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« Tout était réuni pour donner libre cours à la mégalomanie de Poutine »

Pimaly - 6 mars 2022 05:41

L’ex-patron de la DGSE Bernard Bajolet analyse la guerre en Ukraine.

Ambassadeur de France, Bernard Bajolet, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017, fut aussi coordonnateur national du renseignement et représentant français, aux pires moments, dans de nombreux pays en guerre (Bosnie-Herzégovine, Irak, Afghanistan). Il se penche sur le pouvoir russe et la guerre en Ukraine.

Le Point : Quelle analyse votre longue expérience de diplomate et de directeur de la DGSE vous inspire-t-elle s'agissant de la guerre en Ukraine ?

Bernard Bajolet : Ce que l'on n'a pas bien perçu, c'est que l'idée de reconstituer la Grande Russie était présente chez Vladimir Poutine depuis longtemps. L'Europe s'est laissé chloroformer par la longue période de paix qu'elle a connue. Elle a voulu croire que la politique de la canonnière appartenait au XIXe siècle. C'est Poutine qui l'a réveillée en l'appelant aux réalités.

LP - L'Europe a réagi. Elle n'était pas en mesure de le faire voici 10 jours…

BB - C'est vrai ! L'Europe s'est étonnée elle-même en découvrant, par touches successives, sa force enfouie. Elle s'est montrée capable de devenir une réalité politique, mais, hélas, faute d'avoir anticipé la situation que nous connaissons aujourd'hui, pas encore une réalité militaire, sinon de façon symbolique et largement potentielle. Il n'existe sur notre continent qu'une seule armée ayant une véritable expérience de combat, c'est l'armée française. L'armée allemande – je l'ai vu moi-même en Bosnie, puis en Afghanistan – n'a pas le même profil, pour les raisons historiques que tout le monde connaît. Olaf Scholz [le chancelier allemand, NDLR] vient d'amorcer un virage extrêmement important pour l'avenir, virage auquel il faut cependant œuvrer pour qu'il s'inscrive dans un cadre européen.

LP - Comment expliquer que Vladimir Poutine soit passé à l'attaque ?

BB - La nostalgie de l'ancien empire russe ou soviétique et l'envie de le rétablir hantaient Poutine peut-être depuis sa prise de fonction. Mais des facteurs externes, internes et psychologiques ont pu lui donner le sentiment qu'il était désormais possible d'en faire une réalité : sur le plan externe, le contexte international lui est apparu mûr. Même s'il est moins cuisant qu'on ne le dit souvent, le revers américain en Irak a pu se lire a posteriori. L'expansion de l'influence iranienne et la création du soi-disant État islamique en ont été deux sous-produits. En Afghanistan, le retrait américain, devenu inévitable, a pris des allures de déroute. Entre-temps, il y avait eu la Syrie et la honteuse reculade d'Obama après l'utilisation avérée par le régime de Bachar el-Assad de l'arme chimique contre son propre peuple. Accessoirement, je regrette encore de ne pas avoir fait assez entendre ma voix à l'époque : à mes yeux, la France aurait pu agir seule. Elle en avait les moyens… Si vous ajoutez à cela, sur le long terme, le sentiment d'un désengagement américain en Europe, et notre continent désarmé, jusque-là inconscient, et qui s'est laissé dépendre de la Russie pour son approvisionnement énergétique, vous aviez tous les ingrédients pour donner libre cours à la mégalomanie de Poutine.

LP - Des facteurs internes aussi, dites-vous ?

BB - Oui, car, en vingt-deux ans de pouvoir, Vladimir Poutine a renforcé son emprise personnelle, faisant taire toute opposition, réduisant à néant tout contre-pouvoir, soumettant la Douma, devenue simple chambre d'enregistrement, et inspirant la peur jusqu'à ses plus proches collaborateurs. La scène où on le voit, dans l'immense salle Sainte-Catherine du Kremlin, seul derrière un bureau, à 15 mètres des membres du Conseil de sécurité, humiliant l'un d'entre eux est symbolique de la distance qu'il veut mettre avec ces personnalités. La crainte du Covid ne suffit pas à l'expliquer. Même les tsars mettaient moins de distance avec leurs sujets. Poutine n'écoute plus personne et cet isolement le rend sans doute dangereux.

LP - Mais Emmanuel Macron continue de communiquer avec lui…

BB - Oui, et il a raison car il est un de ses rares contacts extérieurs et qu'il peut encore lui parler franchement. Mais on voit bien que son interlocuteur s'est enfermé dans une sorte d'autisme, où il n'entend que ses propres arguments. Les tentatives pour lui ouvrir les yeux et le convaincre glissent comme l'eau sur les plumes du canard !

LP - Comment percevez-vous les raisons évoquées de son intervention ?

BB - Elles me rendent perplexe. Quand j'entends parler de « dénazification » de l'Ukraine et de ses dirigeants, paradoxalement, le souvenir historique qui me vient à l'esprit, c'est la propagande du IIIe Reich qui a fait porter aux communistes la responsabilité de l'incendie du Reichstag en 1933 ! N'oublions ni l'Anschluss [l'annexion de l'Autriche en mars 1938, NDLR] ni l'invasion des Sudètes germanophones en Tchécoslovaquie quelques jours plus tard : la guerre actuelle en Ukraine, après la Géorgie et la Crimée, leur ressemble quand même d'une certaine façon.

LP - Vous avez été au contact de l'appareil de sécurité russe entourant Vladimir Poutine. Qu'en avez-vous pensé ?

BB - J'ai rencontré à plusieurs reprises, dans le cadre de fonctions antérieures, certains collaborateurs du président russe. L'ancien président de la Douma Sergueï Narychkine, devenu directeur du SVR [service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie, NDLR] en 2016, est cet homme que l'on a vu pétrifié et tremblant devant Poutine sous le regard des caméras de télévision. Contrairement au président, il est issu d'une grande famille de Saint-Pétersbourg et s'avérait être en privé un interlocuteur parfaitement civilisé, admirateur de la culture française. Ces jours-ci, il a commis une déclaration d'une incroyable violence. A-t-il voulu se dédouaner d'éventuels soupçons de tiédeur à son égard ? A-t-il été contraint de la faire ?
Quant à Alexandre Bortnikov, le patron du FSB [service des renseignements intérieurs de Russie), il recevait lui aussi avec courtoisie. Mais, en allant le voir, place Loubianka, je n'oubliais jamais qu'au sous-sol de l'immeuble où il m'accueillait des milliers d'opposants avaient été torturés et exécutés du temps de la Tchéka,puis du NKVD. Et que peut-être les prédécesseurs de mon interlocuteur recevaient eux aussi leurs visiteurs étrangers avec le sourire. À ces collègues je disais combien j'étais impressionné par le talent tactique de leur président, mais pas par ses objectifs stratégiques, qui me laissaient sceptique. Je m'étonnais, entre autres, de ce que je percevais depuis longtemps comme la vassalisation de la Russie par la Chine. : « La Russie est en Europe. Pourquoi ne s'en rapproche-t-elle pas ? À défaut, et quand elle le voudra, la Chine ne fera qu'une bouchée de vous. » Avec le recul, je me demande si mes interlocuteurs se trouvaient seulement en capacité de transmettre un tel message à leur patron.

LP - Qu'en tirez-vous comme conclusion s'agissant de Vladimir Poutine ?

BB - Je m'inquiète surtout du danger que peut représenter pour la paix du monde une personnalité aussi isolée, qui a perdu l'habitude de rencontrer des obstacles et dont on peut se demander si elle peut encore agir de façon rationnelle. Il faut quand même oser, quand on commet une agression aussi manifeste, menacer quiconque s'y opposerait du feu nucléaire ! Et celui qui a le doigt sur le bouton nucléaire est cet homme seul, derrière ses murs de brique crénelés, qui n'écoute plus personne. Il faut espérer que le tir contre la centrale nucléaire de Zaporijia, qui a provoqué un incendie dans la nuit du 3 au 4 mars, était vraiment accidentel ! Dans le cas contraire, on ne serait plus dans le registre de la dissuasion, mais dans celui de la terreur d'État. Certains, mais espérons qu'ils exagèrent, vont jusqu'à évoquer un Dr Folamour dans une Russie où le peuple serait réduit au silence. Il est vrai que la majorité des Russes n'a pas accès à l'Internet et que son bas niveau de vie lui impose des préoccupations très immédiates. Ils sont touchés par la fibre nationaliste agitée par Poutine. L'intelligentzia n'est pas dans ce cas : elle est au courant des nouvelles du monde, mais elle se trouve paralysée.

LP - Les sanctions économiques prises contre la Russie pourront-elles changer cette situation ?

BB - L'Europe a réagi par vagues successives avec une certaine dose d'improvisation dans une situation inédite, mais avec une rare réactivité, une détermination tout aussi inédite et une unité qu'il faut saluer, en dépit de nuances bien naturelles. Poutine a sans doute été surpris par la vigueur de la réaction occidentale, mais aussi mondiale, comme par la résistance des Ukrainiens, alors que l'armée russe a montré certaines faiblesses. Maintenant, quelles cartouches l'Europe possède-t-elle encore ? Sa dépendance énergétique à l'égard de la Russie peut être réduite, mais pas supprimée à court terme. En revanche, le contexte actuel offre une opportunité sans précédent pour relancer une Europe de la défense, l'aspect le plus délicat étant évidemment l'articulation qu'il conviendra d'établir avec l'Otan, au moins dans un premier temps.

LP - Combien de temps Volodymyr Zelensky peut-il tenir le coup ?

BB - Personne ne le sait. À cet égard, l'évacuation de l'ambassade de France vers Lviv était sans doute inévitable, mais elle ne donne pas un bon signal. Si les Russes veulent mettre en place un régime fantoche à Kiev, celui-ci pourra-t-il tenir, même avec les chars russes ? À moins que la Russie ne cherche à annexer que la partie orientale de l'Ukraine. Enfin, j'observe que la Chine a apporté à Poutine un soutien ambigu en s'abstenant à l'ONU, à la fois au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale, sur les résolutions qui ont déploré l'agression russe. Pékin a, en effet, toujours mis en avant le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, avec en arrière-plan le Tibet et le Xinjiang. La vigueur de la réaction européenne et mondiale peut aussi donner à réfléchir à Pékin, même si Taïwan n'est pas l'Ukraine. Peut-on compter sur Xi Jinping pour modérer Poutine alors que lui-même s'installe dans un pouvoir fort et adopte un profil plus agressif ? Quoi qu'il en soit, il est important de lui parler, à lui aussi.

Propos recueillis par Jean Guisnel – Le Point, 05/03/2022

« Tout était réuni pour donner libre cours à la mégalomanie de Poutine »

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Pimaly6 mars 2022 05:41

L’ex-patron de la DGSE Bernard Bajolet analyse la guerre en Ukraine.

Ambassadeur de France, Bernard Bajolet, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017, fut aussi coordonnateur national du renseignement et représentant français, aux pires moments, dans de nombreux pays en guerre (Bosnie-Herzégovine, Irak, Afghanistan). Il se penche sur le pouvoir russe et la guerre en Ukraine.

Le Point : Quelle analyse votre longue expérience de diplomate et de directeur de la DGSE vous inspire-t-elle s'agissant de la guerre en Ukraine ?

Bernard Bajolet : Ce que l'on n'a pas bien perçu, c'est que l'idée de reconstituer la Grande Russie était présente chez Vladimir Poutine depuis longtemps. L'Europe s'est laissé chloroformer par la longue période de paix qu'elle a connue. Elle a voulu croire que la politique de la canonnière appartenait au XIXe siècle. C'est Poutine qui l'a réveillée en l'appelant aux réalités.

LP - L'Europe a réagi. Elle n'était pas en mesure de le faire voici 10 jours…

BB - C'est vrai ! L'Europe s'est étonnée elle-même en découvrant, par touches successives, sa force enfouie. Elle s'est montrée capable de devenir une réalité politique, mais, hélas, faute d'avoir anticipé la situation que nous connaissons aujourd'hui, pas encore une réalité militaire, sinon de façon symbolique et largement potentielle. Il n'existe sur notre continent qu'une seule armée ayant une véritable expérience de combat, c'est l'armée française. L'armée allemande – je l'ai vu moi-même en Bosnie, puis en Afghanistan – n'a pas le même profil, pour les raisons historiques que tout le monde connaît. Olaf Scholz [le chancelier allemand, NDLR] vient d'amorcer un virage extrêmement important pour l'avenir, virage auquel il faut cependant œuvrer pour qu'il s'inscrive dans un cadre européen.

LP - Comment expliquer que Vladimir Poutine soit passé à l'attaque ?

BB - La nostalgie de l'ancien empire russe ou soviétique et l'envie de le rétablir hantaient Poutine peut-être depuis sa prise de fonction. Mais des facteurs externes, internes et psychologiques ont pu lui donner le sentiment qu'il était désormais possible d'en faire une réalité : sur le plan externe, le contexte international lui est apparu mûr. Même s'il est moins cuisant qu'on ne le dit souvent, le revers américain en Irak a pu se lire a posteriori. L'expansion de l'influence iranienne et la création du soi-disant État islamique en ont été deux sous-produits. En Afghanistan, le retrait américain, devenu inévitable, a pris des allures de déroute. Entre-temps, il y avait eu la Syrie et la honteuse reculade d'Obama après l'utilisation avérée par le régime de Bachar el-Assad de l'arme chimique contre son propre peuple. Accessoirement, je regrette encore de ne pas avoir fait assez entendre ma voix à l'époque : à mes yeux, la France aurait pu agir seule. Elle en avait les moyens… Si vous ajoutez à cela, sur le long terme, le sentiment d'un désengagement américain en Europe, et notre continent désarmé, jusque-là inconscient, et qui s'est laissé dépendre de la Russie pour son approvisionnement énergétique, vous aviez tous les ingrédients pour donner libre cours à la mégalomanie de Poutine.

LP - Des facteurs internes aussi, dites-vous ?

BB - Oui, car, en vingt-deux ans de pouvoir, Vladimir Poutine a renforcé son emprise personnelle, faisant taire toute opposition, réduisant à néant tout contre-pouvoir, soumettant la Douma, devenue simple chambre d'enregistrement, et inspirant la peur jusqu'à ses plus proches collaborateurs. La scène où on le voit, dans l'immense salle Sainte-Catherine du Kremlin, seul derrière un bureau, à 15 mètres des membres du Conseil de sécurité, humiliant l'un d'entre eux est symbolique de la distance qu'il veut mettre avec ces personnalités. La crainte du Covid ne suffit pas à l'expliquer. Même les tsars mettaient moins de distance avec leurs sujets. Poutine n'écoute plus personne et cet isolement le rend sans doute dangereux.

LP - Mais Emmanuel Macron continue de communiquer avec lui…

BB - Oui, et il a raison car il est un de ses rares contacts extérieurs et qu'il peut encore lui parler franchement. Mais on voit bien que son interlocuteur s'est enfermé dans une sorte d'autisme, où il n'entend que ses propres arguments. Les tentatives pour lui ouvrir les yeux et le convaincre glissent comme l'eau sur les plumes du canard !

LP - Comment percevez-vous les raisons évoquées de son intervention ?

BB - Elles me rendent perplexe. Quand j'entends parler de « dénazification » de l'Ukraine et de ses dirigeants, paradoxalement, le souvenir historique qui me vient à l'esprit, c'est la propagande du IIIe Reich qui a fait porter aux communistes la responsabilité de l'incendie du Reichstag en 1933 ! N'oublions ni l'Anschluss [l'annexion de l'Autriche en mars 1938, NDLR] ni l'invasion des Sudètes germanophones en Tchécoslovaquie quelques jours plus tard : la guerre actuelle en Ukraine, après la Géorgie et la Crimée, leur ressemble quand même d'une certaine façon.

LP - Vous avez été au contact de l'appareil de sécurité russe entourant Vladimir Poutine. Qu'en avez-vous pensé ?

BB - J'ai rencontré à plusieurs reprises, dans le cadre de fonctions antérieures, certains collaborateurs du président russe. L'ancien président de la Douma Sergueï Narychkine, devenu directeur du SVR [service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie, NDLR] en 2016, est cet homme que l'on a vu pétrifié et tremblant devant Poutine sous le regard des caméras de télévision. Contrairement au président, il est issu d'une grande famille de Saint-Pétersbourg et s'avérait être en privé un interlocuteur parfaitement civilisé, admirateur de la culture française. Ces jours-ci, il a commis une déclaration d'une incroyable violence. A-t-il voulu se dédouaner d'éventuels soupçons de tiédeur à son égard ? A-t-il été contraint de la faire ?
Quant à Alexandre Bortnikov, le patron du FSB [service des renseignements intérieurs de Russie), il recevait lui aussi avec courtoisie. Mais, en allant le voir, place Loubianka, je n'oubliais jamais qu'au sous-sol de l'immeuble où il m'accueillait des milliers d'opposants avaient été torturés et exécutés du temps de la Tchéka,puis du NKVD. Et que peut-être les prédécesseurs de mon interlocuteur recevaient eux aussi leurs visiteurs étrangers avec le sourire. À ces collègues je disais combien j'étais impressionné par le talent tactique de leur président, mais pas par ses objectifs stratégiques, qui me laissaient sceptique. Je m'étonnais, entre autres, de ce que je percevais depuis longtemps comme la vassalisation de la Russie par la Chine. : « La Russie est en Europe. Pourquoi ne s'en rapproche-t-elle pas ? À défaut, et quand elle le voudra, la Chine ne fera qu'une bouchée de vous. » Avec le recul, je me demande si mes interlocuteurs se trouvaient seulement en capacité de transmettre un tel message à leur patron.

LP - Qu'en tirez-vous comme conclusion s'agissant de Vladimir Poutine ?

BB - Je m'inquiète surtout du danger que peut représenter pour la paix du monde une personnalité aussi isolée, qui a perdu l'habitude de rencontrer des obstacles et dont on peut se demander si elle peut encore agir de façon rationnelle. Il faut quand même oser, quand on commet une agression aussi manifeste, menacer quiconque s'y opposerait du feu nucléaire ! Et celui qui a le doigt sur le bouton nucléaire est cet homme seul, derrière ses murs de brique crénelés, qui n'écoute plus personne. Il faut espérer que le tir contre la centrale nucléaire de Zaporijia, qui a provoqué un incendie dans la nuit du 3 au 4 mars, était vraiment accidentel ! Dans le cas contraire, on ne serait plus dans le registre de la dissuasion, mais dans celui de la terreur d'État. Certains, mais espérons qu'ils exagèrent, vont jusqu'à évoquer un Dr Folamour dans une Russie où le peuple serait réduit au silence. Il est vrai que la majorité des Russes n'a pas accès à l'Internet et que son bas niveau de vie lui impose des préoccupations très immédiates. Ils sont touchés par la fibre nationaliste agitée par Poutine. L'intelligentzia n'est pas dans ce cas : elle est au courant des nouvelles du monde, mais elle se trouve paralysée.

LP - Les sanctions économiques prises contre la Russie pourront-elles changer cette situation ?

BB - L'Europe a réagi par vagues successives avec une certaine dose d'improvisation dans une situation inédite, mais avec une rare réactivité, une détermination tout aussi inédite et une unité qu'il faut saluer, en dépit de nuances bien naturelles. Poutine a sans doute été surpris par la vigueur de la réaction occidentale, mais aussi mondiale, comme par la résistance des Ukrainiens, alors que l'armée russe a montré certaines faiblesses. Maintenant, quelles cartouches l'Europe possède-t-elle encore ? Sa dépendance énergétique à l'égard de la Russie peut être réduite, mais pas supprimée à court terme. En revanche, le contexte actuel offre une opportunité sans précédent pour relancer une Europe de la défense, l'aspect le plus délicat étant évidemment l'articulation qu'il conviendra d'établir avec l'Otan, au moins dans un premier temps.

LP - Combien de temps Volodymyr Zelensky peut-il tenir le coup ?

BB - Personne ne le sait. À cet égard, l'évacuation de l'ambassade de France vers Lviv était sans doute inévitable, mais elle ne donne pas un bon signal. Si les Russes veulent mettre en place un régime fantoche à Kiev, celui-ci pourra-t-il tenir, même avec les chars russes ? À moins que la Russie ne cherche à annexer que la partie orientale de l'Ukraine. Enfin, j'observe que la Chine a apporté à Poutine un soutien ambigu en s'abstenant à l'ONU, à la fois au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale, sur les résolutions qui ont déploré l'agression russe. Pékin a, en effet, toujours mis en avant le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, avec en arrière-plan le Tibet et le Xinjiang. La vigueur de la réaction européenne et mondiale peut aussi donner à réfléchir à Pékin, même si Taïwan n'est pas l'Ukraine. Peut-on compter sur Xi Jinping pour modérer Poutine alors que lui-même s'installe dans un pouvoir fort et adopte un profil plus agressif ? Quoi qu'il en soit, il est important de lui parler, à lui aussi.

Propos recueillis par Jean Guisnel – Le Point, 05/03/2022

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Avatar rdbrdb

rdbrdb

6 mars 2022 17:35

Merci Pimaly,
n'étant plus abonnée à aucun quotidien ou hebdo... je ne peux pas toujours lire en entier certains articles "réservés aux abonnés" ......

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Avatar kunzite

kunzite

6 mars 2022 15:22
marylou77 a écrit :
bah oui, certains injectes ont compris la supercherie n ont pas pris la dose troisieme , du aux problemes de sante qu ils ont eu

C'est vraiment une obsession chez vous, vous êtes capable de vous intéresser à un autre sujet ?

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Avatar Claude-

Claude-

6 mars 2022 13:45

Très bon résumé

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

6 mars 2022 13:16
marylou77 a écrit :
bah oui, certains injectes ont compris la supercherie n ont pas pris la dose troisieme , du aux problemes de sante qu ils ont eu

Ben oui et alors ,,,où est le problème
Les gens n’ont jamais été vaccinés de force ...

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Avatar marylou77

marylou77

6 mars 2022 13:12
hervé Nono a écrit :
Ben oui ils s’éveillent en même temps que les mesures sanitaires sont levées,,,😅

bah oui, certains injectes ont compris la supercherie n ont pas pris la dose troisieme , du aux problemes de sante qu ils ont eu

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Avatar marylou77

marylou77

6 mars 2022 13:07
Adalbert a écrit :
Aucun.
( sauf celui, indirect, évoqué par Hélène ... )

exact

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Avatar Adalbert

Adalbert

6 mars 2022 12:28
kunzite a écrit :
Quel rapport avec le sujet proposé ?

Aucun.
( sauf celui, indirect, évoqué par Hélène ... )

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

6 mars 2022 12:26
marylou77 a écrit :
les cerveaux fondent de plus en plus et ceci depuis mars 2020
Chacun s exprime sur le sujet et c est son droit , les échanges divergents permettront d aller vers la lumière
Preuve en est de plus en plus de gens s éveillent sur ce que nous vivons depuis mars 2020
Et ça c est beau

Ben oui ils s’éveillent en même temps que les mesures sanitaires sont levées,,,😅

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Avatar helene9434

helene9434

6 mars 2022 12:10
kunzite a écrit :
Quel rapport avec le sujet proposé ?

Attaquer une fois de plus Pimaly sans avoir l'air d'y toucher pour ne pas être taxer d'injure caractérisée
(exactement comme dire "pour être con c'est con" sans traiter de con la personne que l'on vise...)

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Avatar kunzite

kunzite

6 mars 2022 12:03
marylou77 a écrit :
les cerveaux fondent de plus en plus et ceci depuis mars 2020
Chacun s exprime sur le sujet et c est son droit , les échanges divergents permettront d aller vers la lumière
Preuve en est de plus en plus de gens s éveillent sur ce que nous vivons depuis mars 2020
Et ça c est beau

Quel rapport avec le sujet proposé ?

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Avatar marylou77

marylou77

6 mars 2022 11:02
zoepivoine a écrit :
Bonjour, pourquoi ces agressions ? Pimaly nous propose de lire un article paru dans un journal, sans commentaire. Elle appelle donc ceux qui ne sont pas d'accord avec ce contenu à argumenter et à poser l'acquiescement ou l'opposition. Il ne s'agit pas de querelles de personnes mais d'exposer des arguments . Il n'y a que comme cela qu'on pourra approcher la vérité. Ce ne sont pas les invectives ni la réduction au silence qui fera avancer la recherche de vérité et la construction. Au contraire soyons heureux que Pimaly nous donne à réfléchir. Bonne journée. Véronique

les cerveaux fondent de plus en plus et ceci depuis mars 2020
Chacun s exprime sur le sujet et c est son droit , les échanges divergents permettront d aller vers la lumière
Preuve en est de plus en plus de gens s éveillent sur ce que nous vivons depuis mars 2020
Et ça c est beau

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Avatar zoepivoine

zoepivoine

6 mars 2022 09:22

Bonjour, pourquoi ces agressions ? Pimaly nous propose de lire un article paru dans un journal, sans commentaire. Elle appelle donc ceux qui ne sont pas d'accord avec ce contenu à argumenter et à poser l'acquiescement ou l'opposition. Il ne s'agit pas de querelles de personnes mais d'exposer des arguments . Il n'y a que comme cela qu'on pourra approcher la vérité. Ce ne sont pas les invectives ni la réduction au silence qui fera avancer la recherche de vérité et la construction. Au contraire soyons heureux que Pimaly nous donne à réfléchir. Bonne journée. Véronique

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Avatar janine33

janine33

6 mars 2022 09:13

Même si nous étions plus armés nous n’utiliserions pas ces armes et n’arrêterions pas le Russe . Celui-ci n’a pas hésité à lancer l’assaut contre l’école où les enfants étaient détenus en otages par les Tchétchènes . Beaucoup sont morts , grillés .
Qui aurait osé ?
Le langage est clair . Il ne cédera pas .
Nous , nous céderons . Il a testé à plusieurs reprise le refus du monde occidental de l’affronter( voir l’article de Pimaly ci dessus ). Ce ne sont pas ses émotions qui l’arrêteront .
Quelles sont les limites qu’il se fixe ?
Sans doute , par étapes , celles de l’ancienne union soviétique.
Les sanctions économiques , vont aussi se retourner contre nous , les avoirs bloqués non réinjectés dans l’économie signifient moins de commerce , moins de richesses , moins de matières premières , des produits plus chers ….
Nous sommes bon gré , mal gré , dans une situation difficile .
Quelque part , de fait , nous sommes en guerre .

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Avatar Adalbert

Adalbert

6 mars 2022 07:48

Ne pas être du côté de la méprisable "bien-pensance", c'est être d'accord avec la phrase ( rappelée hier par Mme Hélène):
"tu vois ce que tu m'obliges à faire !"
dit le pervers à sa femme qui git en sang ...."

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