
Coccyvette
"Si seulement on pouvait inventer quelque chose, qui conserve un souvenir dans un flacon, comme un parfum, et qui ne s’évapore, ne s’affadisse jamais. Quand on en aurait envie, on pourrait déboucher le flacon et on revivrait l’instant passé..."
Daphné du Maurier
Capusa06
Lorsque les années passées, trépassées, auront gravées l’empreinte de leurs histoires sur ma peau, calligraphiant l’important dans le creux de ces lignes croisées et décroisées de plissements, alors c’est que je serai peut-être devenue vieille.
Une nouvelle amie me rejoindra. Elle ne m’effraye pas, elle apporte tant de cadeaux et de merveilles : « La causeuse, l’animée, la bien aimable Javotte qui parfois radote. »
Mais avant j’irai voir une dernière fois cette autre amie, la première, parfois trop orgueilleuse mais si flatteuse que je la portais sur moi tel un bijoux. Là, je la regarderai s’éloigner avec sa beauté éphémère.
En un battement d’ailes, elle ira se fondre dans les reflets moirés de l’océan.
À la faveur des heures qui cheminent pas à pas leurs aiguilles sur le temps, se dévoile un nouveau matin. Et pour ce jour qui est déjà en chemin, je dois m’assurer que ma jeunesse laissera sa place sans estomper son passage et ses traces.
Vous là connaissez, elle peut-être parfois trop jalouse, passionnée, colérique, Andalouse, carminée, chimérique, elle est difficile à dompter et sitôt que l’on s’en rapproche que déjà elle annonce son heure et se meurt.
On a tant fait ensemble, elle m’a si souvent protégé et excusé, grâce à elle les portes s’ouvraient vers les étages ambitieux au bout de corridors pernicieux.
Avec sa peau fine et délicate, une bouche pleine, pulpeuse qui mord et attaque, des seins blancs et chauds tenant debout, seuls, fiers comme Artaban, ils faisaient rougir de désir le plus chaste des amants.
Elle était si jolie cette folle jeunesse, tourbillonnante dans ses frous-frous de dentelles et de soie, elle était si belle que je n’osais l’aimer par peur de la froisser.
Je l’observais sans la nommer, je l’effleurais sans la caresser.
Trop occupée à m’en plaindre, à en jouer, à l’épuiser, je n’ai rien ancré d’elle et voilà qu’aujourd’hui elle navigue au loin de mes rivages, elle prend le large.
On ne se reverra plus jamais
Ma jeunesse s’en sera allée, il me faudra l’accepter.
Et puis je le sens bien que mon corps se fatigue et décline, dans cet état de mue, éclosent deja les pétales de ma vieillesse et mes pensées se mettent à nues.
Alors arborant fièrement ma couronne blanche, sacralisant mon statut de femme sage, j’exposerai ces rides qui illuminent mes sourires et mon visage.
Pour fêter le solstice d’été, peut-être le dernier, je transformerai le calme de la sagesse en folies et maladresses.
Et je dresserai mon bouclier de vieillesse pour justifier mes bêtises, mes gourmandises, mes oublis, mes envies.
Je m’habillerai de toutes les couleurs, je mettrai des bandeaux, des bandanas et même des couronnes de fleurs.
Je dépenserai sans compter et sans peurs du lendemain.
Je m’achèterai des strings juste pour voir rosir la jeune vendeuse qui parlera ensuite de moi durant des années au passé,
Me promener sans montre, sans téléphone.
Me planter debout, face aux jeunes assis, pour qu’ils me laissent leur place sans leur dire merci.
Puis m’assoir sur un banc, regarder les passants et dire que c’était mieux avant. Observer le doute qui s’installe dans leurs yeux alors qu’ils n’ont rien connu de ce qui à déjà disparu.
Poser à côté d’eux mon dentier, manger un kebab et fumer un joint. Reprendre ma canne, me lever, sourire à ce souvenir.
Je sortirai la nuit, danser sous la pluie en chemise de nuit.
J’offrirai des cadeaux ingérables qui briseront les silences à table.
Je draguerai sans vergogne tous les petits soignants, je jouerai la friponne, auprès de mon harem polyphones. Je chanterai en plein silence, je pincerai les fesses de la science, j’appellerai des inconnus à des heures incongrues et je leur parlerai du temps perdu.
Je sauterai dans les flaques d’eau pour arroser les badauds, je tapoterai ma canne sur le sol, sans discontinuer, juste pour le plaisir égoïste de s’amuser.
Je parlerai de mon amie jeunesse à ma chère vieillesse, je lui expliquerai qu’il n’ y à plus de temps à perdre, que le meilleur est devant nous mais qu’il est un peu plus court.
Le temps passé ne se rattrape plus mais rire au temps présent est la meilleure des vertus.
Jeunesse, vieillesse, on a finalement l’âge de ses artères, il suffit de vivre pour les entendre rire de nous, rire de tout et surtout de ce temps fou qui s’en fout...
©️Nataneli
Coccyvette
La clé du bonheur
N'ais pas peur de tes peines
elles feront place à la joie,
les larmes sont des chaînes,
que le sourire foudroie,
ne cherche pas tes souvenirs,
ils forment ton histoire,
tu verras les soupirs,
laisseront place à l'espoir,
tourne les quelques pages,
qui t'éloignent du bonheur,
mais reste assez sage,
pour garder dans ton cœur,
ceux que tu as croisés,
pour une heure ou une vie,
ceux que tu as aimés,
et qui t'ont tant appris,
parfois tout est facile,
parfois c'est laborieux,
l'expérience est fertile,
et l'amour, contagieux,
alors laisse couler,
ce qui pèse à ton coeur,
et puis retourne Aimer,
c'est la clé du bonheur.
💜🌿💜🌿💜💜💜🌿💜🌿💜
Alexandra Julien
suzon
La vie c'est quoi ?
Aldebert
C'est quoi la musique?
C'est du son qui se parfume
C'est quoi l'émotion?
C'est l'âme qui s'allume
C'est quoi un compliment?
Un baiser invisible
Et la nostalgie? Du passé comestible
C'est quoi l'insouciance?
C'est du temps que l'on sème
C'est quoi le bon temps?
C'est ta main dans la mienne
C'est quoi l'enthousiasme?
C'est des rêves qui militent
Et la bienveillance?
Les anges qui s'invitent
Et c'est quoi l'espoir?
Du bonheur qui attend
Et un arc-en-ciel?
Un monument vivant
C'est quoi grandir?
C'est fabriquer des premières fois
Et c'est quoi l'enfance?
De la tendresse en pyjama
Mais dis papa, la vie c'est quoi?
Petite, tu vois
La vie c'est un peu de tout ça mais surtout c'est toi
C'est toi
C'est quoi le remord?
C'est un fantôme qui flâne
Et la routine?
Les envies qui se fânent
C'est quoi l'essentiel?
C'est de toujours y croire
Et un souvenir?
Un dessin sur la mémoire
C'est quoi un sourire?
C'est du vent dans les voiles
Et la poésie?
Une épuisette à étoiles
C'est quoi l'indifférence?
C'est la vie sans les couleurs
Et c'est quoi le racisme?
Une infirmité du coeur
C'est quoi l'amitié?
C'est une île aux trésors
Et l'école buissonnière?
Un croche-patte à Pythagore
C'est quoi la sagesse?
C'est Tin-Tin au Tibet
C'est quoi le bonheur?
C'est maintenant ou jamais
Mais dis papa, la vie c'est quoi?
Petite, tu vois
La vie c'est un peu de tout ça mais surtout c'est toi
C'est toi
Dans tes histoires,
Dans tes délires,
Dans la fanfares de tes fous-rires
La vie est là, la vie est là
Dans notre armoire à souvenirs
Dans l'espoir de te voir vieillir
La vie est là, la vie est là
Capusa06
Un nouveau jour se lève
Sur cet hiver en émois
Il caresse mes rêves
Et dégivre ma voix coi.
Il est à peine sept heures
Mais les idées se dessinent
Sous mes crayons de couleurs,
Ainsi elles s’épaississent.
Découvrir chaque matin
Le pas des heures brèves,
Leurs empreintes sur demain,
Sans une possible trêve.
L’aube à peine levée
Que sa magie prodigue
L’espièglerie de jouer
A ses secrets pudiques.
Elle caresse nos pensées,
Et sa chevelure de miel
Toute en sensualité,
Effleure notre éveil.
Du creux de son cou frêle
Émane sa poésie,
Un tourbillon essentiel
À nos sommeils infinis.
La nuit s’est fait la belle
Sur la pointe de ses pieds,
Emportant avec elle,
Ses étoiles enchantées.
Encore un bref instant
Bien au chaud sous la couette
Oui ! Encore un moment
D’une douceur esthète,
Voilà que le coq chante
Annonçant là, l’horizon,
Et sa clarté régente
Sur cet astre pâlichon.
La nuit enfin s’achève
Un nouveau jour se lève
L’histoire se révèle.
Et le coeur se relève
©️Nataneli
Coccyvette
Ce temps qui ne nous appartient pas
Comme les feuilles que l' on balaye après la tempête
Ce temps qui coule dans notre corps et délaisse notre jeunesse
Le souvenir puise dans notre mémoire
Et redonne à notre cœur
Ce que le temps ne peut oublier
l'amour et le besoin de l 'autre
Ne peut se dissocier
Aimer et donner
Puissent tous les vivants être libres de la douleur
Capusa06
Je te dirai
Un jour je te dirai pourquoi
Le printemps est automne
Quand l''été indien meurt
Et lorsque l'heure sonne
Il faut cacher sa douleur.
Je te dirai pourquoi les hommes pleurent leur passé
Qu'ils ne peuvent oublier,
Et lorsqu'il est trop tard
Ne dorment plus le soir.
Je te raconterai l'histoire de ce musicien
Qui jouait au piano toujours le même refrain ,
Et qui pleurait sans cesse
D'un manque de tendresse.
Je te dirai pourquoi les musiques Tziganes
Touchent infiniment mon âme,
Et quand les violons pleurent
C'est une immense douleur.
Je te dirai l'amour innocent des amants
Qui doivent se séparer
Et dans le roulis tendre du bleu de l'océan
On peut voir au grand large des larmes
d'argent briller.
AnnickElle
Coccyvette
Je me suis assise un instant au bord de ma vie
J'ai regardé passer les gens qui l'avaient remplis
Il y avait des bons, des gentils et des méchants
Vus d'ici je pouvais les contempler en pensant
Que certains l'avaient comblé de beaucoup de joies
Que d'autres, en revanche, avaient abusé de moi
Fallait-il, de ces derniers, regretter leur passage
Sachant qu'avec eux j'avais fait l'apprentissage
De la méfiance, du mensonge et de la trahison
Et qu'ils avaient été une leçon, me reveillant de mes songes
J'étais assise, sereine et à voir l'ensemble ainsi
Je me rendais compte qu'il ne restait que les bons et les gentils
A regarder dans ma direction avec franchise,
Je ne voyais plus les visages de mes méprises
Je me suis levée et vers la franchise j'ai tendu les bras
J'ai, d'un battement de cil, déshumanisé les scélérats
Le regard droit vers le reste de mon chemin
J'ai pris, pour le reste de la route, tous ces amis par la main
et j'ai dit ....viens on part ensemble vers demain
Marie Buisson,
suzon
Le temps s’est écoulé comme une rivière , je ne l’ai pas vu passer !
J’ai compté mes années et j’ai découvert que j’ai moins de temps à vivre ici que je n’en ai déjà vécu.
Je n’ai désormais pas le temps pour des réunions interminables, où on discute de statuts, de règles, de procédures et de règles internes, sachant qu’il ne se combinera rien…
Je n’ai pas le temps de supporter des gens absurdes qui, en dépit de leur âge, n’ont pas grandi.
Je n’ai pas le temps de négocier avec la médiocrité. Je ne veux pas être dans des réunions où les gens et leur ego défilent.
Je veux vivre à côté de gens humains, très humains.
Qui savent sourire de leurs erreurs.
Qui ne se glorifient pas de leurs victoires.
Qui défendent la dignité humaine et qui ne souhaitent qu’être du côté de la vérité et de l’honnêteté.
L’essentiel est ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue.
Je veux m’entourer de gens qui savent arriver au coeur des gens.
Les gens à qui les coups durs de la vie ont appris à grandir avec des caresses minces dans l’âme.
Oui… J’ai hâte… de vivre avec intensité, que seule la maturité peut me donner.
Coccyvette
Il y a des qualités de silence..
Comme des étoffes ou le bois..
Des profonds... des courts... des immenses..
Des que l'on n'entend presque pas..
Tu manques si tu savais... tu manques tant..
Plus que je ne l'aurais supposé..
On apprend tout de ses souffrances..
Moi j'ai su deux choses après toi..
Le pire est au bout de l'absence..
Je suis plus vivant que je crois..
Tu manques si tu savais... infiniment... tout doucement...
Plus que je ne me manque jamais..
Quand je me perds de temps en temps......
J.J.Goldman
Capusa06
Douce journée à vous !
- Tu peux m'expliquer pourquoi nos vies sont si compliquées ?
- Parce que c'est ça la vie justement. Y'a pas de prince charmant ni de baguette magique. Juste des vrais gens qui font souvent des conneries et parfois des choses merveilleuses. On se cherche, on tâtonne, on se trompe, on tombe, on se relève et on recommence. Et de temps en temps, au milieu de toute cette absurdité qu'est l'existence, on a comme une évidence.
J'ai soupiré.
- Et si on ne la voit pas.
- Ma chérie, comme disait ma grand-mère : si tu n'ouvres pas la porte à l'évidence, elle entrera par la fenêtre.
Angéla Morelli