
Capusa
8 avril 1915 : « Debout les morts ! »
Début avril 1915, sur ordre du généralissime Joseph Joffre, les troupes françaises tentent de reprendre aux Allemands le saillant de Saint-Mihiel, sur la Meuse. Dans le secteur du Bois Brûlé, le 95e régiment d'infanterie, chargé d'une manoeuvre de diversion, réussit à s'emparer d'une tranchée. Pendant qu'on la réaménage, les troupes d'assaut se retirent dans un boyau voisin pour prendre du repos.
Parmi elles figure la compagnie de l'adjudant Jacques Péricard (39 ans). Le matin du 8 avril, quand survient une violente contre-attaque allemande, la compagnie encaisse le choc. Pratiquement encerclée, elle est galvanisée par l'exhortation fameuse de son adjudant : « Debout les morts ! ». L'anecdote sera relatée par l'écrivain Maurice Barrès suite à sa rencontre avec Jacques Péricard.
Ce dernier finira la guerre comme lieutenant. Il proposera en 1921 de ranimer chaque jour la flamme du Soldat inconnu, sous l'Arc de triomphe et, sous l'Occupation, dirigera la Légion française des combattants fondée par le maréchal Pétain. L'un de ses huit enfants est Michel Péricard, réalisateur d'une émission célèbre des années 1960 : La France défigurée. Il fut également maire de Saint-Germain-en-Laye et président de l'Assemblée nationale.
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7 avril 1954 : La « théorie des dominos »
En pleine guerre froide s'ouvre à Genève une conférence sur le sort de l'Indochine et de la Corée... Le 7 avril 1954, pendant la conférence, le nouveau président américain, le prestigieux général Dwight David Eisenhower, exprime la crainte qu'en tombant aux mains des communistes, le Vietnam n'entraîne ses voisins (la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande...) dans sa chute.
Plus tard connue sous le nom de « théorie des dominos », cette crainte va conduire les États-Unis à soutenir les Français et financer leur guerre en Indochine, en remisant leurs principes anticolonialistes. Ils vont eux-mêmes intervenir au Vietnam après le départ des Français pour prévenir le basculement de tout le Sud-Est asiatique dans le camp ennemi. En définitive, leur crainte va s'avérer largement infondée. Le Vietnam tout entier deviendra communiste, ainsi que le Laos et le Cambodge voisins, sans pour autant entraîner les autres États de la région...
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6 avril 1830
Naissance de l'Église des Mormons .
Le 6 avril 1830, Joseph Smith (25 ans) fondait avec ses cinq premiers disciples une nouvelle religion.
D'abord baptisée Église du Christ, elle a pris plus tard le nom d'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Church of Jesus Christ of latter-day saints) avant de connaître un surprenant succès.
Des débuts difficiles
Dix ans plus tôt, Joseph Smith, un garçon originaire des environs de New York, avait raconté à ses camarades comment un ange appelé Moroni lui avait révélé un livre sacré remontant aux Hébreux, le Livre de Mormon.
Le prophète mormon Joseph SmithAvec ses premiers disciples, qui se donnèrent le nom de Mormons, il jeta les bases de son Église. Celle-ci revendiqua son attachement à la Bible et à la foi chrétienne tout en s'autorisant une interprétation audacieuse des textes.
Joseph Smith conféra à chaque homme de sa communauté le droit de célébrer le culte et l'obligation de consacrer plusieurs années de sa vie à la conversion des non-croyants. Il prônait aussi de strictes vertus familiales : chasteté avant le mariage, fidélité, abstinence d'alcool et de tabac...
Profitant de la forte religiosité qui imprègnait alors les jeunes États-Unis, les Mormons ne tardèrent pas à se compter par milliers tout en suscitant une vive hostilité, en particulier parce qu'ils pratiquaient la polygamie sans entrave !
En 1844, dans le Missouri, ils furent pris à partie par leurs voisins et emprisonnés. Leurs chefs, dont Joseph Smith, furent même massacrés, sans doute avec la complicité des autorités de l'État.
Remarquable prosélytisme
Après cette épreuve, Brigham Young, le nouveau chef des Mormons, décide d'établir la communauté loin à l'Ouest, au pied des montagnes Rocheuses, au bord du Grand Lac Salé.
Au prix d'immenses difficultés, les Mormons fondent une ville prospère, Salt Lake City, capitale de l'État actuel de l'Utah...
En 1896, ils renoncent à la polygamie pour complaire aux autorités américaines (mais l'on dénombrerait encore en Utah quelques 30 000 ménages polygames plus ou moins clandestins et relevant de sectes dissidentes).
L'Église compte en ce début du XXIe siècle plus de dix millions de fidèles dont une grande partie dans l'Utah... et une majorité hors des États-Unis.
Elle manifeste un extraordinaire prosélytisme et ses effectifs semblent croître à grande vitesse... tout comme d'ailleurs ceux des églises évangéliques américaines.
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5 avril 1722
Découverte de l'île de Pâques
Le 5 avril 1722, l'explorateur hollandais Jacob Roggeveen aborde une île isolée en plein Pacifique. Comme c'est le jour de Pâques, il la baptise tout simplement... Île de Pâques.
L'île est le sommet émergé d'un massif volcanique sous-marin. À la différence de la plupart des autres îles du Pacifique, elle n'est pas protégée des vagues par une barrière de corail et un lagon, ce qui rend son approche en bateau difficile. Sur son sol aride de 171 km2 survivent quelques centaines de misérables Polynésiens.
Paradis perdu ou saccagé
Les ancêtres de ces malheureux, arrivés en pirogue entre 900 et 1200 de notre ère, avaient découvert un paradis doté d'une faune et d'une flore exubérantes, qu'ils avaient appelé dans leur langue Rapa Nui.
Ils avaient bâti une société prospère et même inventé une écriture idéographique, le rondorongo. Ils s'étaient multipliés jusqu'à être 10 000 ou 15 000.
La population était divisée en clans familiaux dont chacun était établi dans l'une des vallées sèches qui descendaient vers l'océan, cultivant ses jardins et honorant ses morts. Les dépouilles de ces derniers étaient déposées sur la grève.
Pour se protéger de l'océan hostile, chaque clan avait aménagé près du rivage une plate-forme en pierre surmontée de statues géantes, alignées comme à la parade, au regard impressionnant de vie, tournées vers les jardins et les habitants.
Les habitants sculptaient les statues (les moaï) dans les flancs des trois anciens volcans de l'île. Ils les faisaient ensuite glisser jusqu'aux plates-formes de pierre qui leur étaient destinées (les ahu). Pour cela, ils fabriquaient des rails et des cordages avec les palmiers géants qui couvraient l'île.
On a dénombré un total de 800 statues, représentant des hommes et des femmes d'une taille d'un mètre à 22 mètres. La majorité sont restées sur les lieux d'extraction, en position couchée. 256 ont été déplacées et 164 de celles-ci ont été érigées sur les plates-formes.
Le mystère de Pâques
Les Européens qui ont exploré l'île, tels Lapérouse et Cook au XVIIIe siècle, n'ont pas manqué de s'interroger sur l'arrêt subit de cette activité et le déclin brutal de la société pascuane, que les scientifiques situent vers le milieu du XVIIe siècle. Irresponsabilité des hommes ou fatalité de la Nature ?...
Comme si la déforestation ne leur avait pas suffi, les Pascuans ont encore souffert de l'esclavage et du travail forcé suite à l'arrivée des Européens. Ils n'étaient plus que 111 en 1877.
En 1888, l'île passe sous la souveraineté du Chili. Un entrepreneur livre le sol à des milliers de moutons. Le surpâturage dévaste ce qui reste de ressources agricoles et relègue les derniers habitants dans un recoin misérable de l'île.
Dans les années 1950, diverses personnalités, comme Thor Heyerdal, se penchent au chevet de l'île et remettent à l'honneur ses antiques statues. Les moutons sont chassés. L'île renaît lentement à la vie. Elle compte en ce début du XXIe siècle 4 000 habitants dont la moitié revendiquent leur filiation avec les sculpteurs des moaï.