UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

Naturelle33
(Le jeu - Baudelaire)
Dans des fauteuils fanés des courtisanes vieilles,
Pâles, le sourcil peint, l'oeil CÂLIN et fatal,
Minaudant, et faisant de leurs maigres oreilles
Tomber un cliquetis de pierre et de métal ;
Autour des verts tapis des visages sans lèvre,
Des lèvres sans couleur, des mâchoires sans dent,
Et des doigts convulsés d'une infernale fièvre,
Fouillant la poche vide ou le sein palpitant ;....
et une petite citation de Anne Barratin :
Le temps de la maladie est le temps de la grâce : le monde fuit, les pensées vaines s'éloignent, on en a fini avec les considérations humaines, Dieu nous parle, et la mort, de temps en temps, vient s'asseoir, câline, au pied de notre lit.
PENSÉES??
rdbrdb
Paresse
Debout, voluptueux, dans l’ombre où tu t’endors
Un clairon martial résonne et te convie.
Debout ton coeur, debout ta pensée asservie...
Ne faut-il pas que tu sois fort entre les forts ?
La volonté, lionne à l’indomptable essor,
Sous sa griffe superbe emporte au loin la vie,
Et s’irrite et triomphe et, belle inassouvie,
Rugit à l’avenir sur des dépouilles d’or !
Mais non, c’est la débauche en sa louche taverne,
Qui t’attise à ses yeux brûlés que le plomb cerne,
Et souffle en ricanant ton pur flambeau d’orgueil :
Ou bien c’est la câline et mortelle paresse,
Ensorceleuse pis qu’une vieille maîtresse
Qui te couche à son lit drapé comme un cercueil.
Albert Samain
CALIN CALINE !
Naturelle33
La vie est une aventure incertaine dans un paysage diffus aux limites en perpétuel mouvement, où les frontières sont toutes artificielles ; où tout peut s'achever et recommencer à chaque instant, ou prendre fin subitement, comme par un coup de hache inattendu, à tout jamais. Où la seule réalité absolue, compacte, indiscutable et définitive est la mort. Où nous ne sommes qu'un petit éclair entre deux nuits éternelles, où nous n'avons que bien peu de temps. Arturo Perez-Reverte
PAYSAGE??
Naturelle33
Jungfrau, le voyageur qui pourrait sur ta tête
S'arrêter, et poser le pied sur sa conquête,
Sentirait en son cœur un noble battement,
Quand son âme, au penchant de ta neige éternelle,
Pareille au jeune aiglon qui passe et lui tend l'aile,
Glisserait et fuirait sous le clair firmament.
Jungfrau, je sais un cœur qui, comme toi, se cache.
Revêtu, comme toi, d'une robe sans tache,
Il est plus près de Dieu que tu ne l'es du ciel.
Ne t'étonne donc point, ô montagne sublime,
Si la première fois que j'en ai vu la cime,
J'ai cru le lieu trop haut pour être d'un mortel.
(Musset)
MORTEL(LE) ??
alyde
Sur la plage
La plage étincelle, fume
Et retentit, vaste enclume
Que les vagues et le vent
Couvrent de bruit et d'écume.
Je vais, selon ma coutume,
Le long du galet mouvant,
Les yeux au large, rêvant
Quelque rêve décevant
Salé de fraîche amertume.
Avec leurs doux cris joyeux
Et leurs mines ingénues,
De beaux enfants, jambes nues,
Se mouillent à qui mieux mieux.
De loin, les suit et les gronde
Une vieille grand-maman.
Une jeune femme blonde
Lit toute seule un roman.
Les légères mousselines
Des nuages vagabonds
Se déchirent aux collines.
Les grandes vagues félines
Se cabrent, puis font des bonds.
Et je contemple l'abîme ;
Et je voudrais, âme et corps,
Me mêler aux longs accords
Qui roulent de cime en cime.
Émile BLÉMONT
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CIME ?
LILAS
Dernière danse
Oh ma douce souffrance
Pourquoi s’acharne tu r’commences
Je ne suis qu’un être sans importance
Sans lui je suis un peu « paro »
Je déambule seule dans le métro
Une dernière danse
Pour oublier ma peine immense
Je veux m’enfuir
Que tout r’commence
Oh ma douce souffrance
Je remue le ciel, le jour, la nuit
Je danse avec le vent, la pluie
Un peu d’amour, un brin de miel
Et je danse, danse, danse, danse
Danse, danse, danse
Et dans le bruit, je cours et j’ai peur
Est-ce mon tour ?
Revient la douleur…
Dans tout Paris, je m’abandonne
Et je m’envole, vole, vole, vole, vole, vole, vole
Que d’espérance…
Sur ce chemin en ton absence
J’ai beau trimer, sans toi ma vie
N’est qu’un décor qui brille, vide de sens
Je remue le ciel, le jour, la nuit
Je danse avec le vent, la pluie
Un peu d’amour, un brin de miel
Et je danse, danse, danse, danse
Danse, danse, danse
Et dans le bruit, je cours et j’ai peur
Est-ce mon tour ?
Revient la douleur…
Dans tout Paris, je m’abandonne
Et je m’envole, vole, vole, vole, vole, vole, vole
Dans cette douce souffrance
Dont j’ai payé toutes les offenses
Écoute comme mon coeur est immense
Je suis une enfant du monde
Je remue le ciel, le jour, la nuit
Je danse avec le vent, la pluie
Un peu d’amour, un brin de miel
Et je danse, danse, danse, danse
Danse, danse, danse
Et dans le bruit, je cours et j’ai peur
Est-ce mon tour ?
Revient la douleur…
Dans tout Paris, je m’abandonne
Et je m’envole, vole, vole, vole, vole, vole, vole ♪♫♪
Indila
Naturelle33
La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes. Jorge Luis Borges
La solitude, comme la nuit, a ses fantômes. Eugène Marbeau
Pour aimer, pour haïr, il faut se donner. Qui suis-je et qu'ai-je à donner, moi ? J'existe à peine, de tous les fantômes qui rôdent aujourd'hui dans la ville, aucun n'est plus fantôme que moi. Jean-Paul Sartre
L'insomnie, cette plaine désolée où les fantômes dansent lugubrement devant l'esprit. Anne Barratin
DANSE - DANSER??
LILAS
Le souvenir et l'espérance.
Sous le rapide vol du temps,
Déjà le cercle de l'année
Va se fermer dans peu d'instants !
Bientôt sa sœur nouvelle est née !
Devant nous s'ouvre l'avenir ;
Derrière, le passé, l'enfance ;
D'un côté c'est le souvenir,
Et de l'autre c'est l'espérance.
Les jours mauvais, les heureux jours,
Ceux qui s'en vont et ceux qui viennent,
Passent en se suivant toujours,
Et par la main toujours se tiennent ;
On veut en vain les retenir ;
Et le temps, pendant qu'il s'avance,
Laisse d'hier un souvenir,
Pour demain donne une espérance.
Le bonheur semble se cacher
En brillant de couleurs plus belles ;
Nous languissons à le chercher,
Car pour nous fuir il a des ailes ;
Même quand on croit le tenir,
Que pour le saisir on s'élance,
Ce n'est déjà qu'un souvenir,
Ou qu'une lointaine espérance.
Douces images des beaux jours,
Joyeux désirs de la jeunesse,
Soupirs des premières amours,
Rêves si doux de la tendresse,
Pureté qui savait s'unir
Aux ardeurs de l'adolescence
Hélas ! ce n'est qu'un souvenir ;
Vous n'êtes plus de l'espérance.
Il nous reste les nœuds du cœur,
La gloire, ardente rêverie,
Dans la famille le bonheur,
Et vers Dieu la part de Marie.
Oh ! prions-le de nous bénir,
Et marchons avec confiance !
Si nous avons beau souvenir,
Plus belle encore est l'espérance.
Henri Durand.
FANTOME
Naturelle33
Triste chose que se laisser endormir par des voix qui se feront muettes à nos oreilles quand celles-ci deviendront sourdes pour toujours ! Miguel de Unamuno
Le fanatique est un orateur, sourd comme un pot. Khalil Gibran
Où étaient les souvenirs purs? En presque tous se fondent les impressions d'autres époques qui s'y superposent et leur donnent une réalité différente. Il n'y a pas de souvenirs, c'est une autre vie revécue avec une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes. On n'inverse pas le sens du temps à moins de vivre les yeux fermés, les oreilles sourdes. Boris Vian
SOUVENIR (S) ??
alyde
PRETER L'OREILLE
"Mesdames et messieurs,
si vous voulez bien me prêter une oreille attentive..."
Quelle phrase!
Voulez-vous me prêter l'oreille?
Il paraît que quand on prête l'oreille,
on entend mieux.
C'est faux!
Il m'est arrivé de prêter l'oreille à un sourd,
il n'entendait pas mieux!
Il y a des phrases comme ça...
Par exemple, j'ai ouï dire qu'il y a des choses
qui entrent par une oreille
et qui sortent par l'autre.
Je n'ai jamais rien vu entrer par une oreille
et encore moins en sortir!
Il n'y a qu'en littérature qu'on voit ça.
Dans Rabelais, nous lisons que
Gargamelle a mis Gargantua au monde
par l'oreille gauche.
Ce qui sous-entend que par l'oreille droite...
il devait se passer des choses!
Des cris et des chuchotements!
De quoi vous faire dresser l'oreille!
Alors, on me dit:
- Mais monsieur, quand on parler de choses qui entrent
par une oreille et qui ressortent par l'autre,
on ne parle pas de choses vues
mais de choses entendues.
J'entends bien!
Un son peut entrer par une oreille
mais il n'en sort pas!
Par exemple, un air peut très bien entrer
dans le pavillon de l'oreille.
Une fois entré, il n'en sort plus!
Je prends un air au hasard,
un air qui me traverse... la tête:
Viens dans mon joli pavillon!
Eh bien, dès qu'il est entré dans le pavillon,
il n'en sort plus, c'est fini!
C'est ce qu'on appelle une rengaine.
Une rengaine, c'est un air qui commence
par vous entrer par une oreille
et qui finit par vous sortir par...
les yeux!
R. DEVOS
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SOURD
LILAS
Prière au sommeil
Somme, doux repos de nos yeux.
Aimé des hommes et des dieux,
Fils de la Nuit et du Silence,
Qui peux les esprits délier,
Qui fais les soucis oublier,
Endormant toute violence.
Approche, ô SOMMEIL désiré !
Las ! c'est trop longtemps demeuré :
La nuit est à demi passée,
Et je suis encore attendant
Que tu chasses le soin mordant,
Hôte importum de ma pensée.
Clos mes yeux, fais-moi sommeiller,
Je t'attends sur mon oreiller,
Où je tiens la tête appuyée :
Je suis dans mon lit sans mouvoir,
Pour mieux ta douceur recevoir,
Douceur dont la peine est noyée.
Hâte-toi, SOMMEIL, de venir :
Mais qui te peut tant retenir ?
Rien en ce lieu ne te retarde,
Le chien n'aboie ici autour,
Le coq n'annonce point le jour,
On n'entend point l'oie criarde.
Un petit ruisseau doux-coulant
A dos rompu se va roulant,
Qui t'invite de son murmure,
Et l'obscurité de la nuit,
Moite, sans chaleur et sans bruit,
Propre au repos de la nature.
Chacun hors que moi seulement,
Sent ore quelque allégement
Par le doux effort de tes charmes :
Tous les animaux travaillés
Ont les yeux fermés et sillés,
Seuls les miens sont ouverts aux larmes.
Si tu peux, selon ton désir,
Combler un homme de plaisir
Au fort d'une extrême tristesse,
Pour montrer quel est ton pouvoir,
Fais-moi quelque plaisir avoir
Durant la douleur qui m'oppresse.
Si tu peux nous représenter
Le bien qui nous peut contenter,
Séparé de longue distance,
Ô somme doux et gracieux !
Représente encore à mes yeux
Celle dont je pleure l'absence.
Que je voie encor ces soleils,
Ce lis et ces boutons vermeils,
Ce port plein de majesté sainte ;
Que j'entr'oie encor ces propos,
Qui tenaient mon coeur en repos,
Ravi de merveille et de crainte.
Le bien de la voir tous les jours
Autrefois était le secours
De mes nuits, alors trop heureuses ;
Maintenant que j'en suis absent,
Rends-moi par un songe plaisant
Tant de délices amoureuses.
Si tous les songes ne sont rien,
C'est tout un, ils me plaisent bien :
J'aime une telle tromperie.
Hâte-toi donc, pour mon confort;
On te dit frère de la Mort,
Tu seras père de ma vie.
Mais, las ! je te vais appelant,
Tandis la nuit en s'envolant
Fait place à l'aurore vermeille :
O Amour ! tyran de mon coeur,
C'est toi seul qui par ta rigueur
Empêches que je ne sommeille.
Hé ! quelle étrange cruauté !
Je t'ai donné ma liberté,
Mon coeur, ma vie, et ma lumière,
Et tu ne veux pas seulement
Me donner pour allégement
Une pauvre nuit tout entière ?
OREILLE
