
andree
Les lys
Nérée Beauchemin
La terre, qui les fait survivre, s’est fleurie
De ces grands lys de neige, au cœur tout rutilant,
Dont la fleur fait songer à la fleur d’armoirie,
Qui fleurdelisait d’or l’azur du drapeau blanc.
Les tiges en poussant semblent s’être tendues,
Comme en un même jet de sève et de fierté,
Et, vers le ciel, vers Dieu, montent à fleurs perdues,
Et nulle floraison n’égale leur beauté.
On les verra toujours monter en telle gloire,
Comme pour protester et redire à jamais,
Aux siècles du soleil, aux siècles de l’histoire,
Que le sol qui les porte est encore français.
andree
Nuits de juin
L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.
Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.
Victor Hugo (Les rayons et les ombres)
andree
La bonne odeur du foin coupé
Comme les crépuscules orangés des soirs d'été,
Comme les gerbes de blé ramassées des moissons,
Comme cette enfance bercée par de douces chansons,
Reviens et monte en moi l'odeur du foin coupé...
Quand très tard dans la nuit on rentrait dans le noir
Fatigués et fourbus d'avoir longtemps dansé
On s'enlaçait heureux de vivre nos plus beaux soirs
Dont l'air chaud s'embaumait d'odeur de foin coupé !
Les étoiles scintillaient, hautes, dans la voie lactée ;
La rivière chantait l'harmonie de l'été ;
La rosée fleurait bon l'odeur du foin coupé...
C'est dans les souvenirs lointains de ces étés,
Des promenades du soir tous les deux enlacés
Que monte en moi la bonne odeur du foin coupé...
(poème au hasard)
andree
LE BOUTON D'OR,
Toi qui brilles de loin comme une étoile filante,
Fleurs des bois, que tu plais à mon âme souffrante !
Ton regard est si beau, si perlé de fraîcheur,
Que ta vue est pour moi un rayon de bonheur ;
Avec le fier bleuet ta beauté rivalise,
Mais tu dis plus que lui dans ta simple franchise !
Ornement de nos près, emblème gracieux,
On voit dans ton œil d'or comme un reflet des cieux.
Quand avril nous revient avec les pâquerettes,
Le chant du rossignol, les gentilles fauvettes,
Quand tout rit ici-bas et que Phébus vainqueur
Réjouit les humains de sa douce chaleur...
Alors tu reparais, petite fleur sauvage,
Car tu crains pour tes jours les autans et l'orage.
Caressés par zéphir, tes pétales charmants,
Autour d'un œil doré forment des pleurs naissants !....
( je n'ai pas retrouvé le nom de l'auteur )