, si tu le dis…
Péril rouge, péril jaune, échange de noms d’oiseaux et invariablement ma grand-mère assénait un définitif « Charles, tu nous emmerdes ! » qui signait la fin du combat. Ouf !
Rancunier ni l’un ni l’autre, une heure plus tard tout était oublié.

Le jour du mariage de mon oncle, ils eurent la bonne idée de remettre le sujet sur le tapis en allant chercher la pièce montée chez le meilleur pâtissier du centre ville. A l’arrière de la 4 cv, j’avais du mal à compter les points... La merveille de choux prise en charge, ma grand-mère installée près de moi, le chef-d’oeuvre posé sur ses genoux, les joyeusetés reprirent de plus belle. Mon grand-père tempêtait, une main sur le volant, l’autre brassant l’air et la voiture partit en vrille dans un virage. Rien de grave. Mais ce fut j’imagine le seul mariage où l’on présenta une pièce démontée...

L’achat compulsif de chapeaux avait la même origine. En guise d’exutoire, ma grand-mère filait au pas de charge, le pépin en bataille, s’acheter un nouveau bibi dont la discrétion était proportionnelle à la rudesse de l'algarade. Larges bords, voilette, fleurs, fruits, zozios, rien ne lui faisait peur. Et quand mon grand-père jugeait qu’elle avait poussé le bouchon un peu loin, ils faisaient trottoir à part pour se rendre au marché.

HISTOIRES DE FAMILLE

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Pimaly12 mars 2023 01:18

Mes grands-parents formaient un couple sans ombrage, SAUF pour la politique et les chapeaux.

J’avais sept ans et j’entendais parler de bolcheviques, d’un certain Broussilov – exclusivement dans l’expression « Toi tu épouseras un Broussilov », prédiction récurrente de mon grand-père.
- ??? oui pépé, pas de problème, si tu le dis…
Péril rouge, péril jaune, échange de noms d’oiseaux et invariablement ma grand-mère assénait un définitif « Charles, tu nous emmerdes ! » qui signait la fin du combat. Ouf !
Rancunier ni l’un ni l’autre, une heure plus tard tout était oublié.

Le jour du mariage de mon oncle, ils eurent la bonne idée de remettre le sujet sur le tapis en allant chercher la pièce montée chez le meilleur pâtissier du centre ville. A l’arrière de la 4 cv, j’avais du mal à compter les points... La merveille de choux prise en charge, ma grand-mère installée près de moi, le chef-d’oeuvre posé sur ses genoux, les joyeusetés reprirent de plus belle. Mon grand-père tempêtait, une main sur le volant, l’autre brassant l’air et la voiture partit en vrille dans un virage. Rien de grave. Mais ce fut j’imagine le seul mariage où l’on présenta une pièce démontée...

L’achat compulsif de chapeaux avait la même origine. En guise d’exutoire, ma grand-mère filait au pas de charge, le pépin en bataille, s’acheter un nouveau bibi dont la discrétion était proportionnelle à la rudesse de l'algarade. Larges bords, voilette, fleurs, fruits, zozios, rien ne lui faisait peur. Et quand mon grand-père jugeait qu’elle avait poussé le bouchon un peu loin, ils faisaient trottoir à part pour se rendre au marché.

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Avatar Bruyerevogia

Bruyerevogia

12 mars 2023 08:01

Trop chou cette histoire, on a l'impression de faire partie de la famille

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Avatar Dany

Dany

12 mars 2023 07:46

Très sympathique anecdote ! 😁
Mais dis-nous, tu as du avoir les copeaux tout de même quand la voiture est sortie de la route ? Non ? Pas plus que cela ? ... Comment ?! Tu as demandé à ton grand-père de recommencer la cascade !!! 😃😃

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Avatar baobab

baobab

12 mars 2023 06:10

On ne s'ennuyait pas dans la famille !
Chapeau !!!!!!!!!

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