UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

Naturelle33
Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle
une pomme pose
Face à face avec elle
un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
la pomme telle qu'elle est
mais Nature morte avec jarre et pommes 1919
elle ne se laisse pas faire
la pomme
elle a son mot à dire
et plusieurs tours dans son sac de pomme
la pomme
et la voilà qui tourne
dans une assiette réelle
sournoisement sur elle-même
doucement sans bouger
et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz
parce qu'on veut malgré lui tirer le portrait
la pomme se déguise en beau bruit déguisé
et c'est alors
que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la pomme sont contre lui....
(Prévert - Promenade de Picasso)
POMME ??
rdbrdb
Aucun spectacle de la nature, ni les flammes occidentales, ni la tempête dans les palmiers, ni la foudre, ni le mirage, ni les grands soulèvements des eaux ne semblent dignes d'étonnement à ceux qui ont vu dans leur bras la transfiguration de la femme.
Aphrodite (1929)
Pierre Louÿs
Le temps des mirages
de Denise Dubois-Jallais
Tu dis
Regarde les cheveux
Et c'est un arbre
Tu dis
Donne la lune
Pour manger
Tu dis
Je t'aime
Grand comme une maison
Tu prends les grains de café
Pour des chocolats
Le mimosa
Pour des oeufs durs
Les nuages
Pour des locomotives
Tu crois
Que les phares ont des yeux
Que les autos ont des oreilles
Que les chats parlent
Que les vaches existent
Seulement sur les gruyères.
.....................
Fleur de figuier remontent dans ma mémoire, des images de mirages...
mais il y a tant de formes de mirages...
..........................
LA REALITé ????????
Naturelle33
Le malheur avait mis
Les habits du mensonge
Ils étaient d’un beau rouge
Couleur du sang du cœur
Mais son cœur à lui était gris
Penché sur la margelle
Il me chantait l’amour
Sa voix grinçait comme la poulie
Et moi
Dans mon costume de vérité
Je me taisais et je riais
Et je dansais
Au fond du puits
Et sur l’eau qui riait aussi
La lune brillait contre le malheur
La lune se moquait de lui.
(Prévert)
PUITS ?
Naturelle33
Ici, le rocher, l'arbre et l'eau
Font pour mon œil ce qu'il convoite.
Tout ce qui luit, tremble ou miroite,
Forme un miraculeux tableau.
Sur le murmure qui se ouate
Le rossignol file un solo :
L'écorce blanche du bouleau
Met du mystique dans l'air moite.
A la fois légère et touffue
La lumière danse à ma vue
Derrière l'écran du zéphyr ;
Je m'attarde, et le soir achève
Avec de l'ombre et du soupir
La félicité de mon rêve.
(Maurice ROLLINAT)
RÊVE - RÊVER??
Naturelle33
Quand les gens vous prennent pour un monstre, il n'y a qu'une chose à faire : dépasser leurs attentes. David Homel
Leçon ancestrale, coutume venue de la nuit des temps : attendre infiniment, mais sans rien attendre de personne. Christian Bobin
Celui qui se tue se tue pour ne pas attendre de mourir. Miguel de Unamuno
Il y a des attentes discrètes qui apportent en intensité ce qu'elles négligent en assiduité. Robert Brisebois
NÉGLIGER - NÉGLIGENCE??
rdbrdb
JUIN
J’aime bien le mois de juin
C’est celui des cerises
Des longues journées sans fin
Aux douces soirées exquises
Très tôt dès le matin
Tous les oiseaux devisent
Et tard quand la nuit vient
Certains encore s’avisent
C’est temps des examens
Où les sérieux révisent
Et leurs moments malsains
Des attentes indécises
C’est tendres gazons coussins
Où la rosée irise
Les beaux serments divins
Des amants qui se bisent
Et puis au mois de juin
On pense à ses valises
Car très bientôt revient
L’heure des vacances promises
Robert Casanova
LES ATTENTES ATTENDRE
rdbrdb
LE NAVIRE AU PORT
Sonore et blond ainsi qu'une ruche au soleil,
Le port autour de nous riait au soir vermeil.
Des calfats amusaient, en se battant, la foule.
Mon navire roulait doucement à la houle,
Paisible sous les yeux du maître débarqué,
Et s'en venait parfois heurter le bord du quai,
Comme s'il eût gardé de son voyage immense
Un doux et long roulis qui toujours recommence.
C'était par un beau soir de juin ardent et las.
Le port enchevêtrait ses vergues et ses mâts,
Dans des poussières d'or lumineuses et vagues.
Les deux môles au loin s'allongeaient dans les vagues,
Comme, à l'heure où le vent va souffler plus amer
Deux vastes bras tendus aux passants de la mer.
Et cent vaisseaux, avec le flux et la marée,
Versant aux flots leur ombre agrandie et dorée,
Çà et là sur la mer resplendissante, épars,
Se hâtaient vers le port ami, de toutes parts.
Fernand Gregh
RUCHE
Naturelle33
Prévert fait partie de mes lectures favorites...
Je ne me lasse pas de le lire...
***
DUEL AU SOLEIL - Le choix du meilleur siège dans un avion est un problème cornélien. Il révèle des traits méconnus de notre personnalité. 60% préfèrent le hublot.
Côté hublot, il y a la vue mais on est un peu coincé: une place pour contemplatif. Côté couloir, on peut atteindre presto la sortie, mais on n'y voit à peu près rien: une place pour pragmatique.
Le voyageur du hublot aime prendre son temps, celui du couloir n'aime pas le perdre. Le premier savoure chaque instant de son périple, le second veut simplement arriver à bon port. S'asseoir volontairement près du hublot demande de l'organisation. Il faut s'y prendre à l'avance. Le voyageur insiste auprès de son agence: «Un siège côté hublot surtout, n'oubliez pas.» Ce passager-là est donc un rêveur, de ceux qui veulent être dans le ciel, vraiment dedans, le toucher ou presque. Le nez collé à la lucarne, il n'en perd pas une miette. Il implorerait même la voûte céleste que son voisin, côté couloir, ne lui demandera pas de baisser le rideau car le soleil le gêne. Gêné par le soleil? Quelle drôle d'idée!
………………………………
(Le Figaro - Laurence Caracalla)
PORT ??
rdbrdb
Couleurs de Paris, c'est le titre.
Couleur du temps, c'est la couleur de cet album et si l'oiseau bleu n'apparaît pas flgurativement, il est là tout de même,
il est là tout le temps.
Peter Cornélius a su le voir et nous le montre ingénument.
Parfois un enfant dans le gris d'un grenier, parmi les vieux vélos abandonnés, les poupées mutilées et scalpées et les toutes neuves toiles d'araignées, découvre un livre d'images poussiéreux et déchiré.
Et le livre est multicolore et l'enfant est émerveillé.
En découvrant Paris, Peter Cornélius est semblable à cet enfant.
Couleurs de Paris.
Couleurs d'une ville, couleurs éclatantes et nouvelles
pour le voyageur étranger.
Couleurs locales et journalières, couleurs effacées, oubliées
par le citadin fatigué-Couleurs de Paris, couleur du temps.
Couleur du temps fantôme, revenant et bien vivant inoubliable,
indifférent et insouciant.
Du temps intact, invulnérable, du temps errant imperturbablement dans la promiscuité de jadis, d'aujourd'hui même et de l'année dernière et des années prochaines et d'encore bien plus loin dans l'espace restreint où survivront peut-être encore les animaux humains.
- La couleur du temps! dit un passant qui passait, vous me faites bien rigoler, on n'a pas le temps d'y voir clair, on n'a pas le temps d'en parler, autant causer du soleil avec un citron pressé!
Couleur du temps.
Aujourd'hui l'homme, aux aguets derrière son pare-brise ou debout sur des clous entre deux pare-chocs, n'a plus d'yeux que pour deux couleurs, deux pauvres lueurs réglementaires : le rouge et le vert.
Et la foule exténuée, assise à la terrasse des cafés dans la zone blême ou bleue, sans mot dire, se regarde passer.
Un pick-up exotique et languissamment frénétique accompagne le ballet automatique, trépigné, motorisé. Et les vociférations policières ponctuées d'obsédants coups de sifflets règlent et dérèglent, avec un désarroi sagace et exemplaire, les transports en commun des grands troupeaux urbains.
Pourtant, éparpillés dans la ville, de mystérieux îlots déclarés insalubres, ou miraculeusement épargnés par les bulldozers, demeurent les silencieux et éloquents témoins d'un autrefois encore tout jeune et toujours calme et accueillant.
Couleurs de Paris.
Couleurs d'Utrillo, de Lautrec ou de Fernand Léger, quand la ville sans le savoir est un musée.
Couleurs de la photo en couleur si longtemps décriée par les amateurs éclairés.
Couleurs des palissades, des devantures, des portes et des fenêtres, des terrains vagues, des corridors.
Couleurs du mauvais goût mais du goût de la vie, couleurs du goût du jour et de la nuit.
Les peintres en bâtiment ne sont pas des peintres de la réalité.
Fraîche et violente, à l'instant même ou depuis des siècles craquelée, leur peinture les passants la voient comme en rêve sans jamais la regarder mais sur la cimaise des plus délabrés de ses murs et sans l'ombre d'une signature, elle n'a rien à envier aux innombrables et derniers chefs-d'œuvre de la néo-peinture informelle et haut cotée.
Couleurs de Paris.
Couleurs des Tuileries, de l'île Saint-Louis et du quai de la Mégisserie : gris tourterelle et gris de souris.
Couleurs du canal Saint-Martin : bleu d'outremer, d'outre-terre et du beau Danube bleu quand le Danube est bleu.
Couleurs de la gare Saint-Lazare à dix-huit heures un quart : gris acier, bleu de chauffe et noir de fumée.
Couleurs des quatre saisons de la rue Mouffetard à midi : rouge cerise, jaune citron, orange orange, vert pomme et rose radis.
Couleurs de Paris.
Les toits de l'Opéra sont verts, le Moulin-Rouge est rouge et Notre-Dame est grise et le Sacré-Cœur blanc.
Mais le Parisien ne voit plus ces couleurs, il est tout le temps dedans.
S'il feuillette cet album, sans doute il se retrouvera en pays de connaissance et peut-être sera-t-il très content.
Peter Cornélius n'a pas regardé la ville par le trou de la serrure touristique et la ville lui en a su gré, l'a pris amicalement par le bras et l'a emmené où bon et beau lui semblait.
- La caméra est une boîte à couleurs mais aussi la boîte de Pandore, a dit la ville.
« Implacables, indéniables, innombrables sont les images du malheur et de la misère.
« Celles-là, laisse-les dans le fond. Fais-moi plaisir, n'ouvre pas la boîte trop grand!
« Montre seulement ma joie de vivre, malgré mes peines, mes tourments. Montre mes jolies filles, mes enfants insouciants, ces enfants tout nouveaux sur des chevaux déjà anciens.
«Montre la femme au fichu noir et aux quatre chiens blancs et ces deux autres femmes, au pied de la tour Saint-Jacques, assises sur un banc, un lion de pierre veillant sur elles, l'une cousant, l'autre lisant.
« Et l'entrée de métro dix-neuf cent, toujours aussi moderne et plus jolie qu'avant. Et aussi la dernière fontaine Wallace, la brasserie des quatre femmes, qui portaient autrefois, pendu au bout d'une chaîne, un gobelet de fer-blanc.
« Montre aussi la rue de l'Ave-Maria et le jardin du Vert-Galant, l'impasse de la Petite-Boucherie et la rue de l'Échaudé aimée d'Alfred Jarry. Et le marché aux puces, aux fleurs et aux oiseaux. Et montre aussi, puisque tu y tiens, Saint-Germain-des-Prés et Montmartre la nuit.
« Comment pourrais-je t'en dissuader, j'ai été si longtemps la capitale du plaisir!
« Mais le plaisir a bien changé, autrefois ma gaieté était folle, maintenant elle est psychanalysée. Autrefois les lumières du soir me trouvaient belle et celles de la nuit me caressaient du regard. Aujourd'hui, crispantes et verdâtres, blafardes et vacillantes, elles me sautent aux yeux. À Montmartre, mon rouge à lèvres est livide, sur les crêpes flambées au mazout dansent les feux follets du néon et l'on dirait que la poularde demi-deuil sort du grill-room de l'Institut médico-légal.
«Heureusement la lune somnambule marche toujours sur mes toits. Et le spectre solaire quelquefois rit encore aux éclats.
« Et moi je ris pareil, j'ai le cœur trop sensible, la tête trop lucide pour pleurer trop longtemps. Et je chante toujours, c'est-à-dire très souvent. Pourtant on a chassé mes musiciens errants.
« Je n'ai pas été bâtie en un jour, je sais, on me l'a dit. Mais ce qu'on oublie d'ajouter, c'est que je pourrais bien un beau jour être détruite en une nuit.
« Où s'en iraient alors mes couleurs d'autrefois, mêlées aux dernières lueurs de mon temps d'aujourd'hui?»
Couleurs de Paris.
Peter Cornélius écoutait la ville et par elle se laissait guider.
Dans les squares, les enfants du printemps ramassaient les feuilles de l'automne, prospectus de l'hiver pour la grande saison de blanc. Et les écoliers bleus de la place des Vosges et les étudiants noirs du boulevard Saint-Michel attendaient les vacances, le soleil et l'été.
Peter Cornélius retournait en Allemagne et disait au revoir à Paris, comme moi je disais au revoir à Hambourg, une ville de son pays et qui m'avait émerveillé. Pourtant déjà les couleurs de la ville, c'étaient celles de la croix gammée.
Il y a déjà de cela vingt-huit années.
Couleurs de Paris.
Dans un chantier désert, une pauvre plante verte dans une pauvre caisse éventrée jette un cri de détresse, de soif.
Surgit alors la vieille femme à l'arrosoir, sœur de la vieille aux chats et du vieil homme aux moineaux. Et la plante reprend ses couleurs et lui crie un vert merci.
Couleurs de Paris,
de sa musique secrète, de sa détresse muette, de ses rêves heureux, de ses chants amoureux.
jacques Prévert
GRENIER ???
LILAS
FAIS LE TAIRE
Fais le taire
Fais le taire ce cœur
Ce n’est qu’une pompe
Il distille le noir et le bleu
Fais le taire ce cœur
Il verse des silences
Quand tes yeux gagnent les miens
Fais le taire
Fais le taire
Lui n’est qu’un atout
Il tutoie toujours des malheurs
Ou fais moi taire à moi
Comme il reste une saveur
De quand j’étais :
Un animal
Fais le taire ce cœur
Il dissèque des mirages
Il suppose des fleurs
Il louche de faux profits
Il s’amourache de peu
Il louvoie des ailleurs
Il couve des incendies
Fais le taire
Fais le taire ce cœur…
COULEUR
rdbrdb
“Quand une chose bonne a un inconvénient, il est d'ordinairement plus prudent d'ôter l'inconvénient que la chose.”
Montesquieu
“Où il y a un avantage, il y a nécessairement un inconvénient.”
Proverbe chinois
“Le mariage et le célibat ont tous deux des inconvénients ; il faut préférer celui dont les inconvénients ne sont pas sans remède.”
Chamfort
“Gouverner, c’est choisir entre deux inconvénients.”
Pierre Waldeck-Rousseau
“Ce que nous appelons progrès est le remplacement d'un inconvénient par un autre. ”
Henry Havelock Ellis
“La liberté de la presse présente des inconvénients. Mais moins que l'absence de liberté.”
François Mitterrand
“Rien ne marque tant le jugement solide d'un homme, que de savoir choisir entre les grands inconvénients.”
Cardinal de Retz
“Le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient.”
Albert Cohen
certes fleur de figuier vous aviez choisi "ailleurs" d'éviter toute citation politique,
mais manifestement toutes celles notées pour INCONVENIENT que vous proposez ici
nous ramènent à la politique....
Tout est politique, le moindre de nos choix : nos choix de consommer, nos choix de vacances... celui de parler comme celui de se taire...
TAIRE se taire
