UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

Naturelle33
L'essentiel est de lire beaucoup. N'importe quoi. Ce qu'on a envie de lire. Le tri se fait après. Et même la littérature stérilisante, la littérature prétentieuse, philosophisante, cuistre, est sans danger pour les enfants parce qu'ils ne peuvent pas pénétrer dedans. Ils la rejettent, comme ils tournent le bouton de la T.V. au moment des discours politiques. Ce sont des sages. René Barjavel
PHILOSOPHIE - PHILOSOPHE
Naturelle33
Le Cygne et le Cuisinier (La Fontaine)
Dans une ménagerie
De volatiles remplie
Vivaient le Cygne et l'Oison :
Celui-là destiné pour les regards du maître ;
Celui-ci, pour son goût : l'un qui se piquait d'être
Commensal du jardin, l'autre, de la maison.
Des fossés du CHÂTEAU faisant leurs galeries,
Tantôt on les eût vus côte à côte nager,
Tantôt courir sur l'onde, et tantôt se plonger,
Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies.
Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d'un coup,
Prit pour Oison le Cygne ; et le tenant au cou,
Il allait l'égorger, puis le mettre en potage.
L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage.
Le Cuisinier fut fort surpris,
Et vit bien qu'il s'était mépris.
"Quoi ? je mettrais, dit-il un tel chanteur en soupe !
Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe
La gorge à qui s'en sert si bien! "
Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
Le doux parler ne nuit de rien.
DANGER
coccinelle
AUX INFIDÈLES
À vous qui savez être belles,
Favorites du dieu d'amour ;
À vous, maîtresses infidèles,
Qu'on cherche et qu'on fuit tour à tour ;
Salut, tendre hommage, heureux jour,
Et surtout voluptés nouvelles !
Écoutez. Chacun à l'envi
Vous craint, vous adore, et vous gronde ;
Pour moi, je vous dis grand merci.
Vous seules de ce triste monde
Avez l'art d'égayer l'ennui ;
Vous seules variez la scène
De nos goûts et de nos erreurs :
Vous piquez au jeu les acteurs ;
Vous agacez les spectateurs
Que la nouveauté vous amène ;
Le tourbillon qui vous entraîne
Vous prête des appas plus doux ;
Le lendemain d'un rendez-vous
L'amant vous reconnaît à peine ;
Tous les yeux sont fixés sur vous,
Et n'aperçoivent que vos charmes ;
Près de vous naissent les alarmes ;
Les plaintes, jamais les dégoûts ;
En passant Caton vous encense ;
Heureux même par vos rigueurs,
Chacun poursuit votre inconstance ;
Et, s'il n'obtient pas des faveurs,
Il obtient toujours l'espérance.
Évariste de PARNY - (1778)
CHÂTEAU
rdbrdb
je me souviens des orages d'été, du tonnerre, des éclairs qui entaillaient sauvagement le ciel et l'illuminaient ce qui fascinait et terrorisait la petite fille ...
L'éclair illuminait la nuit ...
L'éclair illuminait la nuit de ses beaux feux,
A la vitre déjà retentissait l'orage,
Plein d'angoisse le temps rampait entre nous deux,
Et j'étais là pareil à quelque sombre image.
Tu te berçais au son de ta plaintive voix,
Mais j'osais supputer et ta faute et la mienne,
Et dans mon coeur, c'était comme une affreuse poix
Toute cette clarté de notre vie ancienne.
Va, le ciel peut m'étreindre en sa droite de fer,
Ton âme se montrer à sa Parque infidèle,
Mais fuyant le malheur et le cruel hiver,
Je n'imiterai pas l'étrangère hirondelle.
INFIDELE
Naturelle33
Deux citations de Saint Exupéry
Je découvre avec mélancolie que mon égoïsme n'est pas si grand puisque j'ai donné à autrui le pouvoir de me faire de la peine.
Bien sûr je te ferai mal. Bien sûr tu me feras mal. Bien sûr nous aurons mal. Mais ça, c’est la condition de l’existence. Se faire printemps, c’est prendre le risque de l’hiver. Se faire présent, c’est prendre le risque de l’absence… C’est à mon risque de peine que je connais ma joie.
JOIE - JOYEUX
coccinelle
[Citation de Lilas72500]Un petit oeil jaune
tout jaune
C'est la primevère
la première
Un petit oeil blanc
très franc
C'est la pâquerette
MIGNONNETTE
Un petit oeil bleu
malicieux
C'est le myosotis
tout fleuri
Un oeil de satin
quel malin
C'est la violette
qui me guette
PEINE[Fin de citation]Qui a écrit ce poème si frais et si léger ?
coccinelle
POUR M. LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD
Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux
Passait dans son esprit pour le plus beau du monde :
Il accusait toujours les miroirs d'être faux,
Vivant plus que content dans une erreur profonde.
Afin de le guérir, le sort officieux
Présentait partout à ses yeux
Les conseillers muets dont se servent nos dames :
Miroirs dans les logis, miroirs chez les marchands,
Miroirs aux poches des galants,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcisse ? Il se va confiner
Aux lieux les plus cachés qu'il peut s'imaginer,
N'osant plus des miroirs éprouver l'aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés :
Il s'y voit, il se fâche ; et ses yeux irrités
Pensent apercevoir une chimère vaine.
Il fait tout ce qu'il peut pour éviter cette eau ;
Mais quoi ? le canal est si beau
Qu'il ne le quitte qu'avec peine.
On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d'entretenir.
Notre âme, c'est cet homme amoureux de lui-même ;
Tant de miroirs, ce sont les sottises d'autrui,
Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes ;
Et quant au canal, c'est celui
Que chacun sait, le livre des Maximes.
L' homme et son image
Poèmes de Jean de La Fontaine
MIGNONNETTE
Naturelle33
Quelques vers de Antonio Machado
Une traduction de "Caminante no hay camino"
Voyageur, le chemin
sont les traces de tes pas
c'est tout ; voyageur
il n'y a pas de chemin
le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
et quand on tourne les yeux en arrière
on voit le sentier que jamais
on ne doit à nouveau fouler.
Voyageur, il n'est pas de chemin,
rien que des sillages sur la mer
Toi qui voyages, ce que tu crois être le chemin
ne sont que tes pas
rien d'autre
Toi qui voyage, de chemin il n'y a
le chemin naît en marchant
le chemin c'est tes pas qui le font
et lorsque tu te retournes
tu peux voir la sente
que plus jamais tu n'auras le droit de prendre
Toi qui voyage, de chemin il n'y a
rien de plus que des traces sur la mer
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et d'autres...
Tout passe et tout demeure Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer.........
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Mourir...tomber comme une goutte
de la mer dans la mer immense ?
Ou être ce que jamais je n'ai été :
seul sans ombre et sans songe,
un solitaire qui s'avance
sans chemin et sans miroir ?......
MIROIR
LILAS
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de MOTS
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
Les mains d'Elsa - Louis Aragon
CHEMIN
