
andree
Muguet de mai
c'est la fête du muguet
cette fleur à clochette
blanche douce et parfumée
mais aussi et surtout
une journée chaumée et payée
par les employeurs.
Cette petite fleur si enchantée
mais aussi si fragile
l'hiver on protège les pieds
pour l'année d' après
mais moi je n'arrive pas à garder
une greffe pour l'année d'après
alors mes amis donnez moi le secret
du début du mois de mai
qui est soit disant le plus beau.
de l'année.
andree
Fleurs d'avril
Le bouvreuil a sifflé dans l'aubépine blanche ;
Les ramiers, deux à deux, ont au loin roucoulé,
Et les petits muguets, qui sous bois ont perlé,
Embaument les ravins où bleuit la pervenche.
Sous les vieux hêtres verts, dans un frais demi-jour,
Les heureux de vingt ans, les mains entrelacées,
Echangent, tout rêveurs, des trésors de pensées
Dans un mystérieux et long baiser d'amour.
Les beaux enfants naïfs, trop ingénus encore
Pour comprendre la vie et ses enchantements,
Sont émus en plein cœur de chauds pressentiments,
Comme aux rayons d'avril les fleurs avant d'éclore.
Et l'homme ancien qui songe aux printemps d'autrefois,
Oubliant pour un jour le nombre des années,
Ecoute la voix d'or des heures fortunées
Et va silencieux en pleurant sous les bois
André Lemoyne, né à Saint-Jean-d'Angély le 27 novembre 1822
et mort 28 février 1907, est un poète et romancier français.
andree
Un printemps tout neuf
Un arbre sourit de toutes ses fleurs.
Des ramiers s'en vont, à deux, vers le fleuve.
Le coucou vivant au bois donne l'heure :
Voici le printemps dans sa robe neuve !
Quel joli printemps aux yeux de pervenche,
Aux lèvres de rose, aux doigts de lilas !
La vie sur l'hiver a pris sa revanche
Et danse en chantant un alléluia.
Marc ALYN
andree
Simone, le soleil rit sur les feuilles de houx :
Avril est revenu pour jouer avec nous.
Il porte des corbeilles de fleurs sur ses épaules,
Il les donne aux épines, aux marronniers, aux saules ;
Il les sème une à une parmi l'herbe des prés,
Sur le bord des ruisseaux, des mares et des fossés ;
Il garde les jonquilles pour l'eau, et les pervenches
Pour les bois, aux endroits où s'allongent les branches ;
Il jette les violettes à l'ombre, sous les ronces
Où son pied nu, sans peur, les cache et les enfonce ;
A toutes les prairies, il donne les pâquerettes,
Il laisse les muguets tomber dans les forêts
Avec les anémones, le long des sentiers frais ;
Il plante des iris sur le toit des maisons,
Et dans notre jardin, Simone, où il fait bon,
Il répandra des ancolies et des pensées,
Des jacinthes et la bonne odeur des giroflées.
Rémy de Gourmont - Avril
andree
Petit camélia,
Déjà en boutons
En pot au balcon,
Petit camélia,
Donne moi la fleur
Couleur de ton cœur
Que j'attends de toi,
Donne moi, c'est sûr
Comme une douleur
L'image qui, au mur
Me parle de toi...
Petit camélia,
Te voir me rappelle
Combien tu es belle
Qui me donnera
Petite douceur
Petit camélia,
C'est en février
D'une année passée...
Il faisait si froid...
Et mon cœur en glace
Ne peut oublier
Que rien ne remplace
Le vide de toi.
andree
La Tulipe,
Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande ;
Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand
Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,
Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.
Mon air est féodal, et, comme une Yolande
Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,
Je porte des blasons peints sur mon vêtement,
Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.
Le jardinier divin a filé de ses doigts
Les rayons du soleil et la pourpre des rois
Pour me faire une robe à trame douce et fine.
Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,
Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur
Dans mon calice fait comme un vase de Chine.
Théophile Gauthier