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lila - 3 mars 2020 17:29

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lila3 mars 2020 17:29

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Avatar Josephine22

Josephine22

26 mars 2021 13:20
lila a écrit :
J'en vois des qui se donnent
Donnent des bijoux dans le cou
C'est beau mais quand même
Ce ne sont que des cailloux

Des pierres qui vous roulent
Roulent et qui vous coulent sur les joues
J'aime mieux que tu m'aimes
Sans dépenser des sous

Moi je m'en moque
J'envoie valser
Les trucs en toc
Les cages dorées

Toi quand tu me serres très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

J'en vois des qui se lancent
Des regards et des fleurs
Puis qui se laissent
Quelque part ou ailleurs

Entre les roses et les choux
J'en connais des tas
Qui feraient mieux de s'aimer un peu
Un peu comme nous
Qui nous aimons beaucoup

Et d'envoyer
Ailleurs valser
Les bagues et les cœurs en collier

Car quand on s'aime très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

Moi pour toujours
J'envoie valser
Les preuves d'amour
En or plaqué

Puisque tu me serres très fort
C'est là mon trésor
C'est toi, toi qui vaut de l'or
ZAZIE

Jolie chanson 😃

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Avatar lila

lila

26 mars 2021 12:08

J'en vois des qui se donnent
Donnent des bijoux dans le cou
C'est beau mais quand même
Ce ne sont que des cailloux

Des pierres qui vous roulent
Roulent et qui vous coulent sur les joues
J'aime mieux que tu m'aimes
Sans dépenser des sous

Moi je m'en moque
J'envoie valser
Les trucs en toc
Les cages dorées

Toi quand tu me serres très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

J'en vois des qui se lancent
Des regards et des fleurs
Puis qui se laissent
Quelque part ou ailleurs

Entre les roses et les choux
J'en connais des tas
Qui feraient mieux de s'aimer un peu
Un peu comme nous
Qui nous aimons beaucoup

Et d'envoyer
Ailleurs valser
Les bagues et les cœurs en collier

Car quand on s'aime très fort
C'est comme un trésor
Et ça, et ça vaut de l'or

Moi pour toujours
J'envoie valser
Les preuves d'amour
En or plaqué

Puisque tu me serres très fort
C'est là mon trésor
C'est toi, toi qui vaut de l'or
ZAZIE

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Avatar lhuron

lhuron

26 mars 2021 06:54

JOSÉPHINE : J'ai oublié de te signaler que dans ce bistrot - restaurant de DOELAN , on dégustait une de ces choucroutes de la mer si bonne, qu'avec ANTOINETTE , on y est retourné 6 fois en 15 jours ! J'en salive encore . 😃

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Avatar Josephine22

Josephine22

25 mars 2021 18:23
lila a écrit :
QUE CE POÈME DE RIMBAUD
EST TRISTE!!!

Oui Lila...mais c est son univers qu il a décrit..ce qu il voyait dans sa rue..
La rue Bourbon..la plus misérable de Charleville..ici croupit ce que les Bourgeois appellent
La populace ou la canaille...mais le loyer n est pas élève pour Mme Rimbaud
Courette sinistre..rachitique escalier..fenêtres moisies..partout des gens en haillons.des gueulements d ivrognes..des femmes édentées..Il y écrira son tout premier poème
les Étrennes des Orphelins..après l abandon du père qui vient de plaquer femme et enfants.
Fallait il que son génie soit aussi précoce pour éclore dans cette fange



Quand je passe par la rue Bourbon je pense à lui et toute cette misère!!Cette rue est devenue piétonne..avec le charme d immeubles anciens biens rénovés..

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lila

25 mars 2021 17:19

Nous vous avons fait découvrir
Colette
Joséphine nous fait profiter de sa grande connaissance de Rimbaud un" pays"pour elle et vous nous servez du Mac Orlan que je connaissais assez mal
Lhuron parle de Yourcenar :quelle magnifique écriture!

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lila

25 mars 2021 17:13

QUE CE POÈME DE RIMBAUD
EST TRISTE!!!

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Avatar Josephine22

Josephine22

25 mars 2021 15:55
lhuron a écrit :
LE BRÛLOT FOURNIER .

C'est au " BRÛLOT FOURNIER " le coin
des camarades de naissance .
Icicaille , les vrais marins
se déconfortent en cadence
selon l'air des chansons du temps .
Plaignez l'humeur de ces enfants
que le rhum bu rend plus chagrine
et gardez des vieilles marines
l'amer parfum des océans .

L'aubergiste a su naviguer .
Sa femme aujourd'hui le proclame
Par sa coiffe de Quimperlé
et les beaux atours de son âme
portent le cachet du curé ...
Mais dans le cœur de cette dame
le pavillon noir est plié
pour son coquin c'est le dictame
qui lui sert quand tout est fermé .

Durant le jour ce compagnon
les yeux voués à sa clientèle
estime les consommations.
Il met la paix dans les querelles .
Il connaît tous les officiers
et peut citer quand on l'appelle
le nom d'un schooner oublié
alors que la vie était belle
entre Ulloa et Santa Fé.

Toutefois ce boss si courtois
pour toutes les monnaies du monde
à sa main gauche n'a qu'un doigt
Les questions vont à la ronde
" N'était - il pas avec England
et Mary sur le Blanche Rose? ...
Mémorial du "Fliegend Holland "*
le soir tombe en apothéose
sur les gibets de Long Island...

Pierre MAC ORLAN : Films sentimentaux.

FLIEGEND HOLLAND : le HOLLANDAIS VOLANT , navire maudit des légendes maritimes .
J'ai retrouvé cette ambiance dans un bistrot - restaurant de DOELAN petit port à côté de " LE POULDU " , cher à GAUGUIN .

Très beau texte très prenant..on y respire l ambiance des bistrots de Bretagne..
Comme tu as connu au Pouldu...

Les beaux atours de son âme
Portent le cachet du curé

C est tout à fait représentatif de la Bretonne typique ..
À St Malo..en cherchant bien dans des petits bistrots..on y retrouve cette ambiance...
Derrière les remparts..ça vaut le coup d y aller boire une bolée et d écouter!!!
Merci Lhuron pour avoir poste du Mc Orlan...j aime beaucoup...😄

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Avatar Josephine22

Josephine22

25 mars 2021 15:42
lhuron a écrit :
LES EFFARÉS .

Noirs dans la neige et dans la brume ,
Au grand soupirail qui s'allume
Leurs culs en rond

À genoux ,cinq petits , - misère
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond ...

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise et qui l'enfourne
Dans un trou clair ...

Ils écoutent le bon pain cuire .
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air .

Ils sont blottis , pas un ne bouge
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein .

Et quand ,pendant que minuit sonne ,
Façonné , pétillant et jaune ,
On sort le pain ,

Quand , sous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons ,

Quand ce trou chaud souffle la vie ,
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons ,

Ils se ressentent si bien vivre ,
Les pauvres petits pleins de givre ,
- Qu'ils sont là, tous ,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage -, chantant des choses
Entre les trous ,

Mais bien bas , comme une prière ...
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert ,

- Si fort qu'il crève leur culotte
- Et que leur lange tremblotte
Au vent d'hiver .

Arthur RIMBAUD .

Ce très beau poème de Rimbaud touche le cœur des gens
Écrit en 1861..il a 7 ans...il habite la rue Bourbon et ses sinistres taudis..ou grelottent Les Effarés..S il mange à sa faim et dort au chaud..sa famille est montrée du doigt et du poing
Ils sont les riches de la rue!
Arthur fait preuve de maturité et d humanité dans ces vers Magnifiques..
Je les aime beaucoup.

Il joue avec les Poètes de Sept ans

Ces enfants seuls..
Qui chétifs..fronts nus œil déteignant sur la joue
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
Sous des habits puant la foire et tout vieillots
Conversaient avec la douceur des idiots !

Ce sont les vers écrits par les mains de Mozart du gamin de la rue Bourbon!!

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Avatar lhuron

lhuron

25 mars 2021 14:54

LE BRÛLOT FOURNIER .

C'est au " BRÛLOT FOURNIER " le coin
des camarades de naissance .
Icicaille , les vrais marins
se déconfortent en cadence
selon l'air des chansons du temps .
Plaignez l'humeur de ces enfants
que le rhum bu rend plus chagrine
et gardez des vieilles marines
l'amer parfum des océans .

L'aubergiste a su naviguer .
Sa femme aujourd'hui le proclame
Par sa coiffe de Quimperlé
et les beaux atours de son âme
portent le cachet du curé ...
Mais dans le cœur de cette dame
le pavillon noir est plié
pour son coquin c'est le dictame
qui lui sert quand tout est fermé .

Durant le jour ce compagnon
les yeux voués à sa clientèle
estime les consommations.
Il met la paix dans les querelles .
Il connaît tous les officiers
et peut citer quand on l'appelle
le nom d'un schooner oublié
alors que la vie était belle
entre Ulloa et Santa Fé.

Toutefois ce boss si courtois
pour toutes les monnaies du monde
à sa main gauche n'a qu'un doigt
Les questions vont à la ronde
" N'était - il pas avec England
et Mary sur le Blanche Rose? ...
Mémorial du "Fliegend Holland "*
le soir tombe en apothéose
sur les gibets de Long Island...

Pierre MAC ORLAN : Films sentimentaux.

FLIEGEND HOLLAND : le HOLLANDAIS VOLANT , navire maudit des légendes maritimes .
J'ai retrouvé cette ambiance dans un bistrot - restaurant de DOELAN petit port à côté de " LE POULDU " , cher à GAUGUIN .

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Avatar lhuron

lhuron

25 mars 2021 14:32

LES EFFARÉS .

Noirs dans la neige et dans la brume ,
Au grand soupirail qui s'allume
Leurs culs en rond

À genoux ,cinq petits , - misère
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond ...

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise et qui l'enfourne
Dans un trou clair ...

Ils écoutent le bon pain cuire .
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air .

Ils sont blottis , pas un ne bouge
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein .

Et quand ,pendant que minuit sonne ,
Façonné , pétillant et jaune ,
On sort le pain ,

Quand , sous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons ,

Quand ce trou chaud souffle la vie ,
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons ,

Ils se ressentent si bien vivre ,
Les pauvres petits pleins de givre ,
- Qu'ils sont là, tous ,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage -, chantant des choses
Entre les trous ,

Mais bien bas , comme une prière ...
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert ,

- Si fort qu'il crève leur culotte
- Et que leur lange tremblotte
Au vent d'hiver .

Arthur RIMBAUD .

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Avatar lhuron

lhuron

25 mars 2021 14:07

Merci toutes les deux :vous me faîtes découvrir une auteure que je ne connaissais pas , non pas par "machisme " , - j'ai lu George SAND ,Marguerite DURAS ,Marguerite YOURCENAR et d'autres, mais COLETTE , je l'ai zappée ; aussi vais - je m'empresser de l'inscrire sur ma liseuse.

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Avatar Josephine22

Josephine22

25 mars 2021 08:43
lila a écrit :
Mon bouquet de Puisaye, c’est du jonc grainé, de grands butomes à fleurs roses plantés tout droits dans l’eau sur leur reflet inversé; l’alise et la corme et le nèfle, roussottes que le soleil ne mûrit pas mais que novembre attendrit ; c’est la châtaigne d’eau à quatre cornes, sa farine à goût de lentille et de tanche; c'est la bruyère rouge, rose et blanche, qui croît dans une terre aussi légère que la cendre du bouleau. C'est la massette du marais à fourrure de ragondin et, pour lier le tout, le couleuvre qui traverse à la nage les étangs, son petit menton au ras de l'eau. Ni pied, ni main, ni bourrasque n'ont détruit en moi le fertile marécage natal, réparti autour des étangs. Sa moisson de hauts roseaux, fauchés chaque année, ne séchait jamais tout à fait avant qu'on la tressât grossièrement en tapis. Ma chambre d'adolescente n'avait pas, sur son froid carreau rouge, d'autre confort, d'autre parfum que cette natte de roseaux. Verte odeur paludéenne, fièvre des étangs admise à nos foyers comme une douce bête à l'haleine sauvage, je vous tiens embrassée encore, entre ma couche et ma joue, et vous respirez en même temps que moi.
COLETTE

MERCI. Lila...je ne connaissais pas ce magnifique texte...
Je le garde...😍😍😍😍

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Avatar lila

lila

25 mars 2021 08:21

Mon bouquet de Puisaye, c’est du jonc grainé, de grands butomes à fleurs roses plantés tout droits dans l’eau sur leur reflet inversé; l’alise et la corme et le nèfle, roussottes que le soleil ne mûrit pas mais que novembre attendrit ; c’est la châtaigne d’eau à quatre cornes, sa farine à goût de lentille et de tanche; c'est la bruyère rouge, rose et blanche, qui croît dans une terre aussi légère que la cendre du bouleau. C'est la massette du marais à fourrure de ragondin et, pour lier le tout, le couleuvre qui traverse à la nage les étangs, son petit menton au ras de l'eau. Ni pied, ni main, ni bourrasque n'ont détruit en moi le fertile marécage natal, réparti autour des étangs. Sa moisson de hauts roseaux, fauchés chaque année, ne séchait jamais tout à fait avant qu'on la tressât grossièrement en tapis. Ma chambre d'adolescente n'avait pas, sur son froid carreau rouge, d'autre confort, d'autre parfum que cette natte de roseaux. Verte odeur paludéenne, fièvre des étangs admise à nos foyers comme une douce bête à l'haleine sauvage, je vous tiens embrassée encore, entre ma couche et ma joue, et vous respirez en même temps que moi.
COLETTE

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Josephine22

25 mars 2021 08:18

Sa description de la giroflée 😍😍😍😍
J aime ces fleurs parfumées..j en ai au jardin...

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Avatar Josephine22

Josephine22

25 mars 2021 08:16
lila a écrit :
L’iris dort, roulé en cornet sous une triple soie verdâtre, la pivoine perce la terre d’une raide branche de corail vif, et le rosier n’ose encore que des surgeons d’un marron rose, d’une vivante couleur de lombric… Cueille pourtant la giroflée brune qui devance la tulipe, elle est colorée, rustaude et vêtue d’un velours solide, comme une terrassière… Ne cherche pas le muguet encore ; entre deux valves de feuilles, allongées en coquilles de moules, mystérieusement s’arrondissent ses perles d’un orient vert, d’où coulera l’odeur souveraine…
Colette

MAGNIFIQUE..j adore...seule COLETTE sait decrire les plantes et les fleurs avec ce talent..
En la lisant..on les voit les touche.les respire...
Comme elle sait Aimer !!!!
Elle nous enchante...
Merci Lila...on commence super bien la journée 😍😘

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