
Capusa
Le Vieux Chat et la Jeune Souris
Une jeune Souris, de peu d’expérience,
Crut fléchir un vieux Chat, implorant sa clémence,
Et payant de raisons le Raminagrobis :
« Laissez-moi vivre : une souris
De ma taille et de ma dépense
Est-elle à charge en ce logis ?
Affamerais-je, à votre avis,
L’hôte et l’hôtesse, et tout leur monde ?
D’un grain de blé je me nourris :
Une noix me rend toute ronde.
À présent je suis maigre ; attendez quelque temps :
Réservez ce repas à messieurs vos enfants. »
Ainsi parlait au Chat la Souris attrapée.
L’autre lui dit : « Tu t’es trompée :
Est-ce à moi que l’on tient de semblables discours ?
Tu gagnerais autant de parler à des sourds.
Chat, et vieux, pardonner ? cela n’arrive guères.
Selon ces lois, descends là-bas,
Meurs, et va-t’en, tout de ce pas,
Haranguer les soeurs filandières :
Mes enfants trouveront assez d’autres repas. »
Il tint parole. Et pour ma fable
Voici le sens moral qui peut y convenir :
La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir :
La vieillesse est impitoyable.
Jean de La Fontaine, Les Fables,
andree
Bonsoir, Merci Fae, d'avoir retrouver cette discussion !
Monsieur le Chat, le Chat Botté
Vous n'allez pas me griffer
J'étais venue faire un petit tour
Afin de vous dire bonjour
Vous êtes le chat le plus beau
De cet étrange château
Avec vos bottes, votre chapeau
Votre épée et votre beau manteau.....
Monsieur le chat botté - Chantal Goya
andree
Les colombes
Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert,
Dresse sa tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.
Mais le matin elles quittent les branches ;
Comme un collier qui s'égrène, on les voit
S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanches,
Et se poser plus loin sur quelque toit.
Mon âme est l'arbre où tous les soirs, comme elles,
De blancs essaims de folles visions
Tombent des cieux en palpitant des ailes,
Pour s'envoler dès les premiers rayons.
Théophile Gautier.
andree
C'est dans l'aube chère à Verlaine
Que tu courais notre domaine
Humant l'air des quatre saisons
Odeurs de thym et de bruyère
Sous tes pattes fraîches légères
S'élevaient comme une oraison
Berger des landes familières
Tu vivais digne et solitaire
Animal doué de raison
J'écris ce jour anniversaire
Où tu reposes sous la terre
A deux pas de notre maison
[Refrain] x2 :
Hourrah oural ouralou
Oural ouralou ....
Jean FERRAT
andree
Le pinson des arbres
Il marche posément, passe sous le portail,
Faisant luire au soleil son doux jabot corail.
Le plumage gris-vert coiffant sa tête fine
S’irise sur son dos d’un reflet tourmaline.
Son allure élégante au moment de l’envol
Nous étonne toujours quand il quitte le sol,
Révélant à nos yeux de longues taches blanches
Se mouvant en souplesse en atteignant la branche.
Un peintre un peu rêveur aurait pu l’inventer
Lorsque au petit matin, en l’écoutant chanter,
Les plus belles couleurs siégeant sur sa palette
S ‘accrochant au pinceau, animeraient la fête…
Annonçant un printemps au futur prometteur,
La femelle construit un nid rond en hauteur,
Une coupe soignée au cœur garni de plumes
Où bientôt des poussins émergeront des brumes.
Ses ramages joyeux imprégnés de fierté
Courent dans la nature en toute liberté,
Semant au gré du vent la fervente promesse
D’un avenir plaisant dans les jardins en liesse !
Nicole Bouglouan
