
huarsy
Savoir vieillir
Vieillir, se l’avouer à soi-même et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses goûts et s’interdire
Ce que la veille encore on se croyait permis.
Avec sincérité, dès que l’aube se lève,
Se bien persuader qu’on est plus vieux d’un jour.
À chaque cheveu blanc se séparer d’un rêve
Et lui dire tout bas un adieu sans retour.
Aux appétits grossiers, imposer d’âpres jeûnes,
Et nourrir son esprit d’un solide savoir ;
Devenir bon, devenir doux, aimer les jeunes
Comme on aima les fleurs, comme on aima l’espoir.
Se résigner à vivre un peu sur le rivage,
Tandis qu’ils vogueront sur les flots hasardeux,
Craindre d’être importun, sans devenir sauvage,
Se laisser ignorer tout en restant près d’eux.
Vaquer sans bruit aux soins que tout départ réclame,
Prier et faire un peu de bien autour de soi,
Sans négliger son corps, parer surtout son âme,
Chauffant l’un aux tisons, l’autre à l’antique foi,
Puis un jour s’en aller, sans trop causer d’alarmes,
Discrètement mourir, un peu comme on s’endort,
Pour que les tout petits ne versent pas de larmes
Et qu’ils ne sachent pas ce que c’est que la mort.
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François Fabié, Ronces et lierres
huarsy
LUEUR D'ESPOIR
Tel un phare dans une nuit froide et pluvieuse,
L'espoir est une petite flamme
Qui te guide dans la tempête de la vie.
Garde précieusement cette petite lueur
Dans l'écrin de ton cœur,
Protège-la comme une pierre précieuse.
Et si un jour les forces te manquent,
Si tu as envie de baisser les bras,
Ouvre ton cœur à celui qui te tend la main,
Il ranimera cette petite flamme
Et t'aidera à revenir à la Vie......
huarsy
Toi
Esther Granek
Toi c’est un mot
Toi c’est une voix
Toi c’est tes yeux et c’est ma joie
Toi c’est si beau
Toi c’est pour moi
Toi c’est bien là et je n’y crois
Toi c’est soleil
Toi c’est printemps
Toi c’est merveille de chaque instant
Toi c’est présent
Toi c’est bonheur
Toi c’est arc-en-ciel dans mon coeur
Toi c’est distant…
Toi c’est changeant…
Toi c’est rêvant et esquivant…
Toi c’est pensant…
Toi c’est taisant…
Toi c’est tristesse qui me prend…
Toi c’est fini.
Fini ? Pourquoi ?
Toi c’est le vide dans mes bras…
Toi c’est mon soleil qui s’en va…
Et moi, je reste, pleurant tout bas.
Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978
Poème dédié à une amie hospitalisée depuis août 2019 :triste: -
Elle reste dans son silence que je respecte.
Quelle vilaine maladie ! quels mots peuvent-ils réconforter ?
Quelle peine pour elle, pour moi de ne plus l'entendre, partager nos idées, rire ensemble, passer de bons moments ....
huarsy
Les papiers.
Recueil : Varia (1869)
Ton doigt, léger d'abord, puis, timide et tremblant,
M'écrivait sur du papier blanc ;
Un beau matin, ce fut sous la teinte discrète
D'une enveloppe violette,
Que, dissertant sur l'âme et l'amour. . . du bon Dieu,
Tu scellas un fin papier bleu ;
Le soir, tu m'adressas bien ravissante chose,
(T'en souvient-il ?) sur papier rose !
Le lendemain, ton cœur jaloux avait souffert
Et je reçus du papier vert.
Puis, toi qu'on dit si douce et que l'on voit si bonne,
Tu me lanças un papier jaune !...
Et voilà qu'aujourd'hui, pour me mystifier,
Tu prends du papier d'écolier !
Ah ! pour qu'en ces couleurs j'ose ou veuille comprendre
C'est trop méchant ou c'est trop tendre !
Jules Canonge
huarsy
QUAND ON N’A RIEN À DIRE
Quand on n’a rien à dire et du mal à se taire,
On peut toujours aller gueuler dans un bistrot,
Parler de son voisin qui n’a pas fait la guerre,
Parler de Boumedienne et de Fidel Castro,
Parler parler parler… pour que l’air se déplace,
Pour montrer qu’on sait vivre et qu’on a des façons,
Parler de son ulcère ou bien des saints de glace,
Pour fair’ croire aux copains qu’on n’est pas le plus con.
Quand on n’a rien à dire on parle de sa femme
Qui ne vaut pas tripette et qui n’a plus vingt ans,
Qui sait pas cuisiner, qui n’aime que le drame,
Qui découche à tout va, qu’a sûrement des amants.
On parle du Bon Dieu, on parle de la France
Ou du Vittel-cassis qui vaut pas çui d’avant,
On pense rien du tout on dit pas tout c’ qu’on pense.
Quand on n’a rien à dire on peut parler longtemps.
Quand on n’a rien à dire on parle du Mexique
De l’Amérique du Nord où tous les gens sont fous,
Du Pape et du tiercé, des anti-alcooliques,
Du cancer des fumeurs et des machines à sous,
Des soldats des curés, d’la musiqu’ militaire,
De la soupe à l’oignon, de l’îl’ de la Cité.
Quand on n’a rien à dire et du mal à se taire
On arrive au sommet de l’imbécilité
Bernard Dimey
huarsy
A l'aube de nos vies
6 août 2018 ·
"Ma vie....
J’ai eu vingt ans et bientôt trente,
les quarante ont suivi et aussi les cinquante,
avec quelques unités pour perturber les comptes.
J’ai lu des magazines qui parlaient de mes rides,
de bouchers qui taillaient dans les bides
et remontaient des seins à la file
comme dans les usines pour les automobiles.
Rester jeune, peu importe le prix !
Info, intox, il paraît même que le botox…
Alors, là, moi, j’dis stop.
Remonter le temps ? Avoir encore vingt ans ?
Ça va pas, non ? Tu sais quoi ? J’ai pas le temps !
Demain, dans un mois, dans un an,
j’irai me balader pas très loin sur la plage
et je ramasserai des galets arrondis
que je colorierai aux couleurs du bonheur.
Je lirai des légendes, écouterai des contes
et puis les offrirai à qui voudra entendre.
Je me ferai des amis, au hasard
sur la toile, dans la rue ou au bar ;
on discutera jusqu’au bout de la nuit
de la vie, de l’amour et de la mort aussi.
Demain, dans un mois, dans un an,
j’aurai les bras câlins de mes petits enfants
à mon cou enroulés pour mieux me protéger.
Mes enfants seront là et nous nous sourirons,
heureux d’avoir su traverser sans sombrer
les tempêtes, les naufrages et puis quelques orages.
Il m’arrivera encore de chanter, de danser
et de me régaler de gâteaux, de bonbons,
de p’tits plats mijotés
sans penser aux kilos ou bien à ma santé.
Demain, dans un mois, dans un an,
Je sortirai la nuit avec tous les hiboux
et verrai le soleil sur la mer se lever.
Je marcherai longtemps en goûtant le silence
J’aimerai les odeurs de la mousse en automne
et du foin en été
et le chant des cigales et le soleil brûlant.
J’écouterai toujours le malheur qui se plaint.
J’éprouverai encore les bouffées de colère
face à la bêtise et la haine étalées.
Jamais ni l’injustice ni l’infamie je n’accepterai
et lèverai en l’air, mon poing avec rage.
Demain, dans un mois, dans un an…
Et si la mort survient,
car elle survient toujours, la garce,
elle me trouvera debout, occupée et ridée. ”
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Mireille Bergès
huarsy
Le Père Guillaume de Menthière est prêtre du diocèse de Paris, ordonné à Notre Dame de Paris en 1991. Professeur aux Bernardins et auteur de nombreux ouvrages, il prêchait cette année les conférences de Carême dans le coeur même de Notre Dame de Paris. Il était donc sur place la veille du drame et relate dans ce texte, écrit au beau milieu de la nuit, son sentiment après le choc initial.
Écrit aux aurores, il a envoyé ce texte par mail à ses nombreux amis prêtres et fidèles, dont certains, émus par les mots justes, le partagent à présent sur les réseaux sociaux. Car, comme tous les Français rivés toute la soirée derrière leurs écrans devant ces images insensées, le Père de Menthière a pu écouter de très beaux témoignages tout au long de la nuit, et qui l’ont inspiré.
Nuit de feu
Cette nuit n’était pas faite pour dormir. A la vue de Notre-Dame en flammes, l’émotion était trop forte, la tristesse trop intense, la prière trop nécessaire. Et dire que j’étais encore la veille prêchant sous ces voûtes millénaires où je fus ordonné il y a bientôt trente ans ! Je ne puis vous exprimer la peine qui me gagne à la pensée de cet écrin de tant de nos souvenirs heureux disparu en fumée…
Vous avouerais-je pourtant qu’à la consternation a très vite fait place en moi une sorte de reconnaissance subjuguée ? Des propos que j’avais toujours désiré entendre ont semblé jaillir comme par miracle de ce funeste évènement. Au cours de ces heures angoissées, il m’a semblé, en effet, sentir le vieux coq Gaulois se réveiller de sa torpeur.
Que de magnifiques paroles unanimes les médias n’ont-ils pas relayées de manière persistante et ininterrompue ! De la part de touristes, de badauds, de journalistes, d’hommes politiques, d’ecclésiastiques, d’esthètes, de pompiers,… Des gens de tous âges, de toutes conditions, de toutes origines et de toutes croyances… Une mystérieuse communion semblait régner enfin sur ce peuple de France dont les mois écoulés avaient si tristement montré au monde le morcellement et les fractures. Cette unité qu’un message présidentiel, prévu le même soir, n’aurait probablement pas réussi à renouer, Notre-Dame, la Vierge Sainte, l’accomplissait sous nos yeux éberlués. Et si c’était encore une fois l’intervention surnaturelle de la Mère de Dieu qui redonnait à notre cher et vieux pays l’élan de l’espérance ?
Bien sûr restent l’infinie douleur de voir ces ruines désolées, l’irréparable perte de tant d’œuvres d’art, et l’abattement devant la tâche colossale de la reconstruction. Pourtant en cette Semaine Sainte qui débouche sur la victoire de Pâques, les chrétiens aiment à se redire que de tout mal, Dieu peut faire sortir un bien. De quel relèvement ce désastre est-il la promesse et l’amorce ? Ces pierres dont le Seigneur nous disaient hier encore qu’elles crieraient, ne les entendons-nous pas, encore fumantes, appeler au sursaut et à la foi ?
Père Guillaume de Menthière+
Combien de pépites ont été prononcés en cette soirée médiatique ? De la part de badauds, de catholiques, de touristes, de journalistes présents sur place, ce sont des paroles magnifiques qui sont sorties de la bouche des citoyens de France et du monde. Or qui peut aujourd’hui être capable d’unir l’humanité entière dans un mouvement de recueillement et d’unité à part la Vierge Marie ?...
Notre Dame est bel et bien l’âme de la France, et elle lui redonne l’élan d’espérance qui faisait défaut ces derniers temps.
(Article : Aleteia du 17 avril 2019)
huarsy
Bonjour @Sabine et @Vous -
Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,
Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.
Je voudrais, convoitant l'impossible en mes vœux,
Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l'art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;
Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi
Qu'en tombant de ton âme, un mot propage en moi ;
Dire quelle mer chante en vagues d'élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d'automne dans les bois ;
De l'heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l'écho presque religieux
D'un ancien baiser attardé sur tes yeux.
Albert Samain.
huarsy
Bonsoir Sabine - bonne soirée...
"Le coût de soigner"de Chloe Douglas
Parce que cela coûte
De soigner,
De se débrouiller,
D’essayer d’apaiser le fardeau.
Parce que cela coûte
D’être mondain,
D’avoir ce dont on a besoin,
Pour faire fonctionner les choses.
Parce que cela coûte
D’aider,
Et cela dépend du soignant.
Nous semblons
Tomber dans le piège,
De soigner le montant.
Chloe Douglas, 2018
huarsy
"Le ciel est noir, la terre est blanche,
Cloches, carillonnez gaîment !
Jésus est né. La Vierge penche
Sur lui son visage charmant.
Pas de courtines festonnées
Pour préserver l'enfant du froid,
Rien que des toiles d'araignées
Qui pendent des poutres du toit.
Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et, pour l'échauffer dans sa crèche
L'âne et le bœuf soufflent dessus.
La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s'ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : "Noël ! Noël !"
Théophile Gautier
Merci @Gipsy7 -
**** Joyeux Noël **** à toutes et tous -
Bonhomme Noêl
Tout près de l'étang qui reflète
Les peupliers au vent courbés
J'ai vu passer ,ô quelle fête
le bonhomme cher aux bébés
Par les sentiers sous la feuillée
il s'en allait à petits pas
Tout joyeux la mine éveillée
Comme s'en vont les bons papas
_"Bonhomme, où vas-tu? m'écriai-je,
_Les innocents sont mes amis
je leur porte à travers la neige
les joujoux qu'on leur a promis"
Clovis Hugues
Ma poésie de Noël du CP en 1957
comme si c'était hier...
huarsy
Bons rappels @Sabine - MERCI -
Voeux
Victor Hugo
Si j’étais la feuille que roule
L’aile tournoyante du vent,
Qui flotte sur l’eau qui s’écoule,
Et qu’on suit de l’oeil en rêvant ;
Je me livrerais, fraîche encore,
De la branche me détachant,
Au zéphyr qui souffle à l’aurore,
Au ruisseau qui vient du couchant.
Plus loin que le fleuve, qui gronde,
Plus loin que les vastes forêts,
Plus loin que la gorge profonde,
Je fuirais, je courrais, j’irais !
Plus loin que l’antre de la louve,
Plus loin que le bois des ramiers,
Plus loin que la plaine où l’on trouve
Une fontaine et trois palmiers ;
Par delà ces rocs qui répandent
L’orage en torrent dans les blés,
Par delà ce lac morne, où pendent
Tant de buissons échevelés ;
Plus loin que les terres arides
Du chef maure au large ataghan,
Dont le front pâle a plus de rides
Que la mer un jour d’ouragan.
Je franchirais comme la flèche
L’étang d’Arta, mouvant miroir,
Et le mont dont la cime empêche
Corinthe et Mykos de se voir.
Comme par un charme attirée,
Je m’arrêterais au matin
Sur Mykos, la ville carrée,
La ville aux coupoles d’étain.
J’irais chez la fille du prêtre,
Chez la blanche fille à l’oeil noir,
Qui le jour chante à sa fenêtre,
Et joue à sa porte le soir.
Enfin, pauvre feuille envolée,
Je viendrais, au gré de mes voeux,
Me poser sur son front, mêlée
Aux boucles de ses blonds cheveux ;
Comme une perruche au pied leste
Dans le blé jaune, ou bien encor
Comme, dans un jardin céleste,
Un fruit vert sur un arbre d’or.
Et là, sur sa tête qui penche,
Je serais, fût-ce peu d’instants,
Plus fière que l’aigrette blanche
Au front étoilé des sultans.
Victor Hugo, Les orientales
huarsy
Bonjour @Sabine et tout le monde -
Cette nuit, pluie d'étoiles filantes, le ciel sera dégagé et clair pour les voir ! -
C'est Noël, c'est bientôt Noël.
Recueil : Chansons (1868)
C'est Noël, c'est bientôt Noël,
Il y a des étoiles dans le ciel.
Les toits sont blancs et sur les branches
L'hiver met des étoiles blanches :
C'est Noël, c'est bientôt Noël !
En décembre, c'est bientôt Noël
Il y a des étoiles dans le Ciel.
Et sur la terre tout s'illumine,
Les places, les rues et les vitrines :
C'est Noël, c'est bientôt Noël !
Chant traditionnel
huarsy
[Citation de Lilith59]Humm Esther Granek ... superbe ....merci Véro :bisous:[Fin de citation]***********
Merci Monique..... bon dimanche :bisous: -
Toi
Esther Granek
Toi c’est un mot
Toi c’est une voix
Toi c’est tes yeux et c’est ma joie
Toi c’est si beau
Toi c’est pour moi
Toi c’est bien là et je n’y crois
Toi c’est soleil
Toi c’est printemps
Toi c’est merveille de chaque instant
Toi c’est présent
Toi c’est bonheur
Toi c’est arc-en-ciel dans mon coeur
Toi c’est distant…
Toi c’est changeant…
Toi c’est rêvant et esquivant…
Toi c’est pensant…
Toi c’est taisant…
Toi c’est tristesse qui me prend…
Toi c’est fini.
Fini ? Pourquoi ?
Toi c’est le vide dans mes bras…
Toi c’est mon soleil qui s’en va…
Et moi, je reste, pleurant tout bas.
Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978
