
Capusa06
-Paloma, c’est quoi le nombril ?
- Le souvenir de maman.
- À quoi servent les étoiles ?
- À nous montrer d’où l’on vient.
- Et la poésie ?
- À chanter sans un bruit.
- Et la musique ?
- À faire danser les émotions.
- C’est quoi l’amitié ?
- Des retrouvailles d’une vie d’avant.
- Et l’amour ?
- Le coeur qui crépite.
Anne-Gaëlle Huon- (Les Demoiselles)
Coccyvette
Plus tard ! Plus tard !
Je te parlerai plus tard.
Je t'appelle plus tard.
A plus tard.
On ira se promener plus tard.
Je te dirai comment je me sens plus tard.
Plus tard, tu sauras combien tu comptes pour moi.
Plus tard, peut-être que je t'aimerai et que je t'oublierai peut-être
On garde tout pour plus tard et on oublie que ′′ plus tard ′′ n'est pas le nôtre !
Que les gens ′′ plus tard ′′ ne seront peut-être plus avec nous.
Que ′′ plus tard ′′ nous ne les entendrons peut-être plus, ne les voyons pas.
Que les enfants ′′ plus tard ′′ ne sont plus des enfants, et que les parents ne sont qu'un souvenir.
Ce ′′ plus tard ′′ le jour se transforme en nuit, la nuit en impuissance, le sourire en douleur et la vie en mémoire.
′′ PLUS TARD, SERA TROP TARD! »
Sois maintenant !
Soixante Secondes
Enya
Un poème appris à l'école comme beaucoup d'entre nous et qui m'avait marquée......
" Le dormeur du val "
C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud
suzon
Non à La Guerre
Espoir
Nous ne voulons plus
Que notre terre soit une arène de guerre.
Nous ne voulons plus
Que les mères qui ont mis au monde une vie
Un enfant dans le cri sans partage de la douleur
Soient la proie de la peur.
Nous ne voulons plus
Que les mères pleurent
Ce même enfant qui est devenu homme,
Un homme un soldat.
Nous ne voulons plus que les mères soient usines de soldats.
Non, Nous ne voulons plus de guerres sur notre terre.
Nous ne voulons plus de fanfares militaires.
Nous ne voulons plus que vous criez Victoire.
Avec le sang de ces soldats morts dans les champs de guerre.
Non, nous ne voulons plus
De décorations sur la poitrine des Généraux.
Non, nous ne voulons plus
De la guerre "On live sur les écrans TV.
Non, nous ne voulons plus
Des berceuses de guerre pour nos enfants.
Simplement!
Humainement!
Nous voulons vivre en paix.
Sur une terre où il y a assez de place.
Simplement!
Humainement!
Nous voulons la guerre
Contre
La misère,
Les maladies,
L'ignorance.
Capusa06
" Et, si l’on chante encore, derrière les coups de feu,
C’est que leurs armes ont tort, et nos mots merveilleux."
Ils enchaînent les poètes, aux durs maillons rouillés
Des chaînes des prisons, qu’ils ont prostituées;
Leurs barreaux de la honte te gardent prisonnier,
Entre ces quatre murs, tes mots, ils ont tués.
Ils ont brûlé tes vers, poètes ou écrivains.
Tes belles idées se crèvent, comme une peau de chagrin.
La liberté se meurt, ses larmes sont de tristesse.
Sur le lit de la peur, c’est de l’amour qu’on blesse.
La liberté est en danger
La liberté est bafouée.
Ils construisent leur monde, sur leur intolérance,
Et leurs discours inondent, les trottoirs de vengeance.
Ils baladent leur dégoût, les armes en porte voix
Sur des êtres à genoux, couverts de désarroi.
Ils disent que certains ont la peau qui dérange,
Qu’à la couleur du teint, on sait de quoi est l’ange
Ils savent fragiliser, les mots de la misère,
Ces gens venus d’ailleurs, qui traînent leur galère.
La liberté est en danger
La liberté est bafouée.
Ils te crachent à la gueule, sur ta fragilité,
Un funeste linceul, empli de cruauté
Et, si l’on chante encore, derrière les coups de feu,
C’est que leurs armes ont tort, et nos mots merveilleux.
Amis poètes rêvent, s’ouvrir les prisons,
Amis poètes, rêvent, dans les rues les chansons,
Cette nuit de clair de lune, où les étoiles se couvrent,
Des mots de liberté, qu’en rêvant on retrouve,
Des mots de liberté
Qu’on aimerait retrouver.
Robert Nicollet.
suzon
Le village s'est vidé de tous ses combattants
Rivé à sa mitraillette dont les rafales de feu viennent d'achever l'enfant
L'ennemi tremble d'effroi à l'abri d'un vieux mur
Tout est propre autour : le ciel la mer l'été rieur les pins
L'ennemi
a lancé loin
par-delà les collines
ses vêtements et son arme
son histoire et ses lois
Pour se coucher en pleurs à deux
pas d'une fontaine sous l'ombre d'un oranger
Près du corps de l'enfant.
Andrée Chedid
Coccyvette
Je me suis assise un instant au bord de ma vie !
J'ai regardé passer les gens qui l'avaient remplie...
Il y avait des bons, des gentils et des méchants.
Vus d'ici, je pouvais les contempler en pensant
Que certains l'avaient comblé de beaucoup de joies,
Que d'autres, en revanche, avaient abusé de moi.
Fallait-il, de ces derniers, regretter leur passage ?
Sachant qu'avec eux j'avais fait l'apprentissage
De la méfiance, du mensonge et de la trahison...
Et qu'ils avaient été une leçon, me réveillant de mes songes !
J'étais assise, sereine et à voir l'ensemble ainsi,
Je me rendais compte qu'il ne restait que les bons et les gentils.
À regarder dans ma direction avec franchise,
Je ne voyais plus les visages de mes méprises.
Je me suis levée et vers la franchise j'ai tendu les bras...
J'ai, d'un battement de cil, déshumanisé les scélérats !
Le regard droit vers le reste de mon chemin,
Je me suis prise, pour le reste de la route, par la main,
Et j'ai dit : . " Viens, on part ensemble vers demain "… » ஜ❤ღ
~ Marie Buisson ~
FAE
Bonjour et bon dimanche à tous !
Poésie des carburants
La lecture du poème ci-dessous demande une petite gymnastique de l’esprit,
mais qu’en termes bien choisis ces choses là sont dites ! ...
Le plaisir d’essence
Dans ce monde de brut
de moins en moins raffiné
nous passons Leclerc de notre temps
à faire l’Esso sur des routes, pour,
au Total, quel Mobil ?
On se plaint d’être à sec,
tandis que le moteur économique,
en ce temps peu ordinaire,
est au bord de l’explosion,
dans un avenir qui semble citerne.
Il conviendrait de rester sur sa réserve,
voire, jauger de l’indécence de ces bouchons
qu’on pousse un peu trop loin.
Il y a des coups de pompes
ou des coûts de pompes qui se perdent.
La vérité de tout cela sortira-t-elle du puits de pétrole ?
Qu’en pensent nos huiles ?
Peut-on choisir entre L’éthanol et l’État nul,
voilà qui est super inquiétant!
C'est en dégainant le pistolet de la pompe
qu'on prend un fameux coup de fusil.
Je vous laisse réfléchir sur cet axe-là ou sur ces taxes-là . . .