UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

LILAS
Levez les yeux ! C'est moi qui passe sur vos têtes,
Diaphane et léger, libre dans le ciel pur ;
L'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes,
Je plonge et nage en plein azur.
Comme un mirage errant, je flotte et je voyage.
Coloré par l'aurore et le soir tour à tour,
Miroir aérien, je reflète au passage
Les sourires changeants du jour.
Le soleil me rencontre au bout de sa carrière
Couché sur l'HORIZON dont j'enflamme le bord ;
Dans mes flancs transparents le roi de la lumière
Lance en fuyant ses flèches d'or.
Quand la lune, écartant son cortège d'étoiles,
Jette un regard pensif sur le monde endormi,
Devant son front glacé je fais courir mes voiles,
Ou je les soulève à demi.
On croirait voir au loin une flotte qui sombre,
Quand, d'un bond furieux fendant l'air ébranlé,
L'ouragan sur ma proue inaccessible et sombre
S'assied comme un pilote ailé.
Dans les champs de l'éther je livre des batailles ;
La ruine et la mort ne sont pour moi qu'un jeu.
Je me charge de grêle, et porte en mes entrailles
La foudre et ses hydres de feu.
Sur le sol altéré je m'épanche en ondées.
La terre rit ; je tiens sa vie entre mes mains.
C'est moi qui gonfle, au sein des terres fécondées,
L'épi qui nourrit les humains.
Où j'ai passé, soudain tout verdit, tout pullule ;
Le sillon que j'enivre enfante avec ardeur.
Je suis onde et je cours, je suis sève et circule,
Caché dans la source ou la fleur.
Un fleuve me recueille, il m'emporte, et je coule
Comme une veine au cœur des continents profonds.
Sur les longs pays plats ma nappe se déroule,
Ou s'engouffre à travers les monts.
Rien ne m'arrête plus ; dans mon élan rapide
J'obéis au courant, par le désir poussé,
Et je vole à mon but comme un grand trait liquide
Qu'un bras invisible a lancé.
Océan, ô mon père ! Ouvre ton sein, j'arrive !
Tes flots tumultueux m'ont déjà répondu ;
Ils accourent ; mon onde a reculé, craintive,
Devant leur accueil éperdu.
En ton lit mugissant ton amour nous rassemble.
Autour des noirs écueils ou sur le sable fin
Nous allons, confondus, recommencer ensemble
Nos fureurs et nos jeux sans fin.
Mais le soleil, baissant vers toi son œil splendide,
M'a découvert bientôt dans tes gouffres amers.
Son rayon tout puissant baise mon front limpide :
J'ai repris le chemin des airs !
Ainsi, jamais d'arrêt. L'immortelle matière
Un seul instant encor n'a pu se reposer.
La Nature ne fait, patiente ouvrière,
Que dissoudre et recomposer.
Tout se métamorphose entre ses mains actives ;
Partout le mouvement incessant et divers,
Dans le cercle éternel des formes fugitives,
Agitant l'immense univers.
Le nuage
Poème de Louise Ackermann
INCONNU
LILAS
Le rossignol
C'était un soir du mois où les grappes sont mûres,
Et celle que je pleure était encore là.
Muette, elle écoutait ton chant sous les ramures,
Élégiaque oiseau des nuits, Philoméla !
Attentive, les yeux ravis, la bouche ouverte,
Comme sont les enfants au théâtre Guignol,
Elle écoutait le chant sous la frondaison verte,
Et moi je me sentis jaloux du ROSSIGNOL.
" Belle âme en fleur, lilas où s'abrite mon rêve,
Disais-je, laisse là cet oiseau qui me nuit.
Ah ! méchant coeur, l'amour est long, la nuit est brève ! "
Mais elle n'écoutait qu'une voix dans la nuit.
Alors je crus subir une métamorphose !
Et ce fut un frisson dont je faillis mourir.
Dans un être nouveau ma vie était enclose,
Mais j'avais conservé mon âme pour souffrir.
Un autre était auprès de la seule qui m'aime,
Et tandis qu'ils allaient dans l'ombre en soupirant,
Ô désespoir, j'étais le rossignol lui-même
Qui sanglotait d'amour dans le bois odorant.
Puis elle s'éloigna lentement, forme blanche
Au bras de mon rival assoupie à moitié ;
Et rien qu'à me voir seul et triste sur ma branche,
Les étoiles du ciel s'émurent de pitié.
Ce fut tout ; seulement, dès l'aurore prochaine
(Je n'ai rien oublié : c'était un vendredi)
Des enfants qui passaient virent au pied du chêne
Un cadavre d'oiseau déjà sec et roidi.
" Il est mort ! " dirent-ils, et, de son doigt agile,
L'un d'eux creusa ma fosse à l'ombre d'un roseau,
Et tout en refermant mes plumes sous l'argile,
Il priait le bon Dieu pour le petit oiseau.
SOUPIR
Naturelle33
“En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux.” Marc Audèle
Sache donc cette triste et rassurante chose
Que nul, Coq du matin ou Rossignol du soir,
N'a tout à fait le chant qu'il rêverait d'avoir !
Edmond Rostand
ROSSIGNOL
LILAS
J'y crois pas, je suis au sommet. Arrière, apprentis, je suis CEINTURE noire du flirt et le monde est mon dojo.
Comment je suis devenue celebre (malgre moi) - Robin Benway
Je touchai la garde du coutelas que je portais à ma CEINTURE et me souvins que tous les hommes avaient d'abord été des petits garçons et que les petits garçons avaient toujours exploré toutes sortes de chemins pour devenir des hommes.
Delivrance - James Dickey
MATIN
Naturelle33
Je remets ce poème de Marceline Desbordes-Valmore que j'aime beaucoup...
Les roses de Saadi
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la MER s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
CEINTURE
rdbrdb
Flots des mers
A Émile Bergerat.
Flots qui portiez la vie au seuil obscur des temps,
Qui la roulez toujours en embryons flottants
Dans le flux et reflux du primitif servage,
Eternels escadrons cabrés sur un rivage
Ou contre un roc, l'écume au poitrail, flots des mers,
Que vos bruits et leur rythme immortel me sont chers !
Partout où recouvrant récifs, galets de sables,
Escaladant en vain les bords infranchissables,
Vous brisez votre élan tout aussitôt repris,
Vous aurez subjugué les coeurs et les esprits.
L'ordre immémorial au même assaut vous lance,
Et vous n'aurez connu ni repos ni silence
Sur ce globe où chaque être, après un court effort,
Pour l'oublier se fait immobile et s'endort.
Enfanteurs de la nue éclatante ou qui gronde,
Flots des mers, ennemis de tous les caps du monde,
Vous leur jetez avec vos limons coutumiers
Son rêve et son histoire épars en des fumiers.
Dans vos sillons mouvants submergés par vos cimes
Vous ensevelissez et bercez vos victimes,
Ainsi qu'en le berçant vous poussez devant vous
L'animalcule aveugle éclos dans vos remous.
A tous les sols marins votre appel se répète.
Mais sous l'azur limpide ou pendant la tempête,
Doux murmure expirant sur la grève, ou fureur
Retentissante au fond des vieux gouffres d'horreur,
C'est à jamais un chant de détresse et de plainte.
Perpétuels martyrs refoulés dans l'étreinte,
Armée aux rangs serrés qui monte et qui descend,
Un désir est en vous qui se sait impuissant.
Que la nuit s'épaississe ou bien que le jour croisse,
Vous accourez de loin, vous rapportez l'angoisse,
Aux pieds de vos remparts certains vous revenez,
Et mêlez aux rumeurs des ans disséminés
Les soupirs inconnus, les voix de ceux qu'on pleure.
La vôtre est toujours jeune et seule ici demeure.
Messagers du chaos, damnés de l'action,
Serviteurs du secret de la création,
Votre spectacle auguste et sa vaste harmonie
Emouvront plus que tout la pensée infinie.
Nous n'aurons combattu qu'une heure ; incessamment,
Vous clamez dans l'espace un plus ancien tourment !
Ah ! n'est-il pas celui d'une âme emprisonnée
Qui, ne sachant pourquoi ni comment elle est née,
Le demande en battant les murs de l'horizon ?
Flots sacrés ! L'univers est encor la prison !
Nous avons beau fouiller et le ciel et la terre,
Tout n'est que doute, énigme, illusion, mystère.
CHANT
LILAS
À Mademoiselle A. H.
Le SILENCE est l'âme des choses
Qui veulent garder leur secret.
Il s'en va quand le jour paraît,
Et revient dans les couchants roses.
Il guérit des longues névroses,
De la rancune et du regret.
Le silence est l'âme des choses
Qui veulent garder leur secret.
À tous les parterres de roses
Il préfère un coin de forêt
Où la lune au rayon discret
Frémit dans les arbres moroses :
Le silence est l'âme des choses.
Maurice Rollinat.
FLOT(S)
LILAS
"Le mensonge dégrade la dignité de l'homme, il suppose dans celui qui l'emploie le dessein prémédité de vouloir tromper. De quel œil le menteur peut-il être regardé dans le monde par les gens sensé et raisonnables ? La hardiesse et l'effronterie reposent sur le front des menteurs. Le mensonge annonce un cœur faux dont il faut se méfier ; un honnête homme n'emprunte jamais son langage, dût-il même par-là arriver plus sûrement à ses fins, la délicatesse s'offense des moindres détours."
Citation de David Augustin de Brueys
