UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

rdbrdb
Terre - lune, terre - lune
Ce soir j'ai mis mes ailes d'or
Dans le ciel comme un météore
Je pars.
Terre - lune, terre - lune
J'ai quitté ma vieille atmosphère
J'ai laissé les morts et les guerres
Au revoir.
Dans le ciel piqué de planètes
Tout seul sur une lune vide
Je rirai du monde stupide
Et des hommes qui font les bêtes.
Terre - lune, terre - lune
Adieu ma ville adieu mon cœur
Globe tout perclus de douleurs
Bonsoir.
Boris Vian
DESERTEUR
Naturelle33
(La nuit - Théodore de BANVILLE)
A cette heure où les cœurs, d'amour rassasiés,
Flottent dans le sommeil comme de blanches voiles,
Entends-tu sur les bords de ce lac plein d'étoiles
Chanter les rossignols aux suaves gosiers ?
Sans doute, soulevant les flots extasiés
De tes cheveux touffus et de tes derniers voiles,
Les coussins attiédis, les draps aux fines toiles
Baisent ton sein, fleuri comme un bois de rosiers ?
Vois-tu, du fond de l'ombre où pleurent tes pensées,
Fuir les fantômes blancs des pâles délaissées,
Moins pâles de la mort que de leur désespoir ?
Ou, peut-être, énervée, amoureuse et farouche,
Pieds nus sur le tapis, tu cours à ton miroir
Et des ruisseaux de pleurs coulent jusqu'à ta bouche.
MIROIR ??
rdbrdb
la bonne chienne
Les deux petits jouaient au fond du grand pacage ;
La nuit les a surpris, une nuit d'un tel noir
Qu'ils se tiennent tous deux par la main sans se voir :
L'opaque obscurité les enclôt dans sa cage.
Que faire ? les brebis qui paissaient en bon nombre,
Les chèvres, les cochons, la vache, la jument,
Sont égarés ou bien muets pour le moment,
Ils ne trahissent plus leur présence dans l'ombre.
Puis, la vague rumeur des mauvaises tempêtes
Sourdement fait gronder l'écho.
Mais la bonne chienne Margot
A rassemblé toutes les têtes
Du grand troupeau... si bien que, derrière les bêtes,
Chacun des deux petits lui tenant une oreille,
Tous les trois, à pas d'escargot,
Ils regagnent enfin, là-haut,
Le vieux seuil où la maman veille.
Maurice Rollinat.
OMBRE
Naturelle33
Tu es là
En face de moi
Dans la lumière de l'amour
Et moi
Je suis là
En face de toi
Avec la musique du bonheur
Mais ton ombre
Sur le mur
Guette tous les instants
De mes jours
Et mon ombre à moi
Fait de même
Épiant ta liberté
Et pourtant je t'aime
Et tu m'aimes
Comme on aime le jour et la vie ou l'étè
Mais comme les heures qui se suivent
Et ne sonnent jamais ensemble
Nos deux ombres se poursuivent
comme deux chiens de la même portée.......................
Les ombres - Prévert
CHIENS ?? ou ANIMAUX ??
rdbrdb
Si je te parle c'est pour mieux t'entendre
Si je t'entends je suis sûr de te comprendre
Si tu souris c'est pour mieux m'envahir
Si tu souris je vois le monde entier
Si je t'étreins c'est pour me continuer
Si nous vivons tout sera à plaisir
Si je te quitte nous nous souviendrons
En te quittant nous nous retrouverons
Certitude
Paul Eluard
J'adore Eluard je me suis fait offrir 6 volumes de Paul Eluard...
(dans "mon" 'je me souviens d'Hoplie '... il y avait Paul Eluard)
il a écrit des phrases sublimes ( en deux lignes toute un sujet de
médiation...)
"je ne sais plus
la place du bonheur vivant
Au bord de l'ombre sans ciel ni terre"
(les forces du mal)
Janine ... nous fait le plaisir de dire venir lire... mais peut écrire aussi...
OMBRE ???
Naturelle33
Prisonnier d'un bureau, je connais le plaisir
De goûter, tous les soirs, un moment de loisir.
Je rentre lentement chez moi, je me délasse
Aux cris des écoliers qui sortent de la classe ;
Je traverse un jardin, où j'écoute, en marchant,
Les adieux que les nids font au soleil couchant,
Bruit pareil à celui d'une immense friture.
Content comme un enfant qu'on promène en voiture,
Je regarde, j'admire, et sens avec bonheur
Que j'ai toujours la foi naïve du flâneur.
(François Coppée)
PLAISIR(S) ??
rdbrdb
, “À Peine Défigurée” (La vie immédiate, 1932)
Adieu tristesse,
Bonjour tristesse.
Tu es inscrite dans les lignes du plafond.
Tu es inscrite dans les yeux que j’aime
Tu n’es pas tout à fait la misère,
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire.
Bonjour tristesse.
Amour des corps aimables.
Puissance de l’amour
Dont l’amabilité surgit
Comme un monstre sans corps.
Tête désappointée.
Tristesse, beau visage
paul Eluard ....
Prévert ... Eluard .... ... Prévert... Eluard
mais .... j'ai traité adieu au singulier....
alors je remets ADIEUX au pluriel....
LILAS
Sonnet.
Une musique amoureuse
Sous les doigts d'un guitariste
S'est éveillée, un peu triste,
Avec la brise peureuse ;
Et sous la feuillée ombreuse
Où le jour mourant résiste,
Tourne, se lasse, et persiste
Une valse langoureuse.
On sent, dans l'air qui s'effondre,
Son âme en extase fondre ;
— Et parmi la vapeur rose
De la nuit délicieuse
Monte cette blonde chose,
La lune silencieuse.
Germain Nouveau.
ADIEUX
Naturelle33
Autrefois
Doucement follement rapidement paisiblement
heureusement et tristement
la musique jouait
la musique chantait
jouait et chantait des airs d'hier déjà nouveaux
et puis les déjà très vieux airs
d'un très vieil aujourd'hui
des airs de demain soir
et puis d'hier matin
Autrefois
la musique jouait
la musique chantait
et les joueurs et les chanteurs
jouaient avec
chantaient avec
étaient dedans
Autrefois la musique jouait
la musique chantait
gaiement et désespérément
simplement
Il n'y avait pas encore
de notes de solfège
ni de lettres d'alphabet
(Jacques Prévert - Autrefois)
Musique ?? Musical(e)...??
rdbrdb
- L'Horloge
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! "
Charles Baudelaire
le TEMPS (ou AUTREFOIS )
Naturelle33
Horloge d'où s'élançait l'heure
Vibrante en passant dans l'or pur,
Comme l'oiseau qui chante ou pleure
Dans un arbre où son nid est sûr,
Ton haleine égale et sonore
Dans le froid cadran ne bat plus :
Tout s'éteint-il comme l'aurore
Des beaux jours qu'à ton front j'ai lus ?
(Marceline DESBORDES-VALMORE)
HORLOGE ??
