
Coccyvette
"Quand j’entends les écolos parler de la nature, je ne suis pas sûr qu’ils savent reconnaître une feuille de chêne d’une feuille de hêtre. Je me suis toujours méfié des prédicateurs, ces gens qui veulent vous entraîner dans une forme de pensée."
Olivier de Kersauson
Coccyvette
Et puis la vie m'a appris qu'il faut toujours voler plus haut.
Plus haut que la jalousie, plus haut que la douleur, que la méchanceté.
Plus haut que les larmes, que les jugements.
Il faut toujours voler plus haut où certains mots ne peuvent pas vous atteindre, où certains gestes ne peuvent pas vous blesser,
où certaines personnes ne pourront jamais arriver.
Alda Merini.
Coccyvette
“ C'est très important, sais-tu, de s'aimer soi-même, car on ne peut donner que ce que l'on possède. Celui qui ne s'aime pas ne saura jamais vraiment aimer : il ne cessera de mendier l’attention et la reconnaissance des autres. C'est ainsi que naissent la jalousie et la possessivité. C'est bien souvent parce qu'on manque d'amour et d'estime de soi qu'on a peur, de manière presque maladive, de perdre l'amour des autres.”
—Frédéric Lenoir
Coccyvette
«Que fais-tu grand-mère, assise là, dehors, toute seule ?
-Eh bien, vois-tu, j’apprends.
J’apprends le petit, le minuscule, l’infini.
J’apprends les os qui craquent,
Le regard qui se détourne.
J’apprends à être transparente,
À regarder au lieu d’être regardée.
J’apprends le goût de l’instant,
Quand mes mains tremblent,
La précipitation du cœur qui bat trop vite.
J’apprends à marcher doucement,
À bouger dans des limites,
Plus étroites qu’avant et à y trouver,
Un espace plus vaste que le ciel.
-Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ?
-J’apprends avec les arbres,
Et avec les oiseaux,
J’apprends avec les nuages.
J’apprends à rester en place,
Et à vivre dans le silence.
J’apprends à garder les yeux ouverts,
Et à écouter le vent.
J’apprends la patience et aussi l’ennui.
J’apprends que la tristesse du cœur,
Est un nuage, et nuage aussi le plaisir .
J’apprends à passer sans laisser de traces,
À perdre sans retenir,
Et à recommencer sans me lasser.
-Grand-mère, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ?
-Parce qu’il me faut apprendre,
À regarder les os de mon visage,
Et les veines de mes mains,
À accepter la douleur de mon corps,
Le souffle des nuits,
Et le goût précieux de chaque journée,
Parce qu’avec l’élan de la vague,
Et le long retrait des marées,
J’apprends à voir du bout des doigts,
Et à écouter avec les yeux.
J’apprends qu’il faut aimer,
Que le bonheur des autres,
Est notre propre bonheur,
Que leurs yeux reflètent dans nos yeux
Et leurs cœurs dans nos cœurs.
J’apprends qu’on avance mieux,
En se donnant la main,
Que même un corps immobile danse,
Quand le cœur est tranquille.
Que la route est sans fin,
Et pourtant toujours exactement là.
-Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu donc grand-mère ? »
-J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant,
J'apprends à être vieille ! »
Joshin Luce Bachoux
Capusa06
Des envies d’enfance, de rire aux éclats
De courir sous la pluie et de désobéissance
Se dire que rien n’a vraiment d’importance
Sortir des clous, embêter les passants
S’enfuir et s’amuser à les entendre crier
Balancer ses godasses, se faire mal aux pieds
Se déchirer les genoux dans la cour de l’école
Chaparder des regards et des sourires
Laisser s’enfuir l’ennui, et vivre, vivre.
Bruno Combes- (Je ne cours plus qu'après mes rêves)
Capusa06
Surgis
Surgis d’une seule eau
Comme une jeune fille seule
Au milieu de ses robes nues
Comme une jeune fille nue
Au milieu des mains qui la prient
Je te salue
Je brûle d’une flamme nue
Je brûle de ce qu’elle éclaire
Surgis ma jeune revenante
Dans tes bras une île inconnue
Prendra la forme de ton corps
Ma souriante
Une île et la mer diminue
L’espace n’aurait qu’un frisson
Pour nous deux un seul horizon
Crois-moi surgis cerne ma vue
Donne la vie à tous mes rêves
Ouvre les yeux.
— Paul Éluard (1895-1952)
