
Capusa06
Air vif
J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue
Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu
L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue
Je ne te quitterai plus.
Paul Eluard, Derniers poèmes d’amour (1962).
martinemdh
.....Malgré tout cauchemars et blessures
Les séparations les deuils les camouflets
Et tout ce qu’on voulait pourtant ce qu’on voulait
De toute sa croyance imbécile à l’azur
Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci.....
que la vie vaut la peine
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.....ARAGON
martinemdh
j'avais un mot sur le bout de ma langue
un tout petit mot
pas plus grand que ça
il ne voulait pas que je le dise
il avait peur de tomber
lassée ,j'ai crié :sors !!
grâce à un autre mot
moins couard
qui était à coté par hasard
mais le petit mot resta
sur le bout de la langue
alors ,je me suis dit:
d'accord laissons le là
faut toujours garder en soi
un mot qui n'obéira pas
delphinium29
LA NUIT (POESIE)
MACHAJOL - 8 juin 2020 09:55
La pénombre du monde inonde mappemonde
L'ombre du soir tombe rasant le paysage
Tout est calme et tranquille au-dessus du rivage
Volent les oiseaux noirs, leurs ailes frôlant l'onde
Là, comme un ostensoir, le palmier frémissant
Bouge son doux feuillage à l'ourlet de la nuit
Rêvant d'un rêve sage et puis, plus aucun bruit
En douces harmonies, s'effiloche le temps
Le clapotis de l'eau sous la lune argentée
Brillant en ses reflets, vient nous lécher les pieds
Quand les nues caressent, frissons du soir venu
Comme un vent frais au loin, une brise marine
Nous chante la chanson, d'un vaisseau au long cours
Dans les bruines fines, égaré pour toujours
Machajol
Une dame de quintonic .... pleine de talents
martinemdh
Le verre ou meurt cette verveine
d'un coup d'éventail fut fêlé
le coup dut effleurer à peine
aucun bruit ne l'a révélé
mais la légère meurtrissure
mordant le cristal chaque jour
d'une marche invisible et sure
en a fait lentement le tour
son eau fraiche a fuit goutte à goutte
le suc des fleurs s'est épuisé
personne encore ne s'en doute
n'y touchez pas il est brisé
souvent la main qu'on aime
effleurant le cœur le meurtrit
puis le cœur se fend de lui même
la fleur de son amour périt
toujours intact aux yeux du monde
il sent croitre et pleurer tout bas
sa blessure fine et profonde
il est brisé ,n'y touchez pas ....
.............................S .Prudhomme

Nelly
De grands nuages gris estompent l’horizon ;
Le soleil jette à peine un regard à la terre ;
Les feuilles et les fleurs roulent sur le gazon,
Et le torrent gonflé gronde comme un tonnerre.
Adieu le soir serein ! adieu le matin clair !
Adieu le frais ombrage ! adieu les folles courses !
Adieu les voix d’oiseaux qui se croisent dans l’air !
Adieu le gazouillis des buissons et des sources!
Les rayons de novembre - W. Chapman
hervé Nono
Non mais faut-il que je vous parle
avant de partir pour de bons horizons
de ce que j’ai vu un jour au détour
d’un chemin
en une campagne
bretonne entre deux arbres
qui étaient probablement des chênes
ou peut-être
des êtres nommés hêtres
en tout cas ce fût
à l’entrée d’un champ
à l’entrée dans un champ
comme on trouve en Bretagne
dans ses petits vallons
dans ses petits recoins
ou les gens vont pour se distraire
des dimanches aux matins
delphinium29
SOLO
Seigneur me voici c’est moi
je viens de petite Bretagne
mon havresac est lourd de rimes
de chagrins et de larmes
j’ai marché
Jusqu’à votre grand pays
ce fut ma foi un long voyage
trouvère
j’ai marché par les villes
et les bourgades
François Villon
dormait dans une auberge
à Montfaucon
dans les Ardennes des corbeaux
et des hêtres
Rimbaud interpellait les écluses
les canaux et les fleuves
Verlaine pleurait comme une veuve
dans un bistrot de Lorraine
Un morceau d'un poeme de XAVIER GRALL
nandocinqsix
"Nous ne dirons pas toutes les amours possibles
par les été finissants, les nuits impassibles .
Nous dirons les vins délivrant des rêves inouïs
dans la maison secrètes aux lucarnes éblouies,
qui apaiseront nos faims de chairs et d'âmes .
Tentons de modérer les élans et les flammes...
Qu'il nous suffise de la rurale harmonie
de cet vallée heureuse où, tendrement la pluie
épouse la futaie, et abreuve l'abreuvoir ... "
Xavier Grall , dans "Rires et pleurs de l'Aven", ensemble à Pont-Aven, devant un verre de Beaujolais nouveau , et par un temps maussade, entre copains ...
Manick
A quoi bon .....
A quoi bon vous le dire
Si ne m'écoutez pas,
Si vos yeux, votre rire
Recherchent encore là-bas
Celle qui semblait dire
"Je t'attends, je suis là ".
Quand l'aurez retrouvée
Rien n'existera plus
Que son rire, sa beauté,
Son petit sein menu .
Vous vous croirez sauvé ...
Hélas ! Elle vous a vu !
Et n'est plus revenue. 😒