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L'enfant roi

gebest - 23 avril 2022 11:02

A une époque, je m’étais mis en couple avec une dame qui avait un garçon de 12 ans à charge. Aux dires même de sa mère, il s’agissait d’un enfant « à problèmes ». En effet, son comportement général était asocial, au point que l’ « aide sociale à l’enfance » lui avait offert les prestations d’un psychiatre et d’un psychologue chaque semaine. Il se bagarrait régulièrement avec ses camarades d’école et à la suite de plaintes des parents d’élèves, il avait été placé dans un établissement pour enfants difficiles. Il me détestait royalement et me provoquait aussi souvent que possible, ce qui était sans risque pour lui, puisqu’il savait que sa mère finirait toujours par prendre son parti. Il était absolument ingérable et toute sortie en publique, avec lui, était impossible.

Naturellement, la première question que j’ai posée à sa mère, concernait les raisons de ce comportement … quelles pouvaient être les raisons de ces dysfonctionnements ?
A ma grande surprise, les réponses obtenues étaient extrêmement floues et très variées … !
Il était peut-être hyperactif, mais il ne fallait pas lui donner de traitement car cela l’aurait « shooté » … il n’était pas vraiment identifié » en tant que surdoué, mais il avait néanmoins un fort « QI » … Il aurait été traumatisé par le comportement de son père (sans que je ne sache de quel comportement il s’était agit). Le psychiatre et le psychologue ne donnaient paraît-il aucun retour d’information aux parents par soucis de confidentialité … !

Je ne comprenais pas que le corps médical ne parvienne pas à poser un diagnostic sur son cas, et le manque de clarté des explications données m’interrogeait. Ceci jusqu’au jour ou mon amie m’a invité à déjeuner chez elle. Au moment de passer à table, elle appelle son fils (de 12 ans) et lui demande d’aller chercher un tire bouchon et d’ouvrir la bouteille de vin. Ça a fait « tilt » dans ma tête et j’ai réalisé d’un coup qu’elle lui donnait le rôle de l’homme, dans la sorte de couple qu’elle avait reformé avec lui depuis son divorce … elle lui donnait le rôle de son propre père !

Il était donc normal, dans ces conditions, qu’il me haïsse puisqu’il me considérait comme un concurrent. Il savait inconsciemment qu’il détenait le pouvoir (et la responsabilité qui va avec) de faire faire ce qu’il voulait à sa mère et cela pesait trop lourd sur ses épaules d’enfant de 12 ans. La provocation perpétuelle qu’il exerçait sur tout le monde avait pour but de susciter un cadre qui l’aurait rassuré. Malheureusement pour lui, sa mère agissait exactement à l’inverse de ce qu’il aurait fallu et pensait qu’il fallait toujours en « faire plus » pour lui et en faisait un véritable roi.

A l’issue de cette réflexion, je me suis trouvé face à un débat cornélien … je pensais détenir le « médicament » qui aurait pu sauver l’enfant, en révélant à sa mère les causes du problème, mais ce faisant, je risquais de perdre mon amie … !
C’est pourtant ce que j’ai fait … j’ai pris ma voix la plus douce et lui ai expliqué ma vision des choses. Elle a eu 30 secondes d’honnêteté et de clairvoyance et m’a répondu qu’elle ne pouvait accepter mon raisonnement car cela aurait signifié qu’elle était responsable de la situation … !
Quelques semaines après, elle a disparu en profitant d’un de mes déplacements professionnels … au bout de 4 ans de cohabitation.

Depuis cette époque, j’ai croisé plusieurs « enfants rois » … les symptômes sont toujours les mêmes et assez faciles à reconnaître. Ce qui est terrible est que ce problème est incurable car les parents qui créent cette situation sont généralement dans un déni absolu de leur comportement.
Je trouve que les « enfants rois » sont de plus en plus nombreux. Mon âge avancé me permet malheureusement de constater qu’une fois adultes, ces anciens « rois » ne supportent pas leur sortie de l’enfance qui les ramène brutalement au statut de personne ordinaire …

L'enfant roi

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gebest23 avril 2022 11:02

A une époque, je m’étais mis en couple avec une dame qui avait un garçon de 12 ans à charge. Aux dires même de sa mère, il s’agissait d’un enfant « à problèmes ». En effet, son comportement général était asocial, au point que l’ « aide sociale à l’enfance » lui avait offert les prestations d’un psychiatre et d’un psychologue chaque semaine. Il se bagarrait régulièrement avec ses camarades d’école et à la suite de plaintes des parents d’élèves, il avait été placé dans un établissement pour enfants difficiles. Il me détestait royalement et me provoquait aussi souvent que possible, ce qui était sans risque pour lui, puisqu’il savait que sa mère finirait toujours par prendre son parti. Il était absolument ingérable et toute sortie en publique, avec lui, était impossible.

Naturellement, la première question que j’ai posée à sa mère, concernait les raisons de ce comportement … quelles pouvaient être les raisons de ces dysfonctionnements ?
A ma grande surprise, les réponses obtenues étaient extrêmement floues et très variées … !
Il était peut-être hyperactif, mais il ne fallait pas lui donner de traitement car cela l’aurait « shooté » … il n’était pas vraiment identifié » en tant que surdoué, mais il avait néanmoins un fort « QI » … Il aurait été traumatisé par le comportement de son père (sans que je ne sache de quel comportement il s’était agit). Le psychiatre et le psychologue ne donnaient paraît-il aucun retour d’information aux parents par soucis de confidentialité … !

Je ne comprenais pas que le corps médical ne parvienne pas à poser un diagnostic sur son cas, et le manque de clarté des explications données m’interrogeait. Ceci jusqu’au jour ou mon amie m’a invité à déjeuner chez elle. Au moment de passer à table, elle appelle son fils (de 12 ans) et lui demande d’aller chercher un tire bouchon et d’ouvrir la bouteille de vin. Ça a fait « tilt » dans ma tête et j’ai réalisé d’un coup qu’elle lui donnait le rôle de l’homme, dans la sorte de couple qu’elle avait reformé avec lui depuis son divorce … elle lui donnait le rôle de son propre père !

Il était donc normal, dans ces conditions, qu’il me haïsse puisqu’il me considérait comme un concurrent. Il savait inconsciemment qu’il détenait le pouvoir (et la responsabilité qui va avec) de faire faire ce qu’il voulait à sa mère et cela pesait trop lourd sur ses épaules d’enfant de 12 ans. La provocation perpétuelle qu’il exerçait sur tout le monde avait pour but de susciter un cadre qui l’aurait rassuré. Malheureusement pour lui, sa mère agissait exactement à l’inverse de ce qu’il aurait fallu et pensait qu’il fallait toujours en « faire plus » pour lui et en faisait un véritable roi.

A l’issue de cette réflexion, je me suis trouvé face à un débat cornélien … je pensais détenir le « médicament » qui aurait pu sauver l’enfant, en révélant à sa mère les causes du problème, mais ce faisant, je risquais de perdre mon amie … !
C’est pourtant ce que j’ai fait … j’ai pris ma voix la plus douce et lui ai expliqué ma vision des choses. Elle a eu 30 secondes d’honnêteté et de clairvoyance et m’a répondu qu’elle ne pouvait accepter mon raisonnement car cela aurait signifié qu’elle était responsable de la situation … !
Quelques semaines après, elle a disparu en profitant d’un de mes déplacements professionnels … au bout de 4 ans de cohabitation.

Depuis cette époque, j’ai croisé plusieurs « enfants rois » … les symptômes sont toujours les mêmes et assez faciles à reconnaître. Ce qui est terrible est que ce problème est incurable car les parents qui créent cette situation sont généralement dans un déni absolu de leur comportement.
Je trouve que les « enfants rois » sont de plus en plus nombreux. Mon âge avancé me permet malheureusement de constater qu’une fois adultes, ces anciens « rois » ne supportent pas leur sortie de l’enfance qui les ramène brutalement au statut de personne ordinaire …

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Avatar cococinelle

cococinelle

24 avril 2022 07:02

Je comprends tout à fait cette analyse. J'ai un petit fils de 10 ans qui se comporte exactement de la même manière. Il fait des bêtises (mais ce n'est jamais lui, même si on le prend en flagrant délit !), il est désagréable avec tout le monde, fait des caprices dès que l'attention n'est pas entièrement sur lui, etc...
Et pourtant il a ses deux parents et une grande sœur. Je ne reconnais plus ma fille, je ne l'ai pas élevée comme ça !

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Avatar Joelle

Joelle

24 avril 2022 06:56

Bonjour à tous
Les enfants n ont pas tous les droits la frustration aide à grandir sinon cela fera des adultes malheureux on ne peut pas toujours avoir tout ce qu on veut dans la vie et ça cela s apprend petit en mettant des limites .
Donnons beaucoup d amour a nos petits écoutons rassurons mais ne laissons pas tout faire .

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Avatar catherine-

catherine-

24 avril 2022 06:10

Belle analyse, totalement exacte. Malheureusement, ce comportement est dans l'air du temps. La nouvelle éducation consiste pour beaucoup à laisser à l'enfant faire ce qu'il veut, et n'exercer aucune autorité qui risquerait de le "traumatiser", de ne rien lui imposer pour qu'il fasse ses choix. Mais un enfant sans vécu et ne comprenant pas tout, ne peut pas décider de tout.

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Avatar Martine492987

Martine492987

24 avril 2022 05:48

Bonjour.Les enfants de divorcés souffrent beaucoup.

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Avatar helene9434

helene9434

23 avril 2022 15:31

Cette dame n'a pas voulu vous expliquer pourquoi cet enfant avait été traumatisé par son père , c'est son droit, et peut-être était-elle elle-même encore traumatisée aussi. De plus il arrive que dans ce cas, la mère une fois seule avec l'enfant se sente un peu coupable d'avoir laissé le père agir contre son enfant (elle avait peur elle-aussi) et du coup ait tendance à le laisser faire un peu trop de choses pour "compenser" la tyrannie du père. Ce n'est pas du déni.
Ca n'explique pas tout bien sûr, mais c'est une des raisons. et évidemment ça ne s'applique pas à tous les enfants-rois, mais à certains cas bien particuliers comme celui-là semble-t-il.

je suis extrêmement étonnée que les psys n'aient pas donné d'explications à la mère : c'est normal pour un adulte, mais pas pour un enfant. Je penche plutôt pour le fait qu'elle n'ait pas voulu, là non plus, vous en donner la teneur.

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Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

23 avril 2022 12:59
Vieuxchat a écrit :
Oui, les parents (ou mères célibataires) sont coupables ! Je me suis retrouvé dans la même situation que vous, avec sa fille que j'avais adoptée...Celle-ci était odieuse, faisant ce qu'elle voulait, à grands coups de mensonges et de mauvaise foi...Et sa mère lui donnait toujours raison ! Des Dolto ont fait beaucoup de mal dans l'éducation des enfants, en en faisant des "rois", comme vous dites !

La vérité ne se trouve pas dans les livres, et encore moins la bonne façon d'élever un enfant !

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Avatar rdbrdb

rdbrdb

23 avril 2022 12:01

Il y a foison d'enfants auxquels on ne donne aucune limite... quand vous voyez alignés sur une seule étagère 20 ou 30 livres de pseudo psychologie ... craignez le pire... il ne faut pas museler l'esprit créateur des enfants, ne pas risquer de les faire douter d'eux... ne pas contrarier, afin qu'ils puissent s'expriment !!! je regarde tous ces petits génies, à prétendu haut potentiel !!!! (incompris des enseignants ah bon ?) je regarde ces petits "Attila", ... ils prennent effectivement le pouvoir, battent leurs soeurs, leurs mères... et tentent d'éjecter le père "du lit matrimonial" si ça marche, c'est gagné !!! alors les "beaux pères" ... !!! je m'émerveille toujours autant devant les enfants bien élevés... ... qui ont appris à dire bonjour, merci, à ne pas exploser lorsque quelque chose leur est refusé.... auxquels les parents osent expliquer qu'ils doivent patienter, attendre, qu'ils n'ont pas raison ... "parce que", qu'ils n'ont pas tous les droits... "parce que"

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

23 avril 2022 11:31

Oui, les parents (ou mères célibataires) sont coupables ! Je me suis retrouvé dans la même situation que vous, avec sa fille que j'avais adoptée...Celle-ci était odieuse, faisant ce qu'elle voulait, à grands coups de mensonges et de mauvaise foi...Et sa mère lui donnait toujours raison ! Des Dolto ont fait beaucoup de mal dans l'éducation des enfants, en en faisant des "rois", comme vous dites !

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