Le Syndicat de la magistrature à la Fête de l’Huma : remous dans la justice

- 13 septembre 2023 08:40

La participation du Syndicat de la magistrature à cette grand-messe de la gauche, du 15 au 17 septembre, suscite de nombreuses réactions dans le corps judiciaire. Le syndicat défend sa liberté.

La chanteuse Angèle, le DJ Martin Solveig, l'incontournable rappeur (aux tweets antisémites) Médine et… le Syndicat de la magistrature (SM) : telles sont les principales « têtes d'affiche » de l'édition 2023 de la Fête de l'Huma, organisée le week-end du 15 au 17 septembre sur l'ancienne base aérienne 217 du Plessis-Pâté (Essonne). Si le Syndicat des avocats de France (SAF) y a ses habitudes, la participation d'une organisation de magistrats à cet événement qui, chaque deuxième week-end de septembre, marque traditionnellement la rentrée politique de la gauche et de l'extrême gauche, constitue une première.

Une sacrée première car le SM ne se contentera pas d'y faire de la figuration. Ses cadres et militants y auront, au contraire, un copieux agenda, participant tour à tour, durant ces trois jours, à un débat sur la justice en présence d'élus de la Nupes, à une table ronde sur « les violences policières », à un « procès fictif » de comparutions immédiates, à un débat sur « la répression du mouvement social et sur les dissolutions », à une autre table ronde sur la justice des mineurs et, pour finir, à un grand débat au titre évocateur : « La question sécuritaire ou l'ordre qui déborde. » Le SM et le SAF feront par ailleurs stand commun, durant tout le week-end.

Fondé en 1968, après les événements de mai, deuxième organisation syndicale du corps judiciaire – derrière l'Union syndicale des magistrats (USM) et devant Unité-Magistrats FO –, le Syndicat de la magistrature revendique « une indépendance absolue ». Mais il n'a jamais fait mystère de son positionnement à gauche, voire à l'extrême gauche, « inscrivant [son] action dans le mouvement social pour faire entendre une autre voix, pour une autre justice », selon sa charte.

Une participation « très dommageable »

Si elle ne nous apprend rien sur son ancrage politique et idéologique, sa participation à la Fête de l'Huma sème le trouble au sein de la magistrature, y compris chez les juges qui se revendiquent du même bord. « Je suis choquée, et je ne suis pas la seule », confie au Point cette conseillère de la cour d'appel de Paris. « Certes, la Fête de l'Huma a toujours accueilli des artistes de tous horizons, mais les magistrats ne sont pas des chanteurs. Et l'on peut s'interroger sur les effets que la participation de nos collègues à cet événement aura sur l'image du corps judiciaire, image déjà passablement dégradée et que tente d'abîmer, en permanence, une partie de la classe politique. Ce type d'initiative alimente le soupçon sur une prétendue politisation des juges et c'est très regrettable », se désole encore ce magistrat du siège, qui parle d'« initiative inappropriée ». […]

Source : Nicolas Bastuck – Le Point, 13/09/2023

Le Syndicat de la magistrature à la Fête de l’Huma : remous dans la justice

13 septembre 2023 08:40

La participation du Syndicat de la magistrature à cette grand-messe de la gauche, du 15 au 17 septembre, suscite de nombreuses réactions dans le corps judiciaire. Le syndicat défend sa liberté.

La chanteuse Angèle, le DJ Martin Solveig, l'incontournable rappeur (aux tweets antisémites) Médine et… le Syndicat de la magistrature (SM) : telles sont les principales « têtes d'affiche » de l'édition 2023 de la Fête de l'Huma, organisée le week-end du 15 au 17 septembre sur l'ancienne base aérienne 217 du Plessis-Pâté (Essonne). Si le Syndicat des avocats de France (SAF) y a ses habitudes, la participation d'une organisation de magistrats à cet événement qui, chaque deuxième week-end de septembre, marque traditionnellement la rentrée politique de la gauche et de l'extrême gauche, constitue une première.

Une sacrée première car le SM ne se contentera pas d'y faire de la figuration. Ses cadres et militants y auront, au contraire, un copieux agenda, participant tour à tour, durant ces trois jours, à un débat sur la justice en présence d'élus de la Nupes, à une table ronde sur « les violences policières », à un « procès fictif » de comparutions immédiates, à un débat sur « la répression du mouvement social et sur les dissolutions », à une autre table ronde sur la justice des mineurs et, pour finir, à un grand débat au titre évocateur : « La question sécuritaire ou l'ordre qui déborde. » Le SM et le SAF feront par ailleurs stand commun, durant tout le week-end.

Fondé en 1968, après les événements de mai, deuxième organisation syndicale du corps judiciaire – derrière l'Union syndicale des magistrats (USM) et devant Unité-Magistrats FO –, le Syndicat de la magistrature revendique « une indépendance absolue ». Mais il n'a jamais fait mystère de son positionnement à gauche, voire à l'extrême gauche, « inscrivant [son] action dans le mouvement social pour faire entendre une autre voix, pour une autre justice », selon sa charte.

Une participation « très dommageable »

Si elle ne nous apprend rien sur son ancrage politique et idéologique, sa participation à la Fête de l'Huma sème le trouble au sein de la magistrature, y compris chez les juges qui se revendiquent du même bord. « Je suis choquée, et je ne suis pas la seule », confie au Point cette conseillère de la cour d'appel de Paris. « Certes, la Fête de l'Huma a toujours accueilli des artistes de tous horizons, mais les magistrats ne sont pas des chanteurs. Et l'on peut s'interroger sur les effets que la participation de nos collègues à cet événement aura sur l'image du corps judiciaire, image déjà passablement dégradée et que tente d'abîmer, en permanence, une partie de la classe politique. Ce type d'initiative alimente le soupçon sur une prétendue politisation des juges et c'est très regrettable », se désole encore ce magistrat du siège, qui parle d'« initiative inappropriée ». […]

Source : Nicolas Bastuck – Le Point, 13/09/2023

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Avatar janine33

janine33

13 septembre 2023 15:55

Tout cela est navrant .
Les juges veulent faire la loi alors qu’ ils ne sont chargés que de l’appliquer . Les citoyens honnêtes ont le ressenti que la pression judiciaire s’ingénie à relaxer les coupables plus qu’à les punir . La police , vu l’incurie du résultat , a probablement tendance à prendre un «circuit court ». Ce n’est pas son rôle .

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Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

13 septembre 2023 13:19

Le terme "inapproprié" est mis à toutes les sauces, alors que leur contenu varie , selon que c'est DSK qui l'utilise comme on sait, ou l'un des syndicats de fonctionnaires irresponsables devant les citoyens qui en dépendent . Ne connaissant pas la question, je m'en tiens à la lettre du texte .

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

13 septembre 2023 11:02

Oui la NUPES est très friande d'enfoncer les portes ouvertes

Cordialement

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