DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
- 1 février 2020 21:54
DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
1 février 2020 21:54

Capusa
"LA PEUR" par Khalil Gibran
On dit qu'avant d'entrer dans la mer une rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin qu'elle a parcouru, depuis les sommets des montagnes, la longue route sinueuse
qui traverse des forêts et des villages
Et devant elle, elle voit un océan si vaste, qu’y pénétrer ne paraît rien d'autre que devoir disparaître à jamais.
Mais il n'y a pas d'autre moyen.
La rivière ne peut pas revenir en arrière.
Personne ne peut revenir en arrière.
Revenir en arrière est impossible dans l'existence.
La rivière a besoin de prendre le risque d'entrer dans l'océan
parce que c'est alors seulement que la peur disparaîtra,
parce que c'est là que la rivière saura qu'il ne s'agit pas de disparaître dans l'océan, mais de devenir océan."
andree
Un écureuil sur la bruyère
Se lave avec de la lumière
Une feuille morte descend
Doucement portée par le vent
Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l'écureuil
Le vent attend pour la poser
Légèrement sur la bruyère
Que l'écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime se balancer
Comme une feuille de lumière.
Automne en forêt
Maurice Carême (1899 - 1978)
Capusa
Rosées
Je rêve, et la pâle rosée
Dans les plaines perle sans bruit,
Sur le duvet des fleurs posée
Par la main fraîche de la nuit.
D'où viennent ces tremblantes gouttes ?
Il ne pleut pas, le temps est clair ;
C'est qu'avant de se former, toutes,
Elles étaient déjà dans l'air.
D'où viennent mes pleurs ? Toute flamme,
Ce soir, est douce au fond des cieux ;
C'est que je les avais dans l'âme
Avant de les sentir aux yeux.
On a dans l'âme une tendresse
Où tremblent toutes les douleurs,
Et c'est parfois une caresse
Qui trouble, et fait germer les pleurs.
René-François Sully Prudhomme.
Capusa
Le Poème Japonais
Soir d’automne -
Il est un bonheur aussi
Dans la solitude.
De temps en temps
Les nuages nous reposent
De tant regarder la lune.
Rien qui m’appartienne
Sinon la paix du cœur
Et la fraîcheur de l’air.
Buson - Basho - Issa
Stéphen Moysan
En route vers l'Horizon
FAE
Bonjour à tous ! 😃
"Poème de la Toussaint 🌸 :
Le Vieux cimetière
Dans le calme des morts,
J’aime écouter la vie,
Ne furent ils pas d’abord,
Que nous soyons ici ?.
La terre qui les vit naître,
Les conserve en son sein,
En espérant peut être,
De Dieu et ses desseins.
J’y revois les images,
De l’enfant au berceau,
Ou celle de l’enfant sage,
S’amusant au cerceau.
La mère dans les douleurs,
Enfantant son petit,
Ou le soldat qui meurt,
Au nom de sa patrie.
Ces temps ont existé,
Ils nous semblent irréels,
Notre temps de vanité,
Sera demain pareil.
Leurs petites croix de fer,
Sorte d’oiseaux rouillés,
Étendent au calvaire,
Leurs ailes déployées.
Des arbres sur des tombes,
Élèvent jusqu’au cieux,
Leurs âmes sorties de l’ombre,
Pour monter jusqu’à Dieu.
Tout à coup j’aperçois,
Mon Dieu quelle tragédie,
Une tombe en émoi,
Que la terre engloutit.
Happée par les racines,
De l’arbre qui surplombe,
Elle entraîne dans l’abîme,
Son calvaire qui succombe.
Quel symbole devant moi,
De la vie qui nous pousse,
Dans la pierre qui se broie,
Sous le lierre et la mousse.
Ah il m’ont reconnu,
Ai-je donc fait tant de bruit ?
Voici l’ami venu,
Avec sa poésie.
Alors dans le silence,
Et le recueillement,
Je médite et je pense,
A la fuite du temps.
Un flocon sous le charme,
De l’hiver de ma vie,
Se pose sur mon âme,
Qui reste inassouvie.
Et puis la vie m’exhorte,
Je salue poliment,
En refermant la porte,
Qui grince doucement."
Poème Toussaint écrit par Ange Paul COSTANZO
Capusa
Oiseaux dans la nuit
Cette nuit, des oiseaux ont chanté dans mon cœur…
C’était la bonne fin de l’ancienne rancœur…
J’écoutais ces oiseaux qui chantaient dans mon cœur.
Dans ma grande douleur, la nuit me fut clémente
Et tendre autant que peut se montrer une amante.
Ce fut la rare nuit qui se montra clémente.
Dans ton ombre, j’ouïs le chant de ses oiseaux.
Et je dormis enfin… Mes songes furent beaux
Pour avoir entendu le chant de ces oiseaux…
Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910
