
Coccyvette
J'ai vu une larme couler
J'ai demandé à l'oeil:
"Pourquoi pleures-tu?
Est-ce un amour?
Est-ce un ami?
Est-ce une promesse non tenue?"
L'oeil m'a répondu :
"Je pleure ce monde
Que le matérialisme inonde
Ce monde de ventrus
Où l'altruisme et la générosité n'existent plus
Ce monde où on est rassasié
De trahison et de méchanceté
Je pleure l'infidélité des proches et la malhonnêteté
Je pleure l'amour éphémère qui s'éteint avec rapidité
Je pleure l'indifférence de l’être cher .
Je pleure les désespérés qui se droguent pour oublier leurs soucis
Je pleure la haine et la jalousie
Je pleure ceux qui, clandestinement ,quittent leur pays
Je pleure les valeurs bafouées
Je pleure les femmes agressées
Je pleure le virus qui touche l'humanité
Et entrave le monde entier
Je pleure les coeurs durs , sans pitié
Je pleure l'absence de tendresse et de bonté
Le manque de cette main douce qui puisse m'essuyer...
________________ Valentino Riad
Coccyvette
C'est dû à l'âge peut-être, ou à la fatigue, je ne sais pas.
Mais je suis arrivée à un point de ma vie où je laisse... laisse faire. Je laisse dire !
Je ne discute plus pour essayer de me faire comprendre ou de faire comprendre mes sentiments et mes émotions, ou mes peurs. Je laisse à chacun sa conviction et sa façon de penser. Je laisse faire, je le laisse dire... Mais surtout j'ai appris à laisser partir.
Ne pas utiliser de mot ne signifie pas ne pas voir et ne pas entendre. Le silence est souvent un signe de réflexion, d'évaluation... et de décision.
~Sofia Antiamo
De la page Recueil de textes
Coccyvette
"La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça, pour s’adapter à ce qui n’épanouit pas.
La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer.
Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix.
Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes, Vraiment."
Alexandra Julien
Coccyvette
MELANCOLIE
Elle était jeune et belle, elle était attirante.
Un regard caressant, une bouche tentante.
Je n'avais que mes mots pour tenter de lui plaire.
Et un âge avancé qu'il vaudrait bien mieux taire
Elle avait de beaux yeux, couleur de ces noisettes
Que l'on cueille à volo, sur les arbres, à l'automne,
Et des cheveux auburn couvrant toute sa tête
Comme celle d'une lionne, dont le feulement résonne,
Tout au loin dans la brousse. Légère et sans souci,
En courant sur les berges d'un canal assoupi,
Sous un soleil radieux, elle m'avait oublié,
Repoussé en douceur, chassé de ses pensées.
A moi il ne restait que le rêve et l'envie,
Mes chagrins, mon amour et puis surtout l'ennui.
Alphee
Coccyvette
Je sais
Le cœur qui bat trop fort
et le plaisir des dieux
à embrasser les corps
des diables amoureux
L’irrésistible attrait
du désir interdit
et les peaux affolées
dans les replis du lit
La sauvage emmêlée
les appétits de fauve
l’appel et le rejet
les secrets de l’alcôve
Les amants séparés
par la distance et par les heures
les secondes d’éternité
crispées sur la douleur
Les impatiences extrêmes
les rendez-vous manqués
les taxis qui se traînent
quand le corps est pressé
Je sais le feu aux joues
les yeux de braise, les faims de loup
les baisers dans le cou
le vent qui rend les amants fous
Je sais
Les aveux suspendus
à la bouche cousue
l’incendie des nuits blanches
la retenue qui flanche
La rivière des souhaits
sous le pont des soupirs
et le poids d’un sourire
sur l’arche des regrets
Je sais
Je sais le peu de gratitude
le poison de l’ennui
le désert de la solitude
et le froid qui détruit
La passion dans l’impasse
le mot blessant qui chasse
le mot doux qui retient
le regard qui s’éteint
Les “je t’aime”, “je te hais”
le mal, le bien que l’on s’est faits
sans même l’avoir jamais cherché
je sais l’aube désabusée
Je sais les mots de braise
aux lèvres qui se taisent
et la peur qui nous hante
et mes larmes brûlantes
Les appels au secours
les signaux de détresse
désespérant d’amour
et le vide qui oppresse
Je sais
le geste déplacé
tous les actes manqués
les mots qui dépassent la pensée
et les regards estomaqués
L’innocence des beaux jours
les promesses oubliées
les serments pour toujours
perdus à tout jamais
Je sais le feu qui passe
et le spleen qui revient
le bras qui nous enlace
et l’angoisse qui étreint
Mais je sais
Je sais les chagrins qui s’envolent
au retour du printemps
et les humeurs frivoles
sous le souffle du vent
Les frissons du désir
et le temps qui s’étire
comme un chat langoureux
comme un homme amoureux
- Jacques Higelin, Flâner Entre Les Intervalles
Capusa06
Que serai-je…
J’ai tant écrit pour toi les mots de mes silences
Les larmes retenues et celles que j’ai versées
J’ai tant lutté, nié cette folle attirance
Que j’ai laissé pour toi l’encre sur le papier
Que serai-je aujourd’hui, perdue dans ton absence
Aveugle à ne plus voir tes yeux où je me perds
Que serai-je sans toi ? Vaine mon existence,
Par les flots, ballottée ma bouteille à la mer.
J’ai tant écrit pour toi, je t’écrirai encore
Tant que mes doigts vaillants en battements de cœur
Rythmeront la cadence et que naîtra l’aurore
Je t’écrirai l’amour et le sens du bonheur.
J’ai tant écris pour toi les mots de mes silences
J’ai tant écrit pour toi
J’ai tant écrit
J’ai…
J’ai tant écrit,
J’ai lu et j’ai compris
Qu’au manque d’un amour,
Rien ne meurt,
Vient l’oubli.
Karmanda Maghi
