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Tchernobyl : la folle histoire des soldats russes contaminés

Pimaly - 7 avril 2022 15:47

Impréparation ? Mépris des troupes ? Pour occuper la centrale nucléaire, des militaires russes ont traversé la « forêt rouge », un lieu hautement radioactif…

L'histoire est folle et révélatrice de la manière dont les dirigeants russes considèrent leurs propres militaires. Il existe une forêt en bordure du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, prise par les Russes quelques heures après l'invasion du 24 février. Ce lieu boisé, qui abrite un véritable écosystème, porte un nom : la « forêt rouge ». Après l'explosion du réacteur numéro 4 le 26 avril 1986, la forêt de pins a pris une teinte rouge en raison des retombées radioactives qui ont tué la chlorophylle. Depuis, elle se trouve dans la zone d'exclusion, interdite au public dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Elle est même un des endroits les plus contaminés du périmètre. Ces derniers jours, l'armée russe a quitté le site, permettant aux ouvriers, jusqu'ici retenus, de retrouver leurs familles. L'agence Reuters a pu interviewer deux de ces employés de la centrale, dont le témoignage est éminemment instructif.

D'abord, les deux hommes ont été sidérés de voir les chars russes rouler à vive allure dans la zone d'exclusion, soulevant à leur passage de la poussière radioactive. « Le convoi a soulevé une grosse colonne de poussière. De nombreux capteurs de radioprotection ont montré des niveaux élevés », a expliqué un des deux témoins. Leur étonnement fut encore plus grand en constatant qu'aucun des militaires russes venus pour prendre la centrale nucléaire n'était équipé de tenue de protection. « C'est suicidaire », selon un des deux ouvriers, car la poussière inhalée est susceptible de provoquer des radiations internes. Energoatom, l'agence nucléaire ukrainienne, a mesuré une augmentation des niveaux de radiations à Tchernobyl, sept fois supérieure à la normale, en raison de la perturbation des sols. En outre, des tranchées auraient été constatées dans la zone d'exclusion après le départ des blindés russes. « La Russie a fait preuve d'irresponsabilité sur tous les plans, que ce soit le refus de laisser le personnel de la centrale remplir ses fonctions ou le creusement de tranchées dans la zone contaminée », a affirmé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba. « Sans surprise, les occupants ont reçu des doses importantes de radiations. Ils ont paniqué au premier signe de maladies [diarrhées, vomissements… : NDLR]. Et c'est apparu très soudainement », déclare l'agence dans un communiqué, qui indique que du matériel hautement contaminé a été enterré à la hâte non loin de la centrale. Beaucoup de soldats russes auraient été accueillis à l'hôpital de Gomel, un centre de radiothérapie en Biélorussie.

Une semaine après l'occupation de la centrale, des spécialistes de l'armée russe formés à la gestion des radiations sont arrivés sur le site. Un peu tard au regard des risques encourus. Après avoir vu les soldats russes traverser la « forêt rouge », un des ouvriers les a mis en garde sur les risques pour leur vie. Les soldats en question, certains très jeunes, n'avaient jamais entendu parler de l'explosion d'un réacteur nucléaire… « Quand on leur a demandé s'ils étaient au courant de la catastrophe de 1986, l'explosion du quatrième bloc, ils n'en avaient aucune idée. »

Saïd Mahrane - Le Point, 07/04/2022

Tchernobyl : la folle histoire des soldats russes contaminés

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Pimaly7 avril 2022 15:47

Impréparation ? Mépris des troupes ? Pour occuper la centrale nucléaire, des militaires russes ont traversé la « forêt rouge », un lieu hautement radioactif…

L'histoire est folle et révélatrice de la manière dont les dirigeants russes considèrent leurs propres militaires. Il existe une forêt en bordure du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, prise par les Russes quelques heures après l'invasion du 24 février. Ce lieu boisé, qui abrite un véritable écosystème, porte un nom : la « forêt rouge ». Après l'explosion du réacteur numéro 4 le 26 avril 1986, la forêt de pins a pris une teinte rouge en raison des retombées radioactives qui ont tué la chlorophylle. Depuis, elle se trouve dans la zone d'exclusion, interdite au public dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Elle est même un des endroits les plus contaminés du périmètre. Ces derniers jours, l'armée russe a quitté le site, permettant aux ouvriers, jusqu'ici retenus, de retrouver leurs familles. L'agence Reuters a pu interviewer deux de ces employés de la centrale, dont le témoignage est éminemment instructif.

D'abord, les deux hommes ont été sidérés de voir les chars russes rouler à vive allure dans la zone d'exclusion, soulevant à leur passage de la poussière radioactive. « Le convoi a soulevé une grosse colonne de poussière. De nombreux capteurs de radioprotection ont montré des niveaux élevés », a expliqué un des deux témoins. Leur étonnement fut encore plus grand en constatant qu'aucun des militaires russes venus pour prendre la centrale nucléaire n'était équipé de tenue de protection. « C'est suicidaire », selon un des deux ouvriers, car la poussière inhalée est susceptible de provoquer des radiations internes. Energoatom, l'agence nucléaire ukrainienne, a mesuré une augmentation des niveaux de radiations à Tchernobyl, sept fois supérieure à la normale, en raison de la perturbation des sols. En outre, des tranchées auraient été constatées dans la zone d'exclusion après le départ des blindés russes. « La Russie a fait preuve d'irresponsabilité sur tous les plans, que ce soit le refus de laisser le personnel de la centrale remplir ses fonctions ou le creusement de tranchées dans la zone contaminée », a affirmé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba. « Sans surprise, les occupants ont reçu des doses importantes de radiations. Ils ont paniqué au premier signe de maladies [diarrhées, vomissements… : NDLR]. Et c'est apparu très soudainement », déclare l'agence dans un communiqué, qui indique que du matériel hautement contaminé a été enterré à la hâte non loin de la centrale. Beaucoup de soldats russes auraient été accueillis à l'hôpital de Gomel, un centre de radiothérapie en Biélorussie.

Une semaine après l'occupation de la centrale, des spécialistes de l'armée russe formés à la gestion des radiations sont arrivés sur le site. Un peu tard au regard des risques encourus. Après avoir vu les soldats russes traverser la « forêt rouge », un des ouvriers les a mis en garde sur les risques pour leur vie. Les soldats en question, certains très jeunes, n'avaient jamais entendu parler de l'explosion d'un réacteur nucléaire… « Quand on leur a demandé s'ils étaient au courant de la catastrophe de 1986, l'explosion du quatrième bloc, ils n'en avaient aucune idée. »

Saïd Mahrane - Le Point, 07/04/2022

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Avatar mimi94

mimi94

15 avril 2022 18:22

très intéressant ce récit !

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Avatar eva1724

eva1724

8 avril 2022 15:18

Pauvres jeunes soldats russes, ignorants de ce qui les attendait.
Pr Poutine et ses sbires, une vie humaine importe peu.

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Avatar fabienne

fabienne

8 avril 2022 08:11

Impréparation probablement et manque de connaissance sur la catastrophe de Chernobyl.Cela paraît sidérant mais Il ne faut pas oublier que beaucoup d'entre eux n'étaient pas nés à l'époque et viennent de régions isolées de l'immense Russie où les gens vivent en autarcie n'ayant comme seules activités l'alcoolisme...et le chômage. L'armée est un moyen d'y échapper.

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123parti

8 avril 2022 07:19
Pimaly a écrit :
" n’ont plus "

De quoi ?

Merci le correcteur dortografe

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Pimaly

8 avril 2022 05:52
123parti a écrit :
Vous prenez les soldats russes pour des gogos, et les travailleurs ukrainiens et européens qui travaillent depuis 10 ans sur le sarcophage n’ont rien , les ingénieurs et travailleurs 3000 en ce moment qui font tourner la centrale n’ont plus !foutaise de journaleux anti russe

" n’ont plus "

De quoi ?

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123parti

8 avril 2022 05:24

Vous prenez les soldats russes pour des gogos, et les travailleurs ukrainiens et européens qui travaillent depuis 10 ans sur le sarcophage n’ont rien , les ingénieurs et travailleurs 3000 en ce moment qui font tourner la centrale n’ont plus !foutaise de journaleux anti russe

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Avatar janine33

janine33

7 avril 2022 18:52

Quels idiots !

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