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"Biscuit"

aldu06 - 2 février 2026 16:54

Je vais aujourd’hui continuer un peu l’exploration de mes souvenirs, tout au moins de ceux concernant les amis inoubliables que sont les animaux qui égaient notre vie et nous donnent un amour pur, désintéressé et que l’on voudrait éternel si la vie était bien faite, ce qui se saurait...

Amis quintoniciens, si vous n’aimez pas les textes « longs », passez votre chemin car comme je l’ai déjà écrit, je ne sais pas faire dans le tweet et n’en ai d’ailleurs aucune envie.

J’avais donc déjà évoqué les deux chiens qui me servaient de compagnons de randonnées dans mon adolescence et même plus tard, à savoir « Looping » et « Rapide ». Plus tard encore, j’ai continué à me balader en montagne et ce, été comme hiver sans oublier naturellement printemps et automne car il n’y a aucune raison de les délaisser car ces deux saisons sont elles aussi pleines de bonnes vibrations… Je crois que c’était en mars 1975 durant une semaine de vacances et alors que je faisais une randonnée à skis, accompagné pour une fois par une charmante jeune femme décidée à s’initier au ski de randonnée que j’ai fait la connaissance d’un autre merveilleux toutou. Il avait neigé trois jours plus tôt et le ciel dégagé nous laissait présager une belle balade. Nous venions de contourner un bois de mélèzes et envisagions de nous reposer au sommet arrondi distant encore d’une dénivelée d’une bonne centaine de mètres quand nous avons entendu un aboiement proche. Et d’un coup, il était là, debout devant un rocher calcaire. C’était une sorte de croisement entre un terre neuve et un bouvier, bien que mes connaissances canines peuvent aujourd’hui encore laisser à désirer. C’était en tout cas un « gros chien ». Il était noir, portait un collier de cuir bruni, usé jusqu’à la corde mais sans aucune indication dessus. Il arrivait que l’on croise parfois des chiens de berger dans ces zones car certains troupeaux y séjournaient l’été mais là, nous n’avions vu ni troupeau, ni berger, ni traces de quoi que ce soit. D’ailleurs, en cette saison de pauvres moutons n’auraient rien eu à se mettre sous les incisives, la neige étant encore bien épaisse. Ce bon gros toutou semblait nous attendre. Il nous a sentis longuement, en remuant une queue en panache. Ma copine a semblé d’abord un peu effrayée par cet intrus tombé du ciel mais a vite compris qu’il était avant tout désireux de caresses et d’un « petit quelque chose à manger ». Je lui ai donné quelques tranches de saucisson, autre compagnon précieux faisant une sieste dans mon sac à dos, histoire de sceller notre nouvelle amitié. Nous sommes restés là quelques longues minutes à reprendre notre souffle avant d’attaquer la dernière partie de notre ascension avec nos peaux de phoque. L’heure tournait doucement et je voulais arriver au sommet pour faire découvrir à ma nouvelle copine le magnifique panorama alpin qui récompensait les courageux arrivés jusqu’à lui. De plus, le vent s’était levé, balayant de plus en plus violemment la neige et cela nous a fait accélérer le pas. Notre « terre-bouvier » nous a accompagnés, tout heureux d’avoir trouvé quelqu’un à cette altitude, et avec du saucisson en plus... Encore une fois je n’ai aucune idée du scénario ayant amené ce brave toutou ici mais à quoi bon chercher des explications. Il était là, nous aussi, alors notre rencontre était finalement on ne peut plus normale. Une bonne heure plus tard nous étions tous les trois arrivés au sommet, ma copine tout émerveillée de voir cet enchaînement de sommets étincelants, une rivière en contrebas et même un petit lac d’altitude encore recouvert de son drap blanc mais sous lequel on percevait déjà çà et là la tentative bleutée de l’eau qui essayait de se délivrer de cet intrus. Nous sommes donc restés là tous les trois à profiter d’une accalmie du vent pour nous remettre de notre saine fatigue en mangeant sandwiches, œufs durs et barres de céréales et à nous hydrater avec une gourde d’eau et une thermos de café. Toutou a eu sa part bien sûr, s’attardant volontiers sur le jambon cru. Il s’est couché à nos pieds sur la neige mais lui n’avait pas besoin d’équipements spéciaux autres que son pelage très fourni pour supporter froid et humidité. Puis, nous avons rechaussé nos skis et entamé la descente tandis que le vent se remettait à souffler en rafales tournoyantes. Nous étions toujours suivis par le chien qui avait un peu de mal là où la neige était encore légèrement poudreuse mais plus bas la couche était plus compacte et nous avons été rattrapés par notre nouvel ami tout heureux de nous retrouver. Le soleil déclinait quand nous sommes arrivés à la voiture sur un petit parking aménagé. Le « terre-bouvier » s’en est approché, l’a sentie, a déposé son paraphe sur la roue arrière gauche et nous a regardés l’air de dire : « Bon, c’est pas le tout mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Nous avons essayé de savoir avant de repartir dans la maison de mes grands-parents quarante kilomètres plus bas si quelqu’un dans le village où notre voiture était garée connaissait ce brave animal car nous ne souhaitions pas l’enlever à « sa famille » mais sans succès, personne ne semblait connaître ce gentil toutou. Alors, ce chien est devenu mon chien durant quelques années. Après l’essai de nombreux noms plus ou moins en rapport avec notre rencontre, du genre « Black runner » ou « Mystère » nous avons finalement décidé de l’ appeler « Biscuit »  au vu de la passion qu’il avait pour cette friandise très vite adoptée. Avec « Biscuit », j’ai aussi bien promené, campé, marché à chaque fois que je pouvais l’amener. Nous avons vu mille et une choses merveilleuses au fil des saisons. Un matin, il est parti alors que nous campions pour deux jours sous un col, en juin au milieu d’un tapis de de gentianes bleues. Nous l’avons vu revenir le lendemain tout guilleret et en avons déduit qu’il avait conté fleurette à une femelle griffon lui ayant manifesté un certain intérêt à l’approche d’une cabane de berger au début du sentier… J’avais eu bien du mal à le faire revenir à nos côtés. Tout n’était que petits cris plaintifs et démonstrations on ne peut plus affectueuses. Fort heureusement pour nous, lorsque nous sommes redescendus dans la vallée, la femelle griffon n’était plus là et « Biscuit » en fut fort désappointé… C’était un compagnon des plus agréables, facile à vivre, même en ville où j’habitais. Je veillais à le sortir deux fois par jour même par temps exécrable et sa bonne tête, sa grande sociabilité, le faisaient apprécier par bon nombre de personnes. J’avais parfois bien du mal à abréger les conversations enthousiastes de ses admirateurs. A la maison on ne l’entendait pas et aucun de mes voisins n’a eu à se plaindre. Dehors, c’était la joie des enfants, toujours prêts à le prendre pour un petit cheval.. Je signale au passage que les chiens sont aussi de précieux auxiliaires de drague car les femmes engageaient souvent la conversation grâce à lui mais ceci est une autre histoire…
Si je ne pouvais le garder je le confiais à mes parents, totalement conquis par cette masse affectueuse. Trois ans plus tard, j’ai refait la même randonnée à skis mais tout seul cette fois car ma copine était partie quelques mois plus tôt avec un professeur de fac rencontré quelques semaines avant lors d’une soirée chez des amis. Elle m’a annoncé ça un soir de but en blanc avant de ramasser ses affaires pour partir rejoindre mon remplaçant qui l’attendait dans sa voiture au pied de la maison et n’a pas cru bon de l’aider à porter ses valises, ce que j’ai fait par pure galanterie. Moment délicat du passage de relai. Je me souviens avoir passé la soirée avec Beethoven et Sibélius, mes musiciens de déprime, fort heureusement soutenu par « Biscuit » qui semblait partager mon désarroi. Dommage que cette fille soit partie: elle était canon, très spirituelle et facile à vivre. Je me suis remis assez vite sur le marché dans l’espoir de rencontrer enfin « la bonne » (entendons-nous bien, en ces temps de féminisme exacerbé, je n’attendais pas une servante…) J’en avais un peu marre des liaisons factices, inutiles même si j’étais bien content de ne pas passer toutes mes soirées seul. Un jour je parlerai peut-être des femmes de ma vie mais ce n’est pas encore pour aujourd’hui. Quant à « Biscuit », une saloperie de cancer l’avait anéanti en quelques mois malgré tous les soins prodigués. J’ai refait la randonnée à skis en souvenir de lui l’hiver suivant son départ si éprouvant. Ce jour là, j’étais si triste que j’ai eu toutes les difficultés possibles pour arriver au sommet en passant à l’endroit de notre rencontre. Je crois avoir pleuré un moment en me demandant pourquoi la vie nous reprend si vite ce qu’elle nous donne… J’avoue ne pas avoir la foi assez béate consistant à tout accepter, je suis plutôt un révolté… « Dieu a donné, Dieu a repris », voilà le genre de phrase qui m’horripile. Je ferai probablement un jour un sujet là dessus mais je sais d’ores et déjà que je me heurterai à forte partie et que par les temps qui courent cela peut être dangereux… Pour ajouter à ma tristesse, lors de cette randonnée du souvenir, le temps s’est vite gâté et j’ai dû abréger ma promenade nostalgique. « Biscuit », tu as été un merveilleux ami et tu resteras à jamais dans mon Panthéon personnel, là où se trouvent tout ce qui a compté réellement pour moi, humains et animaux cohabitant en harmonie. Je n’ai plus eu de chien après lui même si un jour d’automne un magnifique berger des Pyrénées est venu tenter sa chance alors que ma nouvelle copine et moi mangions en altitude… Il a eu sa part de nourriture, quelques caresses appuyées mais fort heureusement il est resté couché sous un sapin alors que nous repartions à la recherche d’une harde de chamois aperçue aux jumelles. Voilà pour ma vie canine  Je considère que les chiens sont vraiment des amis merveilleux qui nous voient avec le cœur bien mieux qu’avec leurs yeux. Ils sont réellement attachés à nous par une laisse incassable, celle de l’âme. Il y a dans leur regard tout l’amour du monde, rien que pour nous. N’est-ce pas magnifique ? Mon père avait pour habitude de dire en parlant de notre « Biscuit » que c’était « de l’amour sur quatre pattes » et je trouve cela très vrai. J’ai toujours eu un bon feeling avec les animaux. Ils sentent que je les aime. Ainsi, une chienne labrador de mon quartier tirait sur la laisse de sa maîtresse pour qu’elle traverse la rue afin de venir me faire des fêtes. Je ne la connaissais pas ; c’était une amitié spontanée. Que dire aussi de ce caniche nain rencontré un jour en randonnée dans la Vésubie et qui du plus loin qu’il m’a vu, au moins cinquante mètre plus bas, a abandonné son groupe pour venir se faire caresser. Ni mes amis ni le groupe de randonneurs n’ont compris ce tumultueux témoignage d’affection… Autre anecdote révélatrice. Voilà quelques années en Auvergne où nous avions réservé un gîte, un troupeau de vaches rentrait à l’étable. Il y en avait une bonne quinzaine et l’une d’elle a délaissé ses copines pour venir me lécher le visage… Je n’en suis toujours pas revenu.

Je voudrais encore parler des chats qui ont partagé un peu de mon existence et ont aussi compté pour moi mais les aiguilles tricotent si vite que je n’aurai pas le temps de le faire ce soir. La vie me rappelle à ses exigences  matérielles et m’oblige à délaisser mes souvenirs. Je vous quitte donc pour ce soir. « Tant mieux ! » diront certains. Reste à espérer qu’ils seront contrés par quelques « Dommage.. »

"Biscuit"

Avatar aldu06

aldu062 février 2026 16:54

Je vais aujourd’hui continuer un peu l’exploration de mes souvenirs, tout au moins de ceux concernant les amis inoubliables que sont les animaux qui égaient notre vie et nous donnent un amour pur, désintéressé et que l’on voudrait éternel si la vie était bien faite, ce qui se saurait...

Amis quintoniciens, si vous n’aimez pas les textes « longs », passez votre chemin car comme je l’ai déjà écrit, je ne sais pas faire dans le tweet et n’en ai d’ailleurs aucune envie.

J’avais donc déjà évoqué les deux chiens qui me servaient de compagnons de randonnées dans mon adolescence et même plus tard, à savoir « Looping » et « Rapide ». Plus tard encore, j’ai continué à me balader en montagne et ce, été comme hiver sans oublier naturellement printemps et automne car il n’y a aucune raison de les délaisser car ces deux saisons sont elles aussi pleines de bonnes vibrations… Je crois que c’était en mars 1975 durant une semaine de vacances et alors que je faisais une randonnée à skis, accompagné pour une fois par une charmante jeune femme décidée à s’initier au ski de randonnée que j’ai fait la connaissance d’un autre merveilleux toutou. Il avait neigé trois jours plus tôt et le ciel dégagé nous laissait présager une belle balade. Nous venions de contourner un bois de mélèzes et envisagions de nous reposer au sommet arrondi distant encore d’une dénivelée d’une bonne centaine de mètres quand nous avons entendu un aboiement proche. Et d’un coup, il était là, debout devant un rocher calcaire. C’était une sorte de croisement entre un terre neuve et un bouvier, bien que mes connaissances canines peuvent aujourd’hui encore laisser à désirer. C’était en tout cas un « gros chien ». Il était noir, portait un collier de cuir bruni, usé jusqu’à la corde mais sans aucune indication dessus. Il arrivait que l’on croise parfois des chiens de berger dans ces zones car certains troupeaux y séjournaient l’été mais là, nous n’avions vu ni troupeau, ni berger, ni traces de quoi que ce soit. D’ailleurs, en cette saison de pauvres moutons n’auraient rien eu à se mettre sous les incisives, la neige étant encore bien épaisse. Ce bon gros toutou semblait nous attendre. Il nous a sentis longuement, en remuant une queue en panache. Ma copine a semblé d’abord un peu effrayée par cet intrus tombé du ciel mais a vite compris qu’il était avant tout désireux de caresses et d’un « petit quelque chose à manger ». Je lui ai donné quelques tranches de saucisson, autre compagnon précieux faisant une sieste dans mon sac à dos, histoire de sceller notre nouvelle amitié. Nous sommes restés là quelques longues minutes à reprendre notre souffle avant d’attaquer la dernière partie de notre ascension avec nos peaux de phoque. L’heure tournait doucement et je voulais arriver au sommet pour faire découvrir à ma nouvelle copine le magnifique panorama alpin qui récompensait les courageux arrivés jusqu’à lui. De plus, le vent s’était levé, balayant de plus en plus violemment la neige et cela nous a fait accélérer le pas. Notre « terre-bouvier » nous a accompagnés, tout heureux d’avoir trouvé quelqu’un à cette altitude, et avec du saucisson en plus... Encore une fois je n’ai aucune idée du scénario ayant amené ce brave toutou ici mais à quoi bon chercher des explications. Il était là, nous aussi, alors notre rencontre était finalement on ne peut plus normale. Une bonne heure plus tard nous étions tous les trois arrivés au sommet, ma copine tout émerveillée de voir cet enchaînement de sommets étincelants, une rivière en contrebas et même un petit lac d’altitude encore recouvert de son drap blanc mais sous lequel on percevait déjà çà et là la tentative bleutée de l’eau qui essayait de se délivrer de cet intrus. Nous sommes donc restés là tous les trois à profiter d’une accalmie du vent pour nous remettre de notre saine fatigue en mangeant sandwiches, œufs durs et barres de céréales et à nous hydrater avec une gourde d’eau et une thermos de café. Toutou a eu sa part bien sûr, s’attardant volontiers sur le jambon cru. Il s’est couché à nos pieds sur la neige mais lui n’avait pas besoin d’équipements spéciaux autres que son pelage très fourni pour supporter froid et humidité. Puis, nous avons rechaussé nos skis et entamé la descente tandis que le vent se remettait à souffler en rafales tournoyantes. Nous étions toujours suivis par le chien qui avait un peu de mal là où la neige était encore légèrement poudreuse mais plus bas la couche était plus compacte et nous avons été rattrapés par notre nouvel ami tout heureux de nous retrouver. Le soleil déclinait quand nous sommes arrivés à la voiture sur un petit parking aménagé. Le « terre-bouvier » s’en est approché, l’a sentie, a déposé son paraphe sur la roue arrière gauche et nous a regardés l’air de dire : « Bon, c’est pas le tout mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Nous avons essayé de savoir avant de repartir dans la maison de mes grands-parents quarante kilomètres plus bas si quelqu’un dans le village où notre voiture était garée connaissait ce brave animal car nous ne souhaitions pas l’enlever à « sa famille » mais sans succès, personne ne semblait connaître ce gentil toutou. Alors, ce chien est devenu mon chien durant quelques années. Après l’essai de nombreux noms plus ou moins en rapport avec notre rencontre, du genre « Black runner » ou « Mystère » nous avons finalement décidé de l’ appeler « Biscuit »  au vu de la passion qu’il avait pour cette friandise très vite adoptée. Avec « Biscuit », j’ai aussi bien promené, campé, marché à chaque fois que je pouvais l’amener. Nous avons vu mille et une choses merveilleuses au fil des saisons. Un matin, il est parti alors que nous campions pour deux jours sous un col, en juin au milieu d’un tapis de de gentianes bleues. Nous l’avons vu revenir le lendemain tout guilleret et en avons déduit qu’il avait conté fleurette à une femelle griffon lui ayant manifesté un certain intérêt à l’approche d’une cabane de berger au début du sentier… J’avais eu bien du mal à le faire revenir à nos côtés. Tout n’était que petits cris plaintifs et démonstrations on ne peut plus affectueuses. Fort heureusement pour nous, lorsque nous sommes redescendus dans la vallée, la femelle griffon n’était plus là et « Biscuit » en fut fort désappointé… C’était un compagnon des plus agréables, facile à vivre, même en ville où j’habitais. Je veillais à le sortir deux fois par jour même par temps exécrable et sa bonne tête, sa grande sociabilité, le faisaient apprécier par bon nombre de personnes. J’avais parfois bien du mal à abréger les conversations enthousiastes de ses admirateurs. A la maison on ne l’entendait pas et aucun de mes voisins n’a eu à se plaindre. Dehors, c’était la joie des enfants, toujours prêts à le prendre pour un petit cheval.. Je signale au passage que les chiens sont aussi de précieux auxiliaires de drague car les femmes engageaient souvent la conversation grâce à lui mais ceci est une autre histoire…
Si je ne pouvais le garder je le confiais à mes parents, totalement conquis par cette masse affectueuse. Trois ans plus tard, j’ai refait la même randonnée à skis mais tout seul cette fois car ma copine était partie quelques mois plus tôt avec un professeur de fac rencontré quelques semaines avant lors d’une soirée chez des amis. Elle m’a annoncé ça un soir de but en blanc avant de ramasser ses affaires pour partir rejoindre mon remplaçant qui l’attendait dans sa voiture au pied de la maison et n’a pas cru bon de l’aider à porter ses valises, ce que j’ai fait par pure galanterie. Moment délicat du passage de relai. Je me souviens avoir passé la soirée avec Beethoven et Sibélius, mes musiciens de déprime, fort heureusement soutenu par « Biscuit » qui semblait partager mon désarroi. Dommage que cette fille soit partie: elle était canon, très spirituelle et facile à vivre. Je me suis remis assez vite sur le marché dans l’espoir de rencontrer enfin « la bonne » (entendons-nous bien, en ces temps de féminisme exacerbé, je n’attendais pas une servante…) J’en avais un peu marre des liaisons factices, inutiles même si j’étais bien content de ne pas passer toutes mes soirées seul. Un jour je parlerai peut-être des femmes de ma vie mais ce n’est pas encore pour aujourd’hui. Quant à « Biscuit », une saloperie de cancer l’avait anéanti en quelques mois malgré tous les soins prodigués. J’ai refait la randonnée à skis en souvenir de lui l’hiver suivant son départ si éprouvant. Ce jour là, j’étais si triste que j’ai eu toutes les difficultés possibles pour arriver au sommet en passant à l’endroit de notre rencontre. Je crois avoir pleuré un moment en me demandant pourquoi la vie nous reprend si vite ce qu’elle nous donne… J’avoue ne pas avoir la foi assez béate consistant à tout accepter, je suis plutôt un révolté… « Dieu a donné, Dieu a repris », voilà le genre de phrase qui m’horripile. Je ferai probablement un jour un sujet là dessus mais je sais d’ores et déjà que je me heurterai à forte partie et que par les temps qui courent cela peut être dangereux… Pour ajouter à ma tristesse, lors de cette randonnée du souvenir, le temps s’est vite gâté et j’ai dû abréger ma promenade nostalgique. « Biscuit », tu as été un merveilleux ami et tu resteras à jamais dans mon Panthéon personnel, là où se trouvent tout ce qui a compté réellement pour moi, humains et animaux cohabitant en harmonie. Je n’ai plus eu de chien après lui même si un jour d’automne un magnifique berger des Pyrénées est venu tenter sa chance alors que ma nouvelle copine et moi mangions en altitude… Il a eu sa part de nourriture, quelques caresses appuyées mais fort heureusement il est resté couché sous un sapin alors que nous repartions à la recherche d’une harde de chamois aperçue aux jumelles. Voilà pour ma vie canine  Je considère que les chiens sont vraiment des amis merveilleux qui nous voient avec le cœur bien mieux qu’avec leurs yeux. Ils sont réellement attachés à nous par une laisse incassable, celle de l’âme. Il y a dans leur regard tout l’amour du monde, rien que pour nous. N’est-ce pas magnifique ? Mon père avait pour habitude de dire en parlant de notre « Biscuit » que c’était « de l’amour sur quatre pattes » et je trouve cela très vrai. J’ai toujours eu un bon feeling avec les animaux. Ils sentent que je les aime. Ainsi, une chienne labrador de mon quartier tirait sur la laisse de sa maîtresse pour qu’elle traverse la rue afin de venir me faire des fêtes. Je ne la connaissais pas ; c’était une amitié spontanée. Que dire aussi de ce caniche nain rencontré un jour en randonnée dans la Vésubie et qui du plus loin qu’il m’a vu, au moins cinquante mètre plus bas, a abandonné son groupe pour venir se faire caresser. Ni mes amis ni le groupe de randonneurs n’ont compris ce tumultueux témoignage d’affection… Autre anecdote révélatrice. Voilà quelques années en Auvergne où nous avions réservé un gîte, un troupeau de vaches rentrait à l’étable. Il y en avait une bonne quinzaine et l’une d’elle a délaissé ses copines pour venir me lécher le visage… Je n’en suis toujours pas revenu.

Je voudrais encore parler des chats qui ont partagé un peu de mon existence et ont aussi compté pour moi mais les aiguilles tricotent si vite que je n’aurai pas le temps de le faire ce soir. La vie me rappelle à ses exigences  matérielles et m’oblige à délaisser mes souvenirs. Je vous quitte donc pour ce soir. « Tant mieux ! » diront certains. Reste à espérer qu’ils seront contrés par quelques « Dommage.. »

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Avatar avoriaz

avoriaz

3 février 2026 06:18

trop long !

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Avatar janine33

janine33

3 février 2026 05:23

Un bon moment de lecture ! Merci . Vous écrivez bien .

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Avatar Roselyne

Roselyne

2 février 2026 17:21

J'ai eu 8 chiens dans ma vie, et 4 chats, tous des adoptés.
Jéssie caniche toy, Coca beauceron, Juju épagneul breton, Gouloum bouledogue français, Alix bouledogue français, Théo yorkshire, Haddock bouledogue français, Flanelle bouledogue français
Fonzie, Séthi, Vanille, Nanou, tous des chattes et chats européens
Tous avaient été abandonnés et/ou maltraités
Celle qui m'a le plus touchée, Gouloum bouledogue français, rescapée d'un élevage de 50 boubous. Dans une petite cage, dans un hangar froid et sombre, ne servant encore et encore qu'à la reproduction. Césariennes sur césariennes. A moitié paralysé mais il fallait encore faire des petits. Enfermée 24H24. Jamais sortie de cette cage sale. Les yeux avec des ulcères à force de les frotter sur les barreaux. Bien sûr, ni identifiée, ni vaccinée, ni déparasitée, ni vermifugée et ayant à manger juste de quoi ne pas mourir de faim. Une femelle bouledogue français pèse entre 10 et 12 kgs. Elle en faisait 5. Malgré tout cela d'une gentillesse extraordinaire. Quand je l'emmenais avec moi acheter les croquettes de très bonnes qualités dans une petite société d'aliments pour chiens et chats, le responsable me disait toujours qu'elle me regardait comme on regarderai la Sainte vierge. Elle était si reconnaissante. Malheureusement, tellement usée par les maltraitances, elle est décédée au bout de 2 ans chez moi.
Je les ai tous aimé et j'ai toutes leurs petites urnes, mais Gouloum c'est celle qui m'a le plus émue, et j'aurai voulu la rendre heureuse beaucoup plus longtemps

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Avatar Philomène

Philomène

2 février 2026 17:19

Vous avez sans doute du magnétisme ,vous pourriez vous en servir pour soigner les animaux .(et les humains pourquoi pas ) 💛 ❤ 💜

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