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Un peu long , mais je ne l’ai pas vu passer ….Source : Markus Wissmann / Shutterstock Les lignes que vous allez lire sont extraites du livre Les Mots de ma vie, écrit par Bernard Pivot en 2011. On y découvre un homme qui, visiblement, aurait préféré ne pas vieillir, mais qui accepte cette fatalité avec vigueur et fantaisie plutôt qu’avec tristesse et renoncement. Regardez :

franced - 17 décembre 2021 08:46

« J’aurais pu dire :
Vieillir, c’est désolant, c’est insupportable,
C’est douloureux, c’est horrible,
C’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant »
Parce que c’est un adjectif vigoureux
Qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.

Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.

On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien…. Même à soixante.

Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j’ai vu le regard des jeunes…..
Des hommes et des femmes dans la force de l’âge qui ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.

J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables.

Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge.

Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect », « En hommage respectueux », « Avec mes sentiments très respectueux ».

Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? Les cons !

Et du ‘cher Monsieur Pivot’ long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place…
J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. !!!… ?

– « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que ».
– Moi aussitôt : « Vous pensiez que ? »
– « Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. »
– « Parce que j’ai les cheveux blancs ? »
– « Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça a été un réflexe, je me suis levée. »
– « Je parais beaucoup… beaucoup plus âgé que vous ? »
– « Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge. »
– « Une question de quoi, alors ? »
– « Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois. »

J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.

Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir, tant qu’à faire, des heures exquises.
C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.

La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’Adagio du Concerto n° 23 en La majeur de Mozart, soit, du même, l’Andante de son Concerto n° 21 en Ut majeur,
musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés.
Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement.
Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années ? En mois ? En jours ?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge ?… Non, Mozart. »

Un peu long , mais je ne l’ai pas vu passer ….Source : Markus Wissmann / Shutterstock Les lignes que vous allez lire sont extraites du livre Les Mots de ma vie, écrit par Bernard Pivot en 2011. On y découvre un homme qui, visiblement, aurait préféré ne pas vieillir, mais qui accepte cette fatalité avec vigueur et fantaisie plutôt qu’avec tristesse et renoncement. Regardez :

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franced17 décembre 2021 08:46

« J’aurais pu dire :
Vieillir, c’est désolant, c’est insupportable,
C’est douloureux, c’est horrible,
C’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant »
Parce que c’est un adjectif vigoureux
Qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.

Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.

On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien…. Même à soixante.

Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j’ai vu le regard des jeunes…..
Des hommes et des femmes dans la force de l’âge qui ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.

J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables.

Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge.

Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect », « En hommage respectueux », « Avec mes sentiments très respectueux ».

Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? Les cons !

Et du ‘cher Monsieur Pivot’ long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place…
J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. !!!… ?

– « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que ».
– Moi aussitôt : « Vous pensiez que ? »
– « Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. »
– « Parce que j’ai les cheveux blancs ? »
– « Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça a été un réflexe, je me suis levée. »
– « Je parais beaucoup… beaucoup plus âgé que vous ? »
– « Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge. »
– « Une question de quoi, alors ? »
– « Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois. »

J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.

Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir, tant qu’à faire, des heures exquises.
C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.

La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’Adagio du Concerto n° 23 en La majeur de Mozart, soit, du même, l’Andante de son Concerto n° 21 en Ut majeur,
musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés.
Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement.
Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années ? En mois ? En jours ?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge ?… Non, Mozart. »

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Avatar François

François

18 décembre 2021 09:27
laura a écrit :
Bonjour,
oui,vrai,mais moi à la base je parlais de mon avis avec ce que dit Mr Pivot;
tout simplement,je ne trouve pas que vieillir soit"chiant".

Vieillir est "chiant" quand on n'est plus le centre du monde, et qu'on est livré à soi-même, ce qui est le cas de Mr Pivot.

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Avatar laura

laura

18 décembre 2021 09:26
laura a écrit :
Bonjour,
oui,vrai,mais moi à la base je parlais de mon avis avec ce que dit Mr Pivot;
tout simplement,je ne trouve pas que vieillir soit"chiant".

D'ailleurs je le dis à 12h 49 le 17 Décembre.

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laura

18 décembre 2021 09:21
François a écrit :
Je ne vois toujours pas le rapport. Désolé.
J'estime que Pivot s'exprime du haut de sa grandeur (justifiée) sur la vieillesse. Sa vie est suffisamment confortable pour justifier ce point de vue.
Les "sans grade" eux, qu'ils soient dans les stades ou ailleurs, ont moins de chance de finir leur vie dans un fauteuil en écoutant Mozart. Je pense notamment à ceux qui réclament la mort, cloués dans un lit d'hôpital et souhaiteraient que leur calvaire se termine au plus vite.

Bonjour,
oui,vrai,mais moi à la base je parlais de mon avis avec ce que dit Mr Pivot;
tout simplement,je ne trouve pas que vieillir soit"chiant".

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François

18 décembre 2021 09:15
laura a écrit :
Totalement vrai ce que vous dites.

Je ne vois toujours pas le rapport. Désolé.
J'estime que Pivot s'exprime du haut de sa grandeur (justifiée) sur la vieillesse. Sa vie est suffisamment confortable pour justifier ce point de vue.
Les "sans grade" eux, qu'ils soient dans les stades ou ailleurs, ont moins de chance de finir leur vie dans un fauteuil en écoutant Mozart. Je pense notamment à ceux qui réclament la mort, cloués dans un lit d'hôpital et souhaiteraient que leur calvaire se termine au plus vite.

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laura

17 décembre 2021 21:18
franced a écrit :
Mais ça n’est pas que lui qui remplit les stades , mais bien les sans grade !

Totalement vrai ce que vous dites.

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franced

17 décembre 2021 20:10
François a écrit :
Votre texte déborde du titre... Vous, la quintonicienne de longue date, vous ne l'avez pas remarqué ? C'est dommage car votre texte est intéressant, sans quoi, je n'y aurais pas répondu. J'ai fait juste une remarque sur votre présentation, mais vous êtes libre d'en faire ce que vous voulez.

c’est exactement le titre que je voulais , avec les indications et explications du texte

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François

17 décembre 2021 18:30
laura a écrit :
Bonsoir,
oui en effet sa grande émission évidemment "Apostrophe",et par contre oui "La Grande Librairie",il y a été invité.
Cordialement.

Entre animateur et invité, il y a une différence. Notamment dans le choix de la musique, puisque c'est là dessus que je vous ai répondu.

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François

17 décembre 2021 18:29
franced a écrit :
Donnez vous la peine de lire le texte et pas seulement le titre , en toute cordialité d’une quintonicienne de longue date

Votre texte déborde du titre... Vous, la quintonicienne de longue date, vous ne l'avez pas remarqué ? C'est dommage car votre texte est intéressant, sans quoi, je n'y aurais pas répondu. J'ai fait juste une remarque sur votre présentation, mais vous êtes libre d'en faire ce que vous voulez.

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franced

17 décembre 2021 16:34
François a écrit :
Je ne vois pas le rapport avec Pivot.

Je ne faisais que reprendre votre remarque à son sujet

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franced

17 décembre 2021 16:18
François a écrit :
@franced
Petite remarque en passant (non désobligeante) : veillez à copier votre texte dans le corps de l'annonce et non dans le titre. Erreur de débutante ?

Donnez vous la peine de lire le texte et pas seulement le titre , en toute cordialité d’une quintonicienne de longue date

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Avatar laura

laura

17 décembre 2021 16:03
François a écrit :
En tous cas, la musique du générique d'Apostrophe était de Rachmaninov. Quant à la Grande Librairie elle n'a jamais été présentée par Pivot.

Bonsoir,
oui en effet sa grande émission évidemment "Apostrophe",et par contre oui "La Grande Librairie",il y a été invité.
Cordialement.

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François

17 décembre 2021 15:08

@franced
Petite remarque en passant (non désobligeante) : veillez à copier votre texte dans le corps de l'annonce et non dans le titre. Erreur de débutante ?

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François

17 décembre 2021 15:06
laura a écrit :
Bonjour,
Mr Pivot et ses émissions "Apostrophe" "La Grande Librairie" que je regardais régulièrement,c'était top.Le fait d'aimer lire faisait de lui un incontournable.
Ensuite ce que je retiens de lui ses émissions littéraires,le reste sa vision de vieillir ,chacun à la sienne.
Oui le temps passe trop vite,apprécier les jours ,les moments,savourer le temps.
Ensuite ,Mozart?bien,mais je préfère Bach.Un bon présentateur ,voilà ce que je retiens de lui,je n'ai pas creusé plus dans sa vie.

En tous cas, la musique du générique d'Apostrophe était de Rachmaninov. Quant à la Grande Librairie elle n'a jamais été présentée par Pivot.

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François

17 décembre 2021 15:01
franced a écrit :
Mais ça n’est pas que lui qui remplit les stades , mais bien les sans grade !

Je ne vois pas le rapport avec Pivot.

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François

17 décembre 2021 15:00
Pinocchio31 a écrit :
Vous faites erreur François
Bernard Pivot né à Lyon et paradoxalement supporter de saint-Etienne comme moi ...

Possible, en tout cas c'était un abonné du Parc des Princes... Pour voir Saint Etienne se faire écraser par le PSG ?

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