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LE COIT des atomes

Albert - 19 février 2025 14:00

Lorsqu'il y en a, je cite toujours mes sources. Ceci m'amène à préciser que le poème qui suit n'est pas de moi car je crains d'être lynché.
Ceci dit, j'avoue n'avoir pu trouver dans quelle rubrique le classer. Mais j'ai préféré "Amour et sexualité" tant le sujet est érotique.
Début de citation:

Rien n’était. Le Néant s’étalait dans la nuit.
Nul frisson n’annonçait un monde qui commence.
Sans forme, sans couleur, sans mouvement, sans bruit,
Les germes confondus flottaient dans l’ombre immense.

Le froid stérilisait les espaces sans fin :
L’essence de la vie et la source des causes
Sommeillaient lourdement dans le chaos divin.
L’âme de Pan nageait dans la vapeur des choses.

L’originelle Mort, d’où l’univers est né,
Engourdissait dans l’œuf l’innommable matière ;
Et sans force, impuissant, le Verbe consterné
Pesait dans l’infini son œuvre tout entière.

Soudain, sous l’œil de Dieu qui regardait, sans but,
Frémit une lueur vague de crépuscule.
L’atome vit l’atome : il bougea. L’amour fut ;
Et du premier Coït naquit la molécule.

Or l’Esprit, stupéfait de ces accouplements
Qui grouillaient dans l’abîme insondé du désordre,
Vit, dans la profondeur des nouveaux firmaments,
D’infimes embryons se chercher et se tordre.

Pleins de lenteur pénible et d’efforts caressants,
Les corps erraient, tournaient et s’accrochaient, sans nombre
L’amour inespéré subtilisait leurs sens ;
La lumière naissait des frottements de l’ombre.

Et les astres germaient. Ô splendeur ! Ô matins !
Chaudes affinités des êtres et des formes !
Les soleils s’envolaient sur les orbes lointains,
Entraînant par troupeaux les planètes énormes.

Des feux tourbillonnants fendaient l’immensité,
Et les sphères en rut roulaient leurs masses rondes ;
Leurs flancs brûlés d’amour et de fécondité
Crachaient à pleins volcans le sperme ardent des mondes.

Puis les éléments lourds s’ordonnaient, divisés :
Les terres s’habillaient de roches et de plantes ;
L’air tiède enveloppait les globes de baisers,
Et les mers aux flots bleus chantaient leurs hymnes lentes.

C’est alors, qu’au milieu du monde épais et brut,
Debout, fier, et criant l’éternelle victoire,
Chef-d’œuvre de l’amour, l’Être Vivant parut !
Et Dieu sentit l’horreur d’être seul dans sa gloire.

Fin de citation

Auteur: Le Sire de Chambley
Le Coït des Atomes
La Légende des sexes, poèmes hystériques

LE COIT des atomes

Avatar Albert

Albert19 février 2025 14:00

Lorsqu'il y en a, je cite toujours mes sources. Ceci m'amène à préciser que le poème qui suit n'est pas de moi car je crains d'être lynché.
Ceci dit, j'avoue n'avoir pu trouver dans quelle rubrique le classer. Mais j'ai préféré "Amour et sexualité" tant le sujet est érotique.
Début de citation:

Rien n’était. Le Néant s’étalait dans la nuit.
Nul frisson n’annonçait un monde qui commence.
Sans forme, sans couleur, sans mouvement, sans bruit,
Les germes confondus flottaient dans l’ombre immense.

Le froid stérilisait les espaces sans fin :
L’essence de la vie et la source des causes
Sommeillaient lourdement dans le chaos divin.
L’âme de Pan nageait dans la vapeur des choses.

L’originelle Mort, d’où l’univers est né,
Engourdissait dans l’œuf l’innommable matière ;
Et sans force, impuissant, le Verbe consterné
Pesait dans l’infini son œuvre tout entière.

Soudain, sous l’œil de Dieu qui regardait, sans but,
Frémit une lueur vague de crépuscule.
L’atome vit l’atome : il bougea. L’amour fut ;
Et du premier Coït naquit la molécule.

Or l’Esprit, stupéfait de ces accouplements
Qui grouillaient dans l’abîme insondé du désordre,
Vit, dans la profondeur des nouveaux firmaments,
D’infimes embryons se chercher et se tordre.

Pleins de lenteur pénible et d’efforts caressants,
Les corps erraient, tournaient et s’accrochaient, sans nombre
L’amour inespéré subtilisait leurs sens ;
La lumière naissait des frottements de l’ombre.

Et les astres germaient. Ô splendeur ! Ô matins !
Chaudes affinités des êtres et des formes !
Les soleils s’envolaient sur les orbes lointains,
Entraînant par troupeaux les planètes énormes.

Des feux tourbillonnants fendaient l’immensité,
Et les sphères en rut roulaient leurs masses rondes ;
Leurs flancs brûlés d’amour et de fécondité
Crachaient à pleins volcans le sperme ardent des mondes.

Puis les éléments lourds s’ordonnaient, divisés :
Les terres s’habillaient de roches et de plantes ;
L’air tiède enveloppait les globes de baisers,
Et les mers aux flots bleus chantaient leurs hymnes lentes.

C’est alors, qu’au milieu du monde épais et brut,
Debout, fier, et criant l’éternelle victoire,
Chef-d’œuvre de l’amour, l’Être Vivant parut !
Et Dieu sentit l’horreur d’être seul dans sa gloire.

Fin de citation

Auteur: Le Sire de Chambley
Le Coït des Atomes
La Légende des sexes, poèmes hystériques

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Avatar Mimi

Mimi

20 février 2025 11:49

Poème aux accents bibliques, lyriques, érotiques, hystériques au sens propre du terme et finalement métaphoriques de la Vie... Bravo à Edmond Haraucourt!
La fusion des corps est bien éphémère et nous rend bien solitaires, une fois terminée... Mais l'amour? Chers amis quintoniciens, lisez le poème "L'amour" de Khalil Gibran et laissez-vous emporter ! ☺ 😍 💖

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Avatar avoriaz

avoriaz

20 février 2025 06:32

magnifique poème !

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Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

19 février 2025 15:14

La fusion des atomes, comme pour notre soleil, libère une énergie, amoureuse terrible pour les Dames,
La fusion des corps, étant secondaire par rapport à la fusion des coeurs..

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