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Napoléon (Ridley Scott) vs Austerlitz (Abel Gance)

Dany - 26 novembre 2023 21:43

Ceci n'est pas un copié collé.

L'Austerlitz d'Abel Gance (1960) était un film sur l'Histoire, le Napoléon de Ridley Scott (2023) est du cinéma inspiré et impulsé par l'Histoire.
Le film de Ridley Scott traite de toute la carrière, politique et militaire de Napoléon Bonaparte, tandis que celui d'Abel Gance s'arrête en 1805 (bataille d'Austerlitz).

Les critiques, tous des historiens ou ayant pris avis des historiens, ont descendu le Napoléon sorti sur les écrans le 22 novembre.
Ils lui reprochent certaines interprétations un peu trop libres de l'Histoire et des faits; pour ces derniers, par exemple, les canons de la bataille dite des pyramides tirent sur celle de Khéops alors que le combat eût lieu à 19 km! Mais, sur un plan de pur cinéma, c'est un effet ajouté.
On peut reprocher aussi au film de mettre trop en évidence la vie amoureuse et intime, très intime de Bonaparte/Napoléon et de Joséphine.
Le choix de l'acteur pour le rôle titre, Joaquin Phoenix, déjà dirigé par Ridley Scott dans Gladiator, ne porte pas critique pour son jeu, mais il faudra se faire à son léger bec de lièvre et admettre que Napoléon ne souffrait pas d'un ulcère à l'estomac (jamais de main au gilet!). Ce qui est critiquable, est l'âge de l'acteur (49 ans) alors que Bonaparte avait 24 ans lors du siège de Toulon, 29 ans pendant la campagne d'Egypte, 30 ans quand il devint premier consul, 35 ans quand il est sacré empereur, et 36 ans lors de la bataille d'Austerlitz. En fait, l'acteur avait à peu près l'âge requis pour la bataille de Waterloo!
Joséphine, qui était de 6 ans plus âgée que Bonaparte, est interprétée par une actrice qui est 14 ans plus jeune que Joaquin Phoenix.

Les points forts du film sont la reprise de Toulon après un combat nocturne sanglant, la bataille d'Austerlitz et celle de Waterloo.
Toutefois, ces batailles se tiennent toujours dans un brouillard commode pour que passent inaperçues d'éventuelles petites erreurs de tournage. D'ailleurs, le film manque de couleurs. Dès le début, on se trouve dans une grisaille bleutée et cela nous rappelle le film Le Dernier Duel, du même réalisateur. Mais, en revanche, bien que ce soit un peu pénible pour les yeux, les scènes d'intérieur de jour n'ont pas d'éclairage additionnel, encore moins celles nocturnes où les bougies remplacent les projecteurs. Le réalisateur a certainement retenu ce choix de Stanley Kubrick pour son Barry Lyndon (1975).
Revenons aux batailles, notamment celle d'Austerlitz. Aucuns généraux cités! Où sont les Soult, Lannes, Murat, Bessière, Rapp, Bernadotte …?
De généraux, on voit juste Kléber, abandonné par Bonaparte pendant la campagne d'Egypte.
Pendant cette bataille d'Austerlitz ainsi que pendant celle de Waterloo, pas de relais des ordres de l'empereur, vu que les généraux sont absents, mais ses ordres ils les crie lui-même alors qu'un des régiments auquel il s'adresse doit se trouver à trois cents mètres!
Les canonnades font un bruit fracassant, les blessés et les morts sont nombreux, les chevaux n'y échappent pas, enfouis avec leurs cavaliers dans les étangs gelés dont la glace est brisée par les boulets de l'artillerie!
Tout ceci étant dit, ces scènes de batailles sont impressionnantes, grandioses!
L'écran large est occupé au maximum et le son est sur 5 ou 6 pistes.
On peut reprocher parfois une bande musicale avec choeurs un peu trop présente.

Le personnage de Bonaparte/Napoléon n'apparaît pas sous un beau jour, notamment quand il est général de brigade et qu'il fait tirer par quatre canons sur des insurgés monarchistes, rue Nicaise à Paris. Ridley Scott, britannique, est apparemment fasciné par l'épopée napoléonienne et par le personnage, une fascination de cinéaste qui voit comment réaliser un film à grand spectacle … et il y réussit!

Un conseil: voyez-le en vf: sinon vous aurez un Napoléon qui parle anglais, lui qui les aimait tant !

Austerlitz d'Abel Gance (1960)

Le film comprend les événements qui ont conduit à
la grande bataille.
En politique intérieure:
l'accession de Bonaparte au rang de premier consul, l'affaire du duc d'Enghien, le complot de Cadoudal ...
En politique extérieure:
Les Anglais, par leurs actes maritimes, rompent le traité d'Amiens.

Napoléon a massé la Grande Armée sur le littoral nord de la France et attend que l'amiral Villeneuve arrive avec la flotte à Boulogne. Mais, celui-ci reste au large de Cadix, estimant qu'il ne dispose pas de suffisamment de navires pour affronter Nelson.
Alors l'empereur fait déplacer à marche forcée la Grande Armée jusqu'en dans le sud de la Moravie, où il affrontera l'Autriche et la Russie pour briser la coalition que prépare l'Angleterre.
La bataille d'Austerlitz est très bien reproduite, surtout pour un film de 1960. Il est vrai qu'Abel Gance a bénéficié du concours de toute la cavalerie yougoslave!
Les tactiques de l'empereur sont décrites, chacun des généraux prend les ordres ou consignes de l'empereur, ils les discutent le cas échéant, se font rembarrer éventuellement, mais tout est clair!

Même remarque que précédemment pour l'âge de l'acteur, et pourtant Pierre Mondy, tout à fait à la hauteur du personnage (et qu'on aime bien!) a 35 ans au moment du tournage, mais il en parait facilement 10 de plus !
Dans le film, les éclairages sont souvent artificiels, mais en corollaire l'image est toujours riche en couleurs, même sur le champ de bataille, notamment dans les charges de cavalerie où les uniformes sont (encore) intacts.
Pas d'effets ajoutés à la limite de l'exactitude historique, ce film est un grand cours d'Histoire en couleurs, tourné en dyaliscope sur pellicule 35 mm, en son mono, hélas, avec une pléiade de grands acteurs !

Napoléon (Ridley Scott) vs Austerlitz (Abel Gance)

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Dany26 novembre 2023 21:43

Ceci n'est pas un copié collé.

L'Austerlitz d'Abel Gance (1960) était un film sur l'Histoire, le Napoléon de Ridley Scott (2023) est du cinéma inspiré et impulsé par l'Histoire.
Le film de Ridley Scott traite de toute la carrière, politique et militaire de Napoléon Bonaparte, tandis que celui d'Abel Gance s'arrête en 1805 (bataille d'Austerlitz).

Les critiques, tous des historiens ou ayant pris avis des historiens, ont descendu le Napoléon sorti sur les écrans le 22 novembre.
Ils lui reprochent certaines interprétations un peu trop libres de l'Histoire et des faits; pour ces derniers, par exemple, les canons de la bataille dite des pyramides tirent sur celle de Khéops alors que le combat eût lieu à 19 km! Mais, sur un plan de pur cinéma, c'est un effet ajouté.
On peut reprocher aussi au film de mettre trop en évidence la vie amoureuse et intime, très intime de Bonaparte/Napoléon et de Joséphine.
Le choix de l'acteur pour le rôle titre, Joaquin Phoenix, déjà dirigé par Ridley Scott dans Gladiator, ne porte pas critique pour son jeu, mais il faudra se faire à son léger bec de lièvre et admettre que Napoléon ne souffrait pas d'un ulcère à l'estomac (jamais de main au gilet!). Ce qui est critiquable, est l'âge de l'acteur (49 ans) alors que Bonaparte avait 24 ans lors du siège de Toulon, 29 ans pendant la campagne d'Egypte, 30 ans quand il devint premier consul, 35 ans quand il est sacré empereur, et 36 ans lors de la bataille d'Austerlitz. En fait, l'acteur avait à peu près l'âge requis pour la bataille de Waterloo!
Joséphine, qui était de 6 ans plus âgée que Bonaparte, est interprétée par une actrice qui est 14 ans plus jeune que Joaquin Phoenix.

Les points forts du film sont la reprise de Toulon après un combat nocturne sanglant, la bataille d'Austerlitz et celle de Waterloo.
Toutefois, ces batailles se tiennent toujours dans un brouillard commode pour que passent inaperçues d'éventuelles petites erreurs de tournage. D'ailleurs, le film manque de couleurs. Dès le début, on se trouve dans une grisaille bleutée et cela nous rappelle le film Le Dernier Duel, du même réalisateur. Mais, en revanche, bien que ce soit un peu pénible pour les yeux, les scènes d'intérieur de jour n'ont pas d'éclairage additionnel, encore moins celles nocturnes où les bougies remplacent les projecteurs. Le réalisateur a certainement retenu ce choix de Stanley Kubrick pour son Barry Lyndon (1975).
Revenons aux batailles, notamment celle d'Austerlitz. Aucuns généraux cités! Où sont les Soult, Lannes, Murat, Bessière, Rapp, Bernadotte …?
De généraux, on voit juste Kléber, abandonné par Bonaparte pendant la campagne d'Egypte.
Pendant cette bataille d'Austerlitz ainsi que pendant celle de Waterloo, pas de relais des ordres de l'empereur, vu que les généraux sont absents, mais ses ordres ils les crie lui-même alors qu'un des régiments auquel il s'adresse doit se trouver à trois cents mètres!
Les canonnades font un bruit fracassant, les blessés et les morts sont nombreux, les chevaux n'y échappent pas, enfouis avec leurs cavaliers dans les étangs gelés dont la glace est brisée par les boulets de l'artillerie!
Tout ceci étant dit, ces scènes de batailles sont impressionnantes, grandioses!
L'écran large est occupé au maximum et le son est sur 5 ou 6 pistes.
On peut reprocher parfois une bande musicale avec choeurs un peu trop présente.

Le personnage de Bonaparte/Napoléon n'apparaît pas sous un beau jour, notamment quand il est général de brigade et qu'il fait tirer par quatre canons sur des insurgés monarchistes, rue Nicaise à Paris. Ridley Scott, britannique, est apparemment fasciné par l'épopée napoléonienne et par le personnage, une fascination de cinéaste qui voit comment réaliser un film à grand spectacle … et il y réussit!

Un conseil: voyez-le en vf: sinon vous aurez un Napoléon qui parle anglais, lui qui les aimait tant !

Austerlitz d'Abel Gance (1960)

Le film comprend les événements qui ont conduit à
la grande bataille.
En politique intérieure:
l'accession de Bonaparte au rang de premier consul, l'affaire du duc d'Enghien, le complot de Cadoudal ...
En politique extérieure:
Les Anglais, par leurs actes maritimes, rompent le traité d'Amiens.

Napoléon a massé la Grande Armée sur le littoral nord de la France et attend que l'amiral Villeneuve arrive avec la flotte à Boulogne. Mais, celui-ci reste au large de Cadix, estimant qu'il ne dispose pas de suffisamment de navires pour affronter Nelson.
Alors l'empereur fait déplacer à marche forcée la Grande Armée jusqu'en dans le sud de la Moravie, où il affrontera l'Autriche et la Russie pour briser la coalition que prépare l'Angleterre.
La bataille d'Austerlitz est très bien reproduite, surtout pour un film de 1960. Il est vrai qu'Abel Gance a bénéficié du concours de toute la cavalerie yougoslave!
Les tactiques de l'empereur sont décrites, chacun des généraux prend les ordres ou consignes de l'empereur, ils les discutent le cas échéant, se font rembarrer éventuellement, mais tout est clair!

Même remarque que précédemment pour l'âge de l'acteur, et pourtant Pierre Mondy, tout à fait à la hauteur du personnage (et qu'on aime bien!) a 35 ans au moment du tournage, mais il en parait facilement 10 de plus !
Dans le film, les éclairages sont souvent artificiels, mais en corollaire l'image est toujours riche en couleurs, même sur le champ de bataille, notamment dans les charges de cavalerie où les uniformes sont (encore) intacts.
Pas d'effets ajoutés à la limite de l'exactitude historique, ce film est un grand cours d'Histoire en couleurs, tourné en dyaliscope sur pellicule 35 mm, en son mono, hélas, avec une pléiade de grands acteurs !

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Dany

27 novembre 2023 09:07
Rosa a écrit :
Excellente analyse, digne des plus grands chroniqueurs de cinema !
On sent que le monde du cinéma n’a pas de secret pour toi.
La mise en parallèle du film d’Abel Gance est très intéressante car elle permet l’esprit critique vis à vis du film de Ridley Scott.
Je ne connais pas le film Austerlitz
et tu m’ as donné l’envie de le découvrir.

Ceci dit, j’ai vu Napoléon de R.S, et ne regrette pas!
C’est un film à grand spectacle comme savent si bien faire les Américains!
Ce que je retiens du film; les scènes de batailles impressionnantes , grandioses, l’ambition
démesurée, sanguinaire de Napoleon et son amour passion
sans condition pour Josephine!!
L’Empereur est un personnage qui n’inspire pas la sympathie .. et c’est un euphémisme!
Joaquin Phœnix , au demeurant très bon acteur .. n’est pas à sa place dans ce rôle ….
….Je ne parlerai pas de l’hérésie d’avoir mis l’anglais dans la bouche de Napoleon!!!! qui doit se retournér dans son tombeau!!!
Dans ce film , Sont passés sous silence , malheureusement , les faits historiques, la véritable histoire.
C’est ce que l’on peut déplorer !!!

C’est un film qui se laisse voir,
et Ridley Scott , s’est donné les moyens pour cette belle réalisation .

Pour conclure Josephine et Napoléon eurent des mots très similaires pour résumer leur passage sur cette terre,
« Bonaparte… Elbe.. Roi de Rome.. »
«  France… tête de l’armée.. Josephine.. »

Merci, Rosa, et je vois que toi aussi tu as bien analysé ce film qui, avec ses scènes de grandes batailles nous fait parfois décoller de notre siège !

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Rosa

27 novembre 2023 09:03

Excellente analyse, digne des plus grands chroniqueurs de cinema !
On sent que le monde du cinéma n’a pas de secret pour toi.
La mise en parallèle du film d’Abel Gance est très intéressante car elle permet l’esprit critique vis à vis du film de Ridley Scott.
Je ne connais pas le film Austerlitz
et tu m’ as donné l’envie de le découvrir.

Ceci dit, j’ai vu Napoléon de R.S, et ne regrette pas!
C’est un film à grand spectacle comme savent si bien faire les Américains!
Ce que je retiens du film; les scènes de batailles impressionnantes , grandioses, l’ambition
démesurée, sanguinaire de Napoleon et son amour passion
sans condition pour Josephine!!
L’Empereur est un personnage qui n’inspire pas la sympathie .. et c’est un euphémisme!
Joaquin Phœnix , au demeurant très bon acteur .. n’est pas à sa place dans ce rôle ….
….Je ne parlerai pas de l’hérésie d’avoir mis l’anglais dans la bouche de Napoleon!!!! qui doit se retournér dans son tombeau!!!
Dans ce film , Sont passés sous silence , malheureusement , les faits historiques, la véritable histoire.
C’est ce que l’on peut déplorer !!!

C’est un film qui se laisse voir,
et Ridley Scott , s’est donné les moyens pour cette belle réalisation .

Pour conclure Josephine et Napoléon eurent des mots très similaires pour résumer leur passage sur cette terre,
« Bonaparte… Elbe.. Roi de Rome.. »
«  France… tête de l’armée.. Josephine.. »

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Dany

27 novembre 2023 08:36
MAURICE a écrit :
J'en resterai à Austerlitz, et au Waterloo de Bondartchouk! Pourtant le Dernier Duel était crédible et m'avait plu, mais autant d'erreurs et d'à peu près historiques risquent de me faire passer une mauvaise soirée.

Le Waterloo de Bondartchouk est-il celui avec Rod Steiger dans le rôle de Napoléon ?
Si c'est celui-ci, alors je l'ai enregistré il y a presque 10 ans mais ne l'ai pas encore vu 😁

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Dany

27 novembre 2023 08:33
MAURICE a écrit :
J'en resterai à Austerlitz, et au Waterloo de Bondartchouk! Pourtant le Dernier Duel était crédible et m'avait plu, mais autant d'erreurs et d'à peu près historiques risquent de me faire passer une mauvaise soirée.

Maurice, ne sois pas tant historien, mais pense que c'est du cinéma, et il s'inspire, extrapole, imagine, recrée parfois 🙂.
Là, la base historique est néanmoins solide.

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Avatar MAURICE

MAURICE

27 novembre 2023 08:25

J'en resterai à Austerlitz, et au Waterloo de Bondartchouk! Pourtant le Dernier Duel était crédible et m'avait plu, mais autant d'erreurs et d'à peu près historiques risquent de me faire passer une mauvaise soirée.

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2ALAIN

27 novembre 2023 07:59

Je vais aller le voir ( en marche arrière toute )

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Dany

27 novembre 2023 06:43
beijaflor a écrit :
Merci
Beau rapport, très utile

Merci Beijaflor

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beijaflor

27 novembre 2023 02:26

Merci
Beau rapport, très utile

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